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Couverture de Voyage d’affaires, par Ontentetu
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Voyage d’affaires — Chapitre 2 · Chapitre 2 Julien : les voisins

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Ontentetu
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Voyage d’affaires

Chapitre 2 · Chapitre 2 Julien : les voisins

J’ai beau me parler et me raisonner, rien ne marche : je fais les cent pas dans l’appartement. Gaston, notre chat, n’a pas l’habitude de me voir comme ça, moi non plus d’ailleurs. Il se fait plus affectueux, essayant du mieux qu’il peut de m’apaiser, de diminuer… de diminuer quoi ? Mon anxiété, ma colère, ma peine ? C’est ridicule, tout cela n’est sûrement que le fruit de mon imagination. Une pure fabulation née de ma jalousie. Oui, je dois me l’avouer : je suis jaloux.
Pourtant, je n’ai jamais été jaloux de toute ma vie. Pour moi, un couple doit être basé sur la confiance, fais ce que tu veux avec qui tu veux, mais si tu me trompes, tu deales avec ta conscience. Je ne suis pas naïf. Quand on ne respecte pas les règles, je suis strict. Mon ex m’a parlé d’une « petite erreur », d’un « accident ». Pour moi, ça n’existe pas. Accepter ça, c’est capituler. Si je ne respecte pas mes propres lois, je ne suis plus rien, c’est coulé dans le béton. Je n’ai pas crié, je n’ai pas fait de scène, je n’ai pas perdu mon temps à m’obstiner. J’ai ramassé mes affaires, j’ai tourné le dos.
Pas de discussion, pas de pleurs, pas de deuxième chance, juste le silence et le vide.
Le jour où tu me trahis, tu n’es plus rien pour moi. C’est ma seule façon de me regarder dans le miroir et de préserver mon respect personnel.
Mais avec Élise… la machine s’enraye. Je suis frustré contre moi-même de me retrouver dans cet état-là. Si elle me trompe au congrès, mes principes m’obligent à ficher le camp, c’est ma règle d’acier. Mais pour la première fois de ma vie, j’ai une trouille monumentale. Est-ce que je vais vraiment avoir la force d’assumer mes propres valeurs si le pire arrive ? Est-ce que je vais être capable de la laisser derrière sans me retourner ? Rien que d’y penser, j’ai le vertige. Je m’imagine la lourdeur du gouffre noir qu’elle me laisserait dans la poitrine, un vide que je ne serais jamais capable de combler. Je suis pris au piège de ma propre droiture : si je pars, je me détruis ; si je reste, je me méprise.
Heureusement, je n’ai pas encore à faire ce choix-là. Mon cerveau est juste en train d’inventer des histoires pour me faire souffrir.
Pour essayer de me changer les idées, je décide de descendre m’installer à l’extérieur. Assis dans ma cour, la voix de ma voisine du troisième me ramène brutalement à la réalité. Nous habitons dans un bloc de trois logements superposés. Élise et moi occupons le rez-de-chaussée, ce qui nous donne le monopole de la cour. Comme on a de bonnes relations dans la bâtisse, on leur prête l’accès quand ils le demandent pour utiliser le barbecue et l’espace aménagé.
— Ju… Juuuuu, Juliiiennnn ? m’appelle-t-elle du haut de son balcon.
— Salut Sofie ! J’étais dans la lune… ça va bien ? je réponds enfin en envoyant la main vers elle.
Sofie est une magnifique brune aux yeux bleus pétillants. Élise et elle fréquentent la même salle de sport, et je sais que cette silhouette-là ne doit rien au hasard. Élise se compare souvent à elle, surtout à sa poitrine, même si elle prétend que ça ne la dérange pas.
Chercheuse, double doctorante en sociologie et sexologie, ma voisine d’en haut est une femme foncièrement intéressante, cultivée, charmante. Elle possède une intelligence largement au-dessus de la moyenne, mais elle s’arrange toujours pour que ses interlocuteurs se sentent aussi géniaux qu’elle.
Je me l’avoue à moi-même, mais jamais je ne dirais ça à Élise : elle est d’une sensualité folle. Elle dégage une liberté que peu de gens possèdent, comme si elle planait au-dessus de la mêlée.
Je sais que pour elle, tout ça n’est qu’un jeu qu’elle maîtrise, mais qu’est-ce que j’aime embarquer dedans. Elle me fait croire qu’on flirte pour de vrai. Quand Élise n’est pas à côté, je sens le pouvoir de Sofie et je me laisse entraîner dans ce tourbillon euphorisant. Évidemment, je garde mes distances. Je ne sauterais jamais le pas : mes principes sont mes fondations, je n’y ferai jamais d’entorse. Jamais. « Flirter, c’est innocent », je me dis ça pour me justifier, mais la réalité est plus sombre. C’est la première fois de ma vie que je me laisse ramollir face à une de mes règles, et rien que pour ça, je me sens coupable. À chaque fois qu’elle joue avec moi, je finis par être hypnotisé. Une chance qu’Élise est arrivée l’autre soir pour m’extirper de son emprise, elle m’a sauvé la mise sans s’en rendre compte.
Sofie est en couple avec son mari, Anthoni, un professeur de psychologie dans une grande université de Montréal. Ne cadrant pas du tout dans le stéréotype du prof qui aime s’écouter parler, il donne tout son sens au mot liberté. C’est un très bel homme, grand, musclé sans être ostentatoire, en très bonne forme physique. Il a ce regard un peu tête en l’air qui lui donne un air naïf, jovial, presque d’un imbécile heureux, ce qui le rend attachant. Mais détrompez-vous : loin d’être un con, il est hyper conscient de son environnement. Il comprend ce qui se passe avant tout le monde, souvent parce que c’est lui-même qui provoque les situations en douce.
Antho utilise son image pour charmer et séduire tout ce qui bouge, et il le fait sans gêne devant Sofie, qui l’encourage. C’est leur dynamique. Un jeu de haut niveau, et lui, c’est un joueur d’élite.
Je repense à ce fameux pique-nique à quatre dans un parc, il y a trois mois. Antho, en revenant des toilettes, s’était arrêté en chemin pour parler à un couple installé à quelques mètres de nous. On pouvait très bien les voir. La demoiselle l’avait invité à s’asseoir entre eux deux. Le gars avait l’air incertain, son regard était malaisé, mais Antho avait amorcé la conversation en s’adressant, d’après ce qu’on observait, beaucoup plus à l’homme qu’à la femme. De temps en temps, sans se cacher, il jetait un regard brûlant de désir vers la fille, passait sa main dans ses propres cheveux, puis revenait au chum. On avait vu la transformation en direct : le gars, tranquillement charmé, s’était mis à rire de bon cœur aux histoires de notre Casanova. La femme avait fini par prendre le téléphone d’Antho, probablement pour lui donner ses coordonnées, pendant que le mec lui donnait un fist bump. En reprenant son cellulaire, Antho avait baisé la main de la femme d’une manière torride avant de revenir s’asseoir avec nous.
Il nous avait raconté l’histoire, l’air de rien : il avait demandé au gentleman s’il pouvait « lui emprunter sa douce pour la nuit ».
— Non, non, non, ma beauté ardente… avait refusé Antho en s’extirpant doucement de son étreinte quand Sofie l’avait enfourché à califourchon, excitée par son récit.
— Attends un peu, tu vas faire capoter le plan. De toute façon, ils ne t’ont pas vue, ils sont déjà partis. Moi, je vais aller me préparer.
— Elle ne va jamais te recontacter quand l’adrénaline va retomber, avait répliqué Sofie. Sa voix était teintée d’un doute évident, mais toute sa peau dégageait une électricité palpable. Elle n’y croyait tout simplement pas, car tout cela s’était passé beaucoup trop rapidement.
— Le gars n’acceptera jamais, Antho. Voyons donc, comment as-tu pu lui vendre l’idée en deux minutes de même ?
— Je te raconterai les détails plus tard, mais pour l’instant, je t’ai arrangé de quoi, avait fait Antho en se grattant la nuque. J’ai parlé de nos caméras HD et du set-up qu’on a chez mon frère George. Je lui ai promis qu’il pourrait la regarder en direct.
— Petit salaud ! Tu veux faire ça là-bas ? Et moi, je fais quoi ? Je regarde ça d’où ?
— Ben, tu mets les bouchées doubles pour te démerder et te trouver LE plan qui va te donner ton accès au live. Sinon, tu rentres après minuit…
Le ton d’Antho était arrogant, chargé de défi. Leurs visages étaient si proches que leurs nez se touchaient, leurs regards débordant d’envie.
— J’ai jusqu’à minuit… Bon, faut que je me trouve une bonne place pour écouter ça. De toute façon, elle n’appellera sûrement pas, j’ai encore ma chance.
— Great. Je m’en vais me préparer, tu pourras vérifier ça sur le live.
Antho s’était levé et avait marché vers l’immeuble d’un pas gambadant. Presque rendu, il avait crié pour attirer notre attention en pointant son téléphone. Il avait répondu en direct, brandi un poing victorieux et donné de grands coups de bassin ostentatoires dans le vide pour que le message soit clair.
On était restés tous les trois sans dire un mot. Sofie se mordait les doigts, serrait les cuisses, une main crispée sur son sein à travers sa robe.
— Quel petit salopard… quel salopard ! Mais quel homme !
Puis, elle s’était tournée vers nous :
— Vous autres, ça vous intéresse de voir ça ?
À côté de moi, un mouvement infime avait traversé Élise. Une fraction de seconde, j’avais perçu une tension chez elle, un instant furtif qui était passé comme un éclair. Voulant couper court pour lui épargner tout malaise, j’avais décliné l’offre en expliquant qu’on n’était pas comme ça. Pour protéger Élise, je m’étais rangé de son côté, certain qu’elle refuserait net. Mais en réalité, j’étais beaucoup plus intrigué que choqué.
Mis à part ce moment au parc, je sais que Sofie et Élise se parlent beaucoup entre filles. Même si Élise prétend parfois le contraire pour ne pas me brusquer, je sais que Sofie a déjà tenté de la convaincre d’adopter leur mode de vie, tout comme Antho a essayé avec moi. Ils ont brisé tous les concepts que je me fais de l’amour et du couple. Pourtant, je suis forcé de constater qu’ils font preuve de toutes les qualités d’une union idéale. Ils sont complices, attentionnés, à l’écoute l’un de l’autre, débordants de projets communs. Ils s’aiment comme des fous et semblent profondément heureux dans leur mariage. C’est ce qu’il y a de plus normal, mais ce n’est pas pour nous.
Élise est fascinée par le fait qu’ils s’exposent et découchent tout en se disant absolument tout, s’excitant même de leurs infidélités respectives. Moi, je ne comprends pas comment ils font pour supporter de savoir que l’amour de leur vie se donne à d’autres. Ils paraissent pourtant plus libres et plus amoureux que toutes les personnes que je connais. Même mes parents, qui sont ensemble après quarante ans d’un mariage solide et qui restent mon modèle idéal, me semblent moins rayonnants que mes voisins du troisième, qui vivent pourtant contre toutes les règles du bonheur en ménage.
Depuis ce fameux pique-nique, les filles sont devenues super proches et passent un temps fou ensemble. À bien y penser, je me demande si toute l’anxiété qui me ronge ce soir ne vient pas un peu de là, à force de les côtoyer…
— Dis, Julien ! me lance Sofie depuis son balcon, me sortant de mes pensées. Antho veut partir le barbecue pour lancer notre souper, c’est-tu correct avec toi ? Tu veux manger avec nous ?
— Ouais, pas de trouble, vous pouvez y aller ! je lui réponds. Je rentre juste à l’intérieur pour passer un petit coup de fil rapide à Élise et je vous rejoins après. Donne-lui mon bonjour !
Non. Élise n’est pas en train de me tromper. Tiens, je vais l’appeler. Je vais prétexter que je voulais simplement savoir si elle a assez de ses médicaments. Elle va me rassurer, me dire que oui, que je ne dois pas m’inquiéter et qu’elle est juste en train de lire.
J’entre à l’intérieur et je lance l’appel. Les sonneries s’enchaînent. C’est normal, le temps qu’elle trouve le téléphone dans sa sacoche… Elle est loin, peut-être aux toilettes… Ça continue de sonner.
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