Grave
Chapitre 1 · Une histoire ondes de peau
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ SVesambre Grave XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Grave — Chapitre 1 · Une histoire ondes de peau

18 minutes
3
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de SVesambre
SVesambre
Histoires publiées
9
Abonnés
0
J'aime cumulés
0
Coup de cœur
Notre équipe a apprécié ce chapitre. Cliquez pour découvrir pourquoi.
L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.

Ce qui retient vraiment, c'est la précision du regard de Seb sur Marianne — ses cheveux gris, ses rides qui se creusent quand elle rit, un visage qui n'a rien d'une image idéalisée. Le désir naît ici de détails concrets, et c'est rare. Les dialogues sont vifs, piquants, avec un vrai sens du tempo : les répliques s'enchaînent comme un jeu dont on cherche les règles. Et la voix de Marianne, grave et légèrement voilée, traverse le texte du début à la fin.

Grave

Chapitre 1 · Une histoire ondes de peau

J'entendais sa voix avant de la voir.
— Laissez cette porte tranquille deux minutes, il arrive.
Grave.
Un peu rauque.
Je ralentissais dans le couloir sans même m'en rendre compte.
Le garçon qui m'accompagnait se retournait.
— Marianne. C'est elle qui a voulu le studio.
Je hochais la tête et passais la porte.
Elle était penchée au-dessus de la console, une main posée sur le plan de travail, l'autre sur une souris. Elle relevait les yeux quand nous entrions.
Et je restais accroché une seconde de trop.
Pas parce qu'elle était spectaculaire.
Justement.
Elle ne l'était pas.
Elle devait avoir un peu moins de soixante ans. Des cheveux gris naturels coupés au carré, avec presque du blanc aux tempes. Un visage fin, quelques rides bien visibles autour des yeux et de la bouche. Très peu de maquillage.
Une chemise claire aux manches retroussées.
Un jean sombre.
Rien de particulièrement étudié.
Et pourtant quelque chose me plaisait immédiatement.
Vraiment.
Elle se redressait.
Sa chemise accompagnait une poitrine généreuse, pas spécialement mise en valeur. Le jean laissait deviner un petit ventre que rien ne cherchait à cacher.
Je remarquais tout ça.
Puis je détournais les yeux avant de devenir franchement impoli.
Quand je remontais vers son visage, elle me regardait.
Yeux bleus.
Très clairs.
Avec un début de sourire.
Merde.
Elle avait vu.
— Vous êtes Seb ?
— Oui.
Elle venait vers moi et me tendait la main.
— Marianne.
Sa voix, de près, était encore pire.
Plus chaude que je ne l'imaginais.
Je serrais sa main.
— Enchanté.
Elle inclinait légèrement la tête.
— Vous avez une voix de radio.
Je souriais.
— Et vous, une voix qui donne envie d'écouter la radio.
Petit silence.
Puis elle riait.
Pas un rire aigu.
Quelque chose de grave, légèrement voilé.
Les rides autour de ses yeux se creusaient.
Et bizarrement, c'était probablement à ce moment-là que je commençais réellement à la trouver sexy.
Pas jolie pour son âge.
Jolie.
Et son âge faisait partie de ce qui me plaisait.
— On va bien s'entendre, dit-elle.
— C'est préférable pour un studio.
Elle me regardait.
— Elle était facile.
— Je viens d'arriver.
— Je vous laisse une chance.
Le garçon derrière moi profitait de l'occasion pour disparaître.
La boîte produisait des podcasts, des voix-off, un peu de musique et beaucoup de contenu audiovisuel. Ils venaient de récupérer une partie d'un ancien entrepôt et voulaient y installer leur nouveau studio.
J'intervenais depuis quelques semaines sur sa conception.
Aujourd'hui, première vraie visite une fois les principaux ouvrages terminés.
Marianne me faisait faire le tour.
Je connaissais déjà les plans, évidemment, mais un studio terminé n'avait jamais grand-chose à voir avec les rectangles que l'on dessinait plusieurs mois auparavant.
