Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La livraison — Chapitre 1
Auteur
La livraison
Chapitre 1
Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été comme ça. Dès que mon corps s'est transformé pour me faire devenir femme, j'ai eu cette petite voix intérieure qui me disait sans arrêt « mais vas-y, personne n'en saura rien, allez ! » Comme des pulsions qu'il fallait que je lutte de toutes mes forces pour vaincre, et parfois... je perdais...
Je m'appelle Marlène, j'ai trente-deux ans, je suis mariée depuis près de six ans avec mon mari que j'ai rencontré quatre ans auparavant. Nous avons deux enfants, une belle maison, j'ai un boulot prenant, parfois chiant, mais au moins j'ai un boulot. La vie de famille est souvent compliquée depuis que Pierre, mon mari, a pris plus de responsabilités dans sa société — meilleur salaire, certes, mais je suis de plus en plus débordée de toutes parts.
Mes accouchements m'ont changé physiquement, c'est indéniable. Je suis brune, yeux noisettes, 1m63 — je le sais parce que je me suis pesée ce matin en me demandant si ces cinquante-six kilos se voyaient. Mes seins ont perdu de leur fermeté à mon grand regret, les allaitements successifs sont passés par là, et mon arrogant 90C d'autrefois est descendu à un 90B plus sage. Malgré tous mes efforts, les fesses restent ce qu'elles sont et la taille quarante semble être mon plancher. Par contre, j'ai gardé mes jambes de jeune fille — elles sont devenues mon atout charme, ce que Pierre ne manque jamais de me faire remarquer quand on sort ensemble et qu'il me chuchote, satisfait, que les hommes me suivent des yeux. Je suis sceptique, honnêtement. Sans plus.
Pourtant... ce qui va suivre va me prouver le contraire.
Nous sommes lundi. Les enfants sont partis à l'école, Pierre a pris la route depuis longtemps — les enfants dormaient encore à son départ. Moi, j'ai enfin le calme à la maison. Pas de bruit, rien. Je sais pourtant que j'ai une montagne de linge à repasser, mille choses à faire, mais là, tant pis. Je suis accoudée à l'évier de cuisine, d'une main je tiens mon mug de thé brûlant, et je fixe la fenêtre sans vraiment regarder au travers — les voitures passent, je ne les vois pas. Je rêvasse, perdue dans mes pensées.
Tout à coup, la sonnette de l'interphone retentit ! Elle me réveille littéralement, comme si je débarquais dans une nouvelle dimension. Je me ressaisis, regarde par une autre fenêtre... rien ?
Deuxième coup de sonnette. Je me dirige vers l'interphone et actionne le bouton.
— Oui, qui est là ?
— C'est le livreur, madame... ? Je suis bien chez M. Pierre... ?
— Oui, c'est ici, je suis sa femme.
— Oui, qui est là ?
— C'est le livreur, madame... ? Je suis bien chez M. Pierre... ?
— Oui, c'est ici, je suis sa femme.
Je me questionne immédiatement. T'es conne ou quoi ma fille ? Pourquoi tu te justifies, tu veux donner ton numéro de CB aussi ?
— Je vous ouvre.
J'appuie sur l'ouverture automatique du portail. Le camion était bien caché derrière l'immense haie sur le côté du terrain — son hayon est déjà baissé. Je m'attends à un carton, cela arrive souvent ces derniers temps. L'entreprise de Pierre lui envoie beaucoup de documentation ou d'échantillons, on ne sait plus où les ranger dans le garage, et ça a tendance à m'énerver.
Qu'est-ce que... ! Je n'en crois pas mes yeux. Le livreur s'avance dans notre allée en tirant de toutes ses forces un chariot transportant une palette entière de cartons. Il doit y en avoir une trentaine, au moins. Mais où va-t-on ranger tout ça ? La colère me monte immédiatement contre cette entreprise qui se croit tout permis — et par ricochet, j'en veux énormément à Pierre.
Le livreur laisse le chariot face au garage. Il monte vers notre porte d'entrée. Je lui ouvre avant même qu'il ne frappe.
Ses yeux se posent d'abord sur moi, normalement — puis, en une fraction de seconde, ils descendent le long de mon corps et remontent avec une lenteur qui ressemble à de la patience. Moi, idiote, dans mes rêveries et sortant de ma torpeur avec l'arrivée inopinée de ce livreur, j'en avais oublié que j'étais encore en pyjama. Enfin, en pyjama — tout est relatif. N'y voyez pas l'image d'un bon vieux pyjama pantalon molletonné. Non, je porte mon bon vieux long t-shirt gris manches courtes, fait et défait, que j'aime tellement qu'on croirait une femme qui a piqué le vêtement de son mari. Il s'arrête normalement à mi-cuisse, mais comme j'ai grossi du postérieur, il a remonté de quatre ou cinq centimètres, ce qui le rend bien plus court qu'il ne le devrait. Et comme nous sommes en automne, j'ai aussi des chaussettes hautes en laine blanche ajourée — celles qui s'arrêtent à mi-cuisse.
Putain. Trop tard. Je ne peux pas partir en courant comme une folle pour aller me changer. Bon, c'est pas comme si je sortais de la douche avec juste une serviette autour du corps, après tout.
— C'est tout à livrer ici ? lui dis-je d'un air las.
— Oui madame, la palette entière.
— Oui madame, la palette entière.
Le « oui madame » me fait rire intérieurement. C'est un homme d'environ quarante à quarante-cinq ans, je dirais — pas très grand, 1m70 tout au plus, un peu trapu. Une mâchoire carrée sous une barbe de deux ou trois jours, les tempes légèrement grises. Des grosses mains de livreur, calleuses, qui semblent pouvoir soulever n'importe quoi sans effort. Et surtout un regard sombre, que je n'arrive pas à traduire : hypnotique ? transperçant ? charmant ? Ou peut-être rien du tout, pauvre fille, me dis-je.
— Oh non, pas tout ce bordel. Mais je vais en faire quoi ? Et puis c'est lourd.
— Je vais vous aider, madame, si vous le voulez. Je ne vais pas vous laisser seule avec tous ces cartons.
— Je vais vous aider, madame, si vous le voulez. Je ne vais pas vous laisser seule avec tous ces cartons.
Devant ce service si charmant, je souris un peu, soulagée à l'idée d'être aidée.
— Ah, merci monsieur, je suis toute seule, je ne me voyais pas porter tout ça.
(Bravo ma fille. Tu lui montres la salle de bains aussi, pendant que tu y es ? Il prendra une douche après, puisque tu es TOUTE SEULE.)
— Je vous ouvre la porte du garage.
Il ressort pour aller vers le chariot pendant que je referme la porte d'entrée. Mon regard se pose sur le miroir à côté — je m'observe une seconde. Le vieux t-shirt pour dormir, les chaussettes hautes façon bas de laine... c'est pas non plus la tenue d'une « princesse du sexe », me dis-je. Allez, je ne vais pas m'embêter à chercher des habits — plus vite rangés les cartons, plus vite sous la douche. (Déjà cette petite voix intérieure qui commence à me faire parler de « princesse du sexe »... mais je n'y fais pas attention.)
J'ouvre la porte du garage. Comme elle est lourde, j'utilise mes deux mains — je la maintiens tout en la laissant se lever. Pierre m'a toujours conseillé de le faire pour éviter qu'elle ne claque une fois en position haute.
Oui, mon chéri. Sauf que là, t'as oublié que c'est le livreur qui est devant, et ta petite femme en t-shirt court qui tend les bras bien haut.
Je sens la couture du t-shirt qui remonte sur mes cuisses, dangereusement. Le tissu glisse lentement contre ma peau nue — et je n'ai pas de culotte. J'en avais une pour dormir, mais à mon réveil, quand tout le monde est parti, je l'avais retirée pour la mettre au panier : quelques pertes cette nuit, elle était sale. De toute façon je devais aller à la douche juste après. Mais il y a eu ce coup de sonnette.
Je lâche la porte — tant pis pour le claquement. Le livreur est devant moi avec déjà deux cartons entre ses grandes mains.
— Je vous les dépose où, madame ?
— Je sais pas, y'a tellement de bordel... mettez-les au fond, s'il vous plaît.
— Très bien, madame.
— Je vous les dépose où, madame ?
— Je sais pas, y'a tellement de bordel... mettez-les au fond, s'il vous plaît.
— Très bien, madame.
Je sors du garage. Le petit air du matin — vif, frais, humide — remonte le long de mes jambes protégées par la laine des chaussettes, puis entre en contact direct avec ma peau juste au-dessus. Brrr. Je balaye mentalement l'inquiétude : les voisins ne doivent pas me voir dans cette tenue. L'été dernier, mon mini bikini sur le transat avait déjà alimenté les conversations. Bon, je les emmerde. (Et voilà, la petite voix qui reprend du service.)
Je saisis un carton. Pfff, comme c'est lourd ! Le livreur en prend deux d'un coup et fait deux voyages quand j'en suis encore à mon premier. Je me dirige vers le petit tas déjà formé et m'apprête à déposer mon fardeau — mais avec le poids qui m'attire en avant, je bascule fortement, sans pouvoir me retenir. Le carton vient se poser lourdement sur celui déjà au sol... et je n'ai pas plié les jambes.
Merde.
Immédiatement je me redresse et plaque une main grande ouverte sur ma raie, comme pour cacher ce qui ne devait pas être vu — mais qui a été vu. Je me retourne, lèvre du bas pincée dans un signe de gêne extrême. Le livreur était debout derrière moi, deux cartons entre les bras, attendant que je libère la place. Il a tout vu, c'est certain. Il baisse la tête, visiblement embarrassé — mais ses yeux remontent ensuite, lentement, en passant à côté de moi, comme pour me faire comprendre sans ambiguïté qu'il a tout vu. Je n'en mène pas large.
Finalement, la palette est déposée en entier. Il sort du garage. Je referme la porte en tendant les bras bien haut pour attraper cette corde — je sens à nouveau mon t-shirt remonter à la limite de la décence. Saleté de corde. Combien de fois ai-je dit à Pierre de la descendre un peu pour moi qui ne fais qu'1m63.
— J'ai des papiers à vous faire signer, madame.
— OK, repassez par la porte d'entrée, je vous attends à la cuisine.
— Bien, madame.
— OK, repassