Grave — Chapitre 1 · Une histoire ondes de peau
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L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.
Ce qui retient vraiment, c'est la précision du regard de Seb sur Marianne — ses cheveux gris, ses rides qui se creusent quand elle rit, un visage qui n'a rien d'une image idéalisée. Le désir naît ici de détails concrets, et c'est rare. Les dialogues sont vifs, piquants, avec un vrai sens du tempo : les répliques s'enchaînent comme un jeu dont on cherche les règles. Et la voix de Marianne, grave et légèrement voilée, traverse le texte du début à la fin.
Grave
Chapitre 1 · Une histoire ondes de peau
Grave.
Un peu rauque.
Je ralentissais dans le couloir sans même m'en rendre compte.
Le garçon qui m'accompagnait se retournait.
Je hochais la tête et passais la porte.
Et je restais accroché une seconde de trop.
Pas parce qu'elle était spectaculaire.
Justement.
Elle ne l'était pas.
Elle devait avoir un peu moins de soixante ans. Des cheveux gris naturels coupés au carré, avec presque du blanc aux tempes. Un visage fin, quelques rides bien visibles autour des yeux et de la bouche. Très peu de maquillage.
Une chemise claire aux manches retroussées.
Un jean sombre.
Rien de particulièrement étudié.
Et pourtant quelque chose me plaisait immédiatement.
Vraiment.
Elle se redressait.
Sa chemise accompagnait une poitrine généreuse, pas spécialement mise en valeur. Le jean laissait deviner un petit ventre que rien ne cherchait à cacher.
Je remarquais tout ça.
Puis je détournais les yeux avant de devenir franchement impoli.
Quand je remontais vers son visage, elle me regardait.
Yeux bleus.
Très clairs.
Avec un début de sourire.
Merde.
Elle avait vu.
Plus chaude que je ne l'imaginais.
Je serrais sa main.
Puis elle riait.
Pas un rire aigu.
Quelque chose de grave, légèrement voilé.
Les rides autour de ses yeux se creusaient.
Et bizarrement, c'était probablement à ce moment-là que je commençais réellement à la trouver sexy.
Pas jolie pour son âge.
Jolie.
Et son âge faisait partie de ce qui me plaisait.
La boîte produisait des podcasts, des voix-off, un peu de musique et beaucoup de contenu audiovisuel. Ils venaient de récupérer une partie d'un ancien entrepôt et voulaient y installer leur nouveau studio.
J'intervenais depuis quelques semaines sur sa conception.
Aujourd'hui, première vraie visite une fois les principaux ouvrages terminés.
Marianne me faisait faire le tour.
Je connaissais déjà les plans, évidemment, mais un studio terminé n'avait jamais grand-chose à voir avec les rectangles que l'on dessinait plusieurs mois auparavant.
Elle parlait vite.
Elle connaissait le métier.
Pas besoin de lui expliquer pourquoi une porte devait être étanche ou pourquoi je m'intéressais à la ventilation.
Elle savait ce qu'elle voulait.
Et j'aimais ça aussi.
La régie était presque terminée. Console installée, écrans en place, enceintes provisoires. Quelques panneaux attendaient encore leur finition.
Marianne passait devant moi dans une circulation étroite.
Je regardais ses hanches.
Pas spécialement fines.
Pas spécialement sculptées.
Les siennes.
C'était tout.
Elle s'arrêtait brusquement devant la cabine voix.
Je manquais presque de lui rentrer dedans.
Elle se retournait.
Puis remontaient vers moi.
Je la suivais.
La porte se refermait.
Et immédiatement, le monde changeait.
Le bruit du couloir disparaissait.
Le silence nous rapprochait sans qu'aucun de nous ait bougé.
Je restais quelques secondes immobile.
J'écoutais.
Ventilation.
Très légère.
Un peu de bruit résiduel dans le bas.
Rien d'inquiétant.
Marianne, elle, m'observait.
Elle venait à côté de moi.
Beaucoup plus près que nécessaire.
Levant la tête.
Sa manche glissait légèrement lorsqu'elle tendait le bras vers la grille.
Et c'était là que je la sentais pour la première fois.
Son odeur.
Très légère.
Je ne saurais même pas dire quoi.
Pas vraiment du parfum.