Elle parlait vite.
Elle connaissait le métier.
Pas besoin de lui expliquer pourquoi une porte devait être étanche ou pourquoi je m'intéressais à la ventilation.
Elle savait ce qu'elle voulait.
Et j'aimais ça aussi.
La régie était presque terminée. Console installée, écrans en place, enceintes provisoires. Quelques panneaux attendaient encore leur finition.
Marianne passait devant moi dans une circulation étroite.
Je regardais ses hanches.
Pas spécialement fines.
Pas spécialement sculptées.
Les siennes.
C'était tout.
Elle s'arrêtait brusquement devant la cabine voix.
Je manquais presque de lui rentrer dedans.
Elle se retournait.
— Vous regardiez quoi ?
Putain.
— La porte.
Ses yeux descendaient lentement vers la poignée derrière elle.
Puis remontaient vers moi.
— Bien sûr.
Elle ouvrait.
— Venez voir ma porte.
Je riais.
— Vous êtes pénible.
— Déjà ?
— Un peu.
— Ça promet.
Elle entrait.
Je la suivais.
La porte se refermait.
Et immédiatement, le monde changeait.
Le bruit du couloir disparaissait.
Le silence nous rapprochait sans qu'aucun de nous ait bougé.
Je restais quelques secondes immobile.
J'écoutais.
Ventilation.
Très légère.
Un peu de bruit résiduel dans le bas.
Rien d'inquiétant.
Marianne, elle, m'observait.
— Alors ?
— Il reste quelque chose.
— Où ?
Je montrais la bouche de soufflage au plafond.
Elle venait à côté de moi.
Beaucoup plus près que nécessaire.
Levant la tête.
Sa manche glissait légèrement lorsqu'elle tendait le bras vers la grille.
Et c'était là que je la sentais pour la première fois.
Son odeur.
Très légère.
Je ne saurais même pas dire quoi.
Pas vraiment du parfum.
Un peu de savon peut-être.
Sa peau surtout.
Quelque chose de doux.
De chaud.
Humain.
Je tournais légèrement la tête vers elle.
Une seconde.
Elle ne remarquait rien.
Ou faisait semblant.
— Là ?
— Oui.
Ma réponse sortait bizarrement.
Elle me regardait.
— Ça va ?
— Très bien.
— Vous aviez l'air ailleurs.
— J'écoutais.
Un sourire.
— Avec le nez ?
Je la fixais.
Elle me fixait aussi.
Merde.
Elle avait remarqué.
— Ça fait partie des nouveaux protocoles.
— J'imagine.
Elle gardait son bras levé quelques secondes.
Peut-être volontairement.
Je n'en savais rien.
Mais cette odeur revenait.
Et cette fois je devais regarder ailleurs.
Marianne baissait enfin le bras.
Son sourire restait.
— Vous êtes étrange.
— On m'a déjà fait la remarque.
— Ce n'était pas forcément une critique.
Elle ouvrait la porte.
Je la suivais jusqu'à la régie avec déjà beaucoup trop de pensées qui n'avaient rien à voir avec la ventilation.
Elle s'asseyait devant la console.
Ses mains trouvaient immédiatement les commandes.
— Vous faisiez les prises vous-même ?
— Pendant longtemps.
— Ingénieure son ?
— Oui.
— Et maintenant ?
— Maintenant je passe une partie de mes journées à expliquer à des gens de vingt-cinq ans qu'un micro hors de prix ne suffit pas à leur donner du talent.
Je souriais.
— Vous êtes rassurante.
— Je sais.
Elle attrapait un casque.
— Mettez ça.
— Vous donnez toujours des ordres aux consultants ?
— Seulement dans mon studio.
Je commençais à mettre le casque.
— Non, attendez.
Elle venait devant moi.
Ses mains remontaient de chaque côté de ma tête.
Elle replaçait elle-même les écouteurs.
Ses doigts passaient derrière mes oreilles.
Puis dans ma nuque.
Elle était proche.
Je sentais de nouveau cette odeur.
Plus nettement.
Je baissais légèrement les yeux malgré moi.
Sa chemise était entrouverte d'un bouton.
Juste assez pour apercevoir la peau à la naissance de sa poitrine.
Rien d'extraordinaire.
Et ça m'excitait beaucoup plus que ça ne devrait.
Je relevais les yeux.
Les siens étaient déjà sur moi.
— Ça va comme ça ?
— Oui.
Elle ne retirait pas ses mains immédiatement.
Une seconde.
Puis ses doigts quittaient ma nuque.
— On peut peut-être se tutoyer. Avec « vous », j'ai l'impression d'enregistrer mon banquier.
— Il a une belle voix ?
— Beaucoup moins que toi.
D'accord.
— Va dans la cabine.
— Ah, on en est déjà là ?
— Ça va être compliqué de faire une prise en disant « Monsieur l'acousticien » toutes les trente secondes.
— Dommage. Ça avait du charme.
— Cabine.
J'obéissais.
La porte se fermait derrière moi.
Quelques secondes.
Puis sa voix arrivait directement dans mon casque.
— Tu m'entends ?
Je fermais presque les yeux.
Ainsi isolée du reste, sa voix devenait incroyablement intime.
— Trop bien.
— Trop ?
— On verra.
Je la voyais sourire derrière la vitre.
— Parle un peu.
— Qu'est-ce que tu veux que je dise ?
— Ce que tu entends.
Je regardais autour de moi.
— La ventilation.
— Passionnant.
— Ma respiration.
— Mieux.
Je l'observais derrière la vitre.
Elle attendait.
— Et toi.
Elle ne bougeait plus.
— Moi ?
— Ta voix.
Silence dans le casque.
Puis :
— Qu'est-ce qu'elle a ?
Je m'approchais légèrement du micro.
— Elle me plaît.
Marianne baissait les yeux vers la console.
Juste une seconde.
Puis reprenait.
— Continue.
— C'est un test ?
— Maintenant oui.
Je souriais.
— Grave. Un peu rauque.
Elle me regardait.
— Ça, je sais.
— Et tes cheveux gris me plaisent aussi.
Cette fois, son visage changeait réellement.
— Mes cheveux ?
— Oui.
Sa main montait vers son carré.
— Ils sont complètement gris.
— J'avais remarqué.
— Et ça te plaît ?
— Beaucoup.
Elle me fixait.
Je baissais un peu la voix.
— Ne les teins jamais.
Silence.
Quelque chose passait dans ses yeux.
Pas de gêne.
Plutôt une surprise.
Comme si je venais de viser précisément un endroit auquel elle ne s'attendait pas.
Puis sa voix revenait dans le casque.
Plus basse.
— Tu me regardes beaucoup depuis que tu es arrivé.
— Oui.
— Je vois ça.
— Ça te gêne ?
Elle réfléchissait.
— Non.
Puis :
— Mais maintenant j'ai envie de savoir ce que tu regardes.
Cette fois, c'était moi qui ne répondais pas immédiatement.
Je pourrais faire le malin.
Je ne le faisais pas.
— Toi.
— Très précis.
— Tes cheveux. Tes yeux. Tes rides quand tu souris.
Elle restait immobile.
— Mon dieu.
— Quoi ?
— Rien. Continue.
Je souriais.
— Ton corps aussi.
Ses yeux restaient fixés sur moi.
— Mon corps ?
— Oui.
— Tu ne l'as pas beaucoup vu.
— Suffisamment.
Son rire grave arrivait dans mon casque.
— T'es gonflé.
— Tu as demandé.
— J'ai demandé ce que tu regardais. Pas un inventaire.
— Alors arrête de poser des questions dangereuses à un acousticien enfermé dans une cabine.
Elle souriait.
Puis se levait.
Je la voyais venir vers moi.
La porte s'ouvrait.
Marianne entrait.
Elle refermait derrière elle.
Le casque était toujours sur mes oreilles.
Elle se plaçait juste devant moi.
Très près.
