Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Emma — Chapitre 2 · L'éveil du voisin
Auteur
Emma
Chapitre 2 · L'éveil du voisin
Au quatrième jour de nos vacances siciliennes, le réveil se fit sous une chape de plomb. Il était à peine huit heures du matin, mais le soleil frappait déjà l'auvent du bungalow avec une insistance presque agressive, annonçant une journée de chaleur étouffante. Engourdi par le sommeil, je sentis Emma se tourner vers moi. Ses lèvres se posèrent délicatement sur mon front, un baiser tendre qui contrastait avec l'électricité encore latente de nos nuits. Elle se glissa hors des draps et ramassa machinalement le t-shirt bleu que j'avais abandonné la veille au pied du lit.
Ce vêtement trop ample pour elle constituait sa seule parure. Elle attrapa son petit short en coton gris et l'enfila d'un geste fluide sur le pas de la porte. À cet endroit précis, la lumière rasante du matin jouait avec la transparence du tissu. Je restai immobile, feignant de dormir, pour l'observer : si quelqu'un avait possédé le bon angle depuis l'allée centrale, il aurait aperçu sans peine la ligne parfaite de ses jambes fuselées et cette belle toison blonde que le coton frôlait en remontant sur ses hanches.
Glissant ses pieds dans ses tongs, elle ouvrit la porte pour aller chercher notre petit-déjeuner au bar de la piscine : deux cappuccinos bien mousseux et ces croissants fourrés au Nutella dont les Italiens ont le secret.
En remontant l'allée ensoleillée, son regard fut attiré par une nouveauté dans notre décor. Installé sur la terrasse d'un bungalow voisin, disposé en diagonale par rapport au nôtre, un homme qu'elle n'avait encore jamais vu prenait le frais. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, une curiosité soudaine la poussa à le détailler de la tête aux pieds. C'était un homme grand, à la silhouette athlétique et mince. Son visage était impeccablement rasé, et il arborait une calvitie assumée, encadrée par des cheveux gris taillés très court sur les côtés. Emma se demanda un instant s'il entrait dans sa soixantaine ou s'il gérait encore la fin de la cinquantaine. Quoi qu'il en soit, il dégageait un charme mûr et viril. Il n'était pas désagréable à regarder, pensa-t-elle, ressentant un léger trouble intérieur à l'idée même de formuler cette réflexion.
Elle lui adressa un sourire poli en passant, accompagné d'un timide bonjour. L'homme ne se fit pas prier pour saisir la perche. Ajustant ses lunettes de soleil, il lui décocha un sourire enjôleur :
— Ciao mia bella… Bonjour ma jolie…
Le ton de sa voix, mâtiné d'un accent chantant, fit monter une légère chaleur aux joues d'Emma. Intimidée mais secrètement flattée, elle hocha la tête et pressa le pas. En trois petits sauts légers, elle grimpa les marches de notre terrasse pour poser le plateau sur la table extérieure. Derrière elle, l'Italien ne perdit pas une miette de son ascension. Ses yeux ancrés derrière ses verres sombres scrutèrent son fessier rebondi qui s'échappait du short gris. Un frisson d'anticipation parcourut le corps du senior, ravi de découvrir sa nouvelle voisine.
Emma rentra dans la fraîcheur relative de la chambre. Ses ongles vinrent me gratter doucement le dos pour m'extirper de ma torpeur, me murmurant que la mousse des cappuccinos allait retomber.
Attablés dehors, savourant ce repas matinal, nous affichions une décontraction totale. Nous discutions du programme de la journée, hésitant paresseusement entre le farniente au bord de la piscine ou le sable chaud de la plage. C'est au détour de cette conversation qu'elle mentionna, l'air de rien, sa rencontre de l'allée. D'un geste discret du doigt, elle me désigna notre voisin d'en face. Au moment précis où mon regard se tourna vers lui, l'homme leva sa tasse de café dans notre direction, un salut cordial et parfaitement mesuré.
Je lui rendis son geste d'un hochement de tête, mais au même instant, un frisson d'excitation pure me traversa l'échine. Je ramenai mes yeux sur Emma, la détaillant avec une acuité nouvelle, des ongles de ses pieds jusqu'à la pointe de ses cheveux courts. Cet échange de regards totalement anodin, cette connexion silencieuse à trois, suffit à provoquer un afflux sanguin immédiat dans mon bas-ventre. Sans qu'un seul mot compromettant n'ait été prononcé, des images torrides s'imposèrent à mon esprit en l'espace de quelques secondes.
Dissimulé derrière mes propres lunettes de soleil, je commençai à épier ma femme. Je remarquai qu'à intervalles réguliers, ses yeux bleus glissaient vers la terrasse d'en face. C'était une aubaine inespérée. Emma, d'ordinaire si exclusive, serait-elle réceptive au charme mûr de ce senior encore très consommable ? Je ne lui connaissais aucune attirance pour les hommes de cet âge, mais la perspective de ce jeu de miroirs me plaisait énormément. L'idée du questionnaire commençait à prendre corps.
Nous passâmes le reste de la matinée autour de la piscine principale. Pour faire diversion, nous nous inscrivîmes à un tournoi de fléchettes que nous remportâmes d'ailleurs contre un groupe de compatriotes. Notre récompense consistait en deux cocktails offerts au bar. Les spritz en main, après avoir commandé une pizza pepperoni à emporter, nous regagnâmes notre camp de base pour le début de l'après-midi.
À peine réinstallé sur notre transat, mon premier réflexe fut de scruter la terrasse du voisin. Personne. Les lieux étaient déserts. Je ressentis une pointe de déception immédiate, m'étonnant moi-même de l'intensité de ce manque. Emma sortit son roman de gare tandis que je feignais de me plonger dans un livre d'enquêtes policières. Mes yeux ne cessaient de faire l'aller-retour entre les pages et le transat vide d'en face. Rien. S'efforçant de tromper l'attente, Emma vint caler ses pieds nus sur mes cuisses. Le contact de sa peau m'apaisa un moment, et nous nous évadâmes chacun dans nos lectures.
La chaleur de l'après-midi battant son plein, la soif me poussa à retourner au bar. Je rapportai deux bières pression locales bien fraîches et deux bouteilles de secours pour plus tard. Tout au long du trajet, mes yeux balayèrent les allées à la recherche de la silhouette du voisin. Toujours rien. Je commençai à me dire que cette histoire tournait à l'obsession malsaine et qu'il me fallait impérativement penser à autre chose.
De retour sur la terrasse, je lui tendis sa bouteille. Après un bref baiser, nous trinquâmes à notre paresse. Chaque fois qu'un estivant passait devant notre bungalow, ma tête se relevait automatiquement, tel un détecteur de présence. Mais ce n'était jamais lui. Je m'intimai l'ordre mental d'arrêter ce manège.
Alors que j'étais enfin absorbé par une intrigue policière d'ailleurs assez banale, un mouvement d'Emma me trahit. Elle venait de changer de posture : relevant une jambe, elle cala une main derrière sa nuque, adoptant une position terriblement suggestive qui mettait en valeur ses courbes embellies par le jeu des ombres et du soleil. En détachant mes yeux de mon livre, je compris instantanément la raison de ce changement.
Le voisin était là.
Il se tenait debout dans l'encadrement de sa baie vitrée, en short de bain, torse nu. Il arborait une pilosité pectorale généreuse et poivre et sel. C'était un homme qui avait dû être solidement bâti dans sa jeunesse, et pour son âge — que j'estimai à soixante ou soixante-deux ans —, sa silhouette restait tout à fait honorable. Une question me brûla immédiatement l'esprit : Emma s'était-elle repositionnée parce qu'elle l'avait vu apparaître ? L'hypothèse me parut audacieuse, mais l'excitation qu'elle me procura confirma mon envie qu'elle soit vraie. Peut-être manifestait-elle une nature passivement aguicheuse que notre quotidien avait endormie ? Il était temps de tester ses limites.
— Tiens chérie, murmurai-je d'un ton détaché, tu as remarqué que ton admirateur était revenu en poste ?
— Oui, oui, je l'ai vu, répondit-elle avec un petit rire étouffé. Ce n'est pas comme s'il brillait par sa discrétion.
— Oui, oui, je l'ai vu, répondit-elle avec un petit rire étouffé. Ce n'est pas comme s'il brillait par sa discrétion.
Le ton de sa voix manquait de sévérité ; il laissait plutôt poindre une pointe d'humour et une indiscutable satisfaction féminine.
— Ça ne te dérange pas que ce Rocco Siffredi de camping te mate ainsi ?
Elle éclata d'un rire franc, déstabilisée mais joueuse.
— Tu es en plein dans les stéréotypes ! Mais bon, c'est flatteur, merci. Disons que c'est un vieux beau et que j'aurais pu plus mal tomber... Imagine s'il avait fallu se faire reluquer par un gros moche.
Une idée germa instantanément dans mon esprit, nourrie par l'alcool et la chaleur lourde.
— Justement, dis-je en me rapprochant d'elle, il faudrait lui donner quelque chose d'intéressant à regarder, non ?
— Qu'est-ce que tu racontes ?
— Qu'est-ce que tu racontes ?
Je posai mes lèvres tout contre son oreille, abaissant la voix :
— Mets-toi topless. Tu passes ton temps à râler parce que tes seins ne bronzent jamais assez.
— Tu es sérieux, Max ? Et les autres bungalows, ils vont me voir ?
— Pas si je m'installe de ce côté pour faire écran, répliquai-je en me décalant subtilement. De là où ils sont, je te cache. Il n'y a que lui, en diagonale, qui aura une vue imprenable. Avoue que ça peut être terriblement excitant.
— Tu es sérieux, Max ? Et les autres bungalows, ils vont me voir ?
— Pas si je m'installe de ce côté pour faire écran, répliquai-je en me décalant subtilement. De là où ils sont, je te cache. Il n'y a que lui, en diagonale, qui aura une vue imprenable. Avoue que ça peut être terriblement excitant.
Je lus immédiatement dans ses yeux bleus une lueur d'approbation. Ses paupières battirent doucement, trahissant une réflexion interne. Ce n'était pas une hésitation morale ou un refus, mais plutôt le geste d'une femme qui soupèse le pour et le contre d'une transgression qu'elle désirait sans oser se l'avouer.
Saisissant un flacon de crème solaire, je commençai à lui enduire le dos. Mes doigts descendirent le long de ses omoplates puis, d'un geste assuré, je défis le nœud du haut de son maillot de bain. Le tissu glissa. Elle se retourna lentement pour s'allonger sur le dos, offrant ses deux seins rebondis aux rayons directs du soleil. Leurs mamelons d'un rose pâle et délicat parurent presque irréels sous cette lumière crue. En reprenant son livre, Emma resserra légèrement les bras contre ses côtes, un mouvement instinctif qui offrait à sa poitrine un galbe encore plus provocant.
Je m'appliquai à étaler la lotion, massant la peau tiède depuis le creux de son décolleté jusqu'à la pointe de ses tétons qui durcirent instantanément sous le contact de mes paumes. Un sourire complice et coupable s'esquissa simultanément sur nos deux visages.
De l'autre côté de l'allée, Vincente n'avait pas manqué une seule seconde de la manœuvre. Je le vis réajuster ses Ray-Ban sur son nez, comme pour régler la netteté de ce spectacle privé dont il venait d'être sacré le spectateur privilégié. Emma lui lança plusieurs regards appuyés, ses lèvres légèrement entrouvertes exhalant un souffle court. En réponse, l'Italien inclina lentement la tête, un signe d'approbation lourd de sous-entendus.
Je prolongeai le massage le long de ses jambes fuselées, m'enivrant de la certitude que chaque millimètre carré de sa peau était dévoré par les yeux de cet inconnu. Lorsque ma main remonta plus haut et effleura le tissu tendu de son string, je sentis Emma tressaillir. Une décharge électrique venait de grimper de son clitoris jusqu'à son cerveau à la vitesse de la lumière. Elle me fixa, se pinçant les lèvres de désir, avant de jeter un coup d'œil incendiaire en face.
Le doute n'était plus permis : ma femme aimait l'exhibitionnisme, et cette découverte me plongeait dans une transe lubrique. Écartant légèrement l'élastique de son string, je vis ses cuisses s'ouvrir machinalement pour faciliter mes caresses. Bien que je ne pusse plus surveiller directement Vincente à cet instant, je savais qu'il enregistrait chaque détail, oscillant probablement entre un voyeurisme ravi et une profonde frustration d'homme impuissant.
Sentant le feu du désir l'envahir complètement, je cessai mes gestes et me levai en lui tendant la main. Elle s'en saisit sans prononcer un mot. Sa paume était moite, son souffle chaud trahissant une accélération cardiaque que l'exhibition venait de provoquer. Nous abandonnâmes les transats pour pénétrer dans la pénombre du bungalow, nos yeux peinant à s'adapter à la lumière soudainement tamisée après l'éclat aveuglant du dehors. Dans l'encadrement de la porte de la chambre, je la plaquai doucement contre le mur, glissant une main possessive dans son dos tandis que mes lèvres venaient frôler son oreille :
— Tu as aimé qu'il te regarde comme ça, ma petite salope ?
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