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Couverture de Ma grande amie Charlotte, par Maplume
Couverture de Ma grande amie Charlotte, par Maplume
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Ma grande amie Charlotte — Chapitre 3 · La boîte de Pandore

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Maplume
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Ma grande amie Charlotte

Chapitre 3 · La boîte de Pandore

Charlotte a toujours été une épicurienne dans l'âme. Friande de mets délicats et savoureux, elle écumait les bonnes tables de la région à l'affût de nouveaux délices. Grande amatrice de vins, elle appelait par leur prénom tous les cavistes du coin. Et sachant que rien ne rendait Charlotte plus heureuse que de partager une de ses découvertes avec ses amis. Ainsi Charlotte et moi, nous retrouvions fréquemment au restaurant. Avec son enthousiasme et sa joie de vivre communicative, elle était intarissable sur la qualité des plats, la robe des vins, le grain des sauces, et me refaisait l'histoire du lieu. Durant le repas, elle faisait généralement honneur à trois ou quatre cépages, ce qui la rendait fort joyeuse.
J'avais donc vite pris le pli de la conduire et de me limiter à un verre d'un millésime qu'elle choisissait pour moi. Son goût sûr me ravissait les papilles à chaque fois. Je la raccompagnais, chez elle le plus souvent, parfois chez moi, pour finir la soirée l'un contre l'autre à discuter ou à nous chauffer gentiment.
C'est dans ces moments-là que je découvrais, sous ses allures de fille joyeuse, extravertie et très joueuse, une Charlotte secrète et sensible, qui avait peur de ses désirs, qui n'osait pas prendre les choses au sérieux.
Ce soir-là, elle avait lancé un reportage sur le plaisir secret des femmes. Nous le regardâmes, côte à côte, mettant sur pause après chaque sujet pour en débattre ensemble.
La masturbation et l'utilisation des sextoys
Charlotte se cala dans le fond du canapé, attrapa un coussin qu'elle serra contre elle.
— Moi c'est quand même assez rare que je me masturbe. Et de toute façon, je ne le fais qu'avec mes doigts.
— Ah bon ??! Demandai-je, intrigué. Pourtant il m'avait semblé…
— Eh ben non, sous la douche je ne sais pas ce qui m'a prise. L'excitation, ta présence derrière la cloison, la rupture…
— D'accord, alors j'ai deux questions qui me viennent tout de suite. Lors de nos massages ou quand je te chauffe, j'ai l'impression que tu prends du plaisir en te caressant…
— Bha oui, j'adore !!
— Mais alors si tu aimes tant, pourquoi pas plus souvent ? Et ensuite, ce « que avec mes doigts », ça veut dire que tu n'aimes pas les sextoys ?
— Alors pour les sextoys, c'est juste que… je n'en ai pas. Personne ne m'en a jamais offert.
— Je note !! lui dis-je en lui faisant un clin d'œil entendu.
— Et pour la première question… Toute seule, je n'ai pas vraiment envie de me chauffer. Alors que quand tu me masses et me fais monter pendant des heures, j'ai une de ces envies de me faire jouir… Terrible.
Elle baissa les yeux sur le coussin, et ses doigts se mirent à triturer la couture.
— En fait, je crois que je me suis plus touchée et j'ai joui plus souvent avec toi depuis ces derniers mois que toute seule pendant les dernières années… Seule, c'est un peu mécanique et je mets un temps fou à venir. Et des fois, j'abandonne…
Je la regardai sans rien dire. J'avais toujours vu Charlotte comme une fille libérée et délurée jusqu'à l'insolence, je réalisais qu'elle ne l'était vraiment que lorsqu'elle était à mes côtés. Elle aussi était tiraillée par ses incertitudes et ses doutes. Qu'elle ose se lâcher complètement avec moi, et être elle-même, me remplit d'une joie indescriptible.
— Je peux te poser une question indiscrète ?
— Haha, on parle de ma masturbation et tu demandes la permission de me poser une question indiscrète, c'est la meilleure. Vas-y, dis-moi…
— Avec Alex, est-ce que tu te caressais devant lui ?
Les joues de Charlotte rosirent. Elle chercha un moment sa réponse dans les motifs du tapis.
— Non, jamais… En dehors de nos jeux, je ne me suis jamais caressée devant personne. C'est un plaisir solitaire, non ?
— Ben, pas forcément, moi j'adore regarder une femme se faire du bien. Mais bon, ce n'est pas le sujet. À quoi tu penses quand tu te caresses ?
— À rien. Enfin… je pense que j'ai envie de me faire jouir, quoi…
Je pris alors l'air grave du docteur qui annonce à son patient une maladie incurable.
— Je vois, je vois, je vois. Ma chère Charlotte, je suis navré de devoir vous l'annoncer, mais vous êtes une cérébrale. Je vais vous faire une ordonnance…
— Qu'est-ce que tu racontes, Julien ?
— Si tu es d'accord, je te propose un exercice. Tu me diras ce que tu en penses. Ok ?
Charlotte hésita un moment, comme si elle devait choisir entre un verre de bourgogne ou de côte-du-rhône. Puis elle hocha la tête. Je la fis s'asseoir à l'autre bout du canapé, tournée vers moi.
— Ferme les yeux, ne t'inquiète pas, je ne bouge pas de là. Remonte ta robe et retire ta culotte.
Elle s'exécuta de bon cœur, un petit sourire en coin, et s'installa dans une position provocante. Elle était belle. Mon cœur s'accéléra soudain lorsque j'aperçus sa petite fente rose s'entrouvrir. Je posai mes mains à plat sur mes genoux et pris une grande inspiration pour me contenir.
— Et maintenant ?
— Maintenant, tu écartes tes cuisses, et tu imagines mon regard. Tu vois mon œil qui brille, je ne peux détourner mon regard de ta chatte. J'ai l'eau à la bouche et je me lèche les lèvres… Tu me vois ?
— Hmmm, oui. Tu as vraiment un regard coquin…
— C'est normal, tu imagines la vue que j'ai ? Tes cuisses offertes et ton sexe entrouvert qui m'appelle. Je n'ai pas pu me retenir. J'ai ouvert mon pantalon, tu me fais bander, Charlotte. Imagine-moi et caresse-toi doucement. Ça te fait quelque chose, non ?
— Mmmmhh oui, t'as raison, je suis déjà toute trempée… Ahhhh c'est fou, je vois ta queue comme si tu étais contre moi.
Ses doigts bougeaient lentement entre ses cuisses, d'abord hésitants, puis plus sûrs. Je me concentrais pour maîtriser ma respiration qui s'emballait.
— Maintenant, imagine que je… Heu, tu préférerais imaginer quelqu'un d'autre ?
— NAN !! Continue… Hmmm… je t'en prie.
Tentant de rattraper la rupture que j'avais provoquée, je repris d'une voix basse et posée, satisfait qu'elle me veuille, moi, pour cet exercice.
— Imagine que je me penche sur toi. Mon visage est tout proche de ton intimité. Tu sens mon souffle entre tes doigts, sur tes cuisses et sur tes lèvres ?
— Hann ouiiii, je le sens, c'est fou !!!
— Imagine que je reste à te contempler. Je ne te touche pas encore, mais tu sens déjà ma chaleur. Je suis en suspens.
— Ohhh Julien, je t'en prie…
— Pas encore, Charlotte, pas encore.
Ma gorge était serrée. Je serrai les poings sur mes genoux. Ce n'était pas elle que je devais contenir, c'était moi.
Les doigts de Charlotte s'agitaient plus énergiquement, alors qu'elle enfouissait sa tête contre le canapé et se retenait de gémir.
— Je ne tiens plus, c'est trop bon, Charlotte. Moi aussi, je me masturbe pour toi. Ouvre la bouche, je me branle doucement sur tes lèvres.
Charlotte ouvrit la bouche dans un soupir et je vis sa langue humide passer sur ses lèvres et mimer un coup de langue sur le bout de ma queue imaginaire. Elle était tellement sexy, tellement bandante dans son jeu que je faillis perdre le fil.
— Charlotte, tu me vois me caresser en te regardant. Regarde-moi. Tu sens cette émotion et cette fièvre entre nous ? Tu vois comme je m'agite vigoureusement sous ton nez ? Elle te fait envie ?
— Oui !! Oui oui !!! Haaaaa ouiiii
— Maintenant, imagine que je me rapproche encore entre tes cuisses. Mon gland chaud se pose au bord de ta fente juteuse. Tu me sens ? Je me glisse lentement entre tes lèvres et sur ton clitoris. Tu sens comme tu mouilles de désir ? Tu veux me sentir encore plus ?
— Ouiiii, putain, prends-toi !!!! Rhaaaa
La respiration de Charlotte devint erratique, sa tête se renversa en arrière et elle gémissait de plus en plus fort.
— Charlotte, tu es belle quand tu prends du plaisir. Glisse un doigt ou deux et suis le son de ma voix. Imagine mes coups de reins au rythme de tes doigts.
Charlotte s'enfonça trois doigts et leur imprima un rythme qui n'en finissait pas de s'accélérer. Tout son corps se tendait, accompagnant la montée irrépressible de son plaisir. Soudain, un flot de paroles crues ininterrompu se déversa comme une cascade.
— Ah ouiiii, bourre-moi, mon salaud !
— Plus fort, défonce-moi… Ahhh
— Je sens ta grosse bite tout au fond… Putain !
— Tu vas jouir en moi, avec moi…
Elle se cabra tel un mustang sauvage dans un long cri étranglé, secouée par deux spasmes puissants. Soudain, elle fut secouée de deux spasmes terribles et s'effondra dans les coussins. Sa poitrine luisante de sueur montait et descendait au rythme de sa respiration haletante.
— Whaaa putain, souffla-t-elle. Quel orgasme tu m'as mis.
Elle était belle ainsi, les joues rouges, la bouche ouverte et les lèvres luisantes, la chevelure ébouriffée et des mèches collées de transpiration contre ses tempes. Elle reprit son souffle et ouvrit doucement ses magnifiques yeux embrumés de plaisir. Elle mit un moment à me voir. Je n'avais pas bougé, j'étais immobile à l'autre bout du canapé, habillé, les mains toujours sur mes genoux.
— Je n'ai rien fait, Charlotte. Dis-je d'une voix moins sereine que je l'aurais souhaité. C'est toi qui as tout fait… Et sacrément bien. Pfiouuu. J'ai eu un mal fou à rester sage, mais c'était nécessaire pour ton exercice. Tu vois, Charlotte, ce n'est pas la destination qui compte, c'est le voyage. Et quand tu te fais bien voyager, ton corps répond de lui-même. Ma voix t'a sûrement aidée, un peu. Mais c'est toi qui as fait tout le chemin. Maintenant, il va falloir t'entraîner. Je te propose un programme : tu te masturbes en imaginant des choses très fortes. Et tu me racontes tout, après, ou pendant même, si tu veux. Je suis sûr que tu vas découvrir que tu adores ça.
— Oh Julien, c'est dingue tout ce que tu fais pour moi… Merci.
— Ne me remercie pas, c'est tout à fait intéressé, j'espère te regarder te faire jouir.
Charlotte me sourit, soudain pleine d'un nouvel enthousiasme.
— Si je deviens accro, tu seras le premier à en profiter, promis !
Elle réajusta sa robe, reprit son coussin sur ses genoux et, avant de relancer la vidéo, me dévisagea avec une curiosité soudaine.
— Et toi, alors ?
— Quoi, moi ?
— Ne fais pas l'innocent. Je veux avoir des détails croustillants, moi aussi. Tu le fais souvent, à quel moment de la journée, à quoi tu penses, avec des sextoys ou sans ?
Je soupirai.
— Alors, moi, c'est très variable. Déjà parce que j'ai envie bien plus d'une fois par jour, donc ça dépend de l'occasion… Tu voulais savoir quoi, déjà ? Ah oui, à quoi je pense. Ça dépend : quand je suis avec une fille, et qu'on joue ensemble, je pense vraiment très fort à elle. Sinon, quand je suis seul, dans mon lit ou sous la douche… Je…
— Tu quoi ? Allez, accouche !
— Ben, je pense à toi… À toi sous la douche en train de te caresser. J'imagine que je ne reste pas derrière la porte. Je pense à ton corps vibrant de plaisir alors que je te rejoins sous la douche. Je pense que je…
— Oula, tout doux, mon petit Julien. Tu veux me faire croire que quand tu te masturbes pour toi, tu ne penses qu'à moi ?
— Tu m'as toujours dit que ça ne te dérangeait pas que, je te cite : « je me branle en pensant à toi ». Et je dois bien t'avouer que tu es la plus excitante de toutes dans mes pensées.
— Whaaou. C'est… Inattendu.
Je voyais bien que cet aveu la troublait, pourtant ce n'était pas la première fois que je lui avouais penser à elle en me masturbant. Elle en avait même joué, en s'exhibant et en me demandant de me caresser devant elle.
Elle profita de ce silence blanc pour changer de sujet.
— Et les sextoys, alors ?? Tu te masturbes avec ?
— Heu, non, pas vraiment…
— Bha alors, je croyais que tu en avais tout plein et que tu aimais jouer avec.
— Déjà, j'en ai pas tant que ça, et c'est juste que je ne me masturbe pas avec… J'ai quelques jouets pour mes conquêtes, et… Disons quelques jouets que j'utilise sur moi…
Un sourire gourmand et coquin s'étira sur le visage de Charlotte.
— Ah oui ?? Tu te godes le cul… Hmmm, intéressant, ça.
— Disons que j'ai quelques petits jouets avec lesquels j'aime me titiller la prostate… Voilà, tu es contente ??
— Ravie ! J'adore te voir gêné quand tu me parles de tes pratiques. Tu sais que je vais vouloir tout voir, maintenant.
Sur ces belles paroles, je relançai la vidéo, espérant pouvoir recentrer la conversation sur elle.
La pratique de l'amour entre femmes vous inspire…
Plusieurs témoignages défilèrent, allant du couple lesbien aux femmes plus ou moins bi, et à un couple d'amies hétéro. Ces dernières, lorsqu'elles furent interrogées à ce sujet, se regardèrent, troublées, d'un même élan. La caméra capta leur regard et leur surprise. Essayant de répondre honnêtement, elles osèrent avouer que l'idée les avait parfois effleurées lorsqu'elles dansaient langoureusement l'une avec l'autre, ou lorsqu'elles se retrouvaient en fin de soirée presque l'une sur l'autre, sur les banquettes de boîtes de nuit. Mais qu'elles n'avaient jamais rien fait.
Je regardais Charlotte qui buvait littéralement les paroles de ces deux filles. Je m'approchai de son oreille et lui susurrai :
— Oh toi, ça te parle, on dirait. J'ai comme l'impression que tu y as déjà pensé avec une de tes amies. J'adore ! Et laisse-moi deviner : avec Élodie !!!
Charlotte me dévisagea vivement en mettant ses deux mains devant sa bouche. Elle était sidérée, presque paniquée.
— Comment… Comment tu sais ?
— Charlotte, vu comme tu étais captivée, j'en ai déduit que tu t'étais déjà au moins posé la question. Et tu as regardé les photos que tu exposes avec tes amies… ?
Je m'approchai d'une des photos suspendues au mur.
— Tu la dévores des yeux, c'est flagrant !
Charlotte eut soudain confirmation de ce que je disais en regardant toutes ses photos. Elle fut prise d'un sentiment de gêne et de crainte à la fois.
— Et… Et tu crois que les autres l'ont vu aussi ?… Tu penses qu'elle, elle le sait ?
— Ne t'inquiète pas, je ne pense pas, non.
Charlotte parut soulagée et, en même temps, légèrement déçue, ce qui ne m'étonna pas. Je notai qu'il faudrait que j'aie une conversation avec Élodie. Si j'avais un jour la chance de la croiser.
À son tour, Charlotte me retourna la question. Mais pour moi, la réponse était simple. Du moins, je connaissais la réponse ; la prononcer à voix haute fut plus compliqué.
— Disons que je suis un hétéro… curieux. Je m'explique : je n'ai aucune attirance pour les hommes. Me faire caresser tendrement par un homme me fait tiquer, en embrasser un me dégoûte franchement. Par contre, et je sais que ça peut paraître paradoxal, la présence d'une bite autour ou contre moi dans des parties de baise ne me dérange pas du tout. Ça aurait même plutôt tendance à m'exciter… Et je n'en reviens pas de te dire ça à voix haute…
Charlotte pencha la tête sur le côté et me sourit très affectueusement. Elle déposa une main sur ma cuisse et me dit, sur le ton de la confidence :
— Décidément, Julien, tu me surprendras toujours…
— Et encore, tu n'as encore rien vu, murmurai-je comme pour moi-même.
La pratique de la sodomie vous inspire…
Charlotte laissa échapper un petit rire nerveux. Elle semblait presque intimidée par la question, ce qui ne lui ressemblait pas.
— Alors, Charlotte ? Insistai-je.
— Pour tout te dire, je ne sais pas trop. Alex trouvait ça sale, alors on n'a jamais essayé. Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir été excitée et d'avoir joui si fort tout à l'heure, mais je crois que j'aurais très envie d'essayer… Un jour, hein, pas tout de suite. En plus, on est amis, je te rappelle.
Je pris la balle au bond, et par provocation, afin de masquer ce qu'elle avait remué en moi, je lui répondis avec un regard exagérément lubrique.
— Justement, rien de tel qu'un ami pour une bonne sodomie !!
— Arrête ! Ju, je suis sérieuse, et toi, tu tournes tout à la rigolade.
Je me retins de lui avouer que je l'étais moi aussi. Depuis des semaines, voire des mois, nous jouons aux amis sexuellement libérés, qui se contentent de regarder ou de se toucher du bout des doigts. Elle ne semblait pas comprendre mon désir d'aller beaucoup plus loin tout en gardant notre amitié intacte.
Baiser ou faire l'amour, la place des sentiments
Cette question venait à point nommé.
Charlotte affirma sa position, sans la moindre hésitation.
— C'est pas compliqué, sans sentiments c'est de la baise. Moi, il me faut de l'amour pour faire l'amour.
Je fus surpris de cet avis tranché, énoncé sans réfléchir, comme on recrache une récitation. Cela ne lui ressemblait pas. Je décidai de me jeter à l'eau pour faire évoluer sa vision, et peut-être même sa vision de notre relation.
— Tu es bien sûre de toi, Charlotte ? Il me semble que c'est un peu plus nuancé, non ? Prenons un exemple. Ce n'est pas une proposition, hein, pas de panique, c'est juste pour l'exemple. Imagine qu'on couche ensemble, là, tout de suite.
— Mais Julien, qu'est-ce que tu me fais là ??
— C'est un exemple, je te dis. Joue le jeu.
— Bon, d'accord, soupira-t-elle.
— Imagine qu'on couche ensemble dans dix minutes. Comment imagines-tu cela, on baiserait ou on ferait l'amour ?
Charlotte rougit légèrement, mais réfléchit sérieusement à la question, le regard porté vers la fenêtre.
— On ferait l'amour, finit-elle par dire, sans oser me regarder.
— Pourtant, tu ne m'aimes pas comme ça. Enfin, je ne pense pas, si ??
Ma petite plaisanterie la détendit. Elle sourit et reprit sa réflexion.
— Non, je ne t'aime pas comme ça. Mais on a quand même des sentiments forts l'un pour l'autre, non ?
— Oh oui, Charlotte. Lui dis-je en lui envoyant un baiser dans le vent. Donc, pour faire l'amour, il faut des sentiments et pas forcément de l'amour.
— C'est ça. Affirma Charlotte, à nouveau sûre de son raisonnement.
— Tu m'aimes plus qu'il y a un quart d'heure ?
— Quoi ? Mais qu'est-ce que tu vas encore m'inventer ? Non, pareil.
— Pourtant, ma-tendre-Charlotte-qui-a-des-sentiments-très-forts-pour-moi, il y a un quart d'heure, quand tu te masturbais comme une dingue en pensant à moi, je te faisais l'amour ou je te baisais ?
Charlotte baissa les yeux, et ses joues s'empourprèrent de plus belle, elle semblait presque gênée. Je répondis pour elle.
— Tu te faisais baiser, Charlotte ! Je te baisais de tout mon cœur.
Elle leva une main, m'intimant de cesser, à demi fâchée, à demi amusée.
— Et si je venais à toi, là, tout de suite, je te ferais l'amour avec toute ma tendresse et toute mon envie de te faire plaisir et te faire jouir.
Je pris son menton du bout des doigts et le redressai pour qu'elle me regarde dans les yeux.
— Je crois que tout le monde peut baiser ou faire l'amour avec tout le monde. Ce qui compte, c'est l'intention.
— Mmmf, fit-elle, sceptique, mais elle ne détourna pas le regard.
— Tu es merveilleuse, Charlotte. Quand tu te lâches avec moi, tu es radieuse, sans retenue et libérée. Dis-toi que tu peux vivre toute ta vie comme ça. Tu peux exiger d'un inconnu qu'il te fasse l'amour, tu peux baiser avec l'amour de ta vie, tu peux même baiser, faire l'amour et rebaiser le même mec à la suite.
— Même tout ça dans l'ordre ? Demanda-t-elle avec un sourire en coin.
— Dans l'ordre que tu veux. Si tu ne tombes pas sur un connard, ta seule limite sera ton désir. Et tes fantasmes.
Les yeux de Charlotte s'embuèrent d'émotion, ils brillaient et s'étirèrent en un grand et tendre sourire. Elle posa sa main sur ma joue en un remerciement silencieux. Sa chaleur irradia ma peau, et je fus inondé d'un bonheur tout simple.
Elle relança la vidéo.
La boîte à fantasmes
Charlotte éclata de rire.
— Qu'est-ce que tu me disais déjà ? Ma seule limite serait la limite de mes fantasmes ? Eh bien, mon petit Julien, accroche-toi, parce que cette boîte-là, c'est la boîte de Pandore…
Je la fixai, étonné mais avec un grand intérêt.
— J'en ai un sacré paquet, ça va être dur d'en faire une liste exhaustive. En plus, chaque expérience fait naître en moi de nouveaux fantasmes. Ça va de petits trucs presque anodins, genre me faire faire un cunni pendant des heures pendant que je suis en train de lire, jusqu'à des trucs bien plus corsés, voire trash, peut-être, qui sait ?
— Il va falloir m'en dire plus, tu aiguises ma curiosité.
— Et toi, elle est comment, ta boîte ?
— Sans vouloir me la raconter, je crois que je n'ai pas de limite à ma curiosité. Tout peut être sujet à fantasmes.
Une lueur passa dans le regard brillant de Charlotte. Elle posa son coussin sur le bord du canapé et se redressa. Son sourire n'avait plus rien d'innocent. Elle vint se planter devant moi, dans une attitude outrageusement sexy, et me poussa doucement en arrière sur le canapé. Elle me regarda avec intensité et s'installa à califourchon sur mes genoux.
Ses doigts descendirent sur ma chemise et déboutonnèrent un bouton après l'autre. Très lentement. Sa bouche brûlante suivit le même chemin avant de remonter sur mon cou et mes épaules. Elle me mordilla l'oreille jusqu'à la douleur avant d'y passer sa langue comme un baume.
Je ne comprenais pas quelle mouche l'avait piquée, et j'étais abasourdi. Mais l'excitation était bien réelle, mon sexe dressé dans mon pantalon en témoignait. J'entendais mon cœur battre comme un tambour à mes oreilles. Quand j'essayais de la caresser ou de lui saisir les hanches, elle replaçait fermement mes mains sur le canapé, avec un besoin de contrôle évident. Je finis par la laisser faire.
Elle ondula sur moi avec lenteur, goûtant mon impatience comme elle dégustait un bon vin : par petites gorgées, en laissant les arômes monter. Elle plaqua sa main sur ma bosse et parut ravie. Elle se glissa jusqu'à mon oreille et me susurra dans un souffle :
— Julien… Rempli-moi…
Je déglutis péniblement.
— Rempli-moi… Ma boîte de Pandore !
Elle éclata de rire et se rejeta en arrière sur le canapé.
— Exciter mon petit Julien jusqu'à lui faire mouiller son pantalon : fantasme réalisé ! Hahaha, tu devrais voir ta tête, mon Ju, t'es tout rouge.
J'aurais voulu m'insurger, me mettre en colère de devoir subir une telle frustration, de m'avoir mis dans un tel état juste par jeu, pour remplir sa boîte à fantasmes. Mais en fin de compte, être celui avec qui elle réaliserait ses fantasmes, c'est tout ce que je demandais.
— Tu m'as bien eu, Charlotte, mais tu sais que le prochain sera pour moi, maintenant ?
Elle me regarda avec une légère inquiétude. Elle n'avait pas songé à la suite, ni à la réciprocité. Peut-être pour se rassurer, ou par curiosité, elle proposa de fixer un cadre.
Nous passâmes une bonne partie de la nuit à écrire nos fantasmes sur des petits bouts de papier et à remplir notre boîte de Pandore. Chaque papier comportait un numéro représentant un barème du fantasme, allant de « réalisable fastoche » à « dans mes rêves les plus déjantés ». Les tirages promettaient d'être épiques.
Mon regard glissa vers le mur, vers la photo d'Élodie. Il faudrait vraiment que j'aille lui parler un de ces jours…
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Photo de profil de sailcameleon
sailcameleon
3 novembre 2026 à 19:15
Il semble y avoir des confusions dans le temps, comme si la relation dans la partie 2 était déjà plus avancée que celle dans la partie 3.
Photo de profil de nouveauvenu
nouveauvenu
3 novembre 2026 à 15:18
J'adore ! 
Hâte de lire la suite.
Merci pour la sensualité et la lubricité qui dégagent de ce récit
Photo de profil de Tendrelife
Tendrelife
3 novembre 2026 à 12:09
Elle joue avec le feu en lui procurant une grande frustration. Il va falloir qu'elle aille au bout de ce jeu, au risque de perdre son ami.
Photo de profil de Puceauxa
Puceauxa
3 novembre 2026 à 09:50
Ils se disent amis mais je me demande si ce n'est  pas par peur ? De justement gâcher cette belle amitié avec avantages ! ? Car si ils s’avoue qu'ils aiment plus que des amis et se dispute ! Ils auront perdus leurs belle entente sur tous ce qui compte vraiment !

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