Note de l'auteur
*Fiction. Tous les personnages et les événements de ce récit sont imaginaires.*
C'est un mercredi après-midi, environ quinze heures. Le bureau est calme. La plupart des gens sont en réunion ou dehors. Juste quelques têtes baissées sur leurs écrans, le bruit des claviers, la lumière néon.
Mon téléphone vibre. Un message de Julie.
Ça fait quelques mois qu'on s'écrit. Au début, des trucs de boulot. Puis de plus en plus personnels. Julie traverse une mauvaise passe — son mec ne la regarde plus, elle a l'impression de disparaître. Moi, je l'écoute. Et accessoirement, je fantasme sur elle depuis le premier jour.
Julie est blonde, les cheveux souples tombant sur ses épaules, fine et élancée, autour d'un mètre soixante-dix. Elle n'a rien d'une allumeuse : au contraire, elle s'habille avec une sobriété presque sage. Mais il suffit d'un mouvement, d'une jupe qui suit sa démarche ou d'une chemise qui se tend lorsqu'elle se penche pour que tout ce qu'elle s'efforce de dissimuler devienne impossible à oublier. Aujourd'hui, elle porte une jupe bleu marine, une chemise blanche immaculée et des escarpins noirs. Un ensemble classique, mais diablement efficace.
J'ouvre le message.
— Julie : Tu regardes ?
Je lève les yeux. Elle est à son bureau, trois travées plus loin. Elle tape sur son clavier, l'air concentré. Rien d'anormal.
— Moi : Je te regarde depuis toujours. Tu veux dire autre chose ?
— Julie : Je ne parle pas de regarder en général. Je parle de maintenant.
Je la fixe. Elle est assise, le dos droit, les jambes croisées. Rien de différent. Et puis je vois — un petit mouvement. Ses épaules se tendent. Sa main droite quitte le clavier, glisse sous le bureau, revient. Ses genoux se serrent.
— Julie : Tu ne comprends pas encore. Mais tu vas comprendre.
Je regarde plus attentivement. Sa posture a changé, mais je ne sais toujours pas pourquoi. Sa main disparaît quelques secondes sous le bureau, puis revient se poser près du clavier. Elle serre les genoux. Peut-être qu'elle a simplement mal quelque part. Peut-être que je projette sur elle ce que j'ai envie de voir.
— Moi : Julie... qu'est-ce que tu fais ?
— Julie : Ce que je veux faire depuis longtemps. Ce que je n'ai jamais osé.
Je regarde autour. Personne ne remarque rien. Les collègues sont absorbés par leurs écrans.
— Julie : Je me masturbe. Là, maintenant, à mon bureau.
Mon cœur s'emballe.
— Moi : Tu es folle.
— Julie : Je sais. C'est tout l'intérêt.
Sa main glisse encore sous le bureau. Je vois son expression changer — les yeux qui se ferment brièvement, les lèvres qui s'entrouvrent, une petite contraction des épaules.
— Julie : Je porte un Lovense. Connecté à mon téléphone. Je peux te donner l'accès, si tu veux.
— Moi : Quelqu'un va remarquer.
— Julie : Personne ne remarque rien. Personne ne regarde. Sauf toi.
Un silence. Je la regarde. Elle ne me regarde pas — mais je sais qu'elle attend.
— Moi : Envoie.
Je regrette presque le mot dès qu'il apparaît à l'écran. Presque.
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Le lien arrive. Lovense Remote. L'interface s'affiche : un curseur de zéro à cent pour cent, un bouton on/off, un indicateur de connexion vert.
L'appareil est connecté.
Julie tourne légèrement la tête vers moi. Pas un regard direct — une invitation.
— Moi : Tu es sûre ?
— Julie : Ne pose plus de questions. Commence.
Je pousse le curseur à dix pour cent.
Elle réagit immédiatement. Les épaules se contractent, les jambes se serrent, sa main se pose à plat sur le bureau.
— Moi : Ça marche ?
— Julie : Mmm...
Vingt-cinq pour cent.
Plus évident cette fois. Elle se tortille sur sa chaise, sa nuque se raidit légèrement, comme si elle cherchait à contenir quelque chose. Une inspiration plus profonde, ses seins se soulèvent sous la chemise blanche. La sueur commence à perler sur son front.
— Moi : T'es magnifique comme ça. Assise là, pendant que tout le monde travaille.
— Julie : C'est vrai ? Tu le penses ?
— Moi : Julie. Tu me fais bander depuis le premier jour. C'est pas une question.
Quarante pour cent.
Elle ferme les yeux pendant plusieurs secondes. Quand elle les rouvre, ses pupilles sont dilatées. Elle saisit le bord du bureau du bout des doigts — un geste infime, presque imperceptible, comme si elle avait besoin de s'ancrer à quelque chose.
Cinquante-cinq pour cent.
C'est le point de bascule. Ses deux mains quittent le clavier, se posent sur le bureau. Sa respiration devient lourde, sifflante entre ses dents. La tête bascule légèrement en arrière.
Et puis sa main glisse sous le bureau. Elle reste là. Je devine — elle se touche vraiment maintenant, en plus du joujou. Les doigts qui travaillent, le corps qui réagit.
Elle remonte la main. Ses doigts sont humides. Et là, sans ciller, elle les porte à ses lèvres et les lèche lentement, en me regardant du coin de l'œil.
Le geste me coupe le souffle.
— Moi : Enlève ta culotte.
Un silence. Elle me regarde. Pas choquée — amusée.
— Julie : Là ? Maintenant ?
— Moi : Tu étais en train de te masturber à ton bureau il y a trente secondes. C'est pas le moment de faire la pudique.
Elle regarde autour. Toujours personne.
— Julie : D'accord.
Ses jambes se décroisent, ses mains descendent sous le bureau. Elle se lève légèrement, glisse la culotte vers le bas, la retire. Se rassoit.
— Julie : C'est fait.
Soixante-dix pour cent.
Elle pousse un son — un soupir étouffé qui n'aurait jamais dû exister dans un bureau. Ses poignets se crispent sur l'accoudoir de la chaise, ses lèvres se pincent, comme si elle retenait quelque chose de bien plus grand. Elle a du mal à rester droite.
— Moi : Je veux te voir jouir. Là. Maintenant.
— Julie : Pas ici... trop visible...
Elle se lève brusquement. Pas normalement — comme si son corps lui dictait le mouvement. Elle marche vers la porte, les jambes tremblent légèrement, mais elle se contrôle. Elle passe devant mon bureau.
Et elle s'arrête.
Juste une seconde. Elle se penche vers moi. Son souffle sur mon oreille.
— C'est ma préférée, murmure-t-elle. J'espère que tu en feras bon usage.
Quelque chose glisse dans ma poche. Satiné, léger, tiède de son corps. Humide.
Sa culotte.
Elle pose un baiser sur ma joue — rapide, invisible — et continue vers la porte.
Je reste pétrifié. Un parfum de peau et de satin me monte au visage. J'ai sa culotte dans ma poche, la chaleur de son corps encore prise dans le tissu, sa marque sur ma joue et sa voix au creux de l'oreille. Ma gorge est sèche. Mes mains, posées sur le clavier, ne bougent plus.
Je pousse le curseur à quatre-vingt-dix pour cent.
Mon téléphone vibre.
— Julie : J'arrive aux toilettes. Tu peux continuer.
Quatre-vingt-quinze pour cent.
— Julie : Tu veux voir ?
Une photo. Julie est assise sur les toilettes, la jupe remontée, les jambes écartées. Le Lovense apparaît entre ses cuisses, brillant sous la lumière blanche. Sa chemise est ouverte sur un ensemble en dentelle noire, raffiné et sexy. Ses seins nus, les mamelons durs. Elle a vraiment bon goût.
Je fixe l'écran. Je sens la chaleur me monter aux joues, le sang qui bat aux tempes. Je suis assis au milieu d'un open space et je regarde des photos d'une femme qui se touche dans les toilettes à dix mètres de là. Le monde autour de moi continue de taper sur ses claviers.
— Moi : Putain, Julie.
— Julie : Tu aimes ?
— Moi : J'aime tout. Tes seins, tes hanches, ce cul que j'ai maté depuis des mois. Continue.
Une nouvelle photo. Son cul, cette fois. La jupe remontée, les fesses fermes, l'entrejambe brillant d'excitation.
— Moi : C'est le plus beau truc que j'aie jamais vu dans ce bureau.
— Julie : Tu en veux plus ?
Une vidéo. Elle se touche, la tête renversée, les yeux fermés, la bouche entrouverte. Elle gémit. Le son est bref, étouffé, mais il traverse l'écran avec une netteté troublante. Ce n'est pas une performance : sa voix lui échappe avant qu'elle ait le temps de la retenir.
Je redescends le curseur à cinquante pour cent. Je veux la faire languir, lui rappeler que je peux aussi retenir ce qu'elle réclame.
— Julie : S'il te plaît... je ne peux plus attendre...
— Moi : Dis-moi ce que tu veux.
— Julie : Je veux que tu me pousses à fond. Je veux jouir pour toi. Maintenant.
Cent pour cent.
— Julie : Oui... là...
Je ne l'entends pas, mais je devine tout : les muscles qui se contractent, le souffle qui se brise, l'orgasme qui la traverse dans les toilettes de l'open space pendant que tout le monde tapait sur son clavier à dix mètres de là.
Le téléphone vibre.
— Julie : Regarde ce que tu as fait.
Une dernière vidéo. Son visage en gros plan pendant qu'elle jouit : les yeux fermés, la bouche entrouverte, les joues rouges. Cette fois, elle ne cherche même plus à se composer une expression. Elle me laisse voir ce que personne, dans ce bureau, ne soupçonne.
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Julie revient cinq minutes plus tard. Elle marche normalement, s'assoit, reprend son clavier, remet ses lunettes. Comme si rien ne s'était passé.
Sauf qu'elle n'a pas de culotte.
Et que celle-ci repose toujours dans ma poche.
Mon téléphone vibre.
— Julie : Tu crois vraiment que c'est toi qui contrôles ?
— Moi : Tu vas faire quoi ?
— Julie : Ce que tu veux. T'as le contrôle.
Je la regarde. Elle ne me regarde pas. Mais je vois un sourire au coin de ses lèvres.
— Moi : J'ai envie de toi.
— Julie : Je sais. Moi aussi.
— Moi : Ce soir. Pas au bureau.
— Julie : En attendant, tu peux la garder. Elle est à toi.
Je glisse la main dans ma poche. Le satin est encore tiède ; son parfum, mêlé à celui du bureau et du papier, me revient aussitôt.
— Julie : Et la prochaine fois, c'est moi qui contrôle.
— Moi : On verra ça.
— Julie : 😏
---
*FIN*
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