Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’ami africain — Chapitre 1 · Chapitre 01
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’ami africain
Chapitre 1 · Chapitre 01
Nathalie
— Chérie ! Dépêche-toi ! Nous allons être en retard !
Philippe, mon mari me pressait alors que je finissais de me préparer dans la salle de bain. S’il me criait depuis la chambre où il ajustait sa cravate, c’était parce que nous étions invités à une réception, sous l’égide du Ministre de la Recherche et de l’ambassade du Sénégal.
Pour nous rendre dans le quartier latin, nous devions traverser une bonne partie de Paris et si je tardais trop, nous serions en retard. Le chef de mon mari l’avait informé que cette réception réunirait du beau monde. Il y aurait sûrement quelques politiques, des stars du show-biz ou des grands sportifs. Nous n’avions pas l’habitude de ce genre de représentation, mais à la demande du directeur de son laboratoire, en tant qu’ingénieur de recherche, il se devait de l’accompagner. Il avait insisté sur le fait que nous représenterions l’image du laboratoire et que nous devions faire un effort vestimentaire particulier.
Le directeur et Philippe auraient à présenter leur projet de recherche en coopération avec le Sénégal et à répondre à quelques questions. Mais Philippe était persuadé que son chef tiendrait le devant de la scène et qu’après quelques mondanités auprès des financeurs, plus personne ne ferait attention à lui, et que nous pourrions alors profiter pleinement de la soirée ensemble.
Philippe avait l’habitude de cette situation. Son rôle, en tant qu’ingénieur de recherche, était occulté par celui du chercheur avec lequel il travaillait et qui recevait tous les honneurs. Mais ce soir, cela lui importait peu, il voulait profiter de cette soirée pour avoir l’occasion de croiser quelques célébrités et d’échanger quelques mots, cela lui suffirait et je le comprenais. Je l’espérais également, de plus, il y aurait certainement de l’excellent Champagne et des petits fours confectionnés par de grands traiteurs. Il n’avait jamais recherché la lumière des projecteurs et je préférais aussi la discrétion de l’anonymat. Nous étions les “invisibles”, ceux qui travaillaient dans l’ombre, discrètement pour que ceux qui sont dans la lumière puissent être exposés.
— Je suis prête ! lui criais-je.
Je regardai mon reflet dans le miroir. Je n’étais pas mécontente du résultat. Je n’avais pas l’habitude de me maquiller mais pour mon mari, j’avais fait un effort. Une légère touche de fond de teint, un soupçon de mascara et un rose à lèvres discret qui me donnaient l’impression d’avoir le visage d’une femme d’une trentaine d’années. En ajustant une mèche, je me crispais légèrement. Lorsque j’avais essayé cette robe dans le magasin, je n’avais pas remarqué que le décolleté était aussi profond et que ma poitrine plutôt généreuse était aussi exposée. “Avec un châle, cela passera…” me dis-je en sortant de la salle de bain.
Le directeur et Philippe auraient à présenter leur projet de recherche en coopération avec le Sénégal et à répondre à quelques questions. Mais Philippe était persuadé que son chef tiendrait le devant de la scène et qu’après quelques mondanités auprès des financeurs, plus personne ne ferait attention à lui, et que nous pourrions alors profiter pleinement de la soirée ensemble.
Philippe avait l’habitude de cette situation. Son rôle, en tant qu’ingénieur de recherche, était occulté par celui du chercheur avec lequel il travaillait et qui recevait tous les honneurs. Mais ce soir, cela lui importait peu, il voulait profiter de cette soirée pour avoir l’occasion de croiser quelques célébrités et d’échanger quelques mots, cela lui suffirait et je le comprenais. Je l’espérais également, de plus, il y aurait certainement de l’excellent Champagne et des petits fours confectionnés par de grands traiteurs. Il n’avait jamais recherché la lumière des projecteurs et je préférais aussi la discrétion de l’anonymat. Nous étions les “invisibles”, ceux qui travaillaient dans l’ombre, discrètement pour que ceux qui sont dans la lumière puissent être exposés.
— Je suis prête ! lui criais-je.
Je regardai mon reflet dans le miroir. Je n’étais pas mécontente du résultat. Je n’avais pas l’habitude de me maquiller mais pour mon mari, j’avais fait un effort. Une légère touche de fond de teint, un soupçon de mascara et un rose à lèvres discret qui me donnaient l’impression d’avoir le visage d’une femme d’une trentaine d’années. En ajustant une mèche, je me crispais légèrement. Lorsque j’avais essayé cette robe dans le magasin, je n’avais pas remarqué que le décolleté était aussi profond et que ma poitrine plutôt généreuse était aussi exposée. “Avec un châle, cela passera…” me dis-je en sortant de la salle de bain.
Le regard pétillant de désir que Philippe fit courir sur moi lorsque je sortis, me confirma que ma robe moulante au décolleté très plongeant allait faire de l’effet sur la gent masculine de la soirée. Ce n’était peut-être pas la tenue idéale pour passer inaperçu lors de la soirée, mais voir mon mari me regarder comme il ne l’a pas fait depuis longtemps, avec ce désir brûlant dans les yeux en valait la peine.
— Tu es magnifique, mon amour, me dit-il. Tu me donnes envie de te dévorer et pas que du regard… tu es à croquer !
— Oui ! Ben, on verra ça en rentrant…
— Tu as raison. Le chauffeur nous attend…
— Oui ! Ben, on verra ça en rentrant…
— Tu as raison. Le chauffeur nous attend…
Avant de quitter notre appartement, j’ajustai le nœud de sa cravate dont la couleur était assortie à celle de ma robe.
Quand nous montâmes dans la berline du Uber que nous avions réservée, je constatai une nouvelle fois l’effet de ma robe sur le chauffeur. Un homme de couleur à la forte stature qui m’adressa un sourire éclatant. Assise à côté de Philippe, j’aperçus à plusieurs reprises son regard glisser discrètement sur ma poitrine. Je retirai mon châle de mes épaules, il ajusta son rétroviseur en ma direction pour avoir une meilleure vue. Il était évident qu’il ne surveillait plus les voitures derrière nous. Nous arrivâmes devant l’entrée de la galerie quelques minutes plus tard. Je me demandais, troublée, si Philippe avait remarqué son petit manège.
Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes à destination aux portes de la galerie. Lorsque mon mari voulut donner au chauffeur un pourboire, celui-ci déclina et répondit que je le lui avais déjà offert. Je souris en constatant l’air surpris et amusé de mon mari.
Quand nous montâmes dans la berline du Uber que nous avions réservée, je constatai une nouvelle fois l’effet de ma robe sur le chauffeur. Un homme de couleur à la forte stature qui m’adressa un sourire éclatant. Assise à côté de Philippe, j’aperçus à plusieurs reprises son regard glisser discrètement sur ma poitrine. Je retirai mon châle de mes épaules, il ajusta son rétroviseur en ma direction pour avoir une meilleure vue. Il était évident qu’il ne surveillait plus les voitures derrière nous. Nous arrivâmes devant l’entrée de la galerie quelques minutes plus tard. Je me demandais, troublée, si Philippe avait remarqué son petit manège.
Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes à destination aux portes de la galerie. Lorsque mon mari voulut donner au chauffeur un pourboire, celui-ci déclina et répondit que je le lui avais déjà offert. Je souris en constatant l’air surpris et amusé de mon mari.
À l’entrée de la galerie, après avoir présenté nos cartons, nous fûmes invités à nous délester de nos vestes et sacs au vestiaire. J’hésitai à y déposer mon châle, mais la tiédeur de cette soirée automnale acheva de me convaincre. Ce fut donc les épaules nues, ma robe épousant la moindre de mes courbes et la poitrine à peine dissimulée que je fis mon entrée dans la salle d’exposition où se déroulait la réception.
Sékou
Je tendis mon imperméable à la jeune femme qui tenait le vestiaire, lorsque mon regard fut attiré par un couple. Pour être honnête, mon regard fut attiré par la silhouette chaloupée de la femme, une petite brune, d’une quarantaine d’années aux formes divinement avantageuses. Je la déshabillai du regard en suivant la coupe de sa robe saumon très ajustée. Je remarquai amusé la marque de sa culotte sous la robe.
Je tendis mon imperméable à la jeune femme qui tenait le vestiaire, lorsque mon regard fut attiré par un couple. Pour être honnête, mon regard fut attiré par la silhouette chaloupée de la femme, une petite brune, d’une quarantaine d’années aux formes divinement avantageuses. Je la déshabillai du regard en suivant la coupe de sa robe saumon très ajustée. Je remarquai amusé la marque de sa culotte sous la robe.
En la voyant, avec son mari, il était évident qu’ils n’étaient pas familiers de ce genre de réception. J’en eus la confirmation quand ils se dirigèrent vers le directeur du laboratoire qui serait honoré au cours de cette soirée, un homme que je ne connaissais que de réputation. Je suivis discrètement du regard ce couple et surtout cette femme dont la simplicité et le charme me plaisaient beaucoup. J’avais envie d’en découvrir davantage sur eux, et de me rapprocher d’elle. Peut-être plus tard dans la soirée.
Mais, ma contemplation fut interrompue par une voix que je connaissais très bien, Toussaint, un de mes collègues d’une télévision française.
— Sékou ? Je ne pensais pas te voir ici. La science ce n’est pas ton truc, c’est plutôt le sport, non ?
— Oui, c’est vrai ! C’est pas mon truc, mais comme l’Ambassade m’a envoyé une invitation et que j’étais sur Paris, je me suis dit pourquoi pas ?
— Qu’est-ce que tu regardes comme cela ?
— Ce couple ! Là-bas, tu les connais ?
— Lequel ?
— Celui dont la femme porte une robe saumon un peu moulante…
Mon collègue regarda quelques instants dans cette direction avant de répondre.
— Non, jamais vu… Ce doit être des invités d’un des récipiendaires… Pourquoi ?
— Pour rien…
— Je te connais… Tu as des vues sur la femme…
— Que vas-tu penser ? Je te rappelle que je viens de me marier il y a quelques mois… Et qu’elle est avec son mari, là.
— Oui… Enfin pour ton troisième mariage… et tu t’inquiètes qu’elle soit avec son mari. Bon allez ! Je vais me renseigner, je connais très bien le type avec qui il parle, c’est un des lauréats, et je reviens te dire…
Toussaint m’avait percé à jour. Étais-je si prévisible ?
Mais, ma contemplation fut interrompue par une voix que je connaissais très bien, Toussaint, un de mes collègues d’une télévision française.
— Sékou ? Je ne pensais pas te voir ici. La science ce n’est pas ton truc, c’est plutôt le sport, non ?
— Oui, c’est vrai ! C’est pas mon truc, mais comme l’Ambassade m’a envoyé une invitation et que j’étais sur Paris, je me suis dit pourquoi pas ?
— Qu’est-ce que tu regardes comme cela ?
— Ce couple ! Là-bas, tu les connais ?
— Lequel ?
— Celui dont la femme porte une robe saumon un peu moulante…
Mon collègue regarda quelques instants dans cette direction avant de répondre.
— Non, jamais vu… Ce doit être des invités d’un des récipiendaires… Pourquoi ?
— Pour rien…
— Je te connais… Tu as des vues sur la femme…
— Que vas-tu penser ? Je te rappelle que je viens de me marier il y a quelques mois… Et qu’elle est avec son mari, là.
— Oui… Enfin pour ton troisième mariage… et tu t’inquiètes qu’elle soit avec son mari. Bon allez ! Je vais me renseigner, je connais très bien le type avec qui il parle, c’est un des lauréats, et je reviens te dire…
Toussaint m’avait percé à jour. Étais-je si prévisible ?
Une fois seul, mon premier réflexe fut de la rechercher dans la foule. Je balayais la salle des yeux. Malgré sa petite taille, je la repérai rapidement. Elle semblait écouter distraitement la conversation entre son mari et un autre homme. Je la voyais presque de face. Elle avait un visage rond avec des lèvres fines. Ses yeux étaient presque aussi sombres que ses cheveux mais surtout, son décolleté dévoilait juste ce qu’il fallait de sa poitrine pour susciter le désir d’en voir plus. Dans une soirée moins guindée, elle aurait rapidement été entourée d’une foule d’admirateurs. Comment allais-je pouvoir les aborder ?
Toussaint revint à ma rencontre un large sourire aux lèvres.
— Tu vas être content mon ami, j’ai bien travaillé. Il s’agit du couple Durantier, le mari est ingénieur-chercheur pour le laboratoire lauréat de la soirée. Il va parler boulot toute la soirée… et laisser sa femme toute seule.
Toussaint me claqua sa main sur l’épaule et m’abandonna en me souhaitant bonne chance avec un sourire entendu.
Toussaint revint à ma rencontre un large sourire aux lèvres.
— Tu vas être content mon ami, j’ai bien travaillé. Il s’agit du couple Durantier, le mari est ingénieur-chercheur pour le laboratoire lauréat de la soirée. Il va parler boulot toute la soirée… et laisser sa femme toute seule.
Toussaint me claqua sa main sur l’épaule et m’abandonna en me souhaitant bonne chance avec un sourire entendu.
Nathalie
Je commençais à me dire que la soirée allait être longue. Je connaissais bien mon mari et je l’aimais beaucoup, mais dès qu’il était en présence de ses collègues de travail, leurs discussions portaient principalement sur des sujets scientifiques, sujets sur lesquels mes connaissances n’avaient pas dépassé le niveau du lycée et qui me dépassaient totalement. Habituellement, Laurence, l’épouse d’un des collègues de Philippe était présente lors de leurs soirées entre collègues et toutes les deux nous partagions beaucoup de sujets de conversation. Malheureusement, ce soir, elle avait dû se rendre en urgence en province au chevet de sa mère. Sa présence aurait rendu cette réception plus agréable. Je ne connaissais personne. Il y avait bien quelques responsables politiques et vedettes du sport et du show-biz, mais ils restaient entre eux et qu’aurais-je pu leur dire ?
Je fus un peu surprise quand un homme s’approcha de moi. Je l’avais vaguement aperçu un peu plus tôt quand il était entré derrière nous et ensuite longuement discuté avec ses compatriotes de la délégation de l’ambassade du Sénégal, la couleur de sa peau parlait pour lui.
— Puis-je me permettre de me présenter, madame ? me demanda-t-il avec un grand sourire.
— Nathalie… avec plaisir ! lui répondis-je toute aussi souriante.
— Sékou, enchanté de faire votre connaissance…
— Moi de même…
— Vous êtes une chercheuse ?
— Oh non ! Pas du tout, répondis-je en riant. C’est mon mari qui travaille dans le laboratoire du Professeur Leducq… Moi, la science, cela me passe à des kilomètres au-dessus de la tête… Et vous ?
— Moi je suis directeur d’un service dans une chaîne de télévision sénégalaise… Pour moi aussi la science ne me parle pas vraiment… Je suis plus dans le sport…
— Eh bien, nous sommes deux alors pour qui cette soirée va être longue… lui dis-je amusée.
— Si je peux me permettre, je serais ravi de vous tenir compagnie… Mais où est votre mari ?
— Là-bas ! Il discute avec ses collègues…
En disant ces mots, je fis un petit signe de la main à Philippe qui s’approcha de nous.
— Philippe, je te présente Sékou !
— Ravi de vous rencontrer… dit mon mari.
— Le plaisir est partagé… Alors comme cela, votre laboratoire va partager ses connaissances avec un labo de mon pays ?
— Oui c’est ce qui est prévu. On devrait recevoir des étudiants de l’université de Dakar et d’une autre ville dont j’ai oublié le nom… désolé.
— Et vous ? Vous n’envoyez personne là-bas…
— Pour le moment, répondit Philippe. Ce n’est pas prévu mais ce n’est pas impossible, cela va dépendre du budget de ce programme…
— Vous connaissez le Sénégal ?
— Non pas du tout… Je ne suis jamais allé en Afrique…
— Et vous ? me demanda Sékou en me regardant.
— J’ai passé des vacances en Tunisie, mais au Sénégal, jamais…
— Cela ne vous tente pas ? C’est un très beau pays avec une nature encore très sauvage…
— Qui sait, peut-être… murmura Philippe.
— Je me ferais un plaisir de vous faire découvrir mon pays… nous proposa Sékou, qui me déshabillait du regard.
À cet instant, un orateur se fit entendre, la cérémonie officielle commençait, Philippe se rendit sur l’estrade installée pour l’occasion. Nous dûmes endurer les discours de plusieurs hommes politiques puis les remerciements des lauréats de ce programme de coopération.
Au cours de ces prises de paroles, Sékou fut de nombreuses fois interpellé par des personnes qui le connaissaient et s’éloigna un peu de moi, mais il m’adressait régulièrement des sourires auxquels je répondais.
Ces marques d’attention me troublaient. Je n’avais jamais été attirée par les hommes de couleur. Pour être exacte, je n’en avais jamais rencontré qui puissent devenir plus qu’une simple relation de travail, y compris quand le père de mes enfants m’avait trahi et que je m’étais retrouvée seule. J’avais eu quelques aventures mais jamais avec des hommes d’origine africaine. Mais quelque chose chez Sékou me perturbait, me rendait nerveuse. Je n’arrivais pas à mettre un mot sur cette sensation, ce sentiment, entre attirance et peur. J’eus un frisson en pensant à cela.
— Quelque chose ne va pas, chérie ? me demanda Philippe qui venait de revenir près de moi.
— Non, non… Tout va bien… Mais honnêtement je commence à trouver le temps long et mes talons me font mal…
— Pourquoi as-tu mis ces chaussures, aussi ! À chaque fois, tu te plains d’avoir mal aux pieds !
— Je mets ce que je veux… lui répondis-je un brin agacée.
— Je sais… Mais tu as raison… je pense que nous pouvons nous éclipser… je vais dire au revoir à mon chef et je te rejoins… Attends-moi à la sortie…
Je commençais à me dire que la soirée allait être longue. Je connaissais bien mon mari et je l’aimais beaucoup, mais dès qu’il était en présence de ses collègues de travail, leurs discussions portaient principalement sur des sujets scientifiques, sujets sur lesquels mes connaissances n’avaient pas dépassé le niveau du lycée et qui me dépassaient totalement. Habituellement, Laurence, l’épouse d’un des collègues de Philippe était présente lors de leurs soirées entre collègues et toutes les deux nous partagions beaucoup de sujets de conversation. Malheureusement, ce soir, elle avait dû se rendre en urgence en province au chevet de sa mère. Sa présence aurait rendu cette réception plus agréable. Je ne connaissais personne. Il y avait bien quelques responsables politiques et vedettes du sport et du show-biz, mais ils restaient entre eux et qu’aurais-je pu leur dire ?
Je fus un peu surprise quand un homme s’approcha de moi. Je l’avais vaguement aperçu un peu plus tôt quand il était entré derrière nous et ensuite longuement discuté avec ses compatriotes de la délégation de l’ambassade du Sénégal, la couleur de sa peau parlait pour lui.
— Puis-je me permettre de me présenter, madame ? me demanda-t-il avec un grand sourire.
— Nathalie… avec plaisir ! lui répondis-je toute aussi souriante.
— Sékou, enchanté de faire votre connaissance…
— Moi de même…
— Vous êtes une chercheuse ?
— Oh non ! Pas du tout, répondis-je en riant. C’est mon mari qui travaille dans le laboratoire du Professeur Leducq… Moi, la science, cela me passe à des kilomètres au-dessus de la tête… Et vous ?
— Moi je suis directeur d’un service dans une chaîne de télévision sénégalaise… Pour moi aussi la science ne me parle pas vraiment… Je suis plus dans le sport…
— Eh bien, nous sommes deux alors pour qui cette soirée va être longue… lui dis-je amusée.
— Si je peux me permettre, je serais ravi de vous tenir compagnie… Mais où est votre mari ?
— Là-bas ! Il discute avec ses collègues…
En disant ces mots, je fis un petit signe de la main à Philippe qui s’approcha de nous.
— Philippe, je te présente Sékou !
— Ravi de vous rencontrer… dit mon mari.
— Le plaisir est partagé… Alors comme cela, votre laboratoire va partager ses connaissances avec un labo de mon pays ?
— Oui c’est ce qui est prévu. On devrait recevoir des étudiants de l’université de Dakar et d’une autre ville dont j’ai oublié le nom… désolé.
— Et vous ? Vous n’envoyez personne là-bas…
— Pour le moment, répondit Philippe. Ce n’est pas prévu mais ce n’est pas impossible, cela va dépendre du budget de ce programme…
— Vous connaissez le Sénégal ?
— Non pas du tout… Je ne suis jamais allé en Afrique…
— Et vous ? me demanda Sékou en me regardant.
— J’ai passé des vacances en Tunisie, mais au Sénégal, jamais…
— Cela ne vous tente pas ? C’est un très beau pays avec une nature encore très sauvage…
— Qui sait, peut-être… murmura Philippe.
— Je me ferais un plaisir de vous faire découvrir mon pays… nous proposa Sékou, qui me déshabillait du regard.
À cet instant, un orateur se fit entendre, la cérémonie officielle commençait, Philippe se rendit sur l’estrade installée pour l’occasion. Nous dûmes endurer les discours de plusieurs hommes politiques puis les remerciements des lauréats de ce programme de coopération.
Au cours de ces prises de paroles, Sékou fut de nombreuses fois interpellé par des personnes qui le connaissaient et s’éloigna un peu de moi, mais il m’adressait régulièrement des sourires auxquels je répondais.
Ces marques d’attention me troublaient. Je n’avais jamais été attirée par les hommes de couleur. Pour être exacte, je n’en avais jamais rencontré qui puissent devenir plus qu’une simple relation de travail, y compris quand le père de mes enfants m’avait trahi et que je m’étais retrouvée seule. J’avais eu quelques aventures mais jamais avec des hommes d’origine africaine. Mais quelque chose chez Sékou me perturbait, me rendait nerveuse. Je n’arrivais pas à mettre un mot sur cette sensation, ce sentiment, entre attirance et peur. J’eus un frisson en pensant à cela.
— Quelque chose ne va pas, chérie ? me demanda Philippe qui venait de revenir près de moi.
— Non, non… Tout va bien… Mais honnêtement je commence à trouver le temps long et mes talons me font mal…
— Pourquoi as-tu mis ces chaussures, aussi ! À chaque fois, tu te plains d’avoir mal aux pieds !
— Je mets ce que je veux… lui répondis-je un brin agacée.
— Je sais… Mais tu as raison… je pense que nous pouvons nous éclipser… je vais dire au revoir à mon chef et je te rejoins… Attends-moi à la sortie…
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