Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Péché pas très mignon — Chapitre 1 · Qui suis-je ?
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteure
Péché pas très mignon
Chapitre 1 · Qui suis-je ?
« Le sexe sans péché c'est comme un œuf sans sel. »
Carlos Fuentes
Je m'appelle Marlyne. J'ai aujourd'hui trente ans et je travaille comme formatrice dans une compagnie assez reconnue au Québec. Ce matin, je me suis installée depuis la maison : les pieds nus sur le plancher froid, un café chaud entre les mains, la douce impression d'appartenir un peu à moi-même et de pouvoir faire ce que je veux.
Je travaille de la maison seulement trois jours par semaine. C'est dans ces moments-là, seulement, que ma vie me semble vraiment la mienne. Le reste du temps, il faut chercher un peu plus loin pour trouver où m'y retrouver.
Je suis née dans une famille chrétienne très stricte. Le genre de famille où les parents utilisent des versets bibliques pour punir, les coups pour apprendre et les insultes pour faire grandir.
J'ai surtout grandi avec la peur de ne jamais pouvoir m'épanouir pleinement, par mes propres décisions. Je vivais en marchant sur des œufs. Ils ont choisi mes études, mes styles vestimentaires, mon ex-mari... ma vie.
Mes parents nous ont toujours répété, à mes frères, sœurs et moi, que le sexe ne devait être qu'après le mariage. Qu'il ne servait qu'à faire des enfants, pas par plaisir, mais par devoir. «Ce n'est pas bien, Marlyne.» Cette petite voix-là, je l'ai portée trop longtemps.
Mais, cette interdiction n'avait fait que le contraire dans ma tête de jeune fille. Chaque idée qui me passait par la tête me donnait l'impression que j'allais recevoir un coup d'éclair de Dieu. Chaque envie qui montait en moi me faisait rougir de honte. Chaque chaleur entre mes jambes me faisait paniquer... Cette chaleur sourde, insistante, que je ne savais pas encore nommer et qui revenait pourtant, jour et nuit, comme une marée.
Jusqu'au jour où j'ai finalement succombé à ce péché...
...Ce péché pas très mignon.
J'étais à l'église, j'avais dix-neuf ans. Tout se passait comme d'habitude, des chants, des prières et à la fin, des salutations. Je disais au revoir à mes cousines avant de me retourner et de me cogner contre un monsieur qui se tenait derrière moi. Je ne l'avais jamais vu auparavant dans l'église et pourtant, je connaissais tout le monde.
Cet homme était plus grand que moi. Je mesure 1m67 et il devait avoir un bon vingt centimètres de plus que moi. Il était costaud et il semblait avoir entre quarante et cinquante ans. Mais, ce qui m'avait le plus frappé ? Sa beauté. Ses cheveux étaient parsemés d'un gris brillant, ses yeux finissaient en petites pattes d'oies, son sourire était éclatant et sa présence... Wouah !
Il m'a tendu la main en salutation en bougeant les lèvres. Je n'ai rien entendu à travers le brouhaha. J'ai serré sa main en retour avant de lui renvoyer son sourire. Sa paume était chaude. D'une chaleur sèche, presque surprenante. J'ai vu ses yeux se poser sur ma poitrine voluptueuse, mais cachée, puis sur mes lèvres.
Il a ensuite fait un geste qui, sur le coup, m'a paru très banal : pendant que ma main était dans la sienne, avec son index, il a gratté la paume de ma main. J'ai ri, puis j'ai rapidement tourné les talons, en entendant la voix de ma mère derrière moi.
Toute innocente, j'ai souri en tendant ma main vers elle, avant de lui répéter le même geste. Je ne connaissais même pas ce qu'il signifiait. Je souriais toujours.
Il y eut une fraction de seconde suspendue. Pendant ce court instant, ma mère ne bougeait pas, mais son regard changeait de couleur.
Puis, tout a basculé.
Son regard s'est rapidement transformé en un regard noir. D'un noir profond. Elle m'a rapprochée d'elle en tirant sur mon bras.
— Qui t'a apprise ça ?!
— Lui...
Lorsque je me suis retournée, l'homme n'était plus là. Elle m'a tirée en dehors de l'église en me disant que je faisais exprès d'attirer le regard des hommes.
Le regard des hommes ?
Cet homme avait envie de moi et m'avait fait passer le message à l'église. Ce mot «envie» a traversé ma poitrine comme quelque chose de brûlant. De plus, le fait qu'il me le démontre ici, à l'église...!
Ce quelque chose dans ma poitrine, je ne crois pas que ce soit de la honte, non. Pas vraiment.
C'est quelque chose d'autre, que je ne savais pas encore reconnaître, mais qui ressemblait dangereusement à de la fierté. Étais-je vraiment contente de savoir que cet homme avait envie de moi ?
En marchant, je me sentais étrangement légère et fiévreuse. Ma peau était brûlante, surtout mon visage.
Ayant la peau brune, je ne me suis jamais vue rougir. Mais, j'avais une grande impression que mon corps entier était à présent d'un rouge ardent.
Plus je suivais ma mère jusqu'à la voiture, plus je me sentais humide entre les jambes. Une douleur s'y accompagnait aussi. Une douleur qui m'atteignit jusqu'au cœur.
Arrivée à la maison, je me suis rendue aux toilettes. En baissant les yeux, j'ai remarqué ma culotte.
Cet homme m'a atteinte plus que je ne le pensais.
Plus qu'humide, elle était totalement mouillée !
Je me suis essuyée et je me suis sentie envahie d'un coup de chaleur intense. Mon clitoris était sensible.
Mon clitoris... En baissant les yeux, je le vis, là. Tout seul. Entre mes deux lèvres. Gonflé et d'un rose éclatant dû au contraste de son capuchon couleur café. Me suppliant d'appuyer dessus.
Tranquillement, j'ai descendu ma main droite, tremblante, jusqu'à ce bout.. j'avais envie..
Envie d'enlever cette douleur en moi. Envie de crier ma rage. Mon envie. Mon désir.
D'un pas sûr, j'ai retiré ma culotte afin de la mettre dans mon panier à linge, et je me suis levée.
Appuyée sur mon comptoir, j'ai tenté de reprendre une respiration normale.
Le contact de mon pubis sur le comptoir frais m'a fait frissonner...
Très lentement, je me suis collée un peu plus sur celui-ci et en abaissant mon corps en même temps, de sorte que mon front se colle au miroir devant moi.
Sur la pointe des pieds, j'ai commencé à laisser le mal m'envahir. J'ai laissé le mal contrôler mon corps.
Mon bassin faisait des vas-et-vient doucement...
Je voyais cet homme derrière moi.
Ses cheveux argentés, ses pattes d'oie, cette paume sèche et chaude que j'avais tenue quelques minutes à peine.
Dans mon fantasme, il me posait des baisers sur la nuque, des baisers mouillés, faisant pression sur ma peau sensible. Je sentais presque la chaleur sèche de ses mains sur moi.
Mon bassin faisait des vas-et-vient plus pressants...
Il empoigna ma hanche de sa main gauche. Lourde et sûre, et mon cou de l'autre. J'ai laissé échapper un petit gémissement. Que c'est bon ! Que c'est mal... J'adore ! Oh non...
J'avais envie d'entendre sa voix à mon oreille.. était-elle rauque ? Et puis je me suis surprise à penser qu'il me marierait, que ça mettrait fin à tout ça, que ça serait alors permis.
«Ce n'est pas bien, Marlyne». Comme si même dans mon propre désir, je n'arrivais pas à m'appartenir entièrement. J'ai failli en rire.
«Ce n'est pas bien, Marlyne». Comme si même dans mon propre désir, je n'arrivais pas à m'appartenir entièrement. J'ai failli en rire.
Je m'agrippais au comptoir plus fort, j'avais chaud. Je me mordis les lèvres pour retenir mes cris. Mes hanches bougeaient avec empressement et envie, écartant mes lèvres à chaque mouvement.
Mon bouton rose, qui était luisant de plaisir, disparaissant et apparaissant à chaque coup de hanche.
Je sentais une sensation monter en moi. Un plaisir inexplicable. Je sentais les larmes me monter aux yeux. Je souriais. J'étais heureuse.
Puis... Mon corps a explosé. J'ai poussé un cri avant de mettre ma main sur ma bouche pour le retenir. Mes jambes ont fléchi. Je suis tombée à genoux, avant de me placer à quatre pattes sur le sol.
Mon corps tremblait. Mon cœur battait à la chamade. Je tentais de reprendre ma respiration de peine et de misère.
Ensuite, je me suis mise à pleurer. J'avais de la misère à savoir pourquoi et même de savoir comment l'expliquer.
Une chose est sûre.. c'est que cette sensation, je n'étais pas prête à l'oublier.
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Commentaires ()
Une histoire trés bien construite. la narration est fluide et l'intrigue est aménée avec beaucoup de justesse, ce qui donne envie de découvrir la suite.
J'ai bien aimé votre histoire, elle est si bien écrite, remplie d'émoi, d'émotions.
Un moment de plaisir solitaire joliment narré.
Vous écrivez très bien.
D'abord, tu as du chien. Tu arrives à faire monter l'excitation alors que ton texte manque encore de pulsation, et ça, ce n'est pas donné à tout le monde.
Ta plume est propre, presque trop scolaire. J'aurais voulu plus de chair, plus de crudité, que tu exploites davantage les sens : moins expliquer, plus faire ressentir. Qu'on sente la peau, pas seulement qu'on la comprenne.
Rassure-toi, tu tiens un beau premier chapitre. Ton histoire est comme une chenille, et j'espère qu'au fil du récit elle va grandir en profondeur et en sensorialité… jusqu'à ce qu'elle déploie ses ailes 🦋
Le livre est en partie mon histoire et ce premier chapitre est un fait réel. Cependant, Xstory l'a changé en fiction, car certaines situations avec mes parents versus le contrôle sur moi avec la religion va à l'encontre des lois françaises.
Ce qui m'amène à ton point concernant les détails charnelles plus qu'explicatives. ☺️ Tu as totalement raison. J'ai tout d'abord été déçue que le texte ait été placé comme une fiction. Mais après réflexion, je réalisé que ça me permettrait d'en rajouter plus, dans me sentir coupable. Plus de piquant. Plus d'intensité. Plus de ressenti.
Je vais travailler là-dessus! 🙏🏾 et ajouter de l'encre à ma plume.
Et une autre. Cette première expérience du plaisir a très certainement été suivie de beaucoup d'autres. S'accompagnaient -t-elle d'un sentiment de culpabilité ? Et de la honte d'être incapable de résister à la tentation ? C'était mon cas. Et, paradoxalement, ces "sentiments" contribuaient au plaisir que j'éprouvais.
En effet, ma mère m'était revenu là-dessus. Et le comportement de mon père avait changé vis à vis moi.
Ma mère s'est mise à fouiller à tout moment sur mon téléphone portable, elle fouillait dans mes tiroirs, et me passait des commentaires négatifs par rapport à mon physique. (Je ne compte pas l'ajouter dans les prochains chapitres).
Des commentaires qui cherchais sûrement à me faire voir mon corps de façon peu attrayante, ce qui ne me pousserait pas à aller plus loin.
Mon père m'avait aussi demandé la description de l'homme en question. Il me disait que le diable est partout pour séduire et nous écarter de Dieu, même à l'église.
Ensuite, pendant nos prières à la maison (le vendredi mon père nous rassemblait pour nous faire des études bibliques), il faisait beaucoup d'illusion au péché du désir charnelle et répétait souvent le verset "Enfant obéissez à vos parents.."
Pour ta deuxième question, oui ça a réveillé en moi beaucoup de questions, d'envies, mais aussi d'une honte.
Cependant, cette honte arrivait toujours après avoir pris plaisir. Pendant un bon moment je croyais que Dieu m'avait abandonné, et j'en passe. J'en parle un peu dans le prochain chapitre qui va sortir ☺️
Pour finir, aujourd'hui encore, je suis très proche de ma sexualité. Le côté interdit, coupable de faire et même d'écrire tout ça me passe des fois rapidement l'esprit. Mais, ça met aussi de l'intensité dans ces moments de plaisirs coupables.
Nous avons, je crois, des expériences assez proches dans ce domaine. On m'obligeait à lire des livres édifiants, on me faisait la morale. On me plaçait sous haute surveillance. On fouillait mes affaires. On s'efforçait d'y débusquer des preuves (revues, livres) de mes perversions. Ce qui finissait par déboucher sur un permanent "jeu" de cache-cache dont je sortais rarement gagnant. Le résultat de tout cela, c'était que le couple plaisir solitaire-culpabilisation finissait par occuper tout mon esprit et toutes mes journées au détriment de tout le reste. Envahissant. Alors que, si la sexualité avait été perçue de façon saine, elle n'aurait pas débordé de partout.
J'apprécie vraiment que tu aies remarqué ça! C'est exactement cette excitation progressive que je recherche dans mes lectures.
En plus, devine quoi... J'ai pas eu recours à la IA 😂 (référence à nos derniers commentaires)