Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Agatha — Chapitre 2 · Agatha : le temps des questions
Auteur
Agatha
Chapitre 2 · Agatha : le temps des questions
Après cette réunion de travail, j'ai regagné mon bureau — il devait être pas loin de vingt-trois heures — et pourtant je me suis assise dans mon fauteuil, les yeux dans le vague, à me poser mille questions. Me voilà seule avec une simple petite lampe qui éclairait ce grand bureau silencieux, à l'ambiance oppressante. Seul le tic-tac de la pendule donnait le rythme de cette scène.
Je tins conseil avec moi-même pour essayer de comprendre pourquoi j'avais eu cette réaction. Je revis sa façon de m'avoir regardée — ce mot, fragile, lancé comme une évidence, avec ce demi-sourire qui n'attendait pas de réponse.
— Agatha ma fille, regarde-toi, là, dans la quasi-pénombre à te morfondre. Reprends-toi par tous les saints, tu as eu jusqu'ici une vie plutôt bien remplie, non ?
Et pourtant j'étais incapable de bouger. Il m'avait prise au dépourvu, me traitant de fragile. Dans un sens il n'avait pas tort, mais il ne devait pas m'atteindre — ou du moins pas comme ça. Je suis une femme respectable et je me dois de le rester. Ce comportement prépubère est indigne de mon parcours.
Dorénavant il y aura du changement dans mon attitude, mais surtout dans mes ambitions. Peut-être postuler, s'il devait être remplaçable ?
— Ho mais ce n'est pas une mauvaise idée !
Je me l'entendis dire à voix haute et la formule resta suspendue dans le silence du bureau. La vraie question, maintenant, était pire que ce passage honteux : tout faire pour prendre sa place, ou l'aider à ne pas la perdre ? Après tout, personne ne m'avait aidée pendant mon entrée à l'ENA. L'image du diable et de l'ange perchés sur mon épaule vous vient peut-être en tête — l'idée est là. Qu'est-ce qui fera pencher mon choix ? Est-ce que cette idée fait de moi une mauvaise personne, ou suis-je trop ambitieuse au point de balayer un doyen de faculté pour prendre sa place ?
La question resta sans réponse, lourde, collée quelque part entre mes tempes, quand le son de l'horloge indiquant minuit me sortit de ma pensée.
Seigneur — minuit déjà ? Encore toute chamboulée, je me levai de mon fauteuil non sans avoir rajusté ma tenue. Je pris mes clés, mon sac, éteignis mon ordinateur, puis sortis de mon bureau en faisant claquer mes talons dans les couloirs à peine éclairés. J'eus beau chercher, en attendant l'ascenseur, la solution à mon nouveau problème — j'aime mon travail, mais de là à prendre la place d'un doyen ? Que diraient ma mère ou mes filles si je leur en parlais ?
TING !
Les portes s'ouvrirent et je m'engouffrai dans la cabine. Je me regardai dans le miroir derrière moi et rajustai mon corsage, passai en revue ma jupe. Je profitai du trajet pour la retrousser et remonter mes bas.
À peine eus-je le temps de rabattre le pan du vêtement que la porte de l'ascenseur s'ouvrit sur le hall de la faculté. À ce moment-là je sentis une vibration dans mon sac, y plongeai la main et en ressortis mon portable.
Un SMS de ma sœur, qui visiblement n'avait pas regardé l'heure avant de l'envoyer.
— Coucou ma chérie, comment vas-tu ? Est-ce que tu voudrais venir avec moi ce week-end pour m'aider à monter les meubles et partir faire les magasins pour choisir la décoration ?
Seigneur. Elle sait qu'il est maintenant zéro heure vingt ? Ma sœur, ma plus fidèle amie et confidente — même si je dois avouer que je lui ai plus souvent servi d'épaule pour pleurer à cause de ses conquêtes infructueuses. Ma jumelle maléfique, toujours pleine d'idées excentriques, capable de faire les choix les plus discutables et de retomber sur ses pattes sans jamais s'en émouvoir. Notre mère nous a toujours mises en compétition : sport, études, loisirs. Une enfance dynamique, dirons-nous.
Je regardai le téléphone et lui répondis par l'affirmatif en soulignant l'heure de son message.
— Ne me fais pas croire que tu es déjà au lit, je ne te croirais pas ! Sinon parfait, je passe te prendre samedi matin. Bisous Aggy.
Bien. Je me dirigeai vers ma voiture et pris place au volant. Évidemment, cette diablesse de jupe était toute remontée — me voilà jambes nues. Inutile de la remonter, elle ne bougerait plus. Heureusement qu'il n'y avait personne autour. L'idée d'être surprise ne m'avait étonnamment pas choquée. Est-ce que je voulais être surprise ? Peut-être.
