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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 8 · Les mots qui désarment

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 8 · Les mots qui désarment

POV AMIRA
Le cauchemar commença un lundi soir, trois semaines après mon intégration à la Direction Générale.
Je rentrais chez moi à pied comme d'habitude, profitant de la fraîcheur relative de la fin d'après-midi. Mon téléphone vibra dans mon sac. Je le sortis machinalement, pensant que c'était peut-être ma mère ou Sarah.
C'était Mohsin.
« Tu crois que tu peux m'échapper en changeant de travail ? Je sais où tu es. Je sais tout. Et bientôt, tu reviendras vers moi. De gré ou de force. »
Mon sang se glaça. Je bloquai à nouveau son numéro — c'était la troisième fois ce mois-ci qu'il changeait de carte SIM pour contourner le blocage — et accélérai le pas.
Mais les messages continuèrent. D'autres numéros. D'autres menaces.
« Tu es à moi, Amira. Tu l'as toujours été. »
« Continue à faire ta pute avec tes patrons et tes Italiens. Ça ne changera rien. »
« Un jour, tu te retrouveras seule. Et ce jour-là, je serai là. »
Le mardi, Antonio m'appela. Je laissai sonner. Il rappela. Encore et encore. Finalement, je décrochai.
— Quoi, Antonio ?
— Tesoro, enfin. Pourquoi tu ne réponds pas ? Ça fait des semaines que j'essaie de te joindre.
— J'ai changé de travail. Je suis occupée.
— On peut se voir ? Juste pour parler. Je te promets, juste parler.
— Non.
— Amira, s'il te plaît. Tu me manques. Ce que nous avions...
— Ce que nous avions était du sexe, Antonio. Rien de plus. Et c'est fini.
— C'était plus que ça pour moi.
Sa voix portait une douleur sincère qui me fit presque culpabiliser. Presque.
— Je suis désolée. Mais c'est terminé.
Je raccrochai avant qu'il puisse répondre et bloquai son numéro également.
Le mercredi soir, alors que je sortais du bureau, je trouvai Mehdi qui m'attendait près de mon immeuble. Il était appuyé contre son RAV4, les bras croisés, et lorsqu'il me vit, son visage s'illumina.
— Amira.
Je m'arrêtai net, mon cœur battant désagréablement vite.
— Mehdi. Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Il fallait que je te parle. Tu ne réponds pas à mes messages.
— Parce que nous n'avons rien à nous dire.
— Si. Nous avons beaucoup à nous dire.
Il s'approcha, et je remarquai combien il avait l'air fatigué, presque désespéré.
— Amira, j'ai rompu avec Fatiha. Définitivement. Pour de bon.
— Félicitations.
— Je l'ai fait pour toi. Pour nous. Pour avoir une chance de te reconquérir.
Mon cœur se serra malgré moi. Il y eut un temps où ces mots m'auraient fait fondre. Où j'aurais cru qu'il était sincère, qu'il avait changé.
Mais ce temps était révolu.
— Mehdi, je ne veux pas te reconquérir.
— Tu ne le penses pas. Je sais que tu as été blessée. Je sais que j'ai merdé. Mais je t'aime, Amira. Vraiment. Donne-moi juste une chance de te le prouver.
— Non.
— Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de si impardonnable ? J'ai fait une erreur. Une seule. Avec Fatiha. Mais c'est fini. Je l'ai quittée. Pour toi.
— Tu ne comprends pas, dis-je en sentant les larmes monter. Ce n'est pas seulement Fatiha. C'est le fait que tu as menti. Que tu m'as trompée alors que tu me jurais que j'étais tout pour toi. Comment je peux te faire confiance à nouveau ?
— En me donnant une chance. En me laissant te montrer que j'ai changé.
— Et si Fatiha revient ? Si elle te tend à nouveau ses pièges ? Tu vas rechuter. Parce que tu es faible, Mehdi. Tu es gentil, généreux, mais tu es faible.
Il recula comme si je l'avais giflé.
— C'est vraiment ce que tu penses de moi ?
— C'est ce que je sais de toi.
— Amira...
— S'il te plaît, pars. Laisse-moi tranquille. Tous. Laissez-moi tous tranquille.
Je passai devant lui en courant et montai les escaliers quatre à quatre, ignorant ses appels. Une fois dans la sécurité de ma chambre, je m'effondrai sur mon lit, les sanglots me déchirant la poitrine.
Mohsin qui me menaçait. Antonio qui me suppliait. Mehdi qui voulait me reconquérir.
Tous voulaient quelque chose de moi. Tous me pressaient, me harcelaient, ne me laissaient aucun répit.
Et je n'en pouvais plus.
Le jeudi matin, j'arrivai au bureau à six heures, les yeux gonflés et rouges malgré le maquillage que j'avais appliqué généreusement pour cacher les traces de ma nuit blanche. Je n'avais pas dormi, tournant et retournant dans mon lit, sursautant à chaque bruit, vérifiant compulsivement mon téléphone pour de nouveaux messages de Mohsin.
Le bureau était désert à cette heure. Même Karim n'arrivait généralement pas avant six heures trente. Je m'installai à mon poste, allumant l'ordinateur, essayant de me concentrer sur les tâches de la journée.
Mais les larmes revinrent. Sans prévenir. Juste un flot silencieux qui ruisselait sur mes joues, que je ne pouvais pas arrêter.
Je posai ma tête sur mon bureau et pleurai.
POV KARIM
J'arrivai au bureau à six heures quinze ce matin-là, plus tôt que d'habitude. J'avais mal dormi — encore une nuit à me tourner dans le lit étroit de ma chambre à la base de vie, à penser à ma famille, à Nadia, à mes filles, à cette vie fragmentée entre Alger et Hassi Messaoud.
Et, si j'étais honnête avec moi-même, à penser à Amira.
Ces dernières semaines avaient été... troublantes. Cette jeune femme avait réveillé quelque chose en moi que j'avais cru profondément enfoui. Pas seulement du désir — bien que je ne fusse pas aveugle au fait qu'elle était magnifique — mais une connexion plus profonde. Une reconnaissance mutuelle de deux âmes blessées.
Lorsque j'entrai dans l'antichambre qui servait de bureau à Amira et Nadira, je la trouvai seule, la tête posée sur son bureau, les épaules secouées de sanglots silencieux.
Mon cœur se serra douloureusement.
— Amira ?
Elle sursauta, relevant la tête précipitamment. Ses yeux étaient rouges et gonflés, du mascara coulait sur ses joues, et elle avait l'air si fragile, si cassée, que quelque chose se brisa en moi.
— Monsieur le Directeur... je suis désolée... je ne savais pas que vous arriviez si tôt...
— Venez dans mon bureau. Maintenant.
Ce n'était pas une demande.
Elle hésita, puis se leva et me suivit. Je fermai la porte derrière nous et désignai le canapé en cuir près de la fenêtre — pas mon bureau. Je voulais minimiser la distance, abolir la hiérarchie.
— Asseyez-vous.
Elle s'assit au bord du canapé, ses mains tremblantes serrant un mouchoir en papier détrempé. Je pris place à côté d'elle, pas trop près, mais assez pour être présent.
— Qu'est-ce qui se passe, Amira ?
— Rien. Je suis désolée. Je vais bien.
— Vous n'allez manifestement pas bien. Parlez-moi.
— C'est personnel. Ça ne devrait pas affecter mon travail...
— Au diable le travail. Je me fiche du travail en ce moment. Je me soucie de vous.
Les mots sortirent avant que je puisse les arrêter, crus et sincères. Elle me regarda, surprise, et je vis quelque chose vaciller dans ses yeux — ses défenses qui commençaient à céder.
— Je ne peux pas... je ne peux plus...
Sa voix se brisa, et les sanglots reprirent. Sans réfléchir, je la pris dans mes bras.
Elle se raidit d'abord, puis s'effondra contre moi, pleurant contre ma chemise, ses larmes trempant le tissu. Je la tins, caressant ses cheveux, murmurant des mots apaisants en arabe comme je le faisais avec mes filles quand elles avaient des cauchemars.
Nous restâmes ainsi longtemps. Jusqu'à ce que ses sanglots se calment, jusqu'à ce que sa respiration se stabilise.
Finalement, elle se recula légèrement, s'essuyant les yeux.
— Je suis désolée. Je ne voulais pas...
— Ne vous excusez pas. Racontez-moi. Qu'est-ce qui vous met dans cet état ?
POV AMIRA
J'étais dans ses bras. Dans les bras de Karim. Mon patron. Un homme marié. Un homme que je respectais, admirais, et — je devais me l'avouer maintenant — pour qui je commençais à ressentir quelque chose de dangereux.
Mais dans ce moment de vulnérabilité totale, je ne pouvais plus me mentir. Je ne pouvais plus garder tout ça en moi.
— C'est mon ex-fiancé, commençai-je d'une voix tremblante. Mohsin. Il me harcèle. Depuis des mois. Ça ne s'arrête jamais.
— Quel genre de harcèlement ?
— Messages. Menaces. Il me suit. Il sait où je travaille, où j'habite, avec qui je sors. Il a contacté mes... mes anciens amants. Il les menace. Il dit que je lui appartiens et que je lui reviendrai.
Je vis les mâchoires de Karim se crisper, ses yeux s'assombrir dangereusement.
— Il vous a menacée physiquement ?
Je hochai la tête, incapable de parler.
— Il a dit qu'un jour, il me prendrait. De gré ou de force. Qu'il me... qu'il me montrerait que je lui appartiens.
— Putain.
Le mot, prononcé avec une violence contenue, me surprit. Je n'avais jamais entendu Karim jurer.
— Vous avez porté plainte ?
— À quoi bon ? C'est sa parole contre la mienne. Et dans cette société, qui va me croire ? Une femme qui a eu plusieurs relations ? Qui est allée à Alger pendant des week-ends ?
— Moi, je vous crois.
La sincérité dans sa voix me fit monter les larmes aux yeux à nouveau.
— Pourquoi il vous harcèle ? demanda Karim doucement. Qu'est-ce qui s'est passé entre vous ?
Et je lui racontai. Tout. Mohsin et Madjda. La découverte. La rupture. Ma descente dans le cynisme sexuel.
Je lui parlai de Mehdi. De la tendresse que j'avais cru trouver avec lui. Du suçon de Fatiha. De la deuxième trahison qui avait tué définitivement ma capacité à croire.
Je ne lui parlai pas d'Antonio. C'était trop honteux. Trop cru. Je ne voulais pas qu'il me voie comme ça — comme une femme qui baisait son patron pendant la pause déjeuner.
— Mehdi est revenu, continuai-je. Il dit qu'il a rompu avec Fatiha. Qu'il m'aime. Qu'il veut me reconquérir.
— Et vous ? Qu'est-ce que vous voulez ?
— Je ne sais pas. Une partie de moi veut y croire. Veut croire qu'il a vraiment changé. Mais...
— Mais ?
— Mais je sais qu'il est faible. Que si Fatiha revient, il retombera. Parce que les hommes retombent toujours.
Karim me regarda longuement.
— Pas tous les hommes, Amira.
— Vous dites ça parce que vous êtes différent. Vous êtes fidèle à votre femme malgré l'éloignement. Mais vous êtes l'exception. Pas la règle.
— Peut-être. Ou peut-être que vous n'avez simplement pas rencontré les bons hommes.
— Et Mohsin ? Qu'est-ce que je fais avec lui ?
— Vous me laissez m'en occuper.
Je le regardai, surprise.
— Quoi ?
— Donnez-moi son nom complet, son numéro, son adresse si vous l'avez. Je vais régler ça.
— Karim, vous ne pouvez pas... vous êtes mon patron, pas mon protecteur...
— Je suis un homme qui ne supporte pas qu'on menace une femme sous ma responsabilité. Donnez-moi ces informations.
Il y avait une autorité dans sa voix, une détermination qui ne laissait aucune place à la discussion. Et bizarrement, au lieu de me sentir infantilisée ou contrôlée, je me sentis... protégée.
Pour la première fois depuis des mois, je n'étais pas seule face à Mohsin.
— Merci, murmurai-je.
— Vous n'avez pas à me remercier.
Nous restâmes silencieux un moment. Puis je réalisai combien nous étions proches. Assis côte à côte sur le canapé, nos cuisses se touchant presque, son bras toujours autour de mes épaules.
Je levai les yeux vers lui, et nos regards se croisèrent.
POV KARIM
C'était une erreur. Je le sus au moment même où nos regards se croisèrent.
Elle était si proche. Si vulnérable. Si belle dans sa fragilité.
Et je voulais la protéger. La consoler. La tenir contre moi et lui promettre que plus personne ne lui ferait jamais de mal.
Mais je voulais aussi l'embrasser.
Non, me dit la voix de la raison. Tu es marié. Tu aimes Nadia. Tu as des filles. Tu es son patron. C'est inapproprié, immoral, dangereux.
Mais une autre voix, plus primitive, plus forte, murmurait : Elle a besoin de toi. Tu as besoin d'elle. Deux âmes brisées qui se reconnaissent.
— Karim, murmura-t-elle.
La façon dont elle prononça mon prénom — avec cette vulnérabilité mêlée de désir — fut ma perte.
Je me penchai. Lentement. Lui donnant tout le temps de s'écarter, de me repousser, de dire non.
Mais elle ne le fit pas.
Nos lèvres se touchèrent. Doucement d'abord. Un effleurement hésitant, presque chaste. Ses lèvres étaient douces, salées de larmes, et elles tremblaient légèrement contre les miennes.
Puis quelque chose céda en nous deux.
Le baiser s'approfondit, devint plus urgent. Ma main glissa derrière sa nuque, l'attirant plus près, et elle gémit doucement contre ma bouche. Ses mains agrippèrent ma chemise, se cramponnant à moi comme si j'étais sa seule bouée dans une mer déchaînée.
Vingt ans que je n'avais embrassé qu'une seule femme. Et rien dans ces vingt ans ne m'avait préparé à ça – le sel de ses larmes sur ses lèvres, la façon dont elle s'agrippait à ma chemise comme si lâcher signifiait tomber. Je ne pensai plus. Il n'y avait plus rien à penser. Juste elle, et la façon dont elle répondait, et la certitude sourde que je venais de faire quelque chose d'irréversible.
Je la basculai légèrement, l'allongeant sur le canapé, mon corps couvrant partiellement le sien. Elle arqua le dos, se pressant contre moi, et je sentis ses seins fermes contre mon torse.
Mon Dieu, que je la voulais.
Ma main descendit le long de son flanc, sentant ses courbes à travers le tissu fin de son chemisier. Elle haleta dans ma bouche, ses hanches se soulevant involontairement, et je sus que si je ne m'arrêtais pas maintenant, je ne pourrais plus.
POV AMIRA
Karim m'embrassait.
Mon patron. Un homme marié. Un homme qui représentait tout ce que je m'étais juré d'éviter — la complication, l'attachement, la vulnérabilité.
Et pourtant, dans ses bras, sous son corps, avec ses lèvres sur les miennes, je me sentais... en sécurité.
C'était absurde. C'était dangereux. Mais c'était vrai.
Et ce qui me terrifiait – plus que lui, plus que ce que ça signifiait, plus que Nadia et ses filles que je n'avais jamais rencontrées – c'est que ses mains sur mon corps ne prenaient rien. Elles tenaient. Il y a une différence entre un homme qui prend et un homme qui tient, et je la connaissais mieux que quiconque.
Ce n'était pas du désir brut, transactionnel comme avec Antonio. Ce n'était pas comme avec les inconnus d'Alger — de l'oubli passager.
C'était une connexion. Une vraie connexion entre deux personnes qui se voyaient vraiment.
Je dis son prénom contre ses lèvres sans décider de le dire.
— Karim, gémis-je contre ses lèvres.
Il se figea. Puis, comme s'il se réveillait d'un rêve, il se recula brusquement.
POV KARIM
La réalité me frappa comme une gifle glacée.
Qu'est-ce que j'étais en train de faire ?
Je me redressai précipitamment, m'éloignant d'Amira comme si elle brûlait. Mon cœur battait à tout rompre, ma respiration était erratique, et je sentais encore le goût de ses lèvres sur les miennes.
— Mon Dieu, murmurai-je, passant une main tremblante dans mes cheveux. Je suis désolé. Je suis tellement désolé.
Amira se redressa également, son chemisier froissé, ses lèvres gonflées de nos baisers, ses yeux écarquillés de surprise et de confusion.
— Karim...
— Non. Non, je n'aurais pas dû. C'était... c'était complètement inapproprié. Vous êtes ma stagiaire. Je suis votre supérieur. Et je suis marié.
Le dernier mot tomba entre nous comme une pierre.
Marié.
J'avais embrassé une autre femme. J'avais trahi Nadia. La femme qui m'attendait patiemment à Alger, qui élevait nos filles seule pendant des semaines, qui me faisait confiance.
La culpabilité me submergea, nauséeuse et écrasante.
— Je suis marié, répétai-je, comme si les mots pouvaient annuler ce qui venait de se passer. J'aime ma femme. Mes filles. Je ne... je ne fais pas ce genre de choses.
— Je sais, dit doucement Amira. Je sais que vous êtes un homme bien, Karim. C'est pour ça que...
Elle s'interrompit, détournant les yeux.
— C'est pour ça que quoi ?
— C'est pour ça que je me sens en sécurité avec vous. Parce que vous êtes différent de tous les autres hommes que j'ai connus.
Ses mots me touchèrent plus profondément qu'ils n'auraient dû.
— Amira, je ne peux pas... nous ne pouvons pas...
— Je sais. Je sais.
Elle se leva, arrangeant ses vêtements avec des gestes tremblants.
— C'était une erreur. Oublions que c'est arrivé.
Mais nous savions tous les deux que c'était un mensonge. On n'oubliait pas un baiser comme celui-là.
— Peut-être devriez-vous prendre votre journée, dis-je, essayant désespérément de reprendre un semblant de normalité. Rentrez chez vous, reposez-vous. On se voit dimanche.
— D'accord.
Elle se dirigea vers la porte, puis se retourna.
— Karim ? Pour ce que vous avez dit. À propos de Mohsin. Vous le pensiez vraiment ? Que vous alliez vous en occuper ?
— Oui. Je le pensais.
— Merci.
Elle sortit, refermant doucement la porte derrière elle.
Je restai immobile au milieu de mon bureau, fixant la porte close, la culpabilité et le désir se livrant une bataille féroce dans ma poitrine.
Qu'avais-je fait ?
Et surtout — pourquoi est-ce que je voulais recommencer ?
POV AMIRA
Je quittai le bureau dans un brouillard. Mon corps vibrait encore du baiser, mes lèvres palpitaient, et mon cœur battait si fort que je craignais qu'il n'explose.
Karim m'avait embrassée.
Et Dieu me pardonne, j'avais aimé ça.
Plus que j'aurais dû. Plus que ce qui était raisonnable ou sûr.
Parce que ce baiser n'était pas juste du désir. C'était de la compassion qui se transformait en passion. C'était deux âmes blessées qui se trouvaient dans le chaos.
Et c'était la chose la plus dangereuse qui aurait pu arriver.
Parce que Karim était marié. Parce qu'il était mon patron. Parce que s'impliquer avec lui ne pouvait mener qu'au désastre.
Mais tandis que je marchais dans les rues poussiéreuses de Hassi Messaoud, une main portée à mes lèvres comme pour retenir le fantôme de son baiser, je sus que c'était déjà trop tard.
Quelque chose avait changé en moi que je ne savais pas encore comment nommer – quelque chose qui n'était pas du désir, pas de la peur, pas la prudence que j'avais appris à porter comme une seconde peau. Quelque chose de plus ancien, de plus difficile à gérer.
Karim était marié. Il avait des filles. Il était mon patron. Je connaissais ces faits par cœur. Je les avais répétés comme une prière pendant qu'il m'embrassait.
Ils n'avaient servi à rien.
Je tombais amoureuse de Karim Benfilali.
Le parfum de l'interdit venait de prendre une nouvelle dimension.
Le parfum de l'interdit venait de prendre une nouvelle dimension. Et cette fois, je n'étais pas sûre de savoir où ça s'arrêtait.
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Chapitre 9 · La danse du désir
Amira, stagiaire de vingt-trois ans, n'arrive pas à oublier le baiser échangé avec Karim, son directeur général. Depuis, ils s'évitent avec une politesse de façade, chacun prisonnier d'un masque professionnel qui se fissure à chaque regard. Dans les couloirs d'une entreprise pétrolière en plein désert, le moindre contact devient une tension insoutenable. Lui semble regretter ; elle, pas du tout. Mais peut-on vraiment se détourner d'un désir qui ne demande qu'à se réveiller ?
32 minutes
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