Agricultrice
Chapitre 2 · Jour de marché
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Couverture de Agricultrice, par kIngROb1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Agricultrice — Chapitre 2 · Jour de marché

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kIngROb1
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Ce chapitre sait exactement ce qu'il veut et le tient du début à la fin. Ce qu'on retient avant tout, c'est le naturel de Zoé — elle aborde chacune de ses vies avec le même sourire tranquille, sans jamais forcer le trait. La scène du marché est vraiment drôle, le vieux paysan et sa canne valent à eux seuls le détour. Et la complicité qui se noue autour de l'objectif sonne juste, portée par une écriture qui alterne le concret et le désir sans temps mort.

Agricultrice

Chapitre 2 · Jour de marché

Zoé s’est réveillée avant l’aube, comme toujours, mais ce matin le réveil n’a pas été le même. Ce n’était pas la fatigue, c’était autre chose.
Elle est restée quelques secondes, à écouter la maison craquer, et elle a compris d’où ça venait : Olaf77. La discussion de la veille avait tourné à rien. Deux heures de messages pour finir sur trois petits points qui apparaissaient, disparaissaient, revenaient — et jamais un mot validé. Il avait dû écrire une phrase, la relire, l’effacer, recommencer dix fois. Le pauvre. Vingt-cinq ans, onze mois d’abonnement, plus gros client de sa page, et incapable de finir une putain de phrase dès qu’il fallait parler de son corps à elle.
Pourtant, malgré ça, elle n’avait pas laissé tomber. Elle avait été patiente, bienveillante, presque tendre — elle lui avait même proposé un jeu, « décris-moi ce que tu ferais », elle lui avait tendu la perche et lui, au lieu de la saisir, il était resté le bras en l’air. Elle aurait pu s’énerver. Elle s’était contentée d’attendre, puis d’aller se coucher sur un goût d’inachevé.
Elle a attrapé son téléphone sur la table de nuit, tiré la couverture jusque sous son menton, et ouvert l’appli OnlyFans — pas pour poster, juste pour jeter un œil. Et là, elle s’est figée. **15 042,60 €.** Elle a cligné des yeux, relu, recligné. Un mois. Elle postait depuis un mois. Elle avait signé le 22 février, sans y croire, en se disant que si ça payait le gasoil du tracteur ce serait déjà bien. Finalement elle s’était prise au jeu. Là, l’écran lui affichait quinze mille euros comme si c’était normal. Abonnements, messages payants, pourboires, une centaine de fans qui s’étaient mis à envoyer des cadeaux après la série de la douche.
Elle a posé le téléphone sur son ventre, les deux mains dessus, à fixer le plafond. *Quinze mille balles.* Elle s’est mise à rire toute seule dans la chambre froide. Le tracteur, le foin, les vêlages à cinq heures et demie — et c’était sa chatte qui rapportait le plus. Il y avait de quoi en rire pendant dix ans. Puis le rire est retombé, et la chaleur est revenue, plus précise. Elle a fait glisser une main sous la couverture.
Elle s’est douchée vite, et elle a réfléchi à sa tenue pendant que l’eau coulait. Pas la combinaison, pas le débardeur de travail — aujourd’hui c’était jour de marché, elle allait vendre, et elle avait appris en un mois que la tenue faisait la moitié du chiffre. Pas non plus du trop habillé : il fallait rester crédible, une fille du cru, pas une poupée. L’équilibre. Le contraste, toujours.
Elle a choisi un jean — le brut, taille haute, celui qui moule le cul à s’en faire mal et qui lui remonte jusqu’au nombril. Un débardeur blanc, moulant, col V plongeant, qu’elle a noué sur le côté au-dessus du nombril pour marquer la taille. Par-dessus, une chemise à carreaux ouverte, trop grande, boutons défaits, les manches retroussées jusqu’au coude — la chemise de ferme, l’ironie assumée. Aux pieds, ses bottines de cuir usées. Cheveux relevés en chignon flou, deux mèches libres devant les oreilles. Un trait de mascara, rien d’autre. Le vernis noir aux ongles, refait de frais la veille. Et pas de soutif : juste le débardeur blanc et le 85E qui tire dessus. Elle s’est regardée dans le miroir de l’armoire, a tourné, a souri.
Avant le marché, la grand-mère. La maison juste à côté, à cinquante mètres, séparée par un bout de cour et un figuier — la maison où elle avait grandi, où sa mère avait grandi, et où sa grand-mère s’accrochait toute seule depuis la mort du grand-père. Zoé y passait tous les jours, ou presque. Pas par devoir. Parce que c’était sa grand-mère.
Dans la cour, elle a sorti son téléphone. **« Coucou cousin. Je passe prendre la camionnette, je vais faire le marché. »** Réponse immédiate. **« Cool. Les clés sont sur le tableau. Tu me sauves la vie, tu sais que je déteste ça. »** Bruno. Trois ans de plus qu’elle, éleveur de vaches laitières et de brebis, un artisan hors pair. Sa crème, son beurre, ses fromages — la tomme fraîche, le bleu, le salers affiné en cave — c’était de l’exceptionnel, de quoi faire pleurer un fromager de ville. Le problème, c’est qu’il était incapable de les vendre.
Trop timide, trop brut, trop « voilà c’est du fromage quoi ». Sur un marché il se plantait derrière son étal comme un piquet et laissait passer les clients. Alors Zoé avait pris l’habitude d’y aller à sa place. Et elle adorait ça. La vente, le contact, la vanne, la négociation — c’était un jeu, et elle gagnait tous les coups. Son cousin le savait, en profitait, et lui laissait la recette à rapporter le soir.
Quand elle est arrivée à la ferme, Bruno était déjà parti au pré avec le tracteur. La camionnette était chargée. Elle est partie vers la place du bourg du village, sept heures et demie, sous un ciel encore frais de début avril. Le marché a été une bonne matinée. Elle a installé l’étal avec soin, les fromages bien alignés, la petite ardoise avec les prix écrits à la craie. Et elle a travaillé. Elle a vendu comme jamais.
Les habitués sont venus d’abord — ceux qui ne se déplacent jamais avant huit heures et demie et qui n’achètent qu’à elle, parce que c’est elle et parce que c’est le fromage de Bruno.
— Bonjour ma petite, t’as du salers aujourd’hui ?
— Toujours, madame Rouquette. Vous en voulez combien ?
— Le même que d’habitude, huit cents grammes. Et la crème, tu m’en mets deux pots, mon fils vient dimanche. Oh, tu es jolie comme tout ce matin. Tu t’es faite belle pour qui ?
— Pour vous, madame Rouquette. Qui d’autre ?
La vieille a gloussé, lui a tapé la main, ravie. Toutes les anciennes la connaissaient « C’est la petite-fille de Fernand, disait l’une. — Et elle vend le fromage de Bruno mieux que lui, disait l’autre.
Puis les autres sont venus, et surtout les hommes. Elle n’avait rien fait d’autre que se pencher vers les cageots pour servir, se pencher, se pencher encore, le col V du débardeur qui bâillait chaque fois, la chemise ouverte qui ne servait à rien, le jean tendu à se rompre. Un type d’une quarantaine, gêné, a commandé trois cents grammes de bleu et a repris deux fois « et un peu de crème » sans jamais regarder l’ardoise.
Un vieux paysan, lui, ne s’est pas embarrassé : il est resté planté devant elle, appuyé sur sa canne, et il a dit, en désignant le débardeur du menton :
— Alors, on a décidé de faire monter les prix en montrant la marchandise ?
— Faut bien, monsieur Ancel. Le fromage parle tout seul, moi je l’accompagne.
— Tu l’accompagnes rudement bien. Il a acheté une tomme entière.
À onze heures, elle avait écoulé la quasi-totalité du stock — le beurre parti en une heure, la crème trois fois, deux tommes et le salers aux habitués sérieux. Une matinée comme ça, c’était quatre fois ce que Bruno aurait fait seul en s’énervant. Elle a compté la caisse en repliant l’étal : un peu plus de mille trois cents euros. Elle a rangé le tout, salué les collègues marchands, et remis la camionnette en route. Elle n’est pas rentrée tout de suite.
Olivier, habite à cinq kilomètres, dans le village voisin. Il a trente-deux ans, prof d’EPS au collège, sapeur-pompier volontaire — grand, sec, carré, la mâchoire propre, les épaules que donnent le sport et l’uniforme. Ils se connaissaient depuis l’automne, presque six mois maintenant. Ils s’étaient rencontrés à une animation pour la Sainte-Barbe. Ils avaient parlé, et ils avaient continué à se voir.
Comme convenu, il l’attendait. Et comme convenu, il était en uniforme — pas la tenue complète de pompier, la tenue d’intervention, la veste et le pantalon bleu marine réfléchissants, la ceinture, et le casque posé sur la table. Il avait même mis la veste, comme un con, alors qu’il faisait doux.
— T’es en avance, il a dit en se levant.
— T’es en uniforme.
— Tu m’as dit d’être en uniforme.
— Je t’ai dit d’être en uniforme, et tu l’as fait. Dit comme ça, on dirait que t’es un mec bien. Elle a posé son sac, elle a regardé autour d’elle, le salon vide, sommaire mais rangé. Alors c’est ça, ton appart de fonction ?
— Ce n’est pas un appart de fonction, c’est un appart. Et oui, c’est ça.
— On voit que tu vis seul. Il n’y a rien.
— Y a de la place pour danser.
— On ne va pas danser.
— On ne sait jamais.
Elle a ri. C’était ça, entre eux — cette familiarité, ce truc qui vient quand on a déjà vu l’autre nu, maladroit, le matin, sans maquillage. Elle connaissait la cicatrice qu’il avait au genou, il connaissait le grain de beauté qu’elle avait sous le sein gauche. Elle n’avait pas besoin de jouer la séduction, avec lui ; juste la relancer.
— Tu connais le scénario ? elle a demandé en sortant le trépied.
— Approximativement.
— Approximativement, c’est suffisant. Tu me le dis, comme ça je vérifie que tu le connais.
— Je sonne chez toi. Je vends un calendrier des pompiers. Il a marqué une pause, puis, parce qu’il la connaissait : Et tu vas me dire que t’as pas d’argent.
— Je vais te dire que je n’ai pas d’argent.
— Et après on s’arrange.
— On s’arrange. Mais tu ne le joues pas comme un mec qui sait déjà. Tu le joues comme un mec qui a douze euros à récupérer et qui a repéré la fille derrière la porte.
Elle a ajusté la caméra, le cadrage, la lumière. On tourne. Et tu ne regardes jamais l’objectif. Jamais. Tu me regardes moi, même si t’as envie de crever de honte. Elle a enclenché. Allez. Action.
Il est sorti dans le couloir, a sonné, elle a ouvert. Il tenait un vieux calendrier des pompiers — pas celui de sa caserne, un truc générique qu’il avait imprimé, mais on s’en foutait. Et là il a commencé, raide, maladroit, mais sincère, en se forçant à ne pas sourire :
— Bonjour, mademoiselle. Sapeur-pompier volontaire, on fait notre tournée annuelle, on vend le calendrier de la caserne, les fonds vont à l’équipement et aux interventions. Ça fait douze euros.
— Douze euros. Zoé s’est penchée à l’encadrement de la porte, comme si elle était chez elle. Elle l’était. Elle a fait semblant de fouiller ses poches. Douze euros… attends, tu tombes mal. J’ai laissé mon porte-monnaie à la fromagerie.
— Ah.
— Je n’ai rien. Enfin… j’ai peut-être quelque chose. Entre. Tu boiras un café, on va trouver.
Il est entré. Elle a fermé la porte derrière lui — le plan était bon, le contre-jour aussi. Elle l’a fait asseoir sur le canapé, elle s’est penchée pour le servir, le col V qui baillait, et elle l’a vu perdre le fil de son texte.
— Le calendrier, il est bien ?
— Euh… oui. Et il coûte douze euros.
— Tu me l’as déjà dit. Elle s’est assise à côté de lui, genou contre le sien, elle a feuilleté l’objet. Des photos de mecs en uniforme, des chiens, des hélicoptères. Il est bien. C’est toi, celui-là ?
— Oui.
— Montre.
Il a montré, le doigt sur la page. Zoé s’est penchée sur son épaule pour regarder — et là, le vrai moment : elle a posé la main sur sa cuisse, très naturellement. Tu as une belle tête. Et lui, sur la photo, tu es… comment dire. Elle a souri. Tu es bien.
— Merci.
Et puis elle est passée au registre d’après, celui qu’elle attendait. Bon. Douze euros. Je n’ai pas douze euros. Mais j’ai envie de ton calendrier. Tu fais comment, pour les gens qui n’ont pas d’argent ?
— Ben… on note, on repasse.
— Ouais, mais moi je n’aime pas les dettes. Elle s’est rapprochée encore, sa bouche à trente centimètres de la sienne, la voix descendue d’un cran. Il y a peut-être un arrangement. Elle a attendu qu’il la regarde. Tu vends pour ta caserne. Moi je vends du fromage. On est deux vendeurs. Alors on va s’arranger comme des vendeurs. Elle a posé deux doigts sur son torse, à travers la veste de pompier. Je te paie en nature, ça te va ?
Il a mis une seconde à comprendre — jouée, cette seconde, il savait très bien où on allait, mais il a joué le type qui tombe des nues. Puis il a dit « oui », et ce « oui » était si sincère, si démuni, qu’elle en a ri doucement.
— Oui, il a répété. Ça me va.
— Alors enlève la veste. Doucement. Tu gardes la chemise, tu gardes le pantalon. On va faire ça bien.
Elle l’a fait lever, elle l’a plaqué contre le mur du salon, entre deux cadres. Elle a dégrafé la ceinture, ouvert le pantalon, fait glisser — déjà dur, tendu en travers de la cuisse, et elle a eu un vrai sourire, un vrai, pas joué. *Bon signe.* Elle l’a sorti entièrement, elle l’a soupesé, serré à la base. Puis elle a enlevé son débardeur par-dessus sa tête, d’un geste, et elle a fait tomber sa poitrine contre la sienne, dans le creux entre ses seins. Le truc, c’est que le 85E naturel, c’est lourd, ça tient tout seul, ça épouse.
Elle a serré les deux seins autour de sa queue et elle a commencé à remonter, à redescendre, lentement, en le regardant dans les yeux. Le gland dépassait en haut, à chaque remontée, à cinq centimètres de son menton. La salive, elle l’a crachée sans complexe — *pf* — droit sur le gland, et ça a glissé, et elle a pu accélérer. Le bruit, l’humidité, le frottement de sa peau à elle contre le gland qui passait et repassait sous son menton.
— Oh putain… il a soufflé, la tête en arrière contre le mur.
— Regarde. Regarde ce que tu as pour douze euros.
Il a regardé. Il a même attrapé ses deux seins de ses grandes mains, il a serré, il a aidé, et elle l’a laissé faire, ça faisait partie du truc. Elle a tenu comme ça, deux, trois minutes, à lui branler la queue entre ses seins, jusqu’à ce qu’il commence à se tendre, jusqu’à ce qu’elle sente que ça montait. Et là elle a décidé d’enchaîner — parce que le scénario disait « et après elle le suce », et parce qu’elle en avait envie. Elle s’est accroupie devant lui, genoux sur le parquet. Elle l’a gardé d’une main, elle a collé sa langue à la base, remonté tout le long en léchant, lentement, et quand elle est arrivée en haut elle a englouti d’un coup. Jusqu’à la gorge.
Directement. Le nez dans son bas-ventre, la gorge ouverte, la salive qui filait déjà. Et là, elle y est allée comme une salope — comme il faut. Une main serrée à la base, l’autre sur sa cuisse, et elle a bougé vite, fort, en s’empalant sur lui à chaque passage, les yeux levés vers sa figure. Des bruits mouillés, obscènes, dans le silence de l’appartement. Lui, ses mains sont venues sur sa tête, maladroites, puis elles ont trouvé — une main dans ses cheveux, l’autre sur sa nuque, il a poussé un peu, à contretemps d’abord, puis en rythme.
— Zoé… Zoé, je vais… si tu continues je vais…
Elle s’est retirée juste à la sortie, un filet de salive entre les lèvres et le gland, elle a souri, elle a répondu sans reprendre sa respiration :
— C’est le but. Elle a repris, plus vite. Viens. Viens là.
Il a joui presque tout de suite — il s’était retenu jusque-là. Elle a senti le premier jet sur sa lèvre supérieure, elle a dégagé sa tête juste à temps, elle a fermé à moitié les yeux et elle a tout pris sur le visage : la joue, la lèvre, un jet chaud qui a filé jusque dans son cou et un autre sur son menton, pendant qu’elle continuait à le branler lentement pour bien vider le reste. Le visage barbouillé, les cils collés, elle a tiré la langue pour attraper ce qui descendait et elle a souri — à lui, sans s’essuyer.
— Voilà ton calendrier. Douze euros, payés rubis sur l’ongle.
Il a éclaté de rire, le souffle en miettes, les jambes molles contre le mur. Elle s’est essuyé la joue du revers de la main, sans se lever.
— Coupez.
Ils ont recommencé à rire. Il lui a prêté une serviette, elle s’est nettoyée, rhabillée — le jean, le débardeur, la chemise à carreaux — et elle a rangé son matériel pendant qu’il repassait une chemise propre pour son service du soir.
En rentrant, elle est passée déposer la camionnette chez son cousin. Bruno était dans la cour, en train de sortir un seau de la bergerie.
Bruno a vu la camionnette, il a vu la caisse qu’elle a posée sur le capot.
— Combien ?
— Mille trois cent vingt.
Il a ouvert la boîte, compté vite, et il est resté un moment sans rien dire, les deux mains dans les billets.
— Putain, Zoé. Mille trois cents. En une matinée.
— Le beurre est parti en une heure. Et j’ai un client qui reprend du salers la semaine prochaine.
— Le beurre est parti en une heure, il a répété, comme s’il n’y croyait pas. À moi, il me reste la moitié d’un cageot le samedi soir. Il a relevé la tête. Tu sais que je te sous-paie.
— Tu me paies en fromage, cousin. Ça me va.
Chez elle, douchée, en t-shirt, elle s’est installée devant le PC. Le montage, elle l’a fait en une demi-heure — elle avait l’habitude, et le matériau était bon : le contre-jour de la porte, la lumière du salon, et surtout cette seconde partie, le tournage qui commençait proprement, le calendrier, la discussion, puis le basculement. Elle a coupé la caméra au bon endroit — juste après le « voilà ton calendrier ». Le cadrage : le visage d’Olivier n’apparaissait jamais en entier. De profil par moments, de dos, la nuque, les épaules, le torse en uniforme — jamais la figure complète. C’était voulu. Ça laissait une place à tous les mecs qui regardaient : n’importe qui pouvait se projeter dans le pompier anonyme. Elle a titré la vidéo en trois mots et une légende. **« j’adore les uniformes. »** Publié à vingt heures quarante-deux.
Elle s’est fait un thé, s’est assise dans le canapé, les jambes repliées sous elle. Et là, sur le côté de l’écran, la petite lumière verte. Olaf77. Connecté. Il était connecté depuis un moment, elle le voyait au curseur qui bougeait sur la conversation. Il avait dû regarder la vidéo. Il avait dû voir qu’elle ne répondait pas encore, il avait dû hésiter à écrire, effacer, réécrire — comme la veille. Zoé a souri, a bu une gorgée de thé, et elle a tapé. Deux mots, et la balle dans son camp. **« il va falloir qu’on discute »** Envoyé. Elle a reposé le téléphone sur son genou, et elle a attendu. Cette fois, elle n’allait pas le laisser effacer ses phrases.
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DjohnDo
18 octobre 2026 à 23:13
Encore une belle histoire, hâte de découvrir la discussion entre les deux et comment cela finira. Peu être va t' elle lui faire découvrir de vrais plaisir

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