Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un jeu en emmène un autre — Chapitre 6 · Enfin la rencontre acte 3 - L'hôtel des émotions
Auteurs
Un jeu en emmène un autre
Chapitre 6 · Enfin la rencontre acte 3 - L'hôtel des émotions
J'ai conduit jusqu'à l'Hôtel sous les caresses et les plaisanteries grivoises… On a ri pendant tout le parcours. Maxime m'a fait rire par son humour décalé, je le préférais à Rémi.
Le piège qu'il m'avait tendu m'avait un peu déçue.
On était trois personnes libres de tout carcan qui allaient passer des instants de volupté, mes deux amants d'un soir recherchant uniquement les joies secrètes d'une incartade clandestine.
J'ai eu une pensée pour toi, un regret… que tu ne participes pas à l'éclosion de la nouvelle femme que je devenais, libre de son corps et de ses désirs de sexe, avec une certitude, la prise de conscience que j'allais aimer cette nouvelle vie confidentielle, mais je la voulais avec toi mon amour, avec ta présence désormais.
Elle avait replié ses jambes sous son bassin, la large échancrure me laissait voir son corps qui s'était abandonné quelques heures avant sans retenue. Nos regards avaient une connivence qui allait au-delà de l'amour que l'on se portait. Mon visage reflétait la tendresse, je lui murmurais :
— Il ne faut pas que tu aies des regrets, c'était une soirée prévue à la base avec Rémi, elle a tourné par un plan à trois où tu y as pris du plaisir d'après ce que tu m'as raconté jusqu'à présent… Il faut voir le bon côté, tu t'es libérée des contraintes et pour une première franchement, tu y es allée fort ma puce…
J'ai hâte que tu me racontes la suite…
Elle prend une profonde inspiration, aspire d'une grande goulée son tonic.
— Donc…
Elle ferme brièvement les yeux, comme pour retrouver l'exacte texture du souvenir, puis reprend.
Rémi et Maxime récupèrent les ouvertures de leurs chambres à la réception. Arrivés à l'étage, ils me prennent tous les deux par les bras dans le couloir. Maxime me tend ses lèvres — j'étais enchantée, j'avais eu un coup de cœur pour lui. Son baiser passionné, la main de Rémi qui s'attarde sur mes fesses dans ce couloir d'hôtel luxueux, me font fondre.
La suite de Rémi était superbe, salon avec frigo, canapés, table basse, moquette très épaisse. Deux petites marches séparaient le salon de la chambre où trônait un immense lit King Size avec une salle de bains vitrée qui la jouxtait.
Maxime ouvre une bouteille de champagne sortie du mini-réfrigérateur, fait sauter le bouchon en déclamant :
— Oui au vice, non à la vertu.
Il prend des coupes et nous sert. Rémi me regarde les yeux dans les yeux, lève son verre et, d'une voix douce :
— Au plaisir de la vie. Je suis très heureux de notre rencontre réelle, qui va être inoubliable pour moi, et même pour nous, je pense.
Maxime vide sa flûte d'un trait, ses yeux coquins approuvent la réflexion de Rémi, puis ajoute :
— À ta beauté surtout. Rémi, tu me fais vivre un rêve éveillé…
Il se tourne vers moi.
— Tu es très belle, Danielle. Tu dois l'être encore plus nue.
Ce qu'il m'a déclaré fait pointer mes tétons — surtout venant de lui, pour lequel j'avais un penchant que je ne pouvais pas expliquer. Il avait quelque chose en plus : tous ses gestes étaient empreints de classe, une aisance naturelle sûrement innée. Quand je portais le regard sur lui, mon désir me submergeait. J'étais une adolescente énamourée.
À tel point que j'aurais aimé que Rémi ne soit pas là.
Rémi, dans mon dos, me retire la robe en la faisant glisser à mes pieds. Je suis nue…
La lueur dans les yeux de Maxime — la façon qu'il a de me parcourir, lentement, sans rien laisser dans l'ombre — me traverse comme une décharge. On est conscients, lui et moi, de ce qui existe entre nous. On se désire.
Avec seulement mes talons hauts devant ces deux hommes en costume, je vivais un film X de Marc Dorcel.
Leurs yeux se posent sur mon corps avec la jubilation de me voir nue… à leur merci. Je suis crispée, et en même temps je sais ce qui va se passer. Je prends conscience de la scène. Ma poitrine se durcit, mes tétons s'érigent, un frisson dans mon bas-ventre me donne la chair de poule. J'ai envie d'eux, surtout de Maxime.
Il se déshabille à la vitesse de l'éclair.
Rémi s'approche de moi et m'embrasse fougueusement, nos langues se fouillent. Lui aussi, la situation l'excite — cet ascendant qu'il prend sur moi qui suis nue, et lui tout habillé, le renvoie à un schéma classique de domination. Je sais qu'il aime ça, les différents défis qu'il me demandait avaient toujours un côté dominant. Il avait sûrement une tendance au BDSM. Il quitte ma bouche et, à l'attention de son complice :
— Tu as vu le cul qu'elle a ?... Des fesses de rêve. Il y a des femmes qui paient pour avoir un cul pareil.
— Bombé à merveille, s'extasie Maxime. Avec ta taille fine, tu as un corps que tous les hommes désirent, me souffle-t-il.
— Je passerais des heures à le caresser, confie Rémi.
— Un cul qui n'attend qu'une sodomie.
— Maxime est direct, qu'en penses-tu ? Une double pénétration bien amenée.
— Je n'ai jamais essayé… murmure-je d'une voix envoûtante.
Rémi m'écarte le sillon fessier, laissant à la vue de Maxime mon sphincter. Je touche par-dessus la braguette la dureté de son érection. Je suis en transe émotionnellement.
Une double pénétration pour une première expérience — et c'était celui pour lequel j'avais craqué qui me faisait cette proposition indécente. Dans mon for intérieur je savais que j'allais le faire, que j'allais lui donner mon cul.
Si tu savais à ce moment-là comme j'aurais voulu ta présence, partager notre complicité, que tu me voies faire ce que depuis des mois tu fantasmes, ce que tu proposes dans l'intimité…
Danielle prend une inspiration qui prend la forme d'un long soupir. L'évocation de cette scène qu'elle avait vécue fait monter en elle un torrent de sensations.
Elle change de position, ouvre largement ses cuisses. Son indécence me serre le cœur — mon sexe a de petites décharges qui me forcent à le toucher brièvement.
Elle s'arrête en m'observant. La douceur de ses yeux, sa façon de me regarder m'envoûtait. Elle se justifie.
— Dans cette nuit-là le tabou n'existait pas, seul l'attrait des corps importait.
Elle avait les yeux dans le vague, vivant ce souvenir.
Je l'interromps.
— Tu me bouleverses, quand tu dis que je te manquais… Ils ont été doux ensuite ou bien ils sont allés jusqu'au bout de leur idée ? Tu m'excites avec cette confidence, vite la suite… j'ai une érection qui se profile, et avec ce que tu vas me raconter elle va sûrement augmenter.
Ses yeux sont rieurs…
— Bon… je continue ! Accroche-toi parce que je me suis lâchée totalement.
Les mains de Rémi sont partout, sur mes seins, mes hanches, l'intérieur de mes cuisses. Je me détache de lui — tout est trop rapide, il est au summum de son excitation. Je rejoins Maxime, assis sur le canapé en train de se caresser le sexe en nous regardant.
Il attend enfin mes lèvres. Je sais qu'il les veut, je les lui donne avec passion. Il embrasse mieux que Rémi — son baiser est sensuel, passionné, vorace. J'adore la ferveur qu'il y met, ses mains qui parcourent mon corps. J'ai envie de lui. Il a saisi l'attrait que j'ai pour lui. Je porte un de mes tétons, dur comme un caillou, à sa bouche. Je me sens couler.
Je frotte ma vulve sur le membre que je sens entre mes cuisses. Mon clitoris est d'une sensibilité folle, le moindre frôlement m'envoie une onde électrique. J'envoie mes doigts pour le titiller — il est sorti de son capuchon, mon majeur enduit de mouille tourne tout autour. Je rejette ma tête en arrière. Ma cyprine coule, inonde ma vulve. Une grande claque sur ma fesse me rappelle que Rémi veut profiter de la situation — il m'en donne une autre, plus appuyée, qui me fait cambrer et crier sous la douleur.
Je mords le cou de Maxime, je lui susurre à l'oreille d'une voix charmeuse :
— Je t'en prie, baise-moi… je veux sentir ta queue en moi… défonce-moi devant Rémi, je veux que tu sois le premier, toi d'abord... tu me plais, prends-moi... traite-moi comme ta pute.
À la vibration de son corps je sens que mes mots l'ont troublé.
Il me pénètre avec une douceur extrême. Son membre est d'une grosseur incroyable — c'est la première fois qu'un autre sexe que le tien me pénètre. Je savoure la possession de mon vagin, sa lente progression vers le fond de ma chatte brûlante, inondée par l'embrasement de nos désirs.
Il amorce des mouvements de reins que j'amplifie des miens. Je suis son jouet dans ses bras puissants qui me serrent à m'étouffer. La communion de nos corps m'emmène au paroxysme de mon plaisir.
Mon abandon est dicté par mes sens exacerbés. Je veux être leur chose, le jouet. Je veux en jouir.
Rémi, à genoux à côté de nous, enfin nu, me mord en griffant mon dos, prend une poignée de mes cheveux et me pousse à l'embrasser. Ma main gauche va sur son membre dressé, turgescent — je le masturbe sous les coups de butoir de Maxime. Nos ondes de plaisir s'accumulent. Ses allées et venues sont ravageuses, m'extasient. Je suis toute à lui. J'appartiens à Maxime. Mon âme est à lui, mon sexe, mon corps. Il me semble m'incruster dans le sien.
La grosseur de son membre qui me possède me donne une onde fulgurante dans le bas-ventre.
Estimant qu'il en avait assez profité, Rémi m'arrache au corps de Maxime à mon grand regret. Il me prend par la main pour m'amener sur le large lit.
Je me couche sur le dos, d'une voix suave :
— Rémi, lèche-moi, occupe-toi de mon clito… tu le voulais, il est à toi.
Il passe sa langue tout le long de ma vulve, recueillant mes coulées, pour atteindre mon petit bout de chair qui n'attend que de douces succions. Il le prend entre ses lèvres, l'aspire — je me cambre, j'appuie sur sa nuque pour qu'il continue ce cunnilingus qui met le feu. Je lui dis :
— Oui, comme ça, montre-moi que tu es un bon suceur… vas-y… tu vas me faire venir… te jouir dans la bouche !
Les spasmes se cumulent. Je crie.
Maxime dirige vers ma bouche son sexe maculé de mes sécrétions. Je le gobe jusqu'à la base, son gland qui bute au fond de ma gorge me fait baver. Je le retire de ma bouche, la bave coule sur mon menton, j'ai un haut-le-cœur de la sensation que m'a procurée cette fellation profonde.
Je me concentre sur son gland. Ma langue tourne autour. Mes lèvres serrées vont et viennent. La langue de Rémi me procure une vibration charnelle intense.
Se faire baiser par deux hommes est vraiment un pied extraordinaire. Pourquoi ne l'ai-je pas fait avant ? J'expulse une giclée de cyprine sur le visage de Rémi. Le cri qui sort de ma bouche est étouffé par le sexe dur comme de la pierre — je l'enlève de ma bouche en hoquetant. J'en veux encore, des vagues perpétuelles de plaisir.
Reprenant mon souffle, j'allais les jambes tremblantes dans mon sac prendre le vibromasseur que j'avais emmené.
Rémi se met sur le dos, il attend lui aussi de me baiser. Tous deux ont les yeux posés sur moi. Rémi a compris — il connaît mon joujou par écran interposé, mais pas encore les ravages que ce jouet me fait, les éjaculations qu'il me procure.
Le vibro en main, je l'enjambe en amazone et m'embroche sur sa verge tendue de désir. Mon vagin est trempé, comme mon sillon fessier, par mes éjaculations — il rentre facilement jusqu'à la base. Je donne des petits coups de bassin. Ma voix est transformée par l'insanité des mots qui sortent de ma bouche.
— Insulte-moi ! Traite-moi de traînée, de vicieuse.
— Oui ! Tu n'es qu'une salope.
— OH OUI… j'en suis une… qui aime se faire baiser.
J'allume le vibro. Rémi a bien commencé avec son cunnilingus, mon petit bout rose est sorti — à petite vitesse je pose délicatement la boule du vibro dessus. Une explosion me déchire le cerveau, l'orgasme est immédiat. J'augmente d'un coup la puissance, mes coups de bassin se font plus violents, je colle cet objet du diable contre ma vulve.
Rémi me crie qu'il ressent les vibrations de cet engin à l'intérieur de ma chatte, qu'il va jouir.
Je regarde Maxime, à la tête du lit, se branler en nous observant — son visage est déformé par un rictus. J'ai envie de lui. Je ressens ce même attrait irrépressible. Me donner encore, totalement, passionnément — lui offrir ce que personne ne prend à la légère : mon trou le plus intime, rarement pénétré.
Les yeux rivés sur ceux de Maxime :
— Viens m'enculer… viens… je veux te donner mon petit trou.
Il n'attendait que ça. Moi aussi j'allais connaître les délices d'une double pénétration.
Il vient se placer derrière moi. Je sens son gland appuyer sur mon sphincter…
Un battement. Je retiens mon souffle — je le veux en moi, je veux les deux queues en moi.
La barrière se détend. Le gland entre, aidé par les coulées de mes sécrétions. Il s'enfonce de plus en plus profondément dans mon anus, centimètre par centimètre, il poursuit sa progression.
Mon cul s'ouvre instinctivement pour faciliter la sodomie qu'il me pratique avec une douceur infinie. Je me redresse contre son torse — son odeur me chavire. De ses bras puissants il entoure ma taille, il me dit des mots crus, des insultes qui me donnent le vertige, et d'un coup de reins il m'enfonce totalement sa queue.
Aucune douleur. Seulement un embrasement intérieur dû à la double pénétration et aux vibrations de mon joujou démoniaque.
Soudain, une chaleur se diffuse dans le vagin — Rémi est en train d'exploser, les jets chauds se succèdent. Je contracte les muscles de mon périnée pour nous donner encore plus de sensations.
Maxime prend la cadence et commence de longs allers-retours lents jusqu'au plus profond, dans un grognement de contentement… Ses coups de reins me font sentir les deux queues coulisser à l'intérieur, me déclenchent un torrent de sensations. À mon tour, des mots crus sortent de ma bouche et me font déraisonner.
— Encule-moi fort… défonce-moi… mets-la au plus profond de mon cul... vas-y… vas-y… je suis entièrement à toi, je suis ta salope.
Il se déchaîne. La violence de ses coups de reins fait monter en crescendo une jouissance. Je crie.
— Je vais jouir… ne t'arrête pas !
Dans un grognement d'animal il répand son sperme dans mes entrailles — des décharges successives, chaudes, me submergent. Le front contre ma nuque, il finit de se vider en moi avec de petits coups de bassin. J'arrête mon jouet.
Dessous moi, les bras en croix, Rémi me contemple jouir sous les coups de butoir. Il nous bascule pour s'extirper de sa position.
Essoufflés… Haletants…
Ils se retirent. Les coulées me descendent le long des cuisses. Je reste comme je suis tombée, en chien de fusil entre eux.
Je suis vidée. Après un moment je vais me rincer sous la douche.
Je reviens me coucher avec eux, nous sommes envahis par une douce torpeur. Je suis dans un état de béatitude — tous les deux me caressent avec des mots doux.
La transgression que j'avais vécue ce soir était au-delà de ce que j'attendais… j'ai goûté un fruit dont je ne pourrais plus me passer.
Puis… TOI, ton visage vient s'immiscer dans mes pensées.
J'avais envie de te voir, d'entendre le son de ta voix. J'avais eu un merveilleux moment avec eux, mais c'est toi que j'aimais par-dessus tout. Ils avaient seulement ouvert une porte vers des plaisirs nouveaux.
J'avais fait fort pour une première initiation aux plaisirs interdits par la morale — j'avais carrément brûlé les étapes, sauté des épisodes.
C'était toi que je voulais. Me blottir dans tes bras, sentir l'odeur de ta peau.
J'ai enfilé ma robe, refait ma coiffure, repris mon joujou extraordinaire, hâte de rentrer.
Une odeur de cul mélangée avec celle de nos parfums flottait dans la chambre.
Je les ai remerciés de la soirée passée. Rémi m'a pris dans ses bras, m'a embrassée tendrement et donné rendez-vous sur nos tablettes. Maxime m'a dit qu'il avait passé un doux moment de passion avec moi… que j'étais tout simplement « la plus fabuleuse des libertines » et qu'il allait songer à fréquenter ces lieux de débauche qu'il y avait à Paris.
J'ai fermé la porte de la chambre. Je savais que je ne les reverrais plus.
Je suis passée devant le veilleur de nuit — son regard était impassible, j'étais fière, libre, je n'avais que faire de ce qu'il pensait.
Avec la chanson de Mylène Farmer « Je suis une libertine » dans la tête, je suis rentrée te rejoindre, avec l'envie de faire l'amour avec toi… salement !
Elle se lève du fauteuil.
— Voilà mon amour. Je suis prête à commencer notre vie de couple à l'intimité secrète.
— Bon… On va contacter le coquin avec qui tu as accroché sur W.... et prévoir un week-end triolisme… tu as pris de l'avance sur moi, une grosse avance même…
— Tu ne m'en veux pas d'avoir pris un tel plaisir sans toi ce soir… en me taquinant.
— Oui, beaucoup ! D'ailleurs je vais te punir dans la chambre.
Elle me tend les bras — sa nuisette s'est totalement ouverte… Je l'embrasse d'un baiser enflammé, les mains déjà dans sa chaleur.
Danielle a arrêté les jeux en ligne et se couche à des heures raisonnables maintenant. Les contacts avec Rémi se sont de plus en plus espacés, et même inexistants depuis un moment. Nous avons commencé une vie libertine faite de très belles rencontres, toujours enrichissantes à tout point de vue. Nous n'avons qu'un seul regret…
Ne pas avoir commencé avant.
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