Un peu de savon peut-être.
Sa peau surtout.
Quelque chose de doux.
De chaud.
Humain.
Je tournais légèrement la tête vers elle.
Une seconde.
Elle ne remarquait rien.
Ou faisait semblant.
Elle me regardait.
Elle me fixait aussi.
Merde.
Elle avait remarqué.
Peut-être volontairement.
Je n'en savais rien.
Mais cette odeur revenait.
Et cette fois je devais regarder ailleurs.
Marianne baissait enfin le bras.
Son sourire restait.
Je la suivais jusqu'à la régie avec déjà beaucoup trop de pensées qui n'avaient rien à voir avec la ventilation.
Elle s'asseyait devant la console.
Ses mains trouvaient immédiatement les commandes.
Ses mains remontaient de chaque côté de ma tête.
Elle replaçait elle-même les écouteurs.
Ses doigts passaient derrière mes oreilles.
Puis dans ma nuque.
Elle était proche.
Je sentais de nouveau cette odeur.
Plus nettement.
Je baissais légèrement les yeux malgré moi.
Sa chemise était entrouverte d'un bouton.
Juste assez pour apercevoir la peau à la naissance de sa poitrine.
Rien d'extraordinaire.
Et ça m'excitait beaucoup plus que ça ne devrait.
Je relevais les yeux.
Les siens étaient déjà sur moi.
Une seconde.
Puis ses doigts quittaient ma nuque.
La porte se fermait derrière moi.
Quelques secondes.
Puis sa voix arrivait directement dans mon casque.
Ainsi isolée du reste, sa voix devenait incroyablement intime.
Elle attendait.
Puis :
Juste une seconde.
Puis reprenait.
Je baissais un peu la voix.
Quelque chose passait dans ses yeux.
Pas de gêne.
Plutôt une surprise.
Comme si je venais de viser précisément un endroit auquel elle ne s'attendait pas.
Puis sa voix revenait dans le casque.
Plus basse.
Je pourrais faire le malin.
Je ne le faisais pas.
Puis se levait.
Je la voyais venir vers moi.
La porte s'ouvrait.
Marianne entrait.
Elle refermait derrière elle.
Le casque était toujours sur mes oreilles.
Elle se plaçait juste devant moi.
Très près.
Puis me l'enlevait lentement.
Je regardais son visage.
Ses cheveux gris.
Ses rides.
Puis mon regard descendait presque malgré moi vers son corps.
Cette fois, je ne cherchais plus à le cacher.
Son petit ventre sous la chemise.
Sa poitrine.
Ses hanches.
Quand je remontais, Marianne m'observait.
Elle s'approchait d'un demi-pas.
Et son odeur revenait.
Plus chaude maintenant.
Sa peau.
Son cou.
Quelque chose sous sa chemise.
Ça me retournait immédiatement.
Je respirais plus profondément sans même m'en rendre compte.
Marianne le voyait.
Au contraire.
Elle levait la main et la posait dans ma barbe.
Doucement.
Ses doigts restaient contre ma joue.
Court.
Presque pour vérifier.
Elle reculait.
Me regardait.
Puis revenait immédiatement.
Cette fois, plus franchement.
Ma main trouvait sa taille.
La sienne se glissait sous mon t-shirt.
Dans cette petite cabine, chaque bruit paraissait énorme.
Sa respiration.
Le froissement de sa chemise.
Nos lèvres.
Elle reculait à peine.
Je passais mes doigts dans ses cheveux gris.
Souriait.
Et cette fois, le jeu s'arrêtait.
Je voulais sa peau.
Pas seulement la toucher.
La sentir.
Mon t-shirt finissait au sol.
Elle me regardait sans aucune discrétion.
Tatouages.
Torse.
Ventre.
Ses yeux bleus remontaient vers moi.
Plus fort.
Elle répondait immédiatement.
Ses doigts se perdaient dans ma barbe.
Les miens ouvraient sa chemise.
Et quand elle glissait enfin de ses épaules, je m'arrêtais.
Pas parce que j'hésitais.
Parce que j'avais envie de la regarder.
Marianne avait cinquante-huit ans.
Elle les portait.
Un petit ventre souple.
Une poitrine généreuse, lourde, naturellement marquée par les années.
Quelques plis lorsque son corps se repliait.
Une peau qui n'avait rien de parfaitement lisse.
Et je trouvais tout ça terriblement sexy.
Peut-être même davantage parce que rien n'essayait de tricher.
Elle remarquait mon regard.
Son cou.
Elle inclinait la tête.
Puis sa poitrine.
Je la sentais dans mes mains avant de l'embrasser.
Son poids.
Sa chaleur.
Ce corps-là.
Le sien.
Je descendais entre ses seins.
Puis son ventre.
Petit.
Doux.
Je l'embrassais.
Une fois.
Deux fois.
Plus bas.
Assez pour sentir ses doigts se resserrer dans mes cheveux.
Puis je remontais.
Lentement.
Son ventre.
Sous son sein droit.
Marianne levait les bras presque instinctivement.
Et son odeur m'arrivait plus franchement.
Je m'arrêtais.
Pas une mauvaise odeur.
Rien de sale.
Rien d'agressif.
Au contraire.
Une chaleur douce.
Une trace de savon peut-être.
La peau après plusieurs heures enfermée dans une chemise.
Quelque chose d'intime qu'aucun parfum ne pourrait reproduire.
Son odeur à elle.
Je fermais les yeux.
Inspirais profondément.
Marianne baissait les yeux vers moi.
Une vraie inspiration contre sa peau.
Et quelque chose me traversait.
Brutal.
Presque animal.
Son rire se coupait.
Je recommençais.
Puis encore.
Et cette odeur me rendait complètement fou.
Plus je la sentais, plus j'avais envie de la sentir.
Je pourrais rester là.
La respirer.
Embrasser cette peau.
Remonter vers son cou.
Redescendre simplement pour retrouver ce mélange de chaleur et d'elle.
Je relevais enfin la tête.
Sa main attrapait ma barbe.
Et elle m'embrassait beaucoup plus brutalement.
Je la ramenais contre moi.
Sa peau contre la mienne.
Son petit ventre.
Sa poitrine.
Son odeur partout maintenant.
Cou.
Cheveux.
Épaule.
Je ne savais plus quoi embrasser en premier.
Elle riait contre ma bouche.
Une seconde.
Pas davantage.
Parce qu'elle revenait immédiatement.
Plus affamée.
Mes mains descendaient.
Les siennes aussi.
Nous nous caressions avec beaucoup moins de patience.
Le calme du début disparaissait.
Nos jeans devenaient rapidement absurdes.
Je défaisais le sien.
Elle faisait exactement la même chose avec le mien.
Nos regards se croisaient.
Elle souriait.
Net.
Elle m'embrassait encore.
Quelques secondes plus tard, nous étions de nouveau dans la régie.
Je ne savais même plus lequel de nous deux avait ouvert la porte.
Marianne reculait jusqu'à la console.
La regardait.
Puis moi.
Elle éclatait de rire.
Et son rire disparaissait dans ma bouche.
Elle se retournait.
Prenait appui devant elle.
Ses cheveux gris tombaient légèrement autour de son visage.
Je restais une seconde derrière elle.
Pas pour admirer une image parfaite.
Justement non.
Je regardais Marianne.
Son dos.
Sa taille.
Ses hanches.
Ce petit ventre que je venais d'embrasser.
Sa poitrine que j'avais encore envie de sentir dans ma main.
Elle tournait la tête.
Yeux bleus.
Joues rouges.
Fermement.
L'autre remontait sur sa poitrine.
Elle se cambrait immédiatement.
Sa main venait recouvrir la mienne.
La pressait davantage contre elle.
Je comprenais.
Nos corps se trouvaient là.
Contre la console.
Et cette fois il n'y avait plus rien de lent.
Plus rien de particulièrement élégant non plus.
Juste cette envie accumulée depuis sa première phrase dans le couloir.
Marianne revenait contre moi avec la même urgence.
Je tenais sa hanche plus fermement.
Ma bouche retrouvait son épaule.
Son cou.
Je remontais jusqu'à ses cheveux.
Puis cette odeur revenait.
Sous son oreille.
Sur sa peau.
Je respirais contre elle.
Et ça me faisait perdre immédiatement le peu de contrôle qu'il me restait.
Plus fort.
Elle laissait échapper un son qui n'avait plus rien du rire.
Le rythme s'accélérait.
Sa main serrait le bord de la console.
L'autre restait sur la mienne, contre son sein.
Je la sentais se cambrer davantage.
Plus exigeante.
Plus présente.
Grave.
Rauque.
Cassée par endroits.
Et ça me rendait encore plus dingue.
Je me penchais sur elle.
Respirais de nouveau contre son cou.
Sa peau.
Elle frémissait immédiatement.
Puis sa nuque.
Elle tournait la tête pour chercher ma bouche.
Un baiser désordonné.
Presque une morsure.
Sa poitrine bougeait sous ma main.
Mes doigts se resserraient.
Sa main restait par-dessus.
Comme si elle voulait me maintenir exactement là.
Quelques secondes encore.
Peut-être moins.
Tout allait beaucoup trop vite.
Et aucun de nous n'avait envie que ce soit autrement.
Marianne se tendait brutalement.
Sa respiration se coupait.
Ses doigts se crispaient.
Puis un son grave lui échappait.
Mon prénom, à moitié.
Le reste disparaissait.
Un premier frisson la traversait.
Puis un autre.
Je la tenais fermement contre moi.
Et presque aussitôt, je perdais pied à mon tour.
Pas longtemps.
Pas doucement.
Juste assez pour que le studio, la visite, le chantier et tout ce qui existait à l'extérieur de cette régie disparaissent complètement.
Puis le silence revenait.
Enfin presque.
Nos respirations étaient beaucoup trop fortes pour ça.
Marianne restait quelques secondes appuyée sur la console.
Je posais mon front contre son épaule.
Et même là, essoufflé, je respirais encore sa peau.
Elle le sentait.
Bien sûr.
Un petit rire essoufflé.
Me regardait.
Puis m'embrassait.
Doucement cette fois.
Contraste total.
Quelques secondes seulement.
Mais cette fois aucun jeu.
Juste sa bouche.
Sa main dans ma barbe.
Puis elle reculait.
Nous remontions nos jeans.
Je récupérais mon t-shirt.
Elle refermait sa chemise.
Deux boutons restaient ouverts.
Je regardais.
Elle suivait mes yeux.
Puis, comme si nous venions simplement de terminer un café, elle attrapait son carnet.
Une porte à régler.
Un joint à reprendre.
Un point sur le soufflage.
Le tissu des panneaux à valider.
Vingt minutes presque parfaitement normales.
Marianne était redevenue Marianne.
Enfin...
Presque.
Par moments, nos regards se croisaient.
Un sourire.
Rien de plus.
À la fin, je rangeais mes affaires.
Allais vers la porte.
Puis me retournais.
Marianne restait près de la console.
Cheveux gris encore légèrement en bataille.
Chemise mal reboutonnée.
Yeux bleus.
J'attendais presque qu'elle vienne m'embrasser.
Elle ne bougeait pas.
Elle levait simplement la main.
Petit salut.
Elle se retournait déjà vers sa console.
Puis ajoutait :
Je sortais.
Hugo était dans le couloir devant son ordinateur.
Il levait les yeux.
Puis lui.
Sur le parking, je sentais encore Marianne dans ma barbe.
Et pendant une bonne partie du trajet, ce n'était même pas la console qui me revenait.
Ce sont ses cheveux gris entre mes doigts.
Ses rides qui apparaissaient quand elle riait.
Son petit ventre sous mes lèvres.
Le poids de sa poitrine dans ma main.
Ses bras levés.
Et cette odeur.
Douce.
Chaude.
Naturelle.
Son odeur à elle.
Celle que j'avais remarquée presque par hasard dans la cabine.
Celle que j'avais retrouvée quelques minutes plus tard contre sa peau.
Et qui avait fini par me rendre complètement dingue.
Et surtout cette voix.
La première chose que j'avais remarquée chez elle.
Grave.
Un peu rauque.
Parfaite derrière un micro.
Encore meilleure lorsqu'elle ne disait plus que mon prénom.
J'étais venu concevoir un studio où chaque bruit devait être maîtrisé.
Marianne et moi avions tenu un peu plus d'une heure avant de démontrer les limites du concept.
Et au fond, son compte rendu à elle tenait en deux mots.
C'était cool.
Ondes de peau
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