Sur la route, le temps était couvert, le bitume légèrement mouillé, les lumières de la chaussée défilaient — et la question du bureau était revenue tourner sourdement entre mes deux oreilles. Prendre sa place ou l'aider à la garder. Je n'avais toujours pas de réponse, et le silence de la voiture ne m'en proposait aucune. Je roulais avec cette interrogation posée sur la poitrine comme un poids que je n'arrivais pas à reposer.
En parlant de ça, au loin je devinai les lumières bleues d'un gyrophare. En me rapprochant, il s'agissait bien de la gendarmerie. Ils faisaient un contrôle comme ils le font assez fréquemment sur ce tronçon. Le militaire au milieu de la route, les bras en croix — d'apparence mûre et grisonnant — me fit signe de me rabattre sur le côté. Je fus rejointe par un jeune conscrit d'à peine vingt ans peut-être, le genre de visage encore un peu emprunté dans l'uniforme, qui portait sur la joue gauche une légère cicatrice en arc de cercle — un accident de vélo, ou peut-être une rixe de cour de récréation, impossible à dire. De là où il se trouvait, il ne pouvait pas encore voir ma tenue d'exhibitionniste malgré moi. Je préparai mes papiers — mes doigts cherchaient machinalement dans mon sac, ma gorge légèrement serrée — et tentai une dernière fois de redescendre ma jupe. Peine perdue.
— Bonsoir madame, gendarmerie. Je vais vous demander vos papiers du véhicule et la carte grise. Vous allez également être testée aux stupéfiants et à l'alcool.
Il se rapprocha et ne put plus ignorer ce que je proposais sans le vouloir. Je vis dans son attitude qu'il était à la fois gêné et intéressé par ce qu'il voyait — tu m'étonnes !! Il essaya de reprendre de l'aplomb et me rendit mes papiers. Catastrophe, étais-je en train de penser — mais pas pour lui, qui me tendait le test pour les drogues dans la foulée. Le bougre n'en perdait pas une miette et, l'air de rien, lorgnait sur mes jambes offertes.
— Quel jeune pervers, celui-là, dis-je à voix basse.
Sans oublier que j'étais aussi un peu émoustillée par la situation — je sentais mon entrejambe devenir humide et ça me déstabilisait, je devais aussi rougir légèrement.
Le test fut négatif. Voilà celui pour l'alcool.
— Soufflez dans le réceptacle de la machine et n'arrêtez qu'à mon signal.
Mes joues se gonflèrent et j'envoyai mon souffle dans l'appareil, qui sonna pour signifier la réception des données. Le résultat fut bien sûr négatif. Il était toujours là, près de moi, attendant de confirmer le chiffre sur sa machine, puis il me récita les conseils de la sécurité routière par habitude. De mon côté j'étais toujours avec ma jupe remontée, mes jambes à sa vue.
Mon Dieu, j'étais si exposée.
Tant pis — qui vivra verra. Pour une raison qui m'échappait encore, je soulevai lentement le bassin. Ce n'était pas un geste réfléchi ; c'était quelque chose qui venait de plus bas, une chaleur qui avait décidé à ma place. Je sentis l'air de la nuit sur l'intérieur de mes cuisses — frais, presque cru, comme une main étrangère posée là sans permission — et le contact du siège contre ma peau nue, et ma propre conscience qui se faisait spectatrice de ce que j'étais en train de faire. À ce moment-là je m'excitais toute seule face à ce jeune gendarme qui ne ratait pas un instant de la scène mais, profession oblige, ne montrait aucun signe visible — hormis une petite bosse au niveau de son ceinturon, et ce raclement de gorge discret, presque imperceptible, avant de reprendre son laïus d'une voix légèrement moins assurée.
Me voilà avec une jupe totalement remontée, offrant un sous-vêtement de couleur noire en dentelle. Le renflement de mon mont de Vénus était visible ; mon nectar féminin faisait briller ma peau dans la fraîcheur de la nuit.
Entre mon arrêt et cet instant il s'était passé dix minutes — suffisamment pour me faire exécuter des actes qui m'auraient été impensables deux ans plus tôt. J'étais passée d'une assistante de direction rigide et bien sous tous rapports à une adolescente peu farouche. Si maman me voyait — quelle honte penserait-elle.
Le jeune gendarme, ayant terminé son laïus sans jamais perdre de vue mon intimité ainsi offerte, me signifia que je pouvais regagner la chaussée. La lucidité me revint tout à coup et j'arrivai enfin à remettre ce satané bout de tissu en place. Je remerciai ce jeune homme et démarrai un peu brutalement, il est vrai.
Encore tremblante d'excitation, je continuai ma route dans le silence le plus total. Je m'étais encore rajouté des questions, et qui plus est sur mes propres agissements. J'allais devoir sérieusement remettre de l'ordre dans tout ça. Mon éducation stricte avait semble-t-il du plomb dans l'aile, et si je souhaitais continuer dans la voie de la luxure, il faudrait que je planifie certaines choses. Prendre sa place ou l'aider à la garder — la question était encore là, tapie, patiente, comme si elle avait décidé de faire le trajet avec moi jusqu'au bout.
Encore dans mes pensées, j'aperçus le portail de ma maison. La lumière de l'ouvrage m'éblouit un peu et je pénétrai sur le chemin.
Me voilà chez moi. Je sortis de la voiture non sans mal — encore sous le coup de l'émotion — et m'aperçus que le siège avait une auréole humide sur le fond. Je passai avec effroi ma main sur mes fesses et palpai la présence d'un liquide légèrement poisseux.
Les jambes encore fragiles, je me saisis des clés de la maison et rentrai enfin.
Après avoir jeté mon sac sur le guéridon de l'entrée, défait mes cheveux, retiré mes escarpins puis ma veste, je filai comme une collégienne honteuse dans ma salle de bain. Je déboutonnai ma chemise et mon soutien-gorge pour me retrouver presque nue devant mon miroir.
— Agatha ma fille, te voilà à la croisée des chemins.
Bien vite je fus entièrement nue, face à mon miroir. Je me regardai minutieusement, me trouvant encore attirante. Malgré deux grossesses, j'avais gardé mes atouts intacts : une tonicité musculaire évidente, des fesses rondes et charnues qui faisaient encore se retourner ces messieurs. Je saisis ma poitrine dans mes deux mains, en soupesai le poids — et ce simple contact suffit à dresser mes tétons.
Je terminai mon inspection par ma vulve, soigneusement entretenue par une esthéticienne de talent chez qui je me rends tous les vendredis. Ses mains toujours délicates me font de l'effet, et c'est ce souvenir-là qui provoqua, de manière totalement involontaire, le passage de mes doigts à proximité de mon clitoris gonflé de désir. Mon majeur suivit le sillon de ma vulve entrouverte.
Je fermai les yeux. Ma respiration se fit plus lente d'abord — presque retenue, comme si une part de moi hésitait encore — puis plus rapide, par vagues courtes. Le temps suspendu. J'avais conscience de ce que je faisais et je ne voulais plus m'arrêter.
Lentement, je pressai deux doigts contre mes grandes lèvres et commençai des mouvements circulaires, d'abord mesurés, presque prudents. Un gémissement m'échappa — étouffé, surpris. Puis un autre, moins retenu. La chaleur montait par paliers, chaque cercle un peu plus précis que le précédent, et je sentis ce liquide chaud et visqueux descendre le long de mes jambes.
Mes pensées s'emballèrent alors — et ce fut le doyen qui surgit en premier, non pas comme un souvenir mais comme une injonction : son bureau, son ton qui n'attendait pas de réponse, cette façon qu'il avait de nommer les choses comme des évidences. Dans ce mirage, il ne me traitait plus de fragile. Il me pliait sur le coin du bureau et faisait de cette fragilité quelque chose d'entièrement différent — quelque chose qu'il fabriquait et défaisait à sa guise.
Puis l'image se brouilla. La voix du doyen prit une légère inflexion plus jeune, plus hésitante — celle du gendarme récitant ses consignes d'une voix mal assurée. Les deux visages se superposèrent un instant, indiscernables, et c'est cette confusion-là, ce glissement entre l'un et l'autre, qui acheva de me faire perdre pied.
J'introduisis deux doigts en moi et commençai des allers-retours de plus en plus frénétiques. La pensée qui vint alors fut celle de trop : et dans un orgasme très sonore je hurlai ma jouissance à pleins poumons dans cette salle de bain en marbre blanc. Un jet de cyprine jaillit, me provoquant une contraction du bassin au point de me faire presque perdre l'équilibre avant de me faire enfin redescendre.
Et c'est essoufflée, souillée mais heureuse que je rentrai dans ma douche, faisant jaillir l'eau chaude pour m'apaiser. L'eau eut un effet salvateur et je pus commencer mes ablutions.
Je sortis de la douche détendue et prête à aller me coucher, non sans avoir fait un brin de nettoyage sur le miroir — encore dégoulinant de mon jus. J'en eus sur les doigts et, pour la première fois, je me goûtai : c'était salé, mais pas désagréable. Peut-être qu'à l'avenir je recommencerais — qui sait ?
Je me couchai immédiatement sans prendre le temps de préparer mes affaires pour le lendemain, ni même de ranger celles laissées dans l'entrée. Morphée vint assez vite et je m'endormis rapidement.
La suite bientôt ?
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Commentaires ()
Hummmm merci Agatha !