Le lendemain matin, Yasmin réveilla Karim avec sa bouche. Alors que l'aube dorée filtrait à travers les rideaux de lin, elle glissa sous les draps, trouvant son sexe déjà dressé par la nuit agitée de rêves érotiques. Ses lèvres fermèrent autour de lui doucement, réveillant son corps par de petits coups de langue circonflexes, savourant la chair chaude et pulsante qui durcissait sous ses caresses.
— Yasmin... grogna-t-il, émergeant du sommeil, ses doigts s'enfonçant dans ses cheveux.
Elle ne répondit pas, se contentant de le prendre plus profondément, sa gorge se détendant pour l'accueillir tout entier. Elle voulait qu'il soit faible, qu'il soit à sa merci, qu'il révèle en gémissant ce qu'il cachait peut-être. Mais surtout, elle voulait effacer le goût amer de la suspicion par le goût salé de son désir.
Quand il jouit enfin, la gorge serrée par l'orgasme, elle remonta le long de son corps, le regardant dans les yeux avec une intensité nouvelle.
— Je vais venir te chercher à l'agence ce soir, dit-elle d'une voix douce qui n'admettait pas de réponse. J'ai envie de voir ton bureau. Ton monde.
Karim hocha la tête, encore haletant, ne remarquant pas l'étincelle calculatrice dans le regard de sa femme.
***
Yasmin n'avait aucune intention d'attendre le soir.
Elle passa la matinée à se préparer méthodiquement, transformant son inquiétude en stratégie. Si Layla existait réellement, si elle représentait une menace, Yasmin ne se contenterait pas de hurlements et d'accusations cette fois. Elle irait voir. Elle toucherait. Elle saurait.
Elle choisit une tenue qui n'était pas la sienne - une robe fourreau noire en jersey moulant, achetée spécialement pour l'occasion, qui épousait ses courbes comme une seconde peau, les seins soutenus par un soutien-gorge à armatures qui les présentait comme une offrande, les tétons à peine dissimulés sous le tissu fin. Des escarpins noirs à talons aiguille de douze centimètres. Une veste de tailleur ouverte qui ne cachait rien mais suggérait le pouvoir.
Elle se maquilla avec une intensité inhabituelle : liner noir épais qui prolongeait son regard en amande, rouge à lèvres grenat mat, un parfum entêtant de oud et de rose damascène qui annonçait son arrivée avant qu'elle ne frappe.
Elle se regarda dans le miroir. Elle ne se reconnaissait pas. Elle était devenue une autre - une femme fatale, une espionne, une chasseuse.
L'agence d'architecture occupait un loft rénové dans le quartier des affaires. Yasmin y pénétra à quatorze heures, l'heure où le sommeil de l'après-midi rendait les gens distraits.
La réceptionniste leva les yeux, intimidée par cette apparition sombre et sensuelle.
— Je suis Madame Al-Rashid, dit Yasmin d'une voix posée, feignant un accent égyptien sophistiqué. Consultante pour le projet hôtelier de Beyrouth. Je dois récupérer des documents confidentiels pour monsieur Karim. Urgent.
— Euh... je ne suis pas sûre...
Yasmin s'appuya contre le bureau, laissant sa robe monter légèrement sur sa cuisse, dévoilant une attache de jarretelle noire - détail calculé qu'elle avait ajouté pour cette occasion. Elle vit la réceptionniste rougir, déstabilisée par cette intrusion érotique dans sa journée monotone.
— C'est vraiment très urgent, insista-t-elle, baissant la voix d'un ton suggestif. Vous savez comment sont les hommes quand ils attendent...
La réceptionniste hésita, puis céda, charmée par cette aura de pouvoir et de mystère.
— Troisième étage. Bureau 304. Mais monsieur Karim n'est pas là, il est en réunion externe.
Yasmin sourit intérieurement. Parfait.
Elle monta l'escalier de verre et d'acier, ses talons résonnant comme des coups de feu secs dans le silence de l'après-midi. Le troisième étage était un open space moderne, bureaux minimalistes, baies vitrées sur la ville. Elle trouva le 304 facilement - *Karim Al-Hassan, Architecte Principal* gravé sur une plaque de cuivre.
La porte n'était pas verrouillée.
Elle entra, refermant doucement derrière elle. Le bureau de Karim sentait le café et le bois de cèdre. Des plans étaient éparpillés sur la table de verre. Elle s'assit dans son fauteuil en cuir, croisant les jambes, laissant sa robe glisser pour exposer presque entièrement sa cuisse nue. Elle alluma son ordinateur portable - protégé par mot de passe, évidemment. Mais elle connaissait Karim. Elle essaya leur date de mariage, puis son prénom en arabe, puis...
— Layla123.
L'écran s'alluma.
Son cœur se serra, mais elle refoula la douleur. Elle n'était pas là pour souffrir. Elle était là pour découvrir la vérité.
Elle fouilla ses emails, ses messages, ses dossiers. Les échanges professionnels étaient nombreux, techniques, ennuyeux. Mais dans un dossier caché, nommé *"Projets Personnels"*, elle trouva des photos.
Des photos de Layla.
Une femme d'une beauté foudroyante - cheveux châtains coupés au carré, visage anguleux et sophistiqué, corps long et élancé dans des tenues minimalistes et chères. Elle était jeune, peut-être vingt-cinq ans, fraîchement diplômée de l'école d'architecture de Londres.
Et il y avait des photos d'elle avec Karim. Des clichés pris lors de dîners professionnels, certes, mais aussi un selfie où ils étaient très proches, trop proches, ses lèvres effleurant sa joue, son sourire complice.
Yasmin sentit la jalousie lui brûler les entrailles, un feu noir qui montait de son ventre vers sa gorge. Mais au lieu de pleurer, elle se surprit à ressentir autre chose - une excitation perverse, une envie de confronter cette femme, de la dominer, de lui montrer à qui appartenait réellement Karim.
Elle copia les fichiers sur sa clé USB, puis, par pure provocation, elle se déshabilla partiellement. Elle laissa sa veste de tailleur sur le dossier du fauteuil, sa robe fourreau glissée sur ses hanches, ne gardant que son soutien-gorge noir en dentelle et sa culotte assortie, ses jarretelles et ses bas noirs. Elle prit son téléphone et se photographia, assise au bureau de son mari, les jambes écartées sur le fauteuil en cuir, un pied posé sur la table de verre, le regard défiant l'objectif.
Elle envoya la photo à Karim avec un message : *"J'ai trouvé ton bureau. J'ai trouvé tes secrets. Rejoins-moi. Seul."*
Puis elle attendit, le cœur battant, le sexe humide d'une excitation qu'elle ne s'expliquait pas.
***
Vingt minutes plus tard, elle entendit des pas précipités dans le couloir. La porte s'ouvrit brutalement. Karim se figea sur le seuil, le souffle court, les yeux écarquillés en découvrant sa femme presque nue, installée comme une reine sur son trône professionnel.
— Yasmin... qu'est-ce que...
— Ferme la porte, dit-elle calmement. À clé.
Il obéit, mécaniquement, encore sous le choc de la vision.
— Tu as fouillé dans mes affaires, constata-t-il, la voix basse, incertaine s'il devait être en colère ou excité.
— J'ai trouvé Layla, répondit-elle en se levant lentement, se rapprochant de lui avec des mouvements de fauve. Elle est belle, Karim. Très belle. Je comprends que tu sois tenté.
— Yasmin, je te jure que...
— Chut.
Elle posa un doigt sur ses lèvres, puis glissa cette main vers son entrejambe, trouvant déjà son sexe durci sous le costume.
— Tu veux savoir ce que j'ai ressenti en la voyant ? chuchota-t-elle, sa bouche contre son oreille. J'ai voulu la tuer. Et puis... j'ai voulu autre chose. Je veux que tu me prennes ici, sur ton bureau, en pensant à elle. Je veux que tu choisisses.
Elle le poussa vers son fauteuil, le forçant à s'asseoir. Elle s'agenouilla entre ses jambes, défaisant sa ceinture avec une efficacité calculée.
— Je veux que tu me regardes, dit-elle, sa main refermée autour de lui maintenant, le branlant lentement. Moi, ta femme. Celle qui connaît tous tes secrets, tous tes désirs. Pas elle.
Elle prit son sexe dans sa bouche, le savourant avec une intensité sauvage, le laissant glisser profondément, sa gorge se contractant autour de lui. Elle voulait qu'il oublie Layla, qu'il ne voie plus que sa bouche, sa soumission calculée, sa possession totale de lui.
Karim gémit, la tête rejetée en arrière, les mains agrippant les accoudoirs du fauteuil.
— Regarde-moi, ordonna-t-elle en se retirant, sa main continuant de le caresser, ses lèvres brillantes de salive. Dis que je suis la seule.
— Tu es la seule, haleta-t-il, les yeux vitreux de désir. Yasmin, je t'en prie...
Elle se releva, se tourna vers le bureau, se pencha en avant, écartant les jambes, relevant sa robe pour exposer son sexe nu et humide, offert comme une provocation.
— Prends-moi comme tu ne l'as jamais prise, dit-elle par-dessus son épaule. Marque-moi. Fais-moi hurler pour qu'elle t'entende si elle passe dans le couloir.
La mention de Layla sembla déclencher quelque chose de primitif en Karim. Il se leva d'un bond, saisissant ses hanches avec une force qui laisserait des marques. Il la pénétra d'un coup sec, profondément, sans préliminaires, la remplissant complètement.
Yasmin cria, un son rauque qui résonna dans le bureau silencieux. Il commença immédiatement un rythme sauvage, brutal, ses coups de reins frappant son postérieur avec une force qui faisait claquer sa peau.
— Dis que tu es à moi, gronda-t-il, sa voix méconnaissable, possédée.
— Je suis à toi ! hurla-t-elle, les mains agrippant le bord du bureau, ses seins balançant sous le soutien-gorge. Seulement à toi !
— Personne d'autre ?
— Personne ! Jamais !
Il la saisit par les cheveux, tirant sa tête en arrière, forçant son dos à s'arquer, changeant l'angle de sa pénétration pour frapper un point profond en elle qui la rendit folle.
— Karim ! Je vais jouir... je vais...
— Pas encore. Retiens-toi.
Il ralentit, la torturant avec des coups de reins lents et circonflexes, s'enfonçant jusqu'au bout puis se retirant presque entièrement, la laissant vide et désemparée.
— S'il te plaît... supplia-t-elle, les larmes coulant sur ses joues, le plaisir devenu insoutenable.
— Dis que tu me fais confiance. Vraiment.
— Je te fais confiance ! Je te fais confiance, Karim !
Il accéléra soudain, frappant un rythme dément, sauvage, animal. Yasmin explosa, son orgasme la secouant comme une tempête, ses cris étouffés par sa main qu'il plaqua sur sa bouche pour étouffer le bruit. Elle sentait son sexe se contracter frénétiquement autour de lui, le poussant au bord.
Il se retira au dernier moment, la retournant brutalement, la soulevant sur le bureau pour la pénétrer à nouveau, la regardant dans les yeux quand il jouit enfin, son sperme chaud inondant son ventre et ses seins, la marquant de son empreinte.
Ils restèrent ainsi, haletants, épuisés, réconciliés par la violence de leur accouplement.
Mais alors que Karim s'effondrait contre elle, épuisé, son téléphone, tombé de sa poche pendant leurs ébats, s'illumina d'une notification.
Un appel manqué. De Layla.
Et cette fois, le message vocal qui suivit était audible, même en mode haut-parleur :
*"Karim, c'est Layla. Je sais que ta femme est venue à l'agence. Elle ne doit pas savoir pour nous. Pour ce qui s'est passé à Beyrouth. Rappelle-moi. C'est une question de vie ou de mort."*
Yasmin se figea, le sang se retirant de son visage. Karim la regarda, les yeux écarquillés, la culpabilité enfin inscrite sur ses traits.
— Yasmin... je peux expliquer...
Mais elle s'était déjà redressée, ramassant ses vêtements avec des gestes mécaniques, les larmes coulant librement maintenant.
— Ne dis rien, murmura-t-elle, la voix brisée. Pas maintenant.
Elle s'habilla en hâte, ses mains tremblantes, et quitta le bureau sans regarder en arrière, laissant Karim nu et pantelant au milieu de ses secrets enfin révélés.
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