Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Justine — Chapitre 1 · La dopaminergie de Justine
Auteur
Justine
Chapitre 1 · La dopaminergie de Justine
— Je te ferai valider le compte rendu aujourd'hui, dit Justine.
— Parfait, dit Carmen. Et pour le service infirmerie de Gentilly, on reste sur la même organisation ?
— Oui. Même équipe, mêmes créneaux. Rien ne change.
— Parfait, dit Carmen. Et pour le service infirmerie de Gentilly, on reste sur la même organisation ?
— Oui. Même équipe, mêmes créneaux. Rien ne change.
Je parle. Ma voix sort normalement. Trop normalement.
Je monte les escaliers, jupe serrée, talons hauts, pas comptés. La fente derrière tire un peu plus que prévu. Je le sais. Je le sens. Je n'y pense pas vraiment. Et puis je comprends. Je vois ce qu'Éric regarde.
Je ne le vois pas, lui — juste sa silhouette en bas des marches, immobile, les yeux fixes. Je vois ce qu'il voit. Derrière moi. Plus bas. La fente qui s'ouvre quand je monte. Ce que je montre sans l'avoir décidé. Trop. Clairement trop.
La chaleur monte d'un coup. Violente. Mon cœur s'emballe. Beaucoup trop vite. Ma poitrine se serre. Le souffle devient court, haché. Une sueur immédiate me coule dans le dos. Je sens mes cuisses se crisper, se rapprocher, comme pour se refermer trop tard.
Je continue de monter mais tout se brouille. Les marches semblent irrégulières. Le bois résonne trop fort sous mes talons. Je perds le fil.
Carmen parle encore mais je ne comprends plus vraiment ce qu'elle dit. Ma tête bourdonne. J'ai cette pensée absurde : si je m'arrête, je tombe.
Ce malaise, je le connais. Il arrive quand je réalise que j'ai dépassé la limite sans la voir venir. Quand ce n'est plus un jeu. Quand c'est déjà fait.
— Excuse-moi, Carmen…
Ma voix tremble. Trop courte. Pas crédible. Je monte plus vite. Mes talons claquent. Beaucoup trop fort. Je fais tout pour ne pas trop me dandiner dans les escaliers. Peine perdue. Mon malaise s'auto-alimente. Je m'éloigne. Vite. Trop vite.
Couloir. Porte des toilettes.
Dans la cabine, je m'appuie contre la cloison. Fort. Mes mains tremblent. Mon cœur cogne dans mes tempes. La chaleur est partout maintenant, écrasante, presque étourdissante. J'ai un instant de panique : la sensation est trop intense, trop rapide. Comme si mon corps partait sans moi.
Respirer. Rester debout. Ne pas perdre le contrôle ici.
La confusion est totale. Je connais le processus, on me l'a expliqué. Peu importe, je suis totalement en panique, submergée. Je ne sais plus si j'ai froid ou trop chaud. Si je suis mal ou terriblement bien. Je sais seulement que cette sensation — ce trop-plein brutal, ce vertige, cette sueur — c'est exactement ce que je cherche… mais jamais à ce moment-là. Jamais ici.
Je ferme les yeux. Dopamine. Ocytocine. Endorphine. Je sais ce qui vient. Je vérifie que j'ai bien fermé la porte. Pourvu que personne ne rentre pendant ma crise.
Mes doigts tremblants effleurent le verrou. C'est fait. Sécurisé. Le silence du cabinet me renvoie mon souffle court, saccadé.
Un souffle rauque s'échappe malgré moi. Je mords ma lèvre pour étouffer ce qui monte déjà — une pression, une bulle prête à crever.
La chaleur est infernale entre mes cuisses. Une pulsation insistante, humide, qui irradie jusqu'à mon ventre. La dopamine a allumé le feu, l'adrénaline le nourrit, et la vague douce et traîtresse de l'ocytocine s'installe. Je ne peux plus ignorer ça. Mon corps exige. Il hurle.
D'une main hésitante, je relève ma jupe serrée. Le tissu glisse sur mes hanches, froissé, exposant la dentelle de ma culotte déjà trempée. Je la sens, cette moiteur collante qui trahit tout. Mes cuisses se serrent instinctivement, mais c'est trop tard. Le besoin est là, vorace.
Je glisse ma main dans ma culotte. Lentement d'abord. Mes doigts effleurent la peau sensible, chaude, gonflée. Un frisson me traverse, électrique. Mon souffle sort en rafales courtes, hachées, comme si l'air me manquait. Je caresse mon sexe, du bout des doigts, traçant des cercles légers autour de mon clitoris durci. La sensation est immédiate, fulgurante. Un cri m'échappe, étouffé contre mon poing serré — à peine audible, mais il résonne dans ma tête comme un aveu.
La noradrénaline brouille encore mes pensées, mais le plaisir commence à percer la panique. Je presse plus fort, mes ongles longs manucurés raclant légèrement la chair tendre. Mes hanches bougent d'elles-mêmes, un balancement discret contre ma main. J'inspire profondément l'odeur musquée de mon excitation qui emplit l'espace confiné. Je sens mes lèvres intimes s'ouvrir sous mes caresses, glissantes de cyprine. C'est trop bon. Trop intense. Mon cœur bat la chamade, cognant dans ma poitrine comme un tambour.
Dans le noir de mes paupières closes, le regard d'Éric revient — fixe, de dessous, posé sur ce que je montrais sans l'avoir voulu. C'est cette image qui me fait basculer.
Je n'en peux plus. D'un geste, j'enfonce un doigt en moi. Juste un. Lentement. La pénétration est chaude, étroite, accueillante. Un halètement rauque s'échappe, suivi d'un petit cri aigu que je ravale aussitôt.
Mes parois se contractent autour de mon doigt, pulsant avec avidité. Je le bouge, dedans-dehors, rythmé, accélérant le mouvement. La friction est délicieuse, un feu liquide qui monte de mon bas-ventre. Mes cuisses tremblent, mes genoux fléchissent légèrement contre la cloison froide.
L'endorphine arrive enfin. Elle adoucit les bords de la panique, transforme le vertige en extase. Je ferme les yeux, la tête rejetée en arrière.
Ma main libre agrippe le bord de la cuvette pour me stabiliser, tandis que l'autre fouille plus profond, ajoutant un second doigt pour étirer cette sensation. Le bruit humide de mes caresses remplit le cabinet — un clapotis discret, obscène, mêlé à mes soufflements essoufflés.
La vague monte vite. Trop vite. Mon clitoris palpite sous mon pouce qui le malaxe en cercles frénétiques. La sueur perle sur ma peau, coule le long de mon dos, entre mes seins. Je suis en feu, submergée. La dopamine explose en cascade, l'adrénaline amplifie chaque spasme. Un halètement long, gémissant — et l'orgasme me frappe comme un raz-de-marée. Je jouis violemment, mes doigts toujours enfoncés, sentant les contractions rythmiques qui aspirent, qui libèrent. Du plaisir pur, jaillissant en hoquets et en petits cris étouffés.
Mes jambes cèdent presque, je m'affaisse contre la porte, le souffle court, irrégulier. La chaleur s'apaise lentement, laissant place à une béatitude épuisée.
Je retire ma main, tremblante, luisante de mes jus. Ma culotte est ruinée, ma jupe froissée.
Je reste là, dos à la porte, les yeux ouverts sur le carrelage blanc. L'ocytocine m'enveloppe comme un cocon. Je respire. Mes mains — ces mains que je connais si bien, aux ongles soigneusement laqués — sont encore légèrement agitées. Quelque part dans le couloir, des pas. Peut-être Carmen. Peut-être Éric.
C'était terrifiant. C'était parfait.
Mais cela ne peut plus continuer comme ça. Mon Démon m'envahit, et je ne peux pas passer ma vie à fuir dans les toilettes du bureau. Putain de dopaminergie.
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