Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Agatha — Chapitre 4 · Agatha : l'observation
Auteur
Agatha
Chapitre 4 · Agatha : l'observation
Alors il est temps pour moi de me rendre dans le bureau du doyen et d'y trouver des réponses à mes questions naissantes.
C'est dans un état de plénitude — dans un premier temps, car je l'ignore encore — qu'un sentiment d'appréhension me saisit au moment où je me lève de mon fauteuil. Aujourd'hui il fait beau, l'air est frais mais agréable en cette saison. Au loin le brouhaha d'une vie scolaire qui s'anime dans l'ignorance de ma situation ; j'ai pourtant vécu ce genre de cas et, ma foi, je m'en suis toujours sortie à moindre frais. Je le sais : j'ai cette capacité à m'adapter à des situations complexes.
Mais il faut l'avouer, cette fois-ci je joue une partie de mon avenir — soit il sera rayonnant, soit sombre comme le charbon — et cela ne dépendra que de moi, avec un peu de réussite. On croise les doigts. Autour de moi l'ambiance semble être figée, froide et impersonnelle. Je me tiens là au milieu de ce bureau en silence, je me refais une nouvelle fois le scénario que je compte bien construire, mais j'ai cette sensation qu'un paramètre va venir faire échouer ce plan que je considère comme fiable.
Mais voilà que l'on toque à ma porte, ce qui a pour effet de me sortir de ma léthargie, et c'est avec un timide « entrez » que je réponds. Je ne reconnais pas de suite la personne qui entre, mais c'est sa voix qui met un nom sur ce personnage : c'est Agnès, la comptable de l'université. Elle et moi sommes devenues très vite amies ; bien qu'elle soit plus jeune que moi — elle fêtera ses trente ans dans six mois —, nous avons beaucoup de points communs et nos conversations sont pratiquement toujours sur la même longueur d'onde. Nous sommes sorties ensemble parfois, à l'occasion d'expositions ou de manifestations culturelles, partageant cette même intensité que nous mettions dans tout. Son sourire, sa bonne humeur chronique et son sens de l'humour ont été une source de réconforts dans certains problèmes de gestion, et elle aussi est une femme instruite : fraîchement diplômée d'expertise comptable, elle occupe ce poste en parallèle de ses études pour devenir commissaire aux comptes.
Physiquement, je dois dire qu'elle ne laisse pas insensible la gente masculine, et maintenant que j'y pense, la féminine aussi — et je m'y inclus, à ma grande surprise. Elle est de taille moyenne, je dirais un mètre soixante-cinq, de corpulence fine et proportionnée comme il le faut, avec un style classique mais élégant, toujours impeccablement coiffée et maquillée. Mais son atout principal, ce sont ses origines amérindiennes : ses longs cheveux noirs, son grain de peau mat et ses yeux verts émeraude hypnotisent quiconque la regarde trop longtemps.
Elle me parle mais je ne l'entends pas tout de suite, car je suis encore un peu dans ma bulle. Elle a dû s'en apercevoir, car elle pose sa main sur mon épaule puis me secoue avec attention. Son sourire provoque le mien aussitôt.
— Héhô, héhô, glousse-t-elle de son rire cristallin.
Le retour sur terre se fait en douceur. Je lui demande de m'excuser en me justifiant que je pensais à autre chose.
— Oui, j'ai vu, me répond-elle, sourire en coin.
Je lui demande ce qu'elle me veut en faisant attention à ne pas être trop directe.
— Tu voulais quelque chose ? Fais vite, je dois me rendre chez le doyen — tu sais, on a une inspection la semaine prochaine.
— Oui, et c'est à ce sujet-là que je voulais te voir, dit-elle en posant les yeux sur les documents qu'elle tient contre elle. Je suis inquiète du dérapage financier de l'université : le bilan a tendance à descendre au fil des mois. Je ne te cache pas que nous ne pourrons pas vivre au-dessus de nos moyens éternellement.
— Tu as un pré-bilan à me montrer ? Et le doyen est au courant ?
— Non, justement. Je voulais voir avec toi comment nous pourrions le lui présenter sans être alarmistes.
— Oui, et c'est à ce sujet-là que je voulais te voir, dit-elle en posant les yeux sur les documents qu'elle tient contre elle. Je suis inquiète du dérapage financier de l'université : le bilan a tendance à descendre au fil des mois. Je ne te cache pas que nous ne pourrons pas vivre au-dessus de nos moyens éternellement.
— Tu as un pré-bilan à me montrer ? Et le doyen est au courant ?
— Non, justement. Je voulais voir avec toi comment nous pourrions le lui présenter sans être alarmistes.
Elle me tend des documents dans un dossier d'une bonne épaisseur que je saisis avec un peu de difficulté ; c'est pourquoi elle se rapproche pour en partager le poids. Je sens ses mains à la texture satinée, son grain de peau est doux. Cela me trouble un peu, mais je ne le montre pas. Son parfum vanillé embaume mes narines et, l'espace d'une seconde, je pourrais me perdre dans ses yeux. Je me reprends. Ce trouble-là, il faudra que je l'examine plus tard — mais pas maintenant. Pour l'instant, c'est le doyen qui m'attend, et c'est lui qui occupe toute la place dans ma tête.
Je n'avais jamais ressenti ne serait-ce qu'une attirance pour une personne du même sexe. C'est troublant et cela me fait peur, mais une peur saine. Est-ce que dans ce domaine-là aussi un changement s'opère ? Après tout, elle ne semble pas gênée de cette proximité et paraît même prendre confiance en laissant ses mains sous les miennes. Il ne s'est passé que trois minutes dans ce tendre moment et pourtant j'ai eu l'impression qu'il a duré une heure.
C'est Agnès qui me rappelle que mon rendez-vous ne doit pas tarder, et que le doyen doit maintenant se demander si je vais jamais arriver. Elle a raison, et je pose, non sans mal, ce tas de papiers sur mon bureau dans un bruit sourd.
Bien. Il est temps d'y aller. C'est avec ses encouragements dans le dos que je me hâte dans les couloirs ; mes talons font résonner le carrelage, surtout que le pas est pressé. Il faut que je remette de l'ordre dans ma tenue et ma coiffure — après tout, il me faut être présentable. Le miroir d'une salle de classe vide fera l'affaire : quelques épis de cheveux, quelques plis sur mon pantalon, et le chemisier boutonné jusqu'en haut. Peut-être devrais-je l'ouvrir un peu pour ne pas avoir l'air coincée ?
Oui. Je fais sauter deux boutons, ce qui ouvre sagement l'encolure de mon chemisier. Un troisième ? Celui-là ferait voir la naissance de ma poitrine. Je me regarde une seconde. Je dois être folle de penser que ce sera une bonne idée — et c'est dans un geste presque automatique que le petit bouton se libère de son passant et vient offrir à qui voudra y plonger les yeux mon décolleté courageux.
Ça y est, je suis en train de devenir cinglée. D'où me viennent ces idées audacieuses ? Il ne me semble pas avoir reçu de coup sur la tête, ni souffrir d'une crise de la quarantaine soudaine. Qui va m'expliquer, sinon moi-même, comment ce changement de mœurs est arrivé ? Je me regarde dans le reflet et je ne vois qu'une quadra qui se pose des centaines de questions et se demande ce qu'il va encore lui arriver si tout cela monte en puissance.
Mon image ne me déplaît pas. Je ne fais pas vulgaire, ni trop sexy à mon goût. Qu'en sera-t-il des autres ? Ai-je vraiment besoin de leurs avis, sachant que ça n'aura qu'un impact limité ? Il me faudra demander à mes proches — oui, ils sauront me guider dans cette phase évolutive. En attendant, c'est gonflée à bloc de confiance que je me rends à son bureau.
C'est pile devant la porte en bois foncé que je prends une grande inspiration et frappe trois fois. Mon Dieu, il va me dire d'entrer et je ne pourrai plus faire marche arrière. Sois forte, ma fille. Sois forte. L'auto-persuasion semble avoir un effet positif : mon souffle ralentit. Il faut que je me calme pour ne pas lui montrer la moindre faille.
— Oui, entrez, claque-t-il fortement, la voix grave.
J'ai la main ferme sur la poignée. Je mets mon masque d'assistante de direction et entre avec toute l'assurance que j'ai encore en réserve — mais je sais qu'à la moindre perturbation je pourrais flancher et tout faire tomber à l'eau. Me voilà dans son bureau, à peine rentrée, tenant mes dossiers contre moi les bras croisés. J'ai l'air cruche comme une débutante. Me voilà en face du monstre que je me suis construit, la bête.
Il est là. Et pourtant je n'ose pas parler, de peur de dire une bêtise. Il ne semble pas faire attention à mon désarroi — pourquoi le ferait-il, d'ailleurs ? À moins qu'il ait vu, et qu'il en profite plus tard. C'est avec une invitation sonnant comme un ordre qu'il me demande de m'asseoir. Mes jambes doivent trembler légèrement, mais je parviens à prendre place dans le moelleux fauteuil pourpre.
J'ai un sourire en coin, car je suis en pantalon et ce grossier personnage ne pourra pas me déshabiller du regard. Mais j'aurais voulu qu'il le fasse — oui, qu'il me dévore de ses yeux d'acier, que je ne sois qu'un objet de désir pour ses idées perverses. Je m'imagine là à attendre qu'il prenne possession de moi de ses bras puissants. En bas, c'est le début de l'inondation : je me sens humide et moite. Mon visage ne montre rien, mais mon corps, lui, est en ébullition.
Il a déjà commencé à me parler, mais je n'entends qu'un bruit de fond — je suis dans la tempête de mes pensées, érotiques, salaces, impertinentes et intimes. Des centaines de scénarios où je ne suis que sexe et luxure. Je le regarde et m'attarde sur son anatomie : de toute évidence il s'entretient — ses épaules larges, son buste ferme.
Il n'est vêtu que d'une chemise cintrée, d'un pantalon gris clair, sa ceinture marron terminant de le vêtir. Et les images reprennent : je lui déchirerais avec fougue sa chemise fragile, passerais mes mains sur son torse glabre — je serais à ce moment-là une dominatrice ayant pris un beau mâle dans ses filets, et celui-là devrait être à la hauteur.
Mais je dois me reprendre. J'ai une stratégie, j'ai des dossiers, j'ai des arguments préparés. J'ouvre la bouche pour placer une première réplique, tenter de reprendre la main sur cette réunion — et c'est à ce moment précis que je réalise que j'ai décroisé les jambes, et que mon regard est littéralement fixé sur son entrejambe. Il vient de le remarquer. Je constate dans son regard qu'il ne le relève pas, mais ses lèvres esquissent quelque chose. J'ai totalement honte de moi et je ne sais plus où me mettre.
L'ambiance est lourde, hors de contrôle. Je sens qu'il faut que je dise quelque chose pour m'en sortir. Il attend un geste de ma part et il a l'avantage de la situation — il sait qu'à ce moment-là je suis vulnérable, qu'il n'a presque plus rien à faire pour me cueillir comme un fruit mûr. Il joue avec mes nerfs et mes désirs. Je déteste cette situation. Je dois récupérer ce dérapage coûte que coûte.
Je le vois se diriger vers moi d'un pas affirmé. Je lui réponds vainement que la situation doit être restaurée au plus vite et tente de faire diversion en ouvrant mon dossier. Mes arguments se débitent à un rythme décousu. Il sait que je suis en stress, mais il ne dit rien — il attend que sa proie soit trop fragile pour lutter.
Il est maintenant à quelques centimètres de moi et il me surplombe de son regard qui me transperce. Il faut que je réagisse s'il se montre entreprenant.
