Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Rêve infantile — Chapitre 1 · Le premier cadre
Auteur
Rêve infantile
Chapitre 1 · Le premier cadre
Laura arriva avec sept minutes de retard. Elle avait trente-deux ans, vivait seule dans un petit deux-pièces parisien et occupait, dans un grand CHU pédiatrique de la région parisienne, un poste à responsabilités dont elle était fière. Elle avait travaillé dur pour en arriver là. Peut-être trop dur, parfois. Elle avait appris à décider vite, à ne jamais montrer ses hésitations, à donner des instructions et à obtenir qu’elles soient exécutées.
Cette assurance avait fini par devenir une seconde peau.
Et quelquefois une armure.
L’homme qu’elle venait rencontrer connaissait une autre Laura.
Depuis plusieurs semaines, ils échangeaient sur Fessestivités. Elle lui avait parlé de ce qu’elle appelait elle-même son « rêve infantile » : pouvoir, pendant quelques heures, cesser complètement d’être celle qui savait, celle qui décidait, celle qui portait les responsabilités.
Elle ne voulait plus seulement se reposer.
Elle voulait qu’on lui impose de lâcher prise.
Il était déjà installé lorsqu’elle entra dans le café.
Il se leva, lui serra simplement la main et lui indiqua la chaise en face de lui.
Cette assurance avait fini par devenir une seconde peau.
Et quelquefois une armure.
L’homme qu’elle venait rencontrer connaissait une autre Laura.
Depuis plusieurs semaines, ils échangeaient sur Fessestivités. Elle lui avait parlé de ce qu’elle appelait elle-même son « rêve infantile » : pouvoir, pendant quelques heures, cesser complètement d’être celle qui savait, celle qui décidait, celle qui portait les responsabilités.
Elle ne voulait plus seulement se reposer.
Elle voulait qu’on lui impose de lâcher prise.
Il était déjà installé lorsqu’elle entra dans le café.
Il se leva, lui serra simplement la main et lui indiqua la chaise en face de lui.
— Assieds-toi.
Laura eut un petit sourire, ce n’était pas une demande. Le ton était calme, sans agressivité, mais suffisamment assuré pour qu’elle obéisse presque mécaniquement.
Le serveur arriva quelques instants plus tard.
— Vous désirez boire quelque chose ?
Laura parcourut rapidement la carte avant de la poser.
— Vous n'avez rien d'un peu plus original que ça ?
Le serveur hésita. L’homme assis en face d’elle releva immédiatement les yeux.
— Laura.
Elle se tut. Il n’avait pas élevé la voix.
— Tu commences ?
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
— Moi, si.
Puis il se tourna vers le serveur.
— Excusez-la.
Laura ouvrit de grands yeux.
— Pardon ?
Il ne la regarda même pas.
— Pour moi, un café. Et pour elle, un lait fraise avec une paille.
Le serveur eut un léger sourire qu’il tenta de dissimuler. Laura devint écarlate.
— Je ne veux absolument pas de lait fraise.
Cette fois, l’homme la regarda droit dans les yeux.
— Je ne t'ai pas demandé ce que tu voulais.
Elle resta bouche ouverte quelques secondes.
— Tu es sérieux ?
— Tout à fait.
Le serveur s'éloigna. Laura croisa les bras.
— Tu vas un peu vite.
— C'est toi qui voulais savoir si je serais capable de t'arrêter lorsque tu reprendrais tes vieux réflexes de gamine mal élevée.
Elle détourna les yeux. Il poursuivit :
— Tu viens de rabaisser quelqu'un gratuitement parce que tu pouvais le faire. Dans ta vie professionnelle, tu peux peut-être te permettre de donner des ordres. Avec moi, ce comportement aura toujours une conséquence.
— Une conséquence ?
— Oui.
Il laissa passer quelques secondes.
— Et ce soir, tu vas comprendre laquelle.
Laura eut un sourire provocateur.
— J'ai surtout l'impression que tu parles beaucoup.
Il se pencha légèrement vers elle.
— Continue de me provoquer si tu veux. Mais ne prétends pas ensuite que je ne t'avais pas prévenue.
À cet instant, quelque chose changea dans son ventre, pas de peur plutôt cette sensation étrange qu'elle recherchait depuis si longtemps : quelqu'un venait enfin de refuser de se laisser impressionner par elle. Peut-être celui qui allait bientôt lui permettre de régresser, revenir au niveau d’une jeune enfant. Une enfant comme ceux qu’elle côtoie au CHU tous les jours.
Lorsque le lait fraise arriva, il poussa simplement le verre vers elle.
— Bois.
Elle hésita. Puis elle but. Ils quittèrent le café une quarantaine de minutes plus tard après avoir discuté comme des amis. Des échanges emplis de rires si bien que lorsqu’il lui demanda à visiter son appartement Laura accepta avec plaisir. Son appartement se trouvait au dernier étage d'un immeuble ancien, sous les toits. Un séjour étroit avec deux fenêtres mansardées, une petite cuisine ouverte, puis une chambre séparée.
Dès qu'ils furent entrés, Laura retrouva instinctivement son assurance.
— Bon. Maintenant que nous sommes chez moi…
— Justement.
Il posa son manteau.
— Nous allons commencer.
Elle resta immobile.
— Maintenant ?
— Maintenant.
Il lui rappela calmement les limites qu'ils avaient convenues auparavant, puis lui demanda une dernière fois si elle souhaitait continuer.
Laura répondit oui.
Cette simple question lui fit comprendre que, derrière toute cette autorité, le cadre restait le leur.
Une fois sa réponse donnée, toutefois, son attitude changea.
— Viens ici.
Elle s’approcha. Il s’assit au centre du canapé et lui fit signe de venir plus près. Laura comprit immédiatement.
— Tu ne vas quand même pas…
— Si.
Il lui prit calmement le poignet et la guida jusqu’à ce qu’elle se retrouve allongée en travers de ses genoux. Le mouvement avait été tellement naturel, tellement assuré, qu’elle n’avait presque pas eu le temps de protester.
Sa jupe, qui lui arrivait juste au-dessus des genoux lorsqu’elle était debout, se retrouva au-dessus de la ceinture, laissant au l’œil de son fesseur la vision d’une culotte en coton blanc avec une licorne et un arc-en-ciel. Laura sentit une main ferme au milieu de son dos, elle tourna la tête.
— Je t’avais prévenu que je résistais assez bien.
— Je me souviens.
La première claque partit sans avertissement. Le bruit sec traversa la petite pièce. Laura sursauta davantage à cause du son que de la douleur. Un deuxième claquement suivit, puis un troisième. Dans le silence de l’appartement, chaque coup semblait beaucoup trop sonore. Laura sentit soudain toute son assurance disparaître derrière une autre préoccupation : Les voisins ! Les murs n’étaient pas particulièrement épais. Elle connaissait les bruits de l’immeuble : une chaise déplacée chez la voisine, une porte qui claquait dans l’escalier, parfois même une conversation étouffée venant de l’appartement adjacent. Alors ce bruit-là… Impossible de le confondre avec autre chose. Clac. Elle serra les lèvres.
— Moins fort.
Il s’arrêta.
— Pourquoi ?
Laura hésita.
— Parce que… les voisins.
Il laissa passer une seconde.
— Tu as honte ? Ils ne s’intéressent sûrement pas à une petite fille qui reçoit une fessée bien méritée !
Elle ne répondit pas. C’est à ce moment précis qu’elle sentit des doigts tirer l’élastique du morceau de tissu qui protégeait ses fesses dans les larges mains de son fesseur et surtout de la vision de son fessier.
— Laura ?
— Oui.
Le mot sortit tout bas. C’était presque pire que la punition elle-même. Elle imagina quelqu’un, derrière une cloison, s’interrompant dans ce qu’il faisait et tendant l’oreille. Elle, Laura, trente-deux ans, cadre dans un CHU, toujours impeccable, toujours sûre d’elle, couchée en travers des genoux d’un homme dans son propre salon et incapable de contrôler ce qui se passait.
— Pourquoi es-tu allongée sur mes genoux ? Puisque tu ne réponds pas encore…
Il reprit de plus belle sur les fesses sans défense. Le bruit sec résonna de nouveau mais l’intensité avait bien augmenté, il ne s’agissait plus de petites claques sur une culotte mais bien d’une fessée punitive. Le petit bout de tissu coincé au niveau des genoux empêchait les jambes de battre, la couleur rouge imprégnait la peau sans défense. Laura enfouit son visage contre le coussin du canapé.
— Tu voulais un cadre, lui rappela-t-il. Pas seulement quand ça t’arrange.
— Je sais.
Une nouvelle salve de coups tomba.
— Et au café ?
Elle soupira.
— J’ai été désagréable.
— Tu viens de gagner la spécialité que je réserve aux petites filles comme toi, je ne supporte pas les soupirs, il faudra que tu enregistres mes règles et compte sur moi pour te les imprimer en toi !
Laura resta silencieuse. La punition continua avec la même régularité. Il ne frappait ni dans la colère ni dans la précipitation. C’était justement ce calme qui impressionnait Laura. Chaque geste semblait décidé à l’avance, comme s’il n’avait absolument rien à prouver. Au début, elle conserva son insolence.
— Je ne sens pratiquement rien !
Il marqua une pause.
— Très bien.
Laura comprit aussitôt qu’elle venait probablement de commettre une erreur. La punition continua. Son arrogance diminua progressivement. Elle tenta bientôt de se redresser.
— Reste en place.
— Ça suffit.
— C'est moi qui déciderai quand ça suffira !
Elle serra les dents. Quelques minutes auparavant encore, elle dirigeait mentalement la scène, persuadée qu'elle saurait exactement jusqu'où aller et comment réagir. Maintenant, ce contrôle lui échappait. C'était précisément ce qu'elle attendait de son Daddy. Lorsqu'elle commença à sentir des larmes couler sur ses joues, elle fut elle-même surprise. Ce n'était pas seulement la douleur. Quelque chose d'autre venait de céder. Des mois, peut-être des années, à surveiller son comportement, son image, ses responsabilités, les équipes, les dossiers, les échéances. Ici, soudain, plus rien de cela ne comptait. Elle n'avait plus à être brillante, plus à avoir raison, plus à être la femme qu'elle présentait au monde.
Les derniers coups furent donnés avec une brosse à cheveux trouvée sur la petite table du salon. Ils furent peu nombreux, strictement contrôlés, mais suffisamment marquants pour mettre un terme définitif à ses provocations.
Les derniers coups mirent fin à ce qui restait de ses provocations.
Lorsqu’il s’arrêta, Laura ne bougea pas immédiatement. Son corps, jusque-là tendu presque en permanence, semblait soudain avoir perdu toute sa rigidité. Ses épaules s’étaient abaissées, sa nuque n’était plus raide et ses mains, qu’elle avait crispées quelques instants auparavant, reposaient maintenant mollement devant elle. Elle respirait profondément, par petites inspirations encore irrégulières qui faisaient se soulever son dos.
Ses jambes étaient lourdes.
Lorsqu’il lui demanda de se relever, elle posa les pieds au sol avec précaution. Ses genoux lui semblèrent presque mous et elle dut rester une seconde près du canapé avant de retrouver un équilibre assuré.
Elle avait chaud.
Son visage, ses oreilles et son cou étaient encore rougis par les pleurs et par l’émotion. Quelques mèches de cheveux s’étaient échappées et collaient légèrement à ses tempes. Ses yeux étaient humides, ses cils collés par les larmes et son maquillage n’avait plus tout à fait l’aspect impeccable avec lequel elle avait quitté son travail quelques heures auparavant.
Mais elle ne chercha même pas immédiatement à se recoiffer.
C’était peut-être cela qui aurait le plus surpris ceux qui la connaissaient.
Laura contrôlait habituellement tout : sa posture, ses vêtements, sa voix, son expression. Même fatiguée, elle faisait attention à se tenir droite. Là, elle se tenait devant lui les épaules légèrement tombantes, les bras détendus le long du corps et le regard moins assuré. Elle essuya ses joues du revers de la main. Son souffle ralentissait progressivement. Avec lui, quelque chose d’autre descendait également : toute cette tension qu’elle portait sans même en avoir conscience. Elle sentit sa mâchoire se desserrer. Ses doigts cessèrent de trembler, son ventre, qu’elle avait contracté durant toute la punition, se relâcha enfin. Même sa façon de se tenir changea : elle ne cherchait plus à gagner quelques centimètres en redressant fièrement le menton. Elle était simplement fatiguée, une fatigue étrange, presque confortable, comme après avoir résisté très longtemps à quelque chose avant d’accepter enfin de ne plus lutter. Son cerveau lui-même semblait fonctionner différemment. Les pensées qui, habituellement, se bousculaient en permanence — les dossiers du CHU, les mails auxquels répondre, les décisions du lendemain, ce qu’on pensait d’elle — paraissaient soudain très éloignées. Elle n’avait plus envie d’organiser, plus envie d’anticiper, plus envie de négocier. Elle resta devant lui, silencieuse. Cette absence de volonté immédiate aurait normalement dû l’inquiéter. Au contraire, elle découvrit combien il était reposant de ne pas chercher à reprendre aussitôt le contrôle.
Il lui demanda :
— Ça va ?
Laura inspira profondément.
— Oui.
Cette fois, il n’y avait ni ironie ni défi dans sa voix. Elle se sentait vidée, vulnérable, encore secouée, mais extraordinairement calme. Pour la première fois depuis longtemps, Laura n’essayait plus d’être impressionnante. Et elle commençait à comprendre que c’était peut-être précisément ce relâchement qu’elle était venue chercher.
— Ne bouge pas.
Elle resta immobile. Il la regarda longuement.
— Tu comprends maintenant ce que tu es lorsque nous sommes ensemble ?
Elle acquiesça.
— Réponds correctement.
— Oui.
— Oui quoi ?
Elle hésita.
— Oui… je comprends.
Son rêve d’infantilisation n'avait finalement rien à voir avec le fait d'oublier réellement son âge. Il s'agissait plutôt d'abandonner tout ce que cet âge représentait pour elle. Il se leva à son tour, face à lui, elle se sentait petite fille, les trente centimètres de plus qu’il faisait n’y étaient pour rien. Son regard bleu perçant l’hypnotisait, elle vit ses doigts commencer à déboutonner un par un les boutons de son chemisier. Il la regardait comme elle regarde le baiser, la sculpture de Rodin qu’elle aime tant voir et revoir. La jupe rejoignit le chemisier au sol, ses petits seins étaient encore protégés par un soutien-gorge léger et transparent une fois nue, il brisa le silence :
— Maintenant, au coin.
Laura le regarda.
— Sérieusement ?
Il désigna un angle du salon.
— Très sérieusement.
Elle voulut protester. Puis renonça. Elle traversa lentement la pièce et se plaça face au mur.
— Les mains derrière le dos.
Elle obéit. Le silence s'installa. Elle entendit derrière elle l'homme ouvrir un tiroir. Laura ferma les yeux. Elle savait exactement lequel. Celui qu'elle ne montrait jamais à personne. Dans ce tiroir se trouvaient quelques objets qu'elle utilisait seule lorsqu'elle cherchait à retrouver cet état de régression : un pyjama pour enfant, des biberons, des couches, du talc, des lingettes et oh surprise tout un tas d’objets médicaux visiblement venant de son service au CHU !
Elle entendit le tiroir coulisser complètement. Puis plus rien, elle aurait voulu se retourner mais n'osa pas.
— Laura ?
— Oui ?
— Je crois que nous avons beaucoup de choses à discuter.
Face au mur, elle sentit revenir cette étrange sensation éprouvée au café, pour la première fois depuis très longtemps, elle n'avait aucune idée de ce qui allait être décidé pour elle, contre toute attente, cette pensée l'apaisa.
Peut-être que son rêve infantile venait seulement de commencer.
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