Les secrets du vignoble
Chapitre 1 · La grange
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Couverture de Les secrets du vignoble, par Eden_R
Couverture de Les secrets du vignoble, par Eden_R
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les secrets du vignoble — Chapitre 1 · La grange

8 minutes
1.6k
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

Auteure

Photo de profil de Eden_R
Eden_R
Histoires publiées
38
Chapitres publiés
57
Abonnés
199
J'aime cumulés
9.2k

Les secrets du vignoble

Chapitre 1 · La grange

La pluie tombe de façon torrentielle depuis midi. Elle se transforme petit à petit en une bruine persistante et fine. Un crachin qui vous trempe sans même que vous vous en rendiez compte, perlant sur la laine et s'écoulant le long de votre nuque. En gros, on pourrait se croire en Bretagne.
Je m'appuie contre le bois brut de l'encadrement de la porte de la grange. Je reprends mon souffle. Mes cheveux noirs, d'ordinaire une masse indomptable de boucles, sont maintenant plaqués contre mon crâne. Quelques mèches s'accrochent à ma peau rougie de mon cou et de ma poitrine. Le coton de ma chemise de travail est transparent par endroits, collé à ma peau. Je n'ai pas besoin de baisser les yeux pour deviner que les lignes de mon soutien-gorge sont visibles. Peu m'importe. Le vignoble est désert en ce moment. Les autres habitants et travailleurs sont restés à l'intérieur à cause du mauvais temps.
À l'intérieur de la grange, le monde est une palette de bruns et de gris éclairés par une unique ampoule couverte de poussière. L'air est lourd. C'est un mélange permanent de terre humide, d'huile de moteur et de l'odeur de décomposition des raisins de la saison précédente, encore imprégnée dans les vieilles caisses. Une odeur qui s'accroche autant que celle des animaux de ferme aux pores de la peau et à nos vêtements.
Je l'entends avant de le voir. La clé à molette grince contre le métal rouillé. Le son est rythmé et âpre. Un grognement d'effort vient ponctuer cette symphonie.
Nonno est à moitié enseveli sous la carcasse massive d'un vieux tracteur. Je ne peux voir que ses jambes et ses lourdes bottes. Le bas de son pantalon de travail est noirci à jamais. Dans un dernier crissement, il se dégage. Il s'assoit pour s'essuyer le front du revers de la main. Une trace de graisse apparaît à côté d'un sourcil. Cela me fait sourire pour l'air canaille que cela lui donne.
Il m'aperçoit. Il n'a pas l'air surpris de me voir là.
— Je pensais que tu serais à la maison, en train de te sécher, dit-il d'une voix rauque et sèche qui emplit tout l'espace.
— Je me doutais que tu serais là, à faire des histoires, lui réponds-je d'une voix douce.
Je reste sur le seuil, la bruine forme un rideau frais derrière moi. La pompe du bâtiment ouest fait encore du bruit, un gargouillement.
— Je sais. Je l'ai entendu hier, prend-il note de mon message.
Il commence à nettoyer méthodiquement ses mains. C'est peine perdue. La graisse est gravée dans les lignes de ses mains, comme une carte de visite. Il ne regarde pas ce qu'il fait, il me regarde… Son regard est fixe et inflexible. Ce sont les yeux d'un fermier, habitués à évaluer la valeur de tout, son usure et son rendement possible.
Je me sens exposée face à lui. C'est comme un contact physique. Une chaleur sourde part de mon ventre et remonte jusque dans ma gorge. C'est totalement différent des garçons du village. Leurs regards sont vifs, avides et simples. Lui, c'est calculé. Une appréciation. Cela me donne envie de me tortiller tout en devant rester parfaitement immobile.
— Tu dégoulines sur mon sol, me réprimande-t-il avec un léger sourire sur ses lèvres.
Pas le sourire bienveillant, pas le sourire du grand-père protecteur. Non. C'est le sourire d'un homme qui a vu quelque chose qui lui plaît, qui connaît un secret.
— C'est de la terre, lui fais-je remarquer en désignant le sol en terre battue. C'est déjà mouillé.
— Mon sol, répète-t-il avec son sourire persistant.
Il a une présence qui en impose. Je ne peux que détailler ses mouvements, ses larges épaules, sa poitrine dessinée sous un simple maillot de corps gris, l'humidité de sa sueur au col et sous ses aisselles. Ses avant-bras sont striés de poils noirs et argentés. Il est bien conservé par les travaux du vignoble. La clé à molette est toujours dans ses mains, sans réelle utilité.
— Entre ou sors. Tu laisses entrer l'humidité, m'ordonne-t-il.
Je fais deux pas à l'intérieur, juste ce qu'il faut pour franchir le seuil. La grange me semble soudain plus petite. Son odeur — tabac froid, graisse, transpiration — parvient jusqu'à mes narines. C'est presque étouffant.
— Ton patron, commence-t-il en s'adossant à l'établi, les rides profondes de son visage accrochant l'ombre de l'ampoule poussiéreuse, mon fils, il dit que tu es la seule à ne pas te plaindre de la taille. Il dit que tu as de bonnes mains.
