Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Erreur de réservation — Chapitre 2
Auteur
Erreur de réservation
Chapitre 2
Toute la journée, Catherine porta le poids de la nuit précédente comme une pierre brûlante sous sa poitrine.
Chaque fois que Sophie se penchait au-dessus d’elle pour regarder un écran, chaque fois que leurs bras se frôlaient en passant un dossier, Catherine sentait la chaleur remonter entre ses cuisses. Elle se forçait à rester concentrée, à prendre des notes, à poser des questions pertinentes au directeur informatique. Mais son esprit la trahissait. Elle revoyait le visage luisant de Sophie, la sensation de cette langue lente et savante, le jet chaud et incontrôlable qui avait jailli d’elle. Elle se demandait, avec une peur sourde, jusqu’où elle serait capable d’aller si cela recommençait.
Le soir, après le dîner avec Monsieur Leclerc, elles montèrent en silence. La chambre sentait encore un peu le linge propre et le parfum de savon de la veille. Sophie alluma la télévision, s’installa en tailleur sur le lit dans un short de coton et un débardeur ample, et fit défiler distraitement les chaînes. Catherine, elle, resta plantée près de la fenêtre, puis finit par s’asseoir sur la chaise du bureau, les genoux serrés, les bras croisés.
Après un long moment, Sophie baissa le volume et se tourna vers elle.
— Tu comptes rester assise là toute la nuit ?
Catherine rougit jusqu’aux oreilles. Elle baissa les yeux.
— Je… je ne sais pas. Je n’arrive pas à…
Sophie éteignit complètement la télé. Le silence de la chambre devint soudain très dense. Elle se redressa, s’assit au bord du lit, face à Catherine.
— Tu n’as pas aimé ce qui s’est passé la nuit dernière ?
La question était douce, sans jugement, mais d’une franchise qui fit battre le cœur de Catherine trop fort. Elle ouvrit la bouche, la referma, puis murmura, la voix un peu cassée :
— Si. J’ai aimé. Trop peut-être. Et c’est ça qui me fait peur. Je… je ne suis pas lesbienne, Sophie. Je sors avec un homme. Ce n’est pas… Ce n’est pas moi.
Sophie hocha la tête lentement. Ses yeux verts restèrent posés sur elle, tendres.
— D’accord. Alors il ne se passera rien ce soir si tu ne le veux pas. Je te le promets. Tu peux te coucher sans crainte. Je resterai de mon côté.
Ces mots soulagèrent Catherine… Et la déçurent en même temps, d’une façon qu’elle n’osait pas s’avouer. Elle se leva, alla prendre une douche rapide, enfila une simple chemise de nuit en coton blanc, et se glissa sous les draps en restant le plus près possible du bord. Sophie l’imita quelques minutes plus tard. Elles se souhaitèrent bonne nuit d’une voix basse. La lumière s’éteignit.
Catherine mit longtemps à s’endormir. Quand le sommeil finit par la prendre, il fut agité.
Elle se réveilla en sursaut vers deux heures du matin, le corps en feu. Ses draps étaient collés à sa peau. Ses seins étaient lourds, les tétons durs contre le coton. Entre ses cuisses, elle était déjà trempée, douloureusement excitée, sans raison apparente. Le souvenir de la langue de Sophie la submergea d’un seul coup. Elle tourna la tête. Sophie dormait sur le dos, une main posée sur son ventre, la respiration calme et régulière. La lumière de la ville dessinait doucement les courbes de son corps sous le drap fin.
Catherine resta un long moment immobile, le cœur battant à tout rompre. Puis, très lentement, mécaniquement, elle se tourna vers elle.
Ses doigts tremblaient quand elle les posa sur l’épaule de Sophie. Elle se pencha, hésita encore une seconde, et déposa un baiser timide sur sa joue. Puis un autre, plus près de sa bouche. Sophie s’éveilla à demi, les yeux encore embués de sommeil.
— Catherine… ? murmura-t-elle.
Catherine ne répondit pas par des mots. Elle l’embrassa vraiment, maladroitement d’abord, puis avec une faim croissante. Ses lèvres s’ouvrirent sous celles de Sophie, leurs langues se trouvèrent, douces. Sophie gémit faiblement contre sa bouche, une main venant se poser dans le dos de Catherine pour l’attirer plus près.
— Tu es sûre ? souffla Sophie entre deux baisers.
Catherine hocha la tête, le front collé au sien.
— Je crois… Cette fois, je veux… Je veux aussi te donner du plaisir.
Sophie la prit alors dans ses bras avec une tendresse infinie. Elle l’embrassa longuement, lentement, comme si elle voulait mémoriser chaque nuance de ses lèvres. Ses mains glissèrent sous la chemise de nuit de Catherine, caressant la peau chaude de son dos, la courbe de sa taille, la rondeur de ses fesses. Catherine gémissait déjà, le corps frémissant. Elle osa à son tour glisser ses doigts sous le débardeur de Sophie, découvrant la douceur de ses seins lourds, les tétons déjà durs. Elle les caressa avec une curiosité émerveillée, les pétrit doucement, puis se pencha et prit un sein dans sa bouche. Sophie arqua le dos, un long soupir s’échappant de sa gorge.
— Oui… Comme ça… Doucement…
Elles se débarrassèrent de leurs vêtements sans précipitation, s’aidant l’une l’autre, se découvrant avec une sorte de respect amoureux. Peau contre peau, elles s’allongèrent face à face. Sophie embrassa le cou de Catherine, ses clavicules, redescendit jusqu’à ses petits seins fermes. Elle les suça longuement, tendrement, pendant que sa main glissait entre les cuisses de Catherine et découvrait à quel point elle était déjà ouverte et mouillée.
Catherine gémit plus fort quand deux doigts glissèrent en elle, lents, profonds, courbés juste comme il fallait. Elle écarta davantage les jambes, s’offrant. Puis, poussée par un désir nouveau et impérieux, elle fit rouler Sophie sur le dos et se glissa entre ses cuisses. Elle hésita une seconde, le visage tout près du sexe de Sophie, puis posa un premier baiser timide sur ses lèvres intimes. Le goût était légèrement salé, musqué, délicieux. Elle lécha plus franchement, guidée par les gémissements de Sophie, par les doigts qui s’enfonçaient dans ses cheveux.
— Plus haut… Juste là… Oui… Oh Catherine…
Catherine suça le clitoris gonflé de Sophie avec une application tendre, y ajoutant ses doigts, apprenant le rythme qui faisait trembler les cuisses de sa collègue. Elle sentait Sophie se tendre, se contracter, puis jouir contre sa bouche dans un long gémissement étouffé, les hanches soulevées.
À peine Sophie était-elle redescendue de son orgasme qu’elle tira Catherine vers le haut et l’embrassa profondément, goûtant sa propre saveur sur ses lèvres. Puis elle la fit basculer sur le dos et se plaça entre ses jambes ouvertes. Cette fois, elle prit tout son temps. Elle lécha Catherine avec une lenteur presque dévote, l’adorant avec sa langue, ses lèvres, ses doigts. Elle l’emmena au bord, la laissa redescendre un peu, puis la ramena plus haut encore. Quand Catherine commença à trembler violemment, Sophie enfonça trois doigts en elle et suça son clitoris avec une précision douce et impitoyable.
L’orgasme de Catherine fut encore plus puissant que la veille. Elle se cambra, un cri rauque dans la gorge, et un nouveau jet chaud jaillit d’elle, inondant la bouche et le menton de Sophie. Celle-ci but tout ce qu’elle put, gémissant de plaisir, continuant à la lécher jusqu’à ce que les spasmes s’apaisent.
Elles restèrent ensuite longtemps enlacées, nues, humides l’une de l’autre. Sophie caressait doucement le dos de Catherine, lui embrassait le front, les tempes, les paupières. Catherine avait la tête posée contre sa poitrine, écoutant les battements de son cœur.
— Je ne sais pas ce que je deviens… murmura-t-elle.
Sophie serra un peu plus fort.
— Tu n’as pas besoin de savoir tout de suite. Reste juste ici, avec moi.
Elles s’endormirent ainsi, peaux collées, jambes entremêlées, les draps en désordre au pied du lit. Pour la première fois depuis longtemps, Catherine s’endormit sans angoisse, enlacée par un corps qui lui avait donné plus de plaisir et de tendresse qu’elle n’en avait jamais connu.
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