Puis me l'enlevait lentement.
— C'est mieux sans.
— Quoi ?
— Ta voix.
Ses mains restaient un instant sur le casque.
Je regardais son visage.
Ses cheveux gris.
Ses rides.
Puis mon regard descendait presque malgré moi vers son corps.
Cette fois, je ne cherchais plus à le cacher.
Son petit ventre sous la chemise.
Sa poitrine.
Ses hanches.
Quand je remontais, Marianne m'observait.
— Voilà.
— Quoi ?
— Ce regard-là.
Je ne répondais pas.
Elle s'approchait d'un demi-pas.
Et son odeur revenait.
Plus chaude maintenant.
Sa peau.
Son cou.
Quelque chose sous sa chemise.
Ça me retournait immédiatement.
Je respirais plus profondément sans même m'en rendre compte.
Marianne le voyait.
— Encore ?
— Quoi ?
— Ton protocole avec le nez.
Je souriais.
— Je crois que celui-là n'a rien de professionnel.
— Je m'en doutais.
Elle ne reculait pas.
Au contraire.
Elle levait la main et la posait dans ma barbe.
Doucement.
— Et tu sens quoi ?
Je la regardais.
— Toi.
Plus de sourire.
Ses doigts restaient contre ma joue.
— Et ?
— Ça me rend dingue.
Là seulement, elle m'embrassait.
Court.
Presque pour vérifier.
Elle reculait.
Me regardait.
Puis revenait immédiatement.
Cette fois, plus franchement.
Ma main trouvait sa taille.
La sienne se glissait sous mon t-shirt.
Dans cette petite cabine, chaque bruit paraissait énorme.
Sa respiration.
Le froissement de sa chemise.
Nos lèvres.
Elle reculait à peine.
— Ça ne te gêne vraiment pas ?
Je savais parfaitement de quoi elle parlait.
Je passais mes doigts dans ses cheveux gris.
— Marianne...
— Quoi ?
— Tu as la main sous mon t-shirt.
Elle baissait les yeux.
Souriait.
— Bon argument.
Je l'embrassais encore.
Et cette fois, le jeu s'arrêtait.
Je voulais sa peau.
Pas seulement la toucher.
La sentir.
Mon t-shirt finissait au sol.
Elle me regardait sans aucune discrétion.
Tatouages.
Torse.
Ventre.
Ses yeux bleus remontaient vers moi.
— Putain.
— Quoi ?
Ses mains se posaient sur moi.
— Tu me plais beaucoup trop.
Je prenais doucement sa chemise.
— Et toi, tu parles beaucoup trop.
— Alors fais-moi taire.
Je l'embrassais.
Plus fort.
Elle répondait immédiatement.
Ses doigts se perdaient dans ma barbe.
Les miens ouvraient sa chemise.
Et quand elle glissait enfin de ses épaules, je m'arrêtais.
Pas parce que j'hésitais.
Parce que j'avais envie de la regarder.
Marianne avait cinquante-huit ans.
Elle les portait.
Un petit ventre souple.
Une poitrine généreuse, lourde, naturellement marquée par les années.
Quelques plis lorsque son corps se repliait.
Une peau qui n'avait rien de parfaitement lisse.
Et je trouvais tout ça terriblement sexy.
Peut-être même davantage parce que rien n'essayait de tricher.
Elle remarquait mon regard.
— Quoi ?
Je posais mes mains sur sa taille.
— Rien.
— Seb.
— Tu es vraiment belle.
Elle soufflait par le nez.
— Évite de raconter des conneries.
— Je n'en raconte pas.
Ma bouche quittait la sienne.
Son cou.
Elle inclinait la tête.
Puis sa poitrine.
Je la sentais dans mes mains avant de l'embrasser.
Son poids.
Sa chaleur.
Ce corps-là.
Le sien.
Je descendais entre ses seins.
Puis son ventre.
Petit.
Doux.
Je l'embrassais.
Une fois.
Deux fois.
Plus bas.
Assez pour sentir ses doigts se resserrer dans mes cheveux.
