Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Léon, le vieux voisin d'en face — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Léon, le vieux voisin d'en face
Chapitre 1
Je balance mon sac sur le lit sans même regarder autour de moi. Nouvelle maison, nouveau quartier, nouveau bordel. Tout ça à cause d'eux.
Papa là-bas, maman ici. Moi au milieu.
Papa là-bas, maman ici. Moi au milieu.
Génial, mes vacances sont foutues.
Je jette un coup d'œil par la fenêtre. Une allée bétonnée, un bout de jardin, des murs beige clair qui me donnent la nausée. Rien à voir avec la maison dans laquelle j'ai grandi. Ici, tout pue le “nouveau départ”, sauf que moi, je voulais pas en changer, de départ.
Je descends dans l'allée, le ballon de foot serré contre ma hanche. Mon pied tape nerveusement contre le sol. Je commence à jongler, puis à frapper un peu plus fort. Les minutes passent, et ça me gonfle déjà : cette baraque, ce quartier qui ne ressemble à rien, cette foutue ambiance de "nouveau vie" que ma mère respire comme si tout allait bien. Alors que non.
Je descends dans l'allée, le ballon de foot serré contre ma hanche. Mon pied tape nerveusement contre le sol. Je commence à jongler, puis à frapper un peu plus fort. Les minutes passent, et ça me gonfle déjà : cette baraque, ce quartier qui ne ressemble à rien, cette foutue ambiance de "nouveau vie" que ma mère respire comme si tout allait bien. Alors que non.
Alors que rien ne va.
Je shoote d'un coup, fort, trop fort. Le ballon s'écrase contre le mur, repart en ricochets, et vient percuter quelque chose dans le garage du voisin. J'entends un bruit sec, métallique, suivi d'un “clong” sinistre. Mon cœur rate un battement.
Merde.
Je m'avance, la gorge sèche.
Là, dans la lumière froide des néons du garage, un type grand, massif, les bras solides, me fait face. La silhouette prend toute la place. Il est penché sur une carrosserie de vieille voiture, des outils posés en désordre autour de lui. Et quand il relève la tête, je sens un courant d'air glacé me traverser.
Ses yeux.
Bleus, mais pas du genre doux ou rassurants. Plutôt tranchants, durs, comme deux lames de verre. Je reste planté là, incapable de dire quoi que ce soit. Il ne parle pas non plus. Pas un mot. Juste ce regard, fixe, lourd, qui m'écrase.
J'ai l'impression qu'il sait déjà tout de moi : que je suis en colère, que je me sens paumé, que je viens de faire une connerie. Je me sens subitement mis à nu par ce retraité de soixante ans qui impose plus d'autorité que mon propre père.
Je baisse les yeux, me penche pour ramasser mon ballon. Mes doigts tremblent un peu. Je lance un "désolé" étouffé, mais je ne sais même pas s'il l'entend. Il ne répond pas.
Son silence est pire que s'il m'avait hurlé dessus.
Je tourne les talons, le ballon collé contre ma poitrine, le cœur qui cogne fort. Je monte directement dans ma chambre et je claque la porte, comme si ça pouvait effacer son regard.
Là, dans la lumière froide des néons du garage, un type grand, massif, les bras solides, me fait face. La silhouette prend toute la place. Il est penché sur une carrosserie de vieille voiture, des outils posés en désordre autour de lui. Et quand il relève la tête, je sens un courant d'air glacé me traverser.
Ses yeux.
Bleus, mais pas du genre doux ou rassurants. Plutôt tranchants, durs, comme deux lames de verre. Je reste planté là, incapable de dire quoi que ce soit. Il ne parle pas non plus. Pas un mot. Juste ce regard, fixe, lourd, qui m'écrase.
J'ai l'impression qu'il sait déjà tout de moi : que je suis en colère, que je me sens paumé, que je viens de faire une connerie. Je me sens subitement mis à nu par ce retraité de soixante ans qui impose plus d'autorité que mon propre père.
Je baisse les yeux, me penche pour ramasser mon ballon. Mes doigts tremblent un peu. Je lance un "désolé" étouffé, mais je ne sais même pas s'il l'entend. Il ne répond pas.
Son silence est pire que s'il m'avait hurlé dessus.
Je tourne les talons, le ballon collé contre ma poitrine, le cœur qui cogne fort. Je monte directement dans ma chambre et je claque la porte, comme si ça pouvait effacer son regard.
...
Le soir, la faim me chasse de ma tanière. Je descends les marches lentement, la maison plongée dans une semi-pénombre. Je me dirige vers la cuisine, les yeux encore lourds.
Et là, je le vois.
Et là, je le vois.
Lui.
Assis à la table, une clé à molette à la main, une caisse à outils posée à ses pieds.
Le voisin.
Il parle avec ma mère, calmement, de la tuyauterie de l'évier. Sa voix est grave, posée, presque apaisante. Mais dès qu'il tourne légèrement la tête et que nos regards se croisent, je sens mon ventre se contracter.
Il me fixe, sans hostilité apparente, mais il n'a pas besoin. Ce bleu glacé est suffisant. J'ai la sensation d'être scanné de l'intérieur, passé au crible, jugé. Un frisson me traverse.
Il me fixe, sans hostilité apparente, mais il n'a pas besoin. Ce bleu glacé est suffisant. J'ai la sensation d'être scanné de l'intérieur, passé au crible, jugé. Un frisson me traverse.
— Ah, Eliott ! s'exclame ma mère. Viens, je te présente Léon, notre voisin.
Il détourne lentement les yeux vers elle, puis vers moi à nouveau.
— On s'est déjà rencontrés, dit-il simplement.
Je reste planté là, figé. Ma mère fronce les sourcils, intriguée.
— Ah oui ? Où ça ?
Il ne répond pas tout de suite. Son silence s'étire, pesant. Il garde son regard fixé sur moi, et j'ai la certitude qu'il choisit volontairement de ne rien dire, de me laisser l'occasion de me planquer derrière son mutisme. Mais je n'y arrive pas. J'ai dix-neuf ans, pas cinq. J'ai pas envie qu'il pense que je suis lâche.
— J'ai abîmé sa voiture, je lâche, presque brutalement.
Léon soutient mon regard, sans ciller. Pas un reproche, pas un sourire. Juste ce poids, cette aura qui me fait reculer d'un pas à l'intérieur de moi-même.
Ma mère, elle, ouvre grand les yeux.
Ma mère, elle, ouvre grand les yeux.
— Quoi ? Mais Eliott ?! Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
Elle se tourne aussitôt vers Léon, confuse, s'excusant à demi. Lui hausse à peine les épaules, comme si ce n'était pas important. Mais moi, je sais que ça l'est. Parce que ce silence-là, cette façon de me regarder, vaut mille sermons.
Puis ma mère reprend, d'une voix ferme :
Puis ma mère reprend, d'une voix ferme :
— Très bien. Puisque tu n'as rien de mieux à faire que de traîner ici, tu vas te rendre utile. Léon a besoin de bras pour réparer ses voitures. Donc demain, tu l'aideras dans son garage. Tu apprendras à bricoler, ça te fera les mains. Ça t'occupera au lieu de dormir toute la journée.
Je la fixe, incrédule.
— Quoi ? Mais t'es sérieuse, là ?
— Bien sûr.
— Bien sûr.
Je ris nerveusement, sans joie.
— Génial. Super programme.
Je tourne les talons, monte quatre à quatre les marches et claque ma porte. Je me jette sur le lit. Je serre mon ballon contre moi comme si je pouvais lui transmettre toute la colère qui me ronge.
Demain, je vais devoir supporter Léon.
Ses yeux bleus, son silence écrasant, son aura de géant taciturne.
Demain, je vais devoir entrer dans son garage.
Et rien que d'y penser, ça m'étouffe déjà.
Demain, je vais devoir supporter Léon.
Ses yeux bleus, son silence écrasant, son aura de géant taciturne.
Demain, je vais devoir entrer dans son garage.
Et rien que d'y penser, ça m'étouffe déjà.
...
Il est 8h du matin. Je traîne des pieds jusqu'au garage du voisin, encore à moitié endormi. Le soleil tape déjà, mais à l'intérieur, la fraîcheur du béton et l'odeur d'huile me sautent à la figure. Des outils alignés, des pièces qui brillent sous la lumière, et, au centre, une carcasse de vieille bagnole qui attend son tour.
Léon est déjà là. Debout, les bras nus, les mains noircies par la graisse. Il me jette un regard bref, sec, comme un hochement de tête muet. Puis il reprend là où il s'était arrêté, sans plus de cérémonie.
Léon est déjà là. Debout, les bras nus, les mains noircies par la graisse. Il me jette un regard bref, sec, comme un hochement de tête muet. Puis il reprend là où il s'était arrêté, sans plus de cérémonie.
— Tu viens ? fait-il, d'une voix grave mais sans agressivité.
Je m'approche, mal à l'aise. Je sais pas quoi faire de mes bras. Il me tend une clé, et je la prends en essayant d'avoir l'air sûr de moi.
— T'as déjà bricolé ? demande-t-il.
— Non.
— Ça viendra.
— Non.
— Ça viendra.
Il se baisse pour travailler sur le moteur, et je l'observe faire. Ses gestes sont précis, efficaces, comme s'il faisait ça depuis toujours. Le silence s'installe, juste coupé par le cliquetis des outils.
Puis, sans que je m'y attende, il parle :
Puis, sans que je m'y attende, il parle :
— J'étais mécano, dans l'armée de l'air.
Je lève les yeux vers lui. Son ton est neutre, mais ses yeux se perdent un instant ailleurs, loin, comme si ses souvenirs défilaient juste derrière son regard bleu.
— Trente ans de service. Des avions, des machines qui pardonnent pas l'erreur. Maintenant, j'ai plus que ça, dit-il en tapotant l'aile cabossée de la voiture devant lui. Ça occupe, et ça me plaît.
Je hoche la tête, sans trouver que répondre. Un ancien de l'armée, forcément ça en impose encore plus. Pas étonnant qu'il ait cette autorité naturelle-là.
Il me tend une pièce à maintenir, et je m'applique. Mais je suis maladroit. Mes mains glissent, je force de travers, et soudain, un pot de liquide graisseux bascule. Tout s'éclabousse sur mon t-shirt.
Il me tend une pièce à maintenir, et je m'applique. Mais je suis maladroit. Mes mains glissent, je force de travers, et soudain, un pot de liquide graisseux bascule. Tout s'éclabousse sur mon t-shirt.
— Putain ! lâché-je, furieux.
La tâche noire s'étale, poisseuse, et l'odeur m'écœure. Sans réfléchir, je tire mon t-shirt par-dessus ma tête et le balance sur le sol, dégoûté. Ma peau colle déjà sous la chaleur et la graisse.
Quand je relève les yeux, Léon me fixe. Pas de sourire. Mais il me regarde vraiment, cette fois. Comme s'il enregistrait chaque détail de mon torse, sans rien dire. Son silence est plus lourd que des mots.
Moi, je bouillonne. Je sens mes joues s'enflammer.
Quand je relève les yeux, Léon me fixe. Pas de sourire. Mais il me regarde vraiment, cette fois. Comme s'il enregistrait chaque détail de mon torse, sans rien dire. Son silence est plus lourd que des mots.
Moi, je bouillonne. Je sens mes joues s'enflammer.
— Génial, super. Merci le bricolage, je crache, amer.
Je chope mon t-shirt taché, le coince sous mon bras et sors du garage sans demander mon reste. Je traverse l'allée à grandes enjambées, torse nu, rage au ventre.
En entrant dans la maison, ma mère me croise, surprise.
En entrant dans la maison, ma mère me croise, surprise.
— Déjà ? Mais Eliott, ça fait à peine une heure que tu y es !
— J'en ai marre, ok ? C'est débile ton idée. Je vais pas passer mes vacances à me salir pour retaper des vieilles caisses pourries !
— Eliott ! s'exclame-t-elle, les mains sur les hanches. Tu pourrais au moins faire un effort. Léon est gentil de t'accueillir ! Aie un peu de reconnaissance pour lui !
— C'est moi qui l'aide et c'est à moi d'avoir de la reconnaissance ?!
— Reviens ici tout de suite !
— Non ! Je m'en fous, de tes conneries !
— J'en ai marre, ok ? C'est débile ton idée. Je vais pas passer mes vacances à me salir pour retaper des vieilles caisses pourries !
— Eliott ! s'exclame-t-elle, les mains sur les hanches. Tu pourrais au moins faire un effort. Léon est gentil de t'accueillir ! Aie un peu de reconnaissance pour lui !
— C'est moi qui l'aide et c'est à moi d'avoir de la reconnaissance ?!
— Reviens ici tout de suite !
— Non ! Je m'en fous, de tes conneries !
Je monte les escaliers d'un pas rageur et claque ma porte encore plus fort que la veille. Allongé sur le lit, le torse encore collant, je fixe le plafond. Mon cœur cogne trop vite. J'ai chaud, j'ai la haine, et dans ma tête, je revois encore ce regard bleu qui m'a suivi jusque-là.
...
Quand je redescends, le soleil décline déjà. J'ai passé des heures enfermé dans ma chambre à ruminer, et maintenant, je me sens con. Je me revois quitter le garage comme un gamin capricieux, claquer ma porte, crier sur maman. J'ai pas été juste avec Léon. Il a rien dit, il m'a même pas jugé, et c'est moi qui me suis emballé.
Je souffle un grand coup, puis je sors. La lumière orangée du soir éclaire l'allée. Le garage est toujours ouvert, et Léon est là, assis sur un tabouret bas, un chiffon dans les mains. Il ne relève pas tout de suite la tête quand j'approche.
Je souffle un grand coup, puis je sors. La lumière orangée du soir éclaire l'allée. Le garage est toujours ouvert, et Léon est là, assis sur un tabouret bas, un chiffon dans les mains. Il ne relève pas tout de suite la tête quand j'approche.
— … Je voulais m'excuser, je murmure. Pour tout à l'heure. J'ai été débile.
Il me jette un bref regard, puis hausse simplement les épaules.
— Ce n'est rien. Viens, tiens ça.
Il me tend une lampe portative. Pas un reproche, pas un sermon. Comme si de rien n'était. Ce qui, bizarrement, me soulage.
On travaille ensemble un moment. Je m'applique plus. J'essaie d'anticiper ses gestes, de comprendre ce qu'il fait. Ses mouvements sont précis, assurés, et moi, je me sens gauche à côté, mais utile quand même. À deux, le temps file plus vite.
Quand il range enfin ses outils, la nuit est tombée. Il s'essuie les mains sur un chiffon et me lance :
On travaille ensemble un moment. Je m'applique plus. J'essaie d'anticiper ses gestes, de comprendre ce qu'il fait. Ses mouvements sont précis, assurés, et moi, je me sens gauche à côté, mais utile quand même. À deux, le temps file plus vite.
Quand il range enfin ses outils, la nuit est tombée. Il s'essuie les mains sur un chiffon et me lance :
— Tu dînes ici ?
Je reste un instant interdit, surpris. Mais de toute façon, j'ai rien prévu, rien d'autre à faire.
— … Oui, monsieur.
J'envoie un SMS à ma mère pour la prévenir. Léon me fait entrer dans sa maison. Elle ressemble à celle de ma mère, grande, aux murs blancs, un escalier en bois qui montent à l'étage. À la différence de ma vieille, le voisin n'a pas beaucoup décoré l'intérieur. Il y a quelques photos de l'armée, d'avions, de potes de mécaniques. Mais tout est sombre, clean, parfaitement entretenu. Une discipline qu'on ne retrouve certainement pas dans ma chambre.
On s'installe à sa table, autour de l'ilot central de la cuisine. Il a préparé une grande salade de riz. C'est simple, mais ça fait du bien. On mange en silence d'abord, puis je lui pose quelques questions. Sur les photos de l'armée, que j'ai vues, notamment, parce que c'est la seule chose qu'il veuille bien montrer de lui. Alors, il parle. De son passé, de classes militaires, des avions. Sa voix grave emplit la pièce, posée, calme. Je l'écoute, captivé malgré moi. Je découvre un homme qui a vu le monde, qui en impose sans jamais forcer.
Puis, c'est à lui de m'interroger.
On s'installe à sa table, autour de l'ilot central de la cuisine. Il a préparé une grande salade de riz. C'est simple, mais ça fait du bien. On mange en silence d'abord, puis je lui pose quelques questions. Sur les photos de l'armée, que j'ai vues, notamment, parce que c'est la seule chose qu'il veuille bien montrer de lui. Alors, il parle. De son passé, de classes militaires, des avions. Sa voix grave emplit la pièce, posée, calme. Je l'écoute, captivé malgré moi. Je découvre un homme qui a vu le monde, qui en impose sans jamais forcer.
Puis, c'est à lui de m'interroger.
— Et toi, Eliott ? Tu fais quoi en ce moment ?
— Rien de spécial.
— L'école ?
— Rien de spécial.
— L'école ?
Je hausse les épaules. Il n'insiste pas, mais son regard m'encourage à continuer. Alors ça sort.
— J'ai commencé la fac de droit, mais je sèche pas mal les cours.
— Pourquoi ça ?
— Je ne sais pas, je murmure. Peut-être parce que mon père s'est tapé une pote à ma mère et que mes parents se séparent, que ma vieille est venue dans ce bled paumé pour reconstruire sa vie, alors que la mienne part en lambeaux. Un truc du genre, je suppose.
— Pourquoi ça ?
— Je ne sais pas, je murmure. Peut-être parce que mon père s'est tapé une pote à ma mère et que mes parents se séparent, que ma vieille est venue dans ce bled paumé pour reconstruire sa vie, alors que la mienne part en lambeaux. Un truc du genre, je suppose.
Léon ne dit rien. Il baisse les yeux en acquiesçant et mord dans son morceau de pain.
— La colère que tu ressens pour ton père est légitime, dit-il. Mais cette situation ne te concerne pas vraiment.
— Qu'est-ce que vous voulez dire…?! je m'étonne presque outré.
— Que ton père a trompé ta mère, soit, mais il reste ton père et ta mère reste ta mère.
— Oui, et…?
— Que leur couple se finisse ne signifie pas que tu es fini, toi aussi. Ce sont leur histoire. Peu importe comment elle se termine ; elle n'a pas à impacter la tienne. Tu es le seul responsable de ton histoire à toi. Tu es grand, maintenant. Tu as quoi… Dix-huit ans ?
— Dix-neuf.
— C'est une situation merdique, mais c'est ainsi. Ça ne t'empêche pas, à toi, d'aller à la fac et de réussir tes études si tu en as l'envie.
— Qu'est-ce que vous voulez dire…?! je m'étonne presque outré.
— Que ton père a trompé ta mère, soit, mais il reste ton père et ta mère reste ta mère.
— Oui, et…?
— Que leur couple se finisse ne signifie pas que tu es fini, toi aussi. Ce sont leur histoire. Peu importe comment elle se termine ; elle n'a pas à impacter la tienne. Tu es le seul responsable de ton histoire à toi. Tu es grand, maintenant. Tu as quoi… Dix-huit ans ?
— Dix-neuf.
— C'est une situation merdique, mais c'est ainsi. Ça ne t'empêche pas, à toi, d'aller à la fac et de réussir tes études si tu en as l'envie.
Mouais. Le vieux a pas tort.
Je hausse les épaules, baisse les yeux et évite son regard. La colère m'étouffe, mais les mots du voisin font écho en moi. Il a raison. La connerie de papa impacte maman, et je suis triste pour elle. Mais ils restent tous deux mes darons. Rien n'a changé pour ça.
— C'est juste…, je balbutie en essuyant des larmes qui coulent sur mes joues. Que j'ai l'impression que tout part en couille.
— Les choses partent en couille, c'est vrai, m'assure Léon. Mais ce n'est pas toujours une mauvaise chose. En tout cas, il peut y avoir du bon là-dedans aussi.
— Ah ouais…? Et comme quoi ? Qu'est-ce qu'il y a de bon dans cette situation ?!
— Eh bien, tu apprends la mécanique avec un professionnel qualifié et passionné, et ça, c'est super.
— Les choses partent en couille, c'est vrai, m'assure Léon. Mais ce n'est pas toujours une mauvaise chose. En tout cas, il peut y avoir du bon là-dedans aussi.
— Ah ouais…? Et comme quoi ? Qu'est-ce qu'il y a de bon dans cette situation ?!
— Eh bien, tu apprends la mécanique avec un professionnel qualifié et passionné, et ça, c'est super.
Il rit. Pudiquement, sous sa moustache. Un sourire qui dévoile les rides élégantes autour de ses yeux. Ça me pète la poitrine.
Je ne sais pas réellement ce qu'il se passe. Un truc cède en moi. Je m'effondre. Je me mets à chialer.
Léon ne dit rien. Il se lève doucement, vient vers moi. Et naturellement, comme si c'était évident, il pose ses bras autour de moi. Je me laisse aller contre son torse solide. Son odeur d'huile et de savon, sa chaleur, sa force tranquille m'enveloppent d'un coup. J'ai l'impression de me retrouver enfin en sécurité, après des mois de tempête.
Je pleure, vraiment. Ça secoue mon souffle. Mais dans ses bras, ça va. Ses mains me serrent juste assez, sa voix basse murmure :
Je ne sais pas réellement ce qu'il se passe. Un truc cède en moi. Je m'effondre. Je me mets à chialer.
Léon ne dit rien. Il se lève doucement, vient vers moi. Et naturellement, comme si c'était évident, il pose ses bras autour de moi. Je me laisse aller contre son torse solide. Son odeur d'huile et de savon, sa chaleur, sa force tranquille m'enveloppent d'un coup. J'ai l'impression de me retrouver enfin en sécurité, après des mois de tempête.
Je pleure, vraiment. Ça secoue mon souffle. Mais dans ses bras, ça va. Ses mains me serrent juste assez, sa voix basse murmure :
— Ça va aller, petit. Ne t'en fais pas. Ça va aller.
Je hoche la tête contre lui, incapable de répondre. Ses mots me bercent, son contact me rassure. Je sais pas pourquoi, mais mes mains cherchent les siennes, se posent dessus. Il ne recule pas.
Je lève un peu la tête. Ses yeux bleus me fixent, mais… pas durs comme la première fois. Doux, ce soir. Chaleureux. Il penche la tête, m'embrasse sur les cheveux, puis glisse ses lèvres sur ma tempe, sur mon cou. Je frissonne. Je m'accroche à lui et mes gestes le supplient de poursuivre.
Je lève un peu la tête. Ses yeux bleus me fixent, mais… pas durs comme la première fois. Doux, ce soir. Chaleureux. Il penche la tête, m'embrasse sur les cheveux, puis glisse ses lèvres sur ma tempe, sur mon cou. Je frissonne. Je m'accroche à lui et mes gestes le supplient de poursuivre.
Merde… Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Je suis en train de craquer pour un vieux, là…?
Mon cœur bat à tout rompre. Je ferme les yeux. J'ai pas peur. Au contraire, j'ai besoin de ça. j'ai besoin de le toucher, d'attraper ses fringues, de tirer sur sa chemise, de glisser ma paume dans son dos brûlant. J'ai besoin de le sentir. De frémir contre lui. Nos joues sont plaquées l'une à l'autre. La sienne, rasée, me chatouillant à peine avec l'extrémité de sa moustache, et la mienne, râpeuse, parsemée de poils entretenus à l'arrache.
— Ça va aller, repère-t-il tout bas.
Ma respiration capte la sienne. Sa voix vibre contre mon torse. Ma main trouve sa nuque, la sienne mes cheveux, et nos lèvres se rapprochent. Jusqu'à se toucher. Se presser. S'ouvrir pour laisser passer nos langues. Qui se lient dans un élan de désir fulgurant.
Je m'entends murmurer :
Je m'entends murmurer :
— Oui, monsieur.
Presque une plainte. Presque un gémissement. Sa bouche parcourt ma gorge. Je m'agrippe à lui, et colle mes hanches aux siennes.
Naturellement, ma main descend. Sur son torse tanké, ses abdos, son bassin, entre ses cuisses. À travers son jean, je commence à le toucher. Sa bite a l'air énorme. Je frissonne, contre lui. Et il ressert son étreinte autour de mes épaules. Pour me rassurer. Me consoler. M'apaiser.
Mais je le repousse un peu. Pour défaire sa ceinture. Faire sauter le bouton de son jean. Descendre sa braguette. Et… Plonger mes doigts dans son boxer.
Naturellement, ma main descend. Sur son torse tanké, ses abdos, son bassin, entre ses cuisses. À travers son jean, je commence à le toucher. Sa bite a l'air énorme. Je frissonne, contre lui. Et il ressert son étreinte autour de mes épaules. Pour me rassurer. Me consoler. M'apaiser.
Mais je le repousse un peu. Pour défaire sa ceinture. Faire sauter le bouton de son jean. Descendre sa braguette. Et… Plonger mes doigts dans son boxer.
— Mm…
Il lâche un soupir grave ultra-sexy. Mais sa main empoigne fermement mon avant-bras.
— Qu'est-ce que tu fais…? me murmure-t-il.
— Je vous branle, monsieur, dis-je avec évidence.
— Je vous branle, monsieur, dis-je avec évidence.
Mon audace le laisse sans voix. Il m'observe, de ses yeux bleus me transperçant comme un coup de fusil.
— Ta mère…, commence-t-il.
— …Ne doit surtout pas le savoir, je termine en me penchant sur lui pour l'embrasser.
— …Ne doit surtout pas le savoir, je termine en me penchant sur lui pour l'embrasser.
Je plonge ma langue profondément dans sa bouche, l'empêchant de parler, ou même de geindre. Ses doigts, autour de mon bras, se desserrent et il me laisse un total accès à son entre-jambe.
Il capitule…?
Je m'écarte de lui, et m'agenouille. J'embrasse sa cuisse avant de relever les yeux sur lui.
Son visage est fermé. Il m'observe avec autorité… et envie. Il me laisse faire quand je baisse ses sous-vêtements, que j'empoigne sa queue, et que je l'approche de mes lèvres.
Son visage est fermé. Il m'observe avec autorité… et envie. Il me laisse faire quand je baisse ses sous-vêtements, que j'empoigne sa queue, et que je l'approche de mes lèvres.
Putain…! Elle est vraiment énorme…!
Ma langue passe sur sa verge ; il soupire et continue de me zieuter. Je l'embrasse, la mordille un peu, et remonte jusqu'au gland. Je le décalotte. Ses doigts s'approchent et il récupère la mouille qui lui sort de la bite. Il joue avec, en collant et en écartant ses doigts, presque l'air fasciné.
Il veut me montrer que je l'excite…? Ça tombe bien… Il me fait beaucoup d'effet aussi…
Je lape cette goutte de liquide pré-séminal, et m'attaque à son gland. Il lâche un “Rhô…”, quand je le prends en bouche.
Je lui astique le manche avec mes lèvres. Enfin, j'essaie. Sa queue ne rentre pas entièrement dans ma bouche. Léon tente de m'aider en appuyant un peu sur ma tête. Ça marche, mais pas longtemps. Ça me coupe la respiration. Essoufflé, je continue de le sucer, et lui, me caresse les cheveux en me regardant tendrement, comme si j'étais une petite chose fragile qu'il ne voulait pas froisser, mais avec qui il avait envie de partager un bon moment.
Je lui astique le manche avec mes lèvres. Enfin, j'essaie. Sa queue ne rentre pas entièrement dans ma bouche. Léon tente de m'aider en appuyant un peu sur ma tête. Ça marche, mais pas longtemps. Ça me coupe la respiration. Essoufflé, je continue de le sucer, et lui, me caresse les cheveux en me regardant tendrement, comme si j'étais une petite chose fragile qu'il ne voulait pas froisser, mais avec qui il avait envie de partager un bon moment.
— Bon garçon, murmure Léon.
— Vous aimez, monsieur ?
— Oui. Ne t'arrête pas.
— Vous aimez, monsieur ?
— Oui. Ne t'arrête pas.
Alors, je ne m'arrête pas. Je l'aspire, lui lèche les couilles, la queue, le gland. Chaque centimètre carré de son intimité y passe.
Et puis, à un moment, Léon m'attrape doucement par le bras. Il me fait me relever, me fait face. Toute ton autorité m'enveloppe, en même temps qu'il m'embrasse. En même temps que ses grandes mains fermes et veinées baissent mon short.
On ne parle pas, mais ses yeux bleus m'interrogent silencieusement : “as-tu déjà essayé la pénétration ?”.
Je le sais, parce que c'est ce que font ses gros doigts. Ils cherchent mon trou, le trouvent, et le masse lentement dans une caresse sensuelle.
Et puis, à un moment, Léon m'attrape doucement par le bras. Il me fait me relever, me fait face. Toute ton autorité m'enveloppe, en même temps qu'il m'embrasse. En même temps que ses grandes mains fermes et veinées baissent mon short.
On ne parle pas, mais ses yeux bleus m'interrogent silencieusement : “as-tu déjà essayé la pénétration ?”.
Je le sais, parce que c'est ce que font ses gros doigts. Ils cherchent mon trou, le trouvent, et le masse lentement dans une caresse sensuelle.
— Oh…, je gémis.
Mes jambes tremblent. Tout tremble, en moi. Léon utilise son bras libre pour encercler mes épaules et me ramener contre lui. Il s'apprête à me doigter, tout en me protégeant.
Quand il porte ses doigts à sa bouche pour les lubrifier, qu'il revient vers mon cul, je sais qu'il va commencer à me prendre. Mais on sursaute. Une vibration, dans ma poche, nous sort de notre transe.
Léon s'écarte de moi, et de son regard insistant, je comprends qu'il veut que je fasse taire ce maudit portable. L'écran brille sur la photo de ma mère. De quoi me faire débander directe.
Quand il porte ses doigts à sa bouche pour les lubrifier, qu'il revient vers mon cul, je sais qu'il va commencer à me prendre. Mais on sursaute. Une vibration, dans ma poche, nous sort de notre transe.
Léon s'écarte de moi, et de son regard insistant, je comprends qu'il veut que je fasse taire ce maudit portable. L'écran brille sur la photo de ma mère. De quoi me faire débander directe.
— Ah merde, je souffle. Ma vieille.
— Réponds-lui, m'ordonne Léon. C'est impoli de snober ses parents.
— Réponds-lui, m'ordonne Léon. C'est impoli de snober ses parents.
Il a raison, encore une fois. Mais le regard en coin que je lui adresse veut dire “sérieux ? “Impoli” ? Et c'est quoi, ce qu'on vient de faire ?”
Je décroche, non sans amertume.
Je décroche, non sans amertume.
— Allô.
— Eliott, tu es où ? Je ne te trouve pas dans la maison. Tu es encore chez Léon ?
— Ouais. Il m'a invité à bouffer. Je t'ai envoyé un SMS.
— Je n'ai rien reçu.
J'écarte mon portable, mate mes messages. En effet, le fameux texto destiné à la prévenir s'affiche en rouge. “Erreur d'envoi”.
— Ah ouais. Il y a eu un bug.
— Tu rentres bientôt ? Il va être 23h. Je ne voudrais pas que tu déranges Léon trop longtemps.
— Eliott, tu es où ? Je ne te trouve pas dans la maison. Tu es encore chez Léon ?
— Ouais. Il m'a invité à bouffer. Je t'ai envoyé un SMS.
— Je n'ai rien reçu.
J'écarte mon portable, mate mes messages. En effet, le fameux texto destiné à la prévenir s'affiche en rouge. “Erreur d'envoi”.
— Ah ouais. Il y a eu un bug.
— Tu rentres bientôt ? Il va être 23h. Je ne voudrais pas que tu déranges Léon trop longtemps.
Je lance un coup d'oeil au voisin. Il m'observe. Il entend tout, je crois. Je me mets à sourire comme un débile.
— Oh non, t'inquiète, je lâche innocemment. Je ne le dérange pas du tout.
Ma mère soupire, un peu soulagée. Léon, lui, me dévisage.
— D'accord, mais ne tarde pas. Je n'aime pas savoir que tu traînes dehors à n'importe quelle heure.
— Ok.
— À tout à l'heure.
— Ouais. Bye.
Ma mère soupire, un peu soulagée. Léon, lui, me dévisage.
— D'accord, mais ne tarde pas. Je n'aime pas savoir que tu traînes dehors à n'importe quelle heure.
— Ok.
— À tout à l'heure.
— Ouais. Bye.
Je raccroche, et me marre, en scrutant la tête que tire le voisin.
— Pas vrai, je le nargue. Je ne vous dérange pas, monsieur ?
Il sourit, mais ne dit rien. Son rictus s'efface quand je m'approche de lui pour lui rouler une pelle, prêt à reprendre là où on s'était arrêtés.
Mais ses mains me repoussent doucement.
Mais ses mains me repoussent doucement.
— Tu devrais rentrer, mon garçon.
— Quoi…? Mais pourquoi…?
— Ta mère s'inquiète, m'explique-t-il gentiment.
— Quoi…? Mais pourquoi…?
— Ta mère s'inquiète, m'explique-t-il gentiment.
Je ne dis rien. Je baisse la tête, déçu. Léon n'est pas le genre d'homme à qui on désobéit. Si j'insiste, il risque de mal le prendre, et… ça me gênerait de le mettre en colère. J'ai envie qu'il m'aime bien, pas de le saouler.
— On se voit demain ?
C'est lui qui propose ça. Il a saisi ma frustration, mais je ne sais pas si sa proposition n'inclut que la mécanique…
— Oui.
Il m'embrasse sur la tempe, et m'adresse un sourire doux, mais distant.
Il m'embrasse sur la tempe, et m'adresse un sourire doux, mais distant.
— Bonsoir, monsieur.
— Bonsoir, Eliott. Passe une bonne nuit.
— Bonsoir, Eliott. Passe une bonne nuit.
Je sors de sa maison, un peu confus. Dégoûté de quitter Léon dans cet état de désir inachevé, mais excité comme jamais à l'idée de le revoir.
On dirait que ces vacances s'annoncent plus croustillantes que prévu.
J'ai hâte d'être demain.
Et en attendant, je vais me branler en pensant à notre cher vieux voisin.
On dirait que ces vacances s'annoncent plus croustillantes que prévu.
J'ai hâte d'être demain.
Et en attendant, je vais me branler en pensant à notre cher vieux voisin.
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