Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Effeuilleuse — Chapitre 1 · Les présentations
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Effeuilleuse
Chapitre 1 · Les présentations
“Cléo, c’est à toi dans dix minutes” me crache le vieil interphone en plastique tout jauni posé sur la table, me tirant de ma lecture studieuse.
Irritée, je corrige mon patron encore une fois. *Merde, Freddy, je te l’ai dejà dit mille fois, moi c’est Klea, avec un A”
“Allez, fille, arrête une fois de jouer avec mes couilles, c’est quand même pas la fin du monde, ici. Dis, et tu passes me voir avant de descendre en salle, tu veux bien?”
Irritée, je corrige mon patron encore une fois. *Merde, Freddy, je te l’ai dejà dit mille fois, moi c’est Klea, avec un A”
“Allez, fille, arrête une fois de jouer avec mes couilles, c’est quand même pas la fin du monde, ici. Dis, et tu passes me voir avant de descendre en salle, tu veux bien?”
L’accent bruxellois de mon patron me fait sourire, comme toujours. Il m’énerve, mais au fond je l’aime bien Freddy, il aurait pu être mon père, ou même mon grand-père. Un peu bonhomme, franchouillard mais prévenant, le contraste était un peu saisissant de prime abord quand on apprenait son métier. Pareil pour sa femme, Josette, mais dans un autre sens, de prime abord un peu revêche, vidant 3 paquets de Marlboro light sur sa journée au guichet d’entrée.
Enfin bref, je ferme mon manuel d’électricité aéronautique, je le pose sur la table et je me lève pour remettre mes talons, jeter un regard au miroir pour voir si mon maquillage est toujours en ordre, et je sors du petit salon pour aller voir Freddy en cabine de projection.
En rentrant dans la petite salle technique, je regarde machinalement vers le grand écran dehors, où une petite brune aux gros seins est en train de se faire doigter copieusement par un jeune homme au sexe tout tendu.
“Viens deux minutes, ma chérie, je voulais te parler un petit peu” me lance Freddy, en train de ranger une bobine de 35 millimètres. Je m’avance dans la pénombre, et le boss reprend à mi-voix, comme un peu honteux.
“Dis euh, chou, je voulais te demander, euh.. je sais pas comment dire ça avec finesse, mais tu pourrais pas un peu te raser la foufoune? Je crois que les clients, ils préfèrent ça, enfin si ça te dérange pas, hein. Tu es quand même bien payée hein, 250 euros pour une demi-journée, je sais pas moi…”
“Dis Freddy, je vous aime bien Josette et toi, mais dans mon contrat on était d’accord que je fais ce que je veux avec mes poils tant que ça reste propre et ordonné. Mon job, c'est de me foutre à poil sur scène une fois par heure de 13h à 23h, pas de jouer les lolitas. Ça me dégoûte d’ailleurs que des vieux rêvent de voir des trucs comme ça, j’ai 23 ans, je ne suis plus une gamine, merde”
“Mais allez”, me répond-il, “c’est quand-même moi qui te paye, tu pourrais faire une fois un petit effort pour le ciné…”
“Fred, tu sais bien que je suis quasiment la seule fille qui veut bien faire les weekends, que c’est pas les meilleurs jours parce qu’on a tous les jeunes des quartiers qui ne savent pas venir en semaine, et qu’ils sont toujours plus risqués que les papys de la semaine. Ils gueulent un peu, y en a qui sont bourrés ou qui essayent de me tripoter, y en a même un, un soir, qui m’a traité de grosse alors que je garde mon 90-60-90…Et en plus ils sont beaucoup plus radins avec les pourboires. Tu te souviens de mon petit habitué du mercredi, Charles? Il me filait un billet de 50 chaque semaine. Ici quand je sors avec dix balles, j’ai de la chance. Et en plus, Charles, il était vraiment gentil, toujours courtois.
Freddy regarde ses chaussures, un peu comme un gamin qui vient de se faire surprendre avec la main dans le pot de bonbons. “Ouais, allez, ok, ça va, chou, t’énerve pas avec moi. C’est d’accord, tu fais comme tu veux, oh-là-la, les femmes, je te jure…”
Je me radoucis un peu, “Bon, allez, je vais tailler un peu plus pour la semaine prochaine, te fais pas de mouron, viens chercher un bisou mon Fred”
Je lui fais une petite bise sur la joue, c’est qu’il est pudique, le vieux Freddy, pour un patron de ciné porno. C’est comique, ça ajoute au petit charme désuet du personnage.
“Allez, j’y vais, mets moi du slow, je vais leur montrer le paradis”
Et comme cela, pour la huitième fois de mon dimanche après-midi, je descends les escaliers vers la salle, dans un petit tailleur-jupe et mes petits talons, un attaché case à la main, genre femme d’affaires, mais avec un porte-jarretelles, de la lingerie noire presque transparente, et dans la malette, un vibromasseur.
Ah pardon, je ne me suis pas vraiment présentée, Kleopatra, 23 ans, étudiante ici à Bruxelles, et stripteaseuse 2 après-midis par semaine au cinéma pour adultes “le New Amsterdam”. Au moins vous savez déjà comment j’arrondis mes fins de mois.
Voudriez-vous que je vous raconte un peu mon histoire? Je n’ai pas toujours gagné ma vie en montrant mon cul, mais on va dire pour faire bref que depuis que j’ai compris comment mon bas-ventre fonctionnait, je ne me suis pas privée. Et au fait, oui, Kleopatra, c’est mon vrai prénom, il paraît que ça fait un peu pute, mais je m’en fiche un peu. Je ne suis pas tombée loin, mais chez moi on ne touche qu’avec les yeux. Le sexe, je le fais gratuitement, hahaha…
Mettez-vous à l’aise parce que la température risque de grimper un tout petit peu. Je vais faire trois chansons et je vous raconte. Freddy est facile à vivre au moins pour les shows, les règles sont claires: seins nus avant la fin de la première chanson, toute nue avant la fin de la deuxième, et j’ai la durée de la troisième chanson pour danser et jouer un peu. Allez, je suis de retour dans dix minutes.
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