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Fantasme
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Un jeu discret — Chapitre 2 · Sous son nez

14 minutes
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MidnightFlashes
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Ce qui accroche dès les premières lignes, c'est le rythme : les échanges de messages sonnent vrai, avec leurs silences, leurs hésitations, le temps qui passe entre deux réponses. On sent la tension monter naturellement, sans forcer. L'alternance entre le quotidien conjugal et ce qui se trame juste en dessous est menée avec un sens du détail qui rend la situation à la fois électrique et presque drôle. On redemande la suite.

Un jeu discret

Chapitre 2 · Sous son nez

Note de l'auteur

Julie avait promis que la prochaine fois, ce serait elle qui contrôlerait. Voici la suite.
Le soir même, je suis chez moi, devant la télévision. Nous devions nous retrouver après le travail. À dix-neuf heures huit, Julie avait annulé d’un message sec : « Pas ce soir. Il est rentré. » Pas d’excuse, pas d’autre explication.
Je n’ai pas retenu une seule image de la série. Depuis que j’ai quitté le bureau, je ne pense qu’à Julie : à sa culotte dans ma poche, à son sourire, à la façon dont elle m’a laissé croire que j’avais le contrôle.
À 22 h 51, mon téléphone vibre.
J’écris « Tu penses encore à moi ? », puis j’efface. J’écris autre chose, j’efface encore. Finalement, je me contente de répondre.
Julie : Tu fais quoi ?
Moi : Je regarde la télé.
Julie : Tu regardes vraiment ou tu fais semblant comme moi ?
Moi : Je fais semblant.
Julie : Moi aussi. Je suis sur le canapé. Lui est à côté.
Moi : Il regarde une série ?
Julie : Oui. Il regarde une série. Moi, je m’ennuie.
Moi : Tu veux que je te distraie ?
Julie : J’attendais que tu proposes.
Je souris devant l’écran de mon téléphone.
Moi : Tu penses encore à cet après-midi ?
Julie : Depuis que je suis rentrée.
Moi : À quoi exactement ?
Julie : À toi, au bureau. À la façon dont tu me regardais après que j’ai glissé ma culotte dans ta poche. À ton visage quand tu as compris que c’était moi qui décidais de ce que tu emporterais avec toi.
Moi : Et là, tu es sur ton canapé avec lui ?
Julie : Oui. Et je porte ma nuisette. Je suis nue dessous.
Je me redresse.
Moi : Tu es nue sous ta nuisette, encore excitée de cet après-midi, et ton mari est assis juste à côté ?
Julie : Tu vois pourquoi je m’ennuie ?
Moi : Je ne m’ennuierais pas si j’étais là avec toi.
Julie : Qu’est-ce que tu ferais ?
Moi : Je m’assiérais à côté de toi, sous le plaid posé sur tes genoux. Je te caresserais à l’abri des regards pendant que tu ferais semblant de suivre la série.
Julie : Et moi ?
Moi : Tu me masturberais avec une main, sans quitter l’écran des yeux.
Julie : Sans bruit ?
Moi : Sans bruit. Juste assez pour que tu aies peur qu’il remarque quelque chose.
Julie : Et s’il me parlait ?
Moi : Tu lui répondrais normalement. Tu prendrais ta voix douce de femme sage pendant que ta main continuerait à bouger sur mon sexe.
Julie : Tu crois que je saurais faire ça ?
Moi : Je crois que tu en aurais très envie.
Un long moment passe avant sa réponse.
Julie : Je déteste quand tu as raison.
Moi : Tu n’as pas l’air de détester tant que ça.
Julie : Je suis toujours sur le canapé. Il est installé contre moi, sa main vient de se poser sur ma cuisse.
Moi : Et toi, tu lui souris ?
Julie : Je lui souris. Et je pense à ta main sous ma nuisette.
Moi : Tu veux que je te dise ce que je ferais maintenant ?
Julie : Oui.
Moi : Je passerais mes doigts entre tes cuisses. Lentement. Je te laisserais te retenir pour ne pas bouger devant lui.
Julie : Continue.
Moi : Je te ferais écarter les jambes juste assez pour que tu puisses respirer. Et je te demanderais si tu as encore envie de jouer à la femme parfaite.
Julie : Je te répondrais que oui.
Moi : Et tu mentirais.
Julie : Complètement. Il est toujours absorbé par la série.
Un nouveau message arrive.
Julie : Je n’arrive plus à rester assise à côté de lui.
Moi : Va dans ta chambre.
Julie : Pas encore.
Moi : Pourquoi ?
Julie : Parce que j’aime être là où il peut me voir sans savoir ce que je fais.
Elle m’envoie une photo. On ne voit pas son visage, seulement sa main posée sur sa cuisse, la nuisette noire et le genou de son mari à quelques centimètres du sien.
Julie : Tu vois ? Il est juste là.
Moi : Envoie-moi une photo de toi quand tu ne tiendras plus.
Julie : Tu veux me voir perdre mon calme ?
Moi : Je veux voir tout ce que tu caches sous cette nuisette.
Julie : Alors attends.
Quelques minutes passent. Puis elle écrit :
Julie : Je lui ai dit que j’allais me laver les dents.
Moi : Tu lui as dit ça avec ta voix normale ?
Julie : Évidemment.
Un audio arrive.
— Tu vas te laver les dents ? demande son mari.
— Oui, je reviens tout de suite.
— Tu reviens pour la suite de l’épisode ?
— Bien sûr. Ne lance pas le suivant sans moi.
— D’accord. Je t’attends.
Le fichier s’arrête. Julie m’écrit aussitôt.
Julie : Il pense que je vais simplement me brosser les dents.
Je la vois taper quelque chose, s’arrêter, puis recommencer.
Moi : Et tu vas faire quoi ?
Julie : D’abord, te montrer ce que je suis devenue depuis cet après-midi. Ensuite, je retournerai m’asseoir à côté de lui comme si rien ne s’était passé.
Une première vidéo arrive. Julie est debout dans sa chambre, devant le miroir. Elle porte encore sa nuisette et semble parfaitement calme, mais son regard trahit déjà son excitation. Elle tourne lentement sur elle-même, laisse le tissu suivre ses hanches, puis le soulève juste assez pour me faire comprendre qu’elle ne porte rien dessous.
Julie : Une seule pièce à la fois. Je veux profiter de ta réaction.
La deuxième vidéo montre une bretelle qui glisse de son épaule. Julie prend son temps. Elle observe son propre reflet avec un sourire qui n’a plus rien de sage, puis fait descendre la nuisette le long de son corps. Ses seins apparaissent d’abord, ronds et fermes, avant que le tissu ne tombe à ses pieds.
Elle reste nue devant la caméra. Ses cheveux blonds encadrent son visage rougi, ses lèvres sont entrouvertes et ses yeux brillent d’une excitation qu’elle ne cherche même plus à dissimuler. Elle tourne lentement, offrant la courbe de son dos, la cambrure de ses reins et ses fesses pleines, puis revient face à l’objectif.
Julie : C’est la première fois que tu me vois entièrement nue. Dis-moi ce que tu regardes en premier.
Moi : Ta poitrine. Tes fesses. Et ton visage. Tu as l’air tellement excitée de faire ça.
Julie : Je le suis. Beaucoup plus que cet après-midi. Au bureau, je jouais avec toi. Là, je suis chez moi, nue, pendant que mon mari m’attend dans le salon. Ce n’est plus le même jeu.
La troisième vidéo commence avec la nuisette au sol. Julie pose une main sur sa poitrine, pince doucement un mamelon, puis descend lentement vers son ventre. Elle s’arrête entre ses cuisses et se caresse enfin, sans quitter l’objectif des yeux. Son visage change : elle mord sa lèvre, ferme les yeux une seconde, puis sourit avec un sourire qui ne laisse plus aucun doute sur le plaisir qu’elle prend à me montrer cette facette d’elle-même.
Julie : Tu bandes ?
Moi : Comme un fou, tu n'as pas idée de l'effet que tu me fais.
Julie : Je veux voir. Je veux voir exactement ce que je te fais.
Je pose mon téléphone contre l’oreiller et lance la caméra. Cette fois, je cadre mon visage et mon sexe dans la même vidéo. Je ne cherche pas à faire joli : je veux qu’elle voie ma respiration courte, ma main qui se resserre et l’érection qu’elle a provoquée.
J’envoie le snap. Il ne dure que quelques secondes, mais je le laisse volontairement un peu plus long que nécessaire. Puis j’attends.
Les trois petits points apparaissent. Disparaissent. Réapparaissent.
Julie : J’ai regardé deux fois.
Moi : Pourquoi ?
Julie : Parce que je veux te regarder. Ton visage. Ta respiration. Tout.
Moi : Tu me rends complètement fou.
Je relis son message avant de répondre. Elle vient de voir l’effet qu’elle produit réellement sur moi, et je l’imagine sourire devant son écran, un peu surprise d’avoir osé demander.
Julie : Je sais maintenant. Je le vois.
Elle m’envoie un nouvel audio. Sa voix est basse, amusée, presque incrédule.
Julie : Je te rends vraiment fou… et tu es là, chez toi, à te toucher pour moi pendant que je suis nue dans ma chambre.
Moi : Tu veux que je continue ?
Julie : Oui. Envoie-moi une autre vidéo, mais plus lentement cette fois. Je veux voir jusqu’où je peux te faire monter avant que tu n’en puisses plus.
Je recommence à filmer, en ralentissant volontairement chacun de mes gestes. Elle ne me donne pas d’ordre en direct ; elle choisit simplement ce qu’elle veut revoir et me laisse attendre sa prochaine réaction.
Elle m’envoie une quatrième vidéo. Assise sur le bord du lit, elle écarte les jambes et se caresse lentement. Son autre main disparaît hors champ, puis revient avec un gode noir.
Julie : Tu sais ce qui m’excite le plus ?
Moi : Dis-moi.
Julie : Imaginer que tu es dans cette chambre avec moi. Que tu me regardes me déshabiller alors que mon mari est dans la pièce d’à côté. Et que je ne ferme pas la porte.
Moi : Tu la laisserais ouverte ?
Julie : Oui. C’est tout le jeu. Il pourrait entrer. Il pourrait nous surprendre. Il pourrait m’appeler et je devrais lui répondre comme si je ne faisais rien.
Moi : Tu veux vraiment prendre ce risque ?
Julie : Je veux avoir peur qu’il le fasse.
Elle disparaît de l’image quelques secondes, puis revient avec le gode posé contre elle.
Julie : Je vais dans la salle de bain.
Moi : Avec la porte ouverte ?
Julie : Avec la porte entrouverte. Ne gâche pas le fantasme.
La vidéo suivante est prise dans la salle de bain. Le miroir reflète son corps nu et la porte entrouverte sur le couloir. Julie tient le gode devant la caméra, puis le porte à sa bouche. Elle le suce lentement, en gardant les yeux fixés sur moi.
Julie : J’aimerais que ce soit ton sexe dans ma bouche. J’aimerais te regarder jouir pendant que mon mari croit que je me lave les dents.
Elle s’interrompt au bruit de pas dans le couloir, reprend une expression innocente, pose le gode sur le carrelage, hors de l’axe de la porte, et fixe la ventouse. Puis elle recule jusqu’à lui.
Elle commence par s’asseoir dessus lentement. Une main tient le téléphone ; l’autre joue avec sa poitrine. Elle ferme les yeux, puis les rouvre pour me regarder.
Julie : Tu vois ce que je fais pendant qu’il croit que je me lave les dents ?
Des pas approchent. Elle se redresse aussitôt et prend une expression parfaitement neutre.
— Alors, ta journée ? demande son mari depuis le couloir.
Elle tourne la tête vers la porte.
— Ça va. Un peu longue, mais rien de spécial. Et toi ?
Sa voix est douce, normale, presque ennuyée. Pendant qu’elle parle, elle reprend lentement son mouvement sur le gode.
— Tu as fait quoi après le travail ? poursuit-il.
— Je suis passée au supermarché. J’ai pris du pain pour demain.
Elle me regarde dans le miroir. Son visage reste calme, mais son corps bouge au rythme de ses phrases.
— Il croit que je suis en train de me brosser les dents, murmure-t-elle ensuite à la caméra. En réalité, je suis nue, empalée sur ce gode, et je réponds à ses questions pendant que je pense à ta main sur ma poitrine.
Elle accélère, se cambre et étouffe un gémissement dans sa paume.
— Tu vois comme je suis sage avec lui ? souffle-t-elle. Et comme je peux devenir une vraie salope dès que je te parle ?
Je me masturbe en regardant la vidéo, incapable de détourner les yeux. Quand elle s’arrête, je lui écris que je suis au bord de jouir.
Moi : Je vais jouir.
Quelques secondes plus tard, sa réponse arrive.
Julie : Attends. Je veux d’abord voir jusqu’où je peux aller moi aussi.
Elle m’envoie ensuite une dernière photo : son visage rougi, ses lèvres brillantes, le gode dans sa main et, derrière elle, la porte toujours entrouverte.
Julie : Il vient de bouger dans le salon. Je dois m’arrêter un instant.
Moi : Julie…
Julie : Chut. Écoute.
Un dernier audio arrive. D’abord sa voix normale :
— Je vais revenir, chéri. Ne lance pas la suite sans moi.
Puis, après un silence, son murmure :
— Maintenant, imagine que tu es derrière moi. Imagine que tu me baises dans cette salle de bain pendant qu’il pense que je me prépare pour dormir. Plus fort. Je veux que tu me fasses jouir avant qu’il ne vienne voir pourquoi je mets autant de temps.
Sa respiration s’accélère. Un bruit de porte se fait entendre au loin. Elle étouffe un gémissement, puis souffle mon prénom.
L’enregistrement s’arrête.
Julie : Tu as joui ?
Moi : Oui.
Julie : Moi aussi.
Moi : Tu vas retourner auprès de lui ?
Julie : Oui. Il vient de me demander si je venais regarder la fin avec lui. Je vais remettre ma nuisette, reprendre ma voix normale et m’asseoir à côté de lui. Il ne saura rien de ce qui s’est passé dans la salle de bain.
Moi : Tu vas réussir à faire comme si rien ne s’était passé ?
Julie : Regarde.
Une dernière vidéo arrive. Julie est déjà dans le salon, assise près de son mari. Elle tient son téléphone contre sa cuisse. Elle relève très légèrement sa nuisette, juste assez pour dévoiler son entrejambe encore humide. Puis elle regarde l’objectif, porte un doigt à ses lèvres et mime un chut.
Elle remet aussitôt le tissu en place et tourne la tête vers son mari avec un sourire innocent. La vidéo s’arrête.
Julie : Il ne se doute de rien.
Moi : Tu n’as pas assez joué pour ce soir ?
Julie : Pas du tout. Maintenant, je veux te parler d’un fantasme que je ne t’ai pas encore dit.
Moi : Lequel ?
Julie : Celui où tu viens chez moi après le travail. Pas pour me prendre dans ma chambre. Dans le salon. À côté de lui.
Je reste quelques secondes sans répondre.
Julie : Tu t’assiérerais à ma droite, il serait à ma gauche. On parlerait tous les trois de notre journée. Je te laisserais poser ta main sur ma cuisse sous le plaid, et personne ne saurait ce qui se passe.
Moi : Et si tu gémissais ?
Julie : Je ferais semblant de tousser. Ou je mordrais ton épaule.
Moi : Tu irais vraiment aussi loin ?
Julie : Je viens de te montrer que je pouvais être nue dans la salle de bain pendant qu’il m’attendait. Tu crois vraiment que le canapé me ferait peur ?
Moi : Tu es complètement folle.
Julie : Non. Je suis assise à côté de mon mari, je regarde une série et je t’écris que j’ai envie de baiser avec toi sous son nez. C’est différent.
Un instant, elle ne répond plus. Puis les trois petits points apparaissent, disparaissent, reviennent.
Julie : Je n’aurais jamais pensé t’envoyer tout ça. Ni te dire la moitié de ce que j’ai envie de faire. Avec lui, je reste sage. Je fais ce qu’il attend, pas forcément ce dont j’ai envie. Avec toi, j’ai envie d’arrêter de me retenir.
Moi : Tu es sûre de vouloir me dire ça ?
Julie : Non. C’est justement pour ça que je te le dis.
Moi : Tu me rends fou.
Julie : Je sais.
Puis elle ajoute, après un long silence :
Julie : Mais demain, au bureau, tu devras faire comme si tu ne savais rien.
Moi : Et toi ?
Julie : Moi, je saurai exactement ce que tu imagines quand tu me verras t’apporter un café.
Je regarde l’heure. Elle est toujours assise près de son mari. Lui ne se doute de rien. Elle vient pourtant de m’offrir un nouveau fantasme, plus risqué encore que celui de la salle de bain.
Julie : Je vais te laisser dormir.
Je crois que la conversation est terminée, mais une dernière notification apparaît.
Julie : Ne crois pas que j’ai oublié ce que je viens de te dire.
Puis plus rien. Je reste seul avec mon téléphone, incapable de savoir si elle m’a confié un fantasme ou si elle vient de me faire une proposition.
*FIN*
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