Il me parle, et, surprise, je le regarde droit dans les yeux, incrédule.
— Agatha, vous devriez vous montrer attentive. La situation est assez sérieuse pour ne pas rêvasser.
Pour une raison que j'ignore, je suis complètement déçue. En mon for intérieur, je m'attendais à un autre scénario — une suite aussi chaude que la moiteur de mon intimité. Je n'arrête pas de déglutir. Ma nervosité est maintenant visible : je transpire légèrement, mes mains sont brûlantes, mon regard perdu dans le sien.
Dans ce bureau se déroule une scène où ma faiblesse a pris le pas sur mes intentions initiales. Il m'invite à me lever et se rapproche encore. Son visage a maintenant les traits d'un vainqueur convaincu qu'il pourra faire de moi ce qu'il voudra.
Et dans ce cas, il a raison. S'il tentait quelque chose, mes défenses seraient trop faibles pour le repousser. Il me tend la main sans que je sache ce qu'il a en tête — sans un mot, sans geste brusque — et c'est avec fébrilité que je réponds à son invitation.
Je suis toujours perdue dans ses yeux, et mes signes d'excitation sont parfaitement visibles au travers de mon chemisier. Son bras me ramène vers lui en douceur, mais avec assurance.
Ma respiration est lourde. Ma poitrine se soulève au rythme de mon désir. Je suis totalement offerte à son prochain mouvement. Et c'est sans l'avoir prévu que je sens sa main virile se poser sur ma croupe — une fraction de seconde où j'aurais pu reculer, où j'aurais dû reculer, et où je n'en ai rien fait. Ses doigts s'enfoncent lentement dans ma chair, et quelque chose de chaud et d'irréversible se déploie au bas de mon ventre.
Je me sens offerte, et c'est mal, mais c'est aussi divinement bon. Il me pétrit les fesses, les malaxe, les prend à pleine main. Je suis accrochée à lui comme une noyée à sa bouée, les yeux clos pour ne me concentrer que sur la sensation — la pression de ses paumes, la chaleur qui traverse le tissu de mon pantalon, la façon dont mon corps répond avant même que ma tête n'ait eu le temps d'intervenir. Entre mes cuisses, le tissu de ma lingerie est déjà tiède et humide contre ma peau.
Intérieurement je suis en fusion. Mon intimité est totalement trempée, ma lingerie imbibée. Mes tétons sont tendus à me faire mal, mais il a le sadisme de prendre son temps. Je suis son jouet, son pantin. Il me contrôle et il le sait.
Je devine qu'il s'approche de mon oreille pour me susurrer ces mots qui me font presque basculer.
— Agatha, vous allez m'appartenir. Je le vois dans vos regards : votre raison résiste, mais votre corps me donne raison.
Dans ma folie aveugle, je suis maintenant convaincue que je serai bientôt sa propriété — ou, en d'autres termes, son esclave. Mais je dois résister. Je dois garder mes principes de femme intègre, alors même que je suis contre lui, mon visage dans son cou, le laissant me caresser à son aise, complètement excitée et brûlante.
Dans la brume de mon désir, je l'entends de nouveau.
— Agatha, vous allez m'offrir vos dessous, et sans attendre. Considérez ça comme un ordre, dit-il, le visage carnassier et tout sourire.
— Et puis quoi encore... Oui. Tout de suite.
— Et puis quoi encore... Oui. Tout de suite.
Je me vois déboutonner mon pantalon, agissant comme un automate — honteuse au possible — et le faire descendre le long de mes jambes. Mes cuisses luisantes de cyprine lui offrent un spectacle unique. La bosse dans son pantalon est de taille impressionnante, et mes yeux ne peuvent s'en dégager.
Mon pantalon retiré, je m'affaire à saisir la mince bande de tissu humide pour la faire glisser le long de mes jambes...
Quand soudain le téléphone sonne.
La suite ?
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