Je baisse les yeux sur mes mains. Elles sont fortes avec des ongles courts et propres. Ma peau est calleuse et éraflée par une centaine de minuscules cicatrices. Je les ai toujours trouvées laides comparées à celles des filles de la ville, qui sont fines à la peau douce comme du lait.
— C'est normal. C'est juste le travail, lui dis-je.
— Ce n'est pas juste le travail, me corrige-t-il d'un ton péremptoire. C'est un accord. Soit tu l'as avec les vignes, soit tu ne l'as pas. Il dit que tu l'as.
Il marque une pause. Son regard se pose sur une veine dans mon cou qui bat la chamade. Il faut dire que je ne sais pas comment prendre ce compliment inattendu.
— Il dit que tu es silencieuse et que tu observes tout, continue-t-il.
— Bah, les raisins ne répondent pas, lui explique-je sur un ton défensif, teinté d'une défiance que je n'exprime pas habituellement.
Il n'a pas à faire un jugement sur mes capacités ou mes valeurs.
— C'est vrai, acquiesce-t-il doucement en se rapprochant de moi. Ils ne révèlent leurs secrets que si on sait les écouter.
La pluie est un murmure de fond. Elle tombe sur le toit de tôle. Cela me fait frissonner.
Je le détaille comme jamais auparavant — la barbe naissante, plus argentée que sombre, qui capte la maigre lumière, les cernes pâles sous ses yeux marqués par l'âge. Son regard qui suit la trajectoire d'une goutte d'eau qui glisse sur ma peau, de mon cou à ma clavicule puis jusqu'au creux entre mes seins, là où le coton est déjà bien humide…
Mon souffle se fait plus court. Il est maintenant audible dans le presque silence du lieu. Je devrais partir. Trouver une excuse. Me souvenir qu'il est le père de mon patron, que je suis la travailleuse temporaire, la fille d'une famille pauvre à la lisière du village. Mais je reste là à attendre sa décision.
Il lève la clé à molette. Le métal froid effleure ma peau juste au-dessus de mon sternum, là où la goutte a coulé. Des frissons me secouent. Il suit le trajet de la goutte vers le bas. Ce n'est qu'un effleurement lent et glacial sur mon épiderme aussi brûlant que la fièvre qui me prend. Quelque part au-dessus de nous, la pluie redouble sur la tôle. Sa respiration est calme, mesurée — la mienne ne l'est plus. Il s'arrête. Il est sur le galbe de mon sein. Le froid est brutal. J'ai l'impression qu'il me transperce le cœur. Mes tétons se contractent et pointent très visiblement sous le tissu.
Nonno ne me tient pas. Sa peau ne touche pas ma peau. Pourtant, c'est intime et terrifiant de voir comme je suis offerte à lui. Mon corps est tendu, comme un fil à l'extrême. Il suffirait d'un rien pour qu'il fasse de moi ce qu'il veut. Je désire me donner à lui.
— Des secrets, murmure-t-il en cherchant mon regard. Tu es pleine de secrets, ma fille.
Ses yeux expriment un amusement sombre et complice. Il voit clairement mon excitation, mon envie, et pourtant ce refus de rompre la stabilité de ma situation professionnelle.
La pression sur mon cœur et dans l'air disparaît lorsqu'il abaisse l'outil métallique loin de moi. Le sang bat dans mes oreilles. Un frisson me parcourt — une sensation de manque et d'inachevé.
— Dis à mon fils que je regarderai la pompe demain, parle-t-il d'une manière nonchalante en me tournant le dos.
Il agit comme si de rien n'était, comme s'il n'avait pas embrassé un désir enfoui au fond de moi.
— Rentre chez toi. Tu trembles, m'ordonne-t-il en ponctuant ses mots du grand fracas de la clé à molette jeté dans une boîte à outils.
Si je tremble, ce n'est certainement pas de froid. Je vibre de désir et d'humiliation de m'être laissé faire par cet homme âgé. Sans un mot, je retourne sous la pluie. Je marche rapidement, l'esprit à la fois vide et rempli de questions.
Je ne me retourne pas. Je sais qu'il me regarde partir. C'est une certitude. Et demain sera une journée différente avec de nombreux possibles.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteure en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Gras
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ jaimeca Le bûcheron, une force de la nature XSTORY
Bi, Quotidien
Le bûcheron, une force de la nature
Chapitre 3
Par jaimeca
118
0
8.3k
✦ akalucas69 Mon voisin et son fils XSTORY
Gays, BDSM et 1 autre tag
Mon voisin et son fils
Chapitre 1
Par akalucas69
117
20
24.7k
✦ Evan Whale Léon, le vieux voisin d'en face XSTORY
Gays, Jeunes majeurs
Léon, le vieux voisin d'en face
Chapitre 1
Par Evan Whale
191
5
55.3k
✦ Inga Joséphine à la campagne XSTORY
Hétéro, Bureau et 1 autre tag
Joséphine à la campagne
Chapitre 2
Par Inga
185
1
19.9k
✦ celadon Les aventures villageoises d'une comi-épicière. XSTORY
Hétéro, Bureau et 1 autre tag
Les aventures villageoises d'une comi-épicière.
Chapitre 1
Par celadon
263
5
12.7k
✦ L'épisto à l'air Le vert de ses yeux XSTORY
Hétéro, Romantique
Le vert de ses yeux
Chapitre 1
Par L'épisto à l'air
68
32
3.2k
✦ Anthynéa L'auto-stoppeur XSTORY
Hétéro, Romantique
L'auto-stoppeur
Chapitre 1
Par Anthynéa
151
3
18.5k
✦ Jane Does Soir d'orage XSTORY
Hétéro, Romantique
Soir d'orage
Chapitre 1
Par Jane Does
203
7
12.4k

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio