Élise se réveilla tard, la cuisse encore un peu moite contre le drap.
La lumière grise des Cévennes entrait par les rideaux entrouverts. Elle resta allongée sans bouger, une main posée à plat sur son ventre nu. Elle avait dormi sans rien. La chaleur de la veille n’avait pas disparu ; elle s’était juste enfoncée plus bas, plus sourde, comme une braise sous la cendre. Quand elle écarta légèrement les genoux, l’air frais de la chambre vint lécher sa chatte encore sensible.
Elle se leva, enfila uniquement la chemise en lin froissée de la veille. Rien en dessous. Le tissu rêche frottait ses seins à chaque pas, durcissait ses tétons. Entre ses cuisses, elle était déjà tiède.
Théo était dans la cuisine. L’odeur du café et du pain grillé emplissait l’air. Il portait un pull gris aux manches relevées. Ses avant-bras étaient marqués, ses cheveux encore humides.
— Bonjour, dit-il en se retournant. J’ai fait du café.
Il lui tendit la tasse. Leurs doigts se touchèrent. Plus longtemps que nécessaire. Élise sentit la chaleur de sa paume se propager jusqu’à son poignet, puis plus haut.
— Merci. J’ai mal dormi.
Théo l’observa. Son regard glissa le long de la chemise trop grande qui s’arrêtait à mi-cuisse, s’attarda une seconde sur la ligne de ses jambes nues, sur la façon dont le lin collait légèrement à ses hanches, puis remonta à ses yeux.
— La maison fait ça les premières nuits, dit-il d’une voix un peu plus basse. Elle ne vous laisse pas vraiment seule.
Ils prirent le petit-déjeuner face à face. Chaque fois qu’Élise se penchait, la chemise s’ouvrait et laissait entrevoir le début de la courbe de ses seins, le creux de son décolleté. Elle savait qu’il voyait. Elle ne refermait pas le tissu. Entre ses cuisses, contre le bois de la chaise, sa chatte battait doucement.
Après le café, elle posa sa tasse et le regarda droit dans les yeux.
— Montre-moi la porte.
Il n’eut pas besoin de demander laquelle.
Le couloir de la bibliothèque était plus froid. Au fond, la porte basse sans poignée, juste une petite serrure en laiton terni. Élise sortit la clé. Elle entra parfaitement. Le clic de la serrure résonna trop fort.
La pièce était étroite, sans fenêtre. Étagères du sol au plafond. Boîtes en bois, classeurs, enveloppes jaunies, appareils photographiques anciens. Une grande table au centre. L’odeur était différente : papier poussiéreux, produits chimiques anciens, métal froid.
Élise s’avança. La chemise de lin froissait contre ses fesses nues à chaque pas. Elle ouvrit une boîte. Négatifs. Puis une autre : des tirages en noir et blanc. Des corps. Des femmes. Certaines endormies, les cuisses entrouvertes. D’autres regardant l’objectif avec une expression trouble, la bouche entrouverte. Une série en particulier la retint : une femme rousse, de dos, assise sur le bord d’un lit. On ne voyait pas son visage. Seulement la nuque penchée, la courbe de son dos, la naissance de ses fesses, la ligne sombre entre elles.
Élise sentit sa propre chatte se contracter.
— Il photographiait des gens, murmura-t-elle.
Théo était resté sur le seuil. Sa voix arriva, plus rauque :
— Oui. Beaucoup. Il disait toujours qu’il avait leur accord. Je n’en ai jamais été totalement certain.
Elle sentait son regard dans son dos. La chemise était fine. Elle savait que la lumière de la lampe la rendait presque transparente par endroits, que l’ombre de ses fesses et le creux entre ses cuisses devaient se deviner. Elle ne se retourna pas tout de suite. Elle laissa le silence s’installer, chargée.
— Je vais rester ici un moment, dit-elle finalement. J’ai besoin de regarder ça tranquillement.
Théo resta immobile une seconde de plus.
— Je serai dehors. Il y a du bois à rentrer.
Il partit. Élise resta seule, le cœur trop vite, la peau chaude sous le lin, la chatte déjà humide.
L’après-midi s’étira. Elle classa, regarda, prit des notes. Chaque image semblait la toucher un peu plus bas. Vers la fin de la journée, elle se surprit à écarter les cuisses sur la chaise, à presser le bas de son ventre contre le bord de la table.
Le soir, Théo prépara une soupe. Ils dînèrent à nouveau ensemble. La conversation était plus basse, plus lente. Leurs regards se croisaient et restaient accrochés. Élise sentait la chaleur pulser entre ses cuisses chaque fois que sa voix s’enrouait. Une fois, en passant le pain, leurs doigts se frôlèrent. Elle ne retira pas sa main tout de suite. Lui non plus.
Vers vingt-deux heures, il se leva.
— Je vais vous laisser.
Elle le raccompagna jusqu’à la porte. Dans l’embrasure, l’air froid de la nuit les entoura. Ils se tinrent trop près. Elle sentait son souffle, l’odeur de sa peau, la chaleur qui émanait de lui. Sa propre chemise collait légèrement entre ses cuisses.
— Bonne nuit, Théo, murmura-t-elle.
— Bonne nuit, Élise.
Il partit. Elle ferma la porte, s’adossa contre le bois, et resta ainsi, les yeux fermés, les cuisses légèrement serrées. Sa chatte était trempée.
Dans sa chambre, elle ne perdit pas de temps.
Elle retira la chemise d’un seul geste et la laissa tomber. Nue, elle s’allongea au centre du grand lit, les genoux pliés, les cuisses largement ouvertes. Sa chatte épilée, rose, lisse, luisait déjà dans la pénombre. Elle posa d’abord deux doigts à plat sur ses lèvres, les étala, sentit sa propre chaleur et son humidité. Puis elle les ramena sur son clitoris et commença à tourner lentement.
Un gémissement bas lui échappa.
Elle prit son temps. Des cercles larges, puis plus serrés. Sa respiration changea. Elle glissa ensuite deux doigts en elle, les enfonça jusqu’à la base, les retira, les enfonça à nouveau. Le bruit humide emplit la chambre. L’odeur de son sexe monta, tiède, musquée, presque sucrée. Elle ajouta un troisième doigt. Ses hanches se mirent à rouler. Ses fesses se contractaient à chaque mouvement.
Les images se mélangèrent : le regard gris de Théo qui s’attardait trop longtemps, la chaleur de ses doigts contre les siens, la femme rousse de dos sur la photo, la façon dont le lin collait à sa propre peau.
Élise se cambra. Elle se pénétra plus fort, plus vite, pendant que l’autre main frottait son clitoris avec urgence. Ses gémissements devinrent plus aigus, plus ouverts. Elle écarta encore les cuisses, souleva le bassin, s’offrit entièrement à sa propre main. Le plaisir montait par vagues épaisses, chaudes, inévitables.
Elle jouit en criant contre l’oreiller, le corps entier tendu, sa chatte se contractant violemment autour de ses doigts. Elle ne s’arrêta pas. Elle continua à se prendre plus lentement, plus profondément, prolongeant chaque pulsation, jusqu’à ce que ses cuisses tremblent et que ses bras cèdent.
Elle s’effondra sur le côté, nue, les genoux encore entrouverts, une main moite entre ses cuisses, le souffle court, le sexe encore ouvert et brillant.
Dehors, le vent frottait les branches contre les murs.
Dans la maison, un plancher craqua doucement.
Élise ouvrit les yeux dans le noir.
Elle n’était plus certaine d’être seule.
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