Réel
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mateuse — Chapitre 1 · J'aime la regarder
Auteur
Mateuse
Chapitre 1 · J'aime la regarder
Le soleil d’été filtrait à travers les feuilles du grand tilleul, projetant des taches mobiles sur les circonvolutions de la table de fer forgé du jardin des grands-parents. C'était sûrement nos dernières vacances dans ces circonstances, on avait toutes les deux dix-huit ans et étions à l'orée de nos études supérieures. Nous étions chacune installées sur une chaise métallique recouverte de petits coussins ronds en tissu. L’air sentait l’herbe coupée et le jasmin qui grimpait le long du mur de la maison.
Béa était assise en face de moi, les jambes croisées. Sa robe d’été en coton à motifs de citrons, épaules nues, s’arrêtait à mi-cuisse et mettait en valeur sa peau mate, lisse, dorée par les semaines passées dehors. Moi, j’avais enfilé une bonne vieille salopette en jean qui ne collait ni à la saison ni à cet environnement bucolique. Entre nous, étalés sur la table, des magazines féminins : Elle, Cosmopolitan, et le dernier numéro de 20 ans qu’on était allées acheter au bourg à vélo.
Nous lisions dans la chaleur de l’après-midi, commentant les tests de personnalité, nous interrogeant sur la pertinence des conseils beauté, nous moquant des horoscopes. Béa avait déjà coché « plutôt d’accord » à la moitié d’un questionnaire sur « ton style de séduction », et elle se penchait pour me montrer sa page, le sillon de ses seins dans le décolleté de sa robe happant mon regard au passage.
— Regarde celui-là, dit-elle en riant. Si ton crush te propose un week-end à la mer, tu…
Je n’écoutais plus vraiment. Mes doigts tournaient les pages de 20 ans jusqu’à un article dont le titre m’accrocha : Le plaisir féminin, entre science et confidences. Sous-titre : Ce que le corps des femmes sait vraiment (et ce que les lectrices nous ont raconté). J’ai commencé à lire à voix haute, d’abord pour la faire rire, puis parce que les phrases s’enchaînaient trop bien pour s’arrêter.
— Les chercheurs ont observé que le clitoris contient plus de huit mille terminaisons nerveuses…
— Une lectrice de vingt-deux ans raconte : la première fois que j’ai touché mes seins pendant que mon partenaire…
— L’orgasme n’est pas toujours un pic unique ; parfois c’est une vague qui revient…
— Une lectrice de vingt-deux ans raconte : la première fois que j’ai touché mes seins pendant que mon partenaire…
— L’orgasme n’est pas toujours un pic unique ; parfois c’est une vague qui revient…
Béa s’était redressée et écoutait, la tête légèrement penchée, les lèvres entrouvertes. Ses mains, posées d’abord sur la table, ont glissé lentement vers sa poitrine et l’ont touchée à travers le coton. Elle a posé les doigts de sa main droite sur son sein gauche, le caressant machinalement sur le côté et se rapprochant progressivement du mamelon. Elle l’a caressé en cercle, autour de son téton que j’ai rapidement vu durcir sous la caresse et pointer au travers du fin tissu de la robe. On distinguait le léger relief des aréoles et même leur couleur un peu plus foncée quand un rayon de soleil se frayait un chemin à travers les frondaisons pour venir les éclairer d’une lumière crue. Elle faisait le tour du téton avec son index et son majeur, tout en caressant le dessus du sein avec son pouce et le dessous avec ses trois autres doigts. Puis elle a pincé avec légèreté son téton entre le pouce, l’index et le majeur, toujours à travers le coton, et l’a fait rouler doucement.
Je n’ai pas arrêté de lire mais mes yeux allaient du magazine à sa poitrine, s’y attardant chaque fois un peu plus. Ma voix restait calme, presque monocorde, mais mon cœur battait plus fort.
— Une autre lectrice confie : j’aime quand on me tire un peu les seins, pas trop fort, juste assez pour…
Béa a abandonné son téton et a changé la position de ses mains : elle a placé sa main droite sur son sein droit, sa main gauche sur son sein gauche, et a commencé à se palper les seins à pleines mains. Elle les a malaxés, paumes contre les tétons, les doigts faisant comme un mouvement de massage de la base vers la pointe. Elle a ensuite glissé ses mains dans sa robe, récupérant ses seins par en dessous et les sortant du décolleté avec simplicité et impudeur. Le coton de la robe a glissé vers le bas, et ses seins se sont libérés, lourds et fermes à la fois. Les aréoles, d’un bon diamètre, étaient d’un brun rosé ; les tétons, gros et durs, pointaient légèrement vers le haut. Elle a pris sa poitrine à pleine main, l’a soulevée, a pressé ses seins l’un contre l’autre, les a laissés retomber, a recommencé… Ses doigts ont retrouvé les tétons, les ont coincés entre deux phalanges, les ont tordus un peu. Elle me regardait en faisant ça, un petit sourire entre plaisir et provocation au coin des lèvres, comme si elle me défiait de continuer à lire.
J’ai continué.
— Le plaisir peut naître d’un simple frottement, d’une pression prolongée, d’une caresse répétée au même endroit…
Sous la table, son pied nu a trouvé le mien. D’abord juste un contact peau contre peau, puis des mouvements lents : elle a frotté le dessus de mon pied avec le sien, a glissé ses orteils entre les miens puis le long de ma cheville.
J’aurais voulu faire comme elle : sortir mes seins, les malaxer, sentir mes propres tétons entre mes doigts. Mais mon corps était prisonnier de ma salopette en jean. Les bretelles larges aux boucles de métal, le denim épais et le plastron collé à mon torse me bridaient. Mes minis lolos se perdaient sous le tissu ; les tétons frottaient à peine contre le coton du t-shirt que je portais en dessous. J’ai tenté de glisser une main sous une bretelle, mais j’étais trop entravée par mes vêtements. Alors j’ai seulement serré les jambes plus fort, sentant la pression contre mon sexe, sûrement déjà un peu humide.
Béa n’avait plus aucune pudeur. Affalée dans sa chaise, elle pétrissait ses seins avec plus d’insistance, les écartait, les rassemblait, pinçait les tétons plus fort, les tordait, les relâchait, recommençait tout en me regardant droit dans les yeux, fière et amusée, comme si elle savait exactement ce que ça provoquait en moi.
Ma lecture était devenue très hachée.
— Certaines femmes décrivent une sensation qui part des seins et descend jusqu’au bas-ventre, une chaleur qui…
Son pied a grimpé plus haut, a frôlé l’intérieur de mon genou, a glissé le long de ma cuisse sous la table. Les orteils ont trouvé le bord de ma chaise et s’y sont posés, appuyés contre mon entrejambe. Je n’ai pas bougé, j’ai seulement baissé un peu les yeux vers ses seins et vers ses mains qui ne s’arrêtaient pas.
Nous avions déjà fait des choses ensemble, le soir, en secret. Nous savions ce que l’autre aimait. Nous savions aussi que nos grands-parents étaient quelque part dans la maison, peut-être dans le salon, peut-être dans la cuisine. Mais Béa ne s’arrêtait pas.
J’ai tourné la page, d’une voix presque trop basse :
— Une lectrice écrit : le plus excitant, c’est quand on me regarde le faire, quand quelqu’un sait exactement ce que je ressens…
Béa a lâché un petit rire silencieux. Ses doigts ont relâché un instant ses seins, puis sont revenus les prendre, plus fermes, plus lents. Elle les a pressés contre sa cage thoracique.
Je sentais ma propre chaleur monter. Ma chatte sentait la pression conjuguée de ses orteils et de la couture de la salopette. Je voulais passer une main entre mes jambes. J’ai interrompu ma lecture.
Béa a pincé ses tétons une dernière fois, plus fort, les a tordus, a gardé la pression quelques secondes, les yeux dans les miens. Puis elle a relâché, a simplement posé ses mains à plat sous ses seins, comme pour les présenter.
— Continue, a-t-elle murmuré.
J’ai repris ma lecture, la voix hésitante. Quelque part dans la maison, une porte a claqué. Nous n’avons pas bougé.
Béa a recommencé à malaxer ses seins, plus lentement cette fois, comme si elle avait tout le temps du monde. Et moi, je lisais, le regard partagé entre les lignes imprimées et la peau mate, les tétons durs, le petit sourire qui ne quittait plus ses lèvres.
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