Puis je remontais.
Lentement.
Son ventre.
Sous son sein droit.
Marianne levait les bras presque instinctivement.
Et son odeur m'arrivait plus franchement.
Je m'arrêtais.
Pas une mauvaise odeur.
Rien de sale.
Rien d'agressif.
Au contraire.
Une chaleur douce.
Une trace de savon peut-être.
La peau après plusieurs heures enfermée dans une chemise.
Quelque chose d'intime qu'aucun parfum ne pourrait reproduire.
Son odeur à elle.
Je fermais les yeux.
Inspirais profondément.
Marianne baissait les yeux vers moi.
— Sérieusement ?
Je recommençais.
Une vraie inspiration contre sa peau.
Et quelque chose me traversait.
Brutal.
Presque animal.
— Merde...
Elle riait doucement.
— Tu es vraiment bizarre.
Je venais embrasser son aisselle.
Son rire se coupait.
Je recommençais.
Puis encore.
— Seb...
Je respirais contre elle.
Et cette odeur me rendait complètement fou.
Plus je la sentais, plus j'avais envie de la sentir.
Je pourrais rester là.
La respirer.
Embrasser cette peau.
Remonter vers son cou.
Redescendre simplement pour retrouver ce mélange de chaleur et d'elle.
Je relevais enfin la tête.
— Tu sens incroyablement bon.
Elle secouait doucement la tête.
— Je ne sens rien du tout.
— Si.
— Quoi ?
Je la regardais.
— Toi.
Cette fois, elle ne riait pas.
Sa main attrapait ma barbe.
Et elle m'embrassait beaucoup plus brutalement.
Je la ramenais contre moi.
Sa peau contre la mienne.
Son petit ventre.
Sa poitrine.
Son odeur partout maintenant.
Cou.
Cheveux.
Épaule.
Je ne savais plus quoi embrasser en premier.
Elle riait contre ma bouche.
— Putain, tu vas me dévorer.
— Peut-être.
— Doucement, Hannibal.
Je riais.
Une seconde.
Pas davantage.
Parce qu'elle revenait immédiatement.
Plus affamée.
Mes mains descendaient.
Les siennes aussi.
Nous nous caressions avec beaucoup moins de patience.
Le calme du début disparaissait.
Nos jeans devenaient rapidement absurdes.
Je défaisais le sien.
Elle faisait exactement la même chose avec le mien.
Nos regards se croisaient.
Elle souriait.
— Là, on fait vraiment n'importe quoi.
— Tu veux arrêter ?
— Non.
Immédiat.
Net.
Elle m'embrassait encore.
Quelques secondes plus tard, nous étions de nouveau dans la régie.
Je ne savais même plus lequel de nous deux avait ouvert la porte.
Marianne reculait jusqu'à la console.
La regardait.
Puis moi.
— Fais attention.
— À toi ou au matériel ?
— Aux deux.
— Dans quel ordre ?
— La console coûte plus cher.
Je la regardais.
Elle éclatait de rire.
— Connard.
Je l'embrassais.
Et son rire disparaissait dans ma bouche.
Elle se retournait.
Prenait appui devant elle.
Ses cheveux gris tombaient légèrement autour de son visage.
Je restais une seconde derrière elle.
Pas pour admirer une image parfaite.
Justement non.
Je regardais Marianne.
Son dos.
Sa taille.
Ses hanches.
Ce petit ventre que je venais d'embrasser.
Sa poitrine que j'avais encore envie de sentir dans ma main.
Elle tournait la tête.
Yeux bleus.
Joues rouges.
— Tu comptes regarder longtemps ?
Je venais contre elle.
— Non.
Une main trouvait sa hanche.
Fermement.
L'autre remontait sur sa poitrine.
Elle se cambrait immédiatement.
Sa main venait recouvrir la mienne.
La pressait davantage contre elle.
Je comprenais.
Nos corps se trouvaient là.
Contre la console.
Et cette fois il n'y avait plus rien de lent.
Plus rien de particulièrement élégant non plus.
Juste cette envie accumulée depuis sa première phrase dans le couloir.
Marianne revenait contre moi avec la même urgence.
Je tenais sa hanche plus fermement.
Ma bouche retrouvait son épaule.
Son cou.
Je remontais jusqu'à ses cheveux.
Puis cette odeur revenait.
Sous son oreille.
Sur sa peau.
Je respirais contre elle.
Et ça me faisait perdre immédiatement le peu de contrôle qu'il me restait.
— Merde...
Elle tournait légèrement la tête.
— Quoi ?
Ma main se resserrait sur sa hanche.
— Ton odeur.
Elle riait à moitié.
— Encore ?
— Ferme-la.
— Fais-moi.
Je l'embrassais dans le cou.
Plus fort.
Elle laissait échapper un son qui n'avait plus rien du rire.
Le rythme s'accélérait.
Sa main serrait le bord de la console.
L'autre restait sur la mienne, contre son sein.
Je la sentais se cambrer davantage.
Plus exigeante.
Plus présente.
— Seb...
Sa voix n'avait plus rien de professionnel.
Grave.
Rauque.
Cassée par endroits.
Et ça me rendait encore plus dingue.
Je me penchais sur elle.
Respirais de nouveau contre son cou.
Sa peau.
Elle frémissait immédiatement.
— Putain...
Je l'embrassais juste sous l'oreille.
Puis sa nuque.
Elle tournait la tête pour chercher ma bouche.
Un baiser désordonné.
Presque une morsure.
— Ne ralentis pas.
Je n'en avais aucune intention.
Sa poitrine bougeait sous ma main.
Mes doigts se resserraient.
Sa main restait par-dessus.
Comme si elle voulait me maintenir exactement là.
Quelques secondes encore.
Peut-être moins.
Tout allait beaucoup trop vite.
Et aucun de nous n'avait envie que ce soit autrement.
Marianne se tendait brutalement.
Sa respiration se coupait.
Ses doigts se crispaient.
Puis un son grave lui échappait.
Mon prénom, à moitié.
Le reste disparaissait.
Un premier frisson la traversait.
Puis un autre.
Je la tenais fermement contre moi.
Et presque aussitôt, je perdais pied à mon tour.
Pas longtemps.
Pas doucement.
Juste assez pour que le studio, la visite, le chantier et tout ce qui existait à l'extérieur de cette régie disparaissent complètement.
Puis le silence revenait.
Enfin presque.
Nos respirations étaient beaucoup trop fortes pour ça.
Marianne restait quelques secondes appuyée sur la console.
Je posais mon front contre son épaule.
Et même là, essoufflé, je respirais encore sa peau.
Elle le sentait.
Bien sûr.
— T'es incorrigible.
— Je t'avais prévenue.
— Pas vraiment.
— Je te préviens maintenant.
Elle finissait par rire.
Un petit rire essoufflé.
— Quoi ? je demandais.
— Rien.
— Arrête avec tes « rien ».
Elle tournait légèrement la tête.
— J'imaginais juste la gueule d'Hugo s'il savait à quoi sert sa console.
Je riais.
— Faudra l'intégrer au DOE.
— Connard.
Elle se retournait.
Me regardait.
Puis m'embrassait.
Doucement cette fois.
Contraste total.
Quelques secondes seulement.
Mais cette fois aucun jeu.
Juste sa bouche.
Sa main dans ma barbe.
Puis elle reculait.
Nous remontions nos jeans.
Je récupérais mon t-shirt.
Elle refermait sa chemise.
Deux boutons restaient ouverts.
Je regardais.
Elle suivait mes yeux.
— Quoi ?
— Rien.
— T'es chiant.
— Je sais.
Elle secouait la tête.
Puis, comme si nous venions simplement de terminer un café, elle attrapait son carnet.
— Bon. La ventilation.
Je restais à la regarder.
— Sérieusement ?
— On n'a pas fini la visite.
— Tu es complètement tarée.
— Peut-être. Mais la ventilation fait toujours du bruit.
Et nous finissions réellement le tour du studio.
Une porte à régler.
Un joint à reprendre.
Un point sur le soufflage.
Le tissu des panneaux à valider.
Vingt minutes presque parfaitement normales.
Marianne était redevenue Marianne.
Enfin...
Presque.
Par moments, nos regards se croisaient.
Un sourire.
Rien de plus.
À la fin, je rangeais mes affaires.
— Je t'envoie mon compte rendu demain.
— Très bien.
Je prenais mon sac.
Allais vers la porte.
Puis me retournais.
Marianne restait près de la console.
Cheveux gris encore légèrement en bataille.
Chemise mal reboutonnée.
Yeux bleus.
J'attendais presque qu'elle vienne m'embrasser.
Elle ne bougeait pas.
Elle levait simplement la main.
Petit salut.
— Reviens quand tu veux.
Je souriais.
— Pour le studio ?
Elle haussait une épaule.
— Aussi.
Je riais.
Elle se retournait déjà vers sa console.
Puis ajoutait :
— C'était cool.
Et c'était tout.
Je sortais.
Hugo était dans le couloir devant son ordinateur.
Il levait les yeux.
— Alors ?
Je réfléchissais.
— Quelques reprises mineures.
— Rien de grave ?
Je regardais la porte de la régie derrière moi.
Puis lui.
— Non.
Je souriais.
— Rien de grave.
Je rejoignais ma voiture.
Sur le parking, je sentais encore Marianne dans ma barbe.
Et pendant une bonne partie du trajet, ce n'était même pas la console qui me revenait.
Ce sont ses cheveux gris entre mes doigts.
Ses rides qui apparaissaient quand elle riait.
Son petit ventre sous mes lèvres.
Le poids de sa poitrine dans ma main.
Ses bras levés.
Et cette odeur.
Douce.
Chaude.
Naturelle.
Son odeur à elle.
Celle que j'avais remarquée presque par hasard dans la cabine.
Celle que j'avais retrouvée quelques minutes plus tard contre sa peau.
Et qui avait fini par me rendre complètement dingue.
Et surtout cette voix.
La première chose que j'avais remarquée chez elle.
Grave.
Un peu rauque.
Parfaite derrière un micro.
Encore meilleure lorsqu'elle ne disait plus que mon prénom.
J'étais venu concevoir un studio où chaque bruit devait être maîtrisé.
Marianne et moi avions tenu un peu plus d'une heure avant de démontrer les limites du concept.
Et au fond, son compte rendu à elle tenait en deux mots.
C'était cool.
S. Vesambre
Ondes de peau
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ SVesambre Une chambre plus loin XSTORY
Une chambre plus loin
Chapitre unique
Par SVesambre
0
0
2
Hétéro
✦ SVesambre Mesures de nuit XSTORY
Mesures de nuit
Chapitre unique
Par SVesambre
0
0
5
Hétéro
✦ Ober0n Surprise… XSTORY
Surprise…
Chapitre unique
Par Ober0n
14
0
6.7k
Hétéro
✦ SVesambre Une nuit au club XSTORY
Une nuit au club
Chapitre unique
Par SVesambre
0
0
4
Hétéro
✦ Haleros Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas XSTORY
Ce que j'ai pris et que je ne lui dirai pas
Chapitre 3
Par Haleros
132
11
7.1k
Lesbiennes
✦ Lucax Lucas & Blandine, Une relation incandescente XSTORY
Lucas & Blandine, Une relation incandescente
Chapitre 1
Par Lucax
138
8
7k
Hétéro
✦ Desired Ma collègue Anne XSTORY
Ma collègue Anne
Chapitre 1
Par Desired
179
5
56.5k
Hétéro
✦ Hedone05 Merci Manon XSTORY
Merci Manon
Chapitre 1
Par Hedone05
197
4
14.1k
Hétéro
✦ Desired Une collègue pour le moins... surprenante XSTORY
Une collègue pour le moins... surprenante
Chapitre unique
Par Desired
18
0
2.3k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio