Zoé a vingt-trois ans, et rien dans sa façon de se tenir ne laisse deviner qu'elle commande soixante-deux bêtes de plus de six cents kilos. Grande brune, un mètre soixante-et-onze, mince — le genre de minceur sèche que donnent les années dehors, pas la minceur de salle de sport : le ventre plat, la taille fine, les bras et les cuisses dessinés, une ligne de muscle le long du dos. Un corps fit, dur, sans un gramme d'inutile, et posé dessus, sans que ça jure, un cul de fou — haut, rond, ferme, deux fesses qui font remonter le jean quand elle se baisse et qui tapent contre les portières du tracteur quand elle grimpe dedans. Une poitrine généreuse, un vrai quatre-vingt-cinq E naturel, qu'elle planque le jour sous des débardeurs informes et qui déborde dès qu'elle lève les bras. Cheveux bruns jusqu'au milieu du dos, presque toujours relevés en chignon flou avec des mèches qui s'échappent, yeux vert-noisette, taches de rousseur en travers du nez, peau mate tannée par huit ans de travail même en hiver. Mains calleuses de paysanne, ongles toujours vernis — rouge, violet, noir. C'est le contraste qui la rend dangereuse : les mains de la ferme et le vernis de la ville, la chemise à carreaux et le string en dessous.
Elle a repris Les Prés du Chêne à la mort de son grand-père, il y a deux ans. Une maison de pierre, une grange, cent dix hectares dans le Cantal. Le vingt-et-un mars, premier jour du printemps, elle s'est levée à cinq heures et demie comme d'habitude. Début des vêlages : elle a passé la matinée penchée sur une génisse qui poussait mal, à lui parler doucement et à lui frotter le flanc. À midi, un sandwich debout contre la porte de l'étable, un café brûlant. L'après-midi, foin, clôture, deux allers-retours en tracteur, les cheveux pleins de paille, la nuque moite, le bas du jean crotté. Vers seize heures, elle entend le pick-up de James dans la cour.
James a trente-quatre ans. Voisin, ami, marié à Sandrine depuis six ans, mécanicien agricole, épaules larges, mains noires de cambouis, sourire de gamin. Depuis un an et demi, tous les mardis et vendredis vers quatre heures, il trouve une raison de passer. Il ne frappe même plus, il entre, pose sa casquette sur le crochet et la trouve dans la cuisine. Ce jour-là, elle l'attendait sur le canapé, jambes croisées, une bière décapsulée pour lui sur la table basse. Il n'a pas touché la bière. Il l'a prise par la nuque et l'a embrassée comme s'il la reprenait, langue directe, sans politesse. Elle a gémi dans sa bouche et lui a attrapé la ceinture.
— T'as senti le foin toute la journée ou c'est moi qui te fais cet effet-là ? qu'il a soufflé contre ses lèvres.
— T'as trois secondes pour fermer la porte et quatre pour enlever ton froc.
Il en a mis deux.
Il l'a mise à genoux sur le tapis, dos au canapé, a baissé son boxer d'un coup sec. Déjà dur, épais, tendu vers le haut. Zoé ne fait jamais de manières : elle l'a englouti jusqu'à la gorge d'un seul mouvement, jusqu'à ce que son nez touche le ventre et que ça lui coupe la respiration. Elle est restée là, gorge ouverte, à respirer par le nez, la salive qui filait au coin des lèvres et descendait le long de ses couilles. Puis elle a commencé à bouger — lentement, puis de plus en plus vite, une main serrée à la base, l'autre agrippée à sa cuisse, les yeux levés vers lui. Des bruits mouillés, obscènes, dans le silence de la maison de pierre. Il a grogné, un son bas qui venait du fond de la poitrine, et il a posé les deux mains sur sa tête pour pousser — une fois, deux fois, en la tenant au fond.
— Bordel, Zoé… tu me suces comme si tu voulais me vider sur place.
Elle s'est retirée juste assez pour parler, un filet de salive entre la bouche et le gland, et elle a souri.
— C'est le but. Assieds-toi et ferme-la.
Il s'est assis. Elle s'est déshabillée debout devant lui, sans se presser, en le regardant : chemise jetée par terre, débardeur arraché par-dessus la tête, soutif dégrafé d'une main dans le dos, les seins qui retombent lourdement et qu'elle lui a poussés presque dans la figure. Jean et string enlevés en se tortillant, puis elle a grimpé sur lui à califourchon, face au dossier du canapé, et elle a reculé jusqu'à ce que sa chatte soit juste au-dessus de sa bouche.
Il l'a attrapée par les hanches et l'a tirée à lui. Langue large et plate du bas vers le haut, puis la pointe précise sur le clitoris, en cercles, en huit. Elle s'est accrochée au dossier et elle a commencé à rouler des hanches sur son visage, à se servir de lui comme d'un jouet. Il l'a aspirée, deux doigts glissés en elle, courbés vers le haut, pompage et succion en même temps.
— Ah… continue, continue… Des « ah » de plus en plus hauts, la tête renversée, les mèches collées au front. — Ouais, là… juste là, putain…
Elle est venue une première fois comme ça, jambes tremblantes, en serrant les cuisses autour de sa tête jusqu'à presque l'étouffer, un long gémissement rauque qui a résonné dans toute la baraque. Lui, entre ses cuisses, il grognait contre elle, la bouche pleine, la respiration qui sifflait.
Il ne lui a pas laissé de répit. Il l'a basculée sur le dos, une jambe par-dessus son épaule, et il est entré d'un seul coup jusqu'au fond. Zoé a crié — un vrai cri, pas un de ces petits sons polis. Il a attendu une seconde, à jouir de la sentir s'ouvrir et se refermer, puis il a commencé à pilonner, long et profond d'abord, puis rapide et dur, les cuisses qui claquent, le canapé qui grince et tape contre le mur.
— Voilà… prends-le, prends-le… qu'il grognait, le souffle court.
— Plus fort. Plus fort, casse-moi… t'es pas un vieux, bordel !
— T'entends comme tu mouilles ? T'es trempée, ma salope.
Il l'a retournée sur le ventre, les fesses en l'air, et il est rentré de nouveau par-derrière en la tenant par la taille. Là, il pouvait la prendre comme il voulait et il ne s'est pas gêné : lent et profond jusqu'à ce qu'elle supplie, puis brutal, jusqu'à ce que la peau de ses fesses rougisse sous les coups de bassin. Elle a joui une deuxième fois, la joue écrasée dans le coussin, en mordant le tissu, en poussant des « han » sourds à chaque poussée.
— C'est ça, ma chienne… tu vas encore venir, hein ? Tu vas encore venir pour moi ?
— Oui… oui, n’arrête pas…
Il a senti qu'il arrivait. Il s'est retiré d'un coup, l'a retournée sur le dos d'une main, s'est mis à cheval sur son ventre et s'est branlé au-dessus d'elle, vite.
— Regarde-moi.
Elle a relevé la tête. Il a joui sur ses seins — longs jets chauds et épais, un sur le sternum, un sur le téton droit, un qui a filé jusqu'à sa gorge. Il est resté penché au-dessus d'elle, bras tremblants, à la regarder, le souffle en miettes. Deux heures s'étaient écoulées. Le jour avait baissé derrière les rideaux.
Il s'est effondré à côté d'elle. Elle n'a pas bougé, le sperme qui commençait à sécher sur sa peau, le corps encore parcouru de frissons.
— Sérieusement, Zoé. Comment tu fais pour être aussi bonne ? Deux ans que je viens ici, et à chaque fois t'as l'air d'avoir été inventée pour ça.
— C'est la campagne. L'air pur.
— L'air pur, il te fait pas ce cul-là. Il lui a claqué doucement la fesse en se levant, en riant. — Toujours un plaisir de venir baiser ma salope de voisine.
Elle s'est étirée, les bras au-dessus de la tête, sans se couvrir.
— Maintenant tu te rhabilles et tu rentres vite. Sandrine va finir par se douter de quelque chose, à force que tu rentres toujours en retard les jours où tu viens soi-disant réparer la clôture.
— La clôture, elle a bon dos.
Un dernier baiser rapide, la main qui traîne sur ses seins, le pick-up qui démarre dans la cour, et le silence retombe sur les Prés du Chêne.
Le soir, douchée, en t-shirt, elle s'installe devant son PC. Dix-neuf heures quarante. Elle ouvre sa page OnlyFans et prépare la série.
Première série, la combinaison de travail, prise au flash dans la grange, le tracteur en arrière-plan. La combinaison bleue est ouverte jusqu'au nombril et pendue sur les hanches comme une veste ; dessous, rien, juste la toile rêche contre la peau, et la lumière rasante du flash dessine le pli des seins et la goutte de sueur qui glisse vers le nombril. Debout, une botte posée sur un ballot de paille, hanche poussée de côté, une main accrochée à la sangle du tracteur, l'autre tenant l'ouverture de la combinaison. Regard direct, mâchoire en avant, sourcil levé. Légende : « Le samedi, la combi, c'est un vêtement de soirée. »
Deuxième série, la nuisette, dans la chambre, lampe de chevet allumée, lumière ambrée. Nuisette très courte en satin rose poudré, fine comme du papier, qui capte la lumière sur un sein et laisse deviner l'autre ; tout le décolleté plongeant et l'ourlet sont bordés de dentelle noire « à cils » qui chatouille la peau, bretelles spaghetti, dos entièrement nu, petit string assorti. Elle est agenouillée au milieu du lit, cuisses écartées sur ses talons, un coude sur la cuisse, la joue dans la main, cheveux détachés encore humides, quelques mèches collées à la clavicule. Le satin tire en biais sur sa poitrine quand elle se penche. Légende : « Pour dormir. Enfin… pour essayer. »
Troisième série, l'ensemble. Noir satin et dentelle : un soutien-gorge à armatures, bonnets en dentelle fine qui remontent et mettent en valeur le quatre-vingt-cinq E comme jamais ; un string ficelle à l'arrière, un fil de satin entre les fesses ; un large porte-jarretelles en dentelle qui maintient des bas noirs à couture, légèrement transparents, remontant jusqu'à mi-cuisse ; et des escarpins noirs à talons de dix centimètres qu'elle porte comme si elle avait fait ça toute sa vie alors qu'elle titube au premier pas. Debout, une jambe avancée, hanche cassée, une main à plat sur le ventre, l'autre remontant dans les cheveux ; le reflet dans la glace de l'armoire montre son dos et l'arrondi de ses fesses. Lèvres entrouvertes, regard de braise. Légende : « Ne faites pas semblant, vous regardez la troisième en zoom. »
Et la vidéo, cinq minutes, prise sous la douche. Téléphone en hauteur sur l'étagère, buée sur les bords, image un peu granuleuse mais nette là où il faut. Elle est déjà mouillée quand ça commence, l'eau ruisselle sur sa nuque et sa poitrine. Contre la paroi de verre, à hauteur de hanche, le god ventouse — couleur chair, veines moulées, une bonne taille — collé bien fort, qui dépasse de la vitre. Elle se retourne, écarte les pieds, se penche, et s'empale dessus. On entend le premier « ah » par-dessus le bruit de l'eau. Elle se redresse lentement, la tête en arrière, se retire, se ré-empale — de plus en plus vite, de plus en plus fort, une main à plat sur la paroi pour se donner de la force, l'autre qui remonte ses cheveux dégoulinants. Les gémissements montent, crus, pas retenus, à se demander si les vaches de la grange d'à côté ne les entendent pas. À la fin, elle se cambre, reste empalée jusqu'à la garde et jouit en tremblant, la bouche grande ouverte, un long « ohhh » qui traîne sous l'eau. Légende : « Trois ans de service, ce truc. Toujours fidèle. »
Les notifications explosent en deux minutes.
@PierrotDu62 : « La combi de travail, personne n’en parle, mais c'est la photo la plus dangereuse du site. »
@MarcLeLoup : « Les Prés du Chêne, c'est le paradis. J'ai vérifié sur Maps, je déménage. »
@Kevindu13 : « La nuisette rose… on dirait une illusion d'optique. Comment ça rend mieux sur toi que sur le mannequin ? »
@TonnerreDeBrest : « Ok, la troisième. Tu avais raison. J'ai zoomé. Deux fois. »
@Le_Breton_29 : « Bas à couture et talons sur une fille qui trait des vaches le matin, c'est le plus beau contraste d'Europe. »
@Bastien.T : « La vidéo sous la douche. Le moment où tu te retournes et que le god apparaît, j'ai dit "ah" tout haut. »
@le_vieux_loup : « T'as des gémissements de fille qui sait ce qu'elle veut. Ça change des comédiennes. »
@Jules_87 : « Quatre-vingt-cinq E ? On le voit, et on le croit. Merci pour le travail de précision. »
@SamSam : « Nouvelle abonnée depuis hier, déjà prête à passer à vie fidèle. »
@Thibault : « Le cadrage de la photo 2, la lumière… t'as un œil. Et accessoirement un corps. »
@Olaf77 : « La douche. Les quarante secondes où tu prends ton temps avant de bouger. C'est ça qui me tue. »
Trois cents likes sur la vidéo en une heure. Elle sourit, se fait un thé, puis rouvre la messagerie. Olaf77 est en ligne. Vingt-cinq ans, abonné depuis onze mois, celui qui dépense le plus chez elle — messages payants, pourboires, cadeaux. Un garçon discret, poli, jamais lourd, qui parle d'elle comme d'une personne et pas comme d'une image.
— Bonsoir Olaf.
— Bonsoir Zoé. Belle soirée de printemps chez toi aussi ? Il a gelé blanc ce matin par chez moi, et à midi on était en t-shirt. Le mois de mars fait n'importe quoi.
— Ici pareil. J'ai rentré une génisse ce matin, elle a failli me faire le coup de la nuit blanche. C'est la saison.
— Tu dors quand, sérieusement ?
— Quand les vaches dorment.
Ça part sur tout et sur rien — la pluie, un chien qu'il veut adopter, une série qu'ils regardent tous les deux sans se le dire, la ville où il bosse, la campagne où elle vit. Une heure comme ça, légère. Puis, entre deux banalités, elle glisse :
— Dis-moi un truc. Les photos de ce soir… elles t'inspirent quoi, toi ?
— Honnêtement ?
— Honnêtement.
— Ben… j'aurais envie de te faire jouir.
Zoé s'arrête une seconde, sourit à l'écran.
— C'est tout ? Juste ça ?
— Juste ça, oui.
— Tu ne m’as jamais vue, t'as jamais touché, et ton premier réflexe ce n’est pas de me sauter, c'est de me faire jouir ?
— C'est ce qui me paraît le plus important.
— D'accord, je creuse. Concrètement, tu ferais quoi ?
— C'est là que ça se complique.
Il met du temps à répondre. Elle attend, amusée.
— Voilà le truc, Zoé. J'ai vingt-cinq ans et je n’ai jamais eu l'occasion de coucher avec une femme. Jamais. Pas une fois. Donc concrètement… je ne saurais pas quoi te faire.
Elle reste un instant les mains au-dessus du clavier.
— Attends. Tu me dis que t'as jamais couché avec personne, et tu dépenses autant sur ma page ?
— Je sais ce qui me plaît quand je te regarde. C'est juste que quand j'imagine être dans la pièce, je bloque. Je ne sais pas par où commencer, ni dans quel ordre, ni quoi faire de mes mains.
Elle relit le message deux fois.
— Ok. Alors on va faire un truc. Tu me décris exactement ce que tu ferais si t'étais là ce soir, dans ma chambre, et moi je te corrige là où ça ne va pas.
Un temps. Puis :
— Tu commencerais par quoi ?
Et elle, sans hésiter :
— Par la nuisette rose. Débrouille-toi avec ça.
À l'écran, les trois petits points de saisie apparaissent, disparaissent, reviennent.
Commentaires ()
Le souci de certains détails.
Efficace, j'ai eu l'impression d'y être,de regarder. Voyeuse.
Mieux qu'un film.
Merci pour ce moment d'excitation.
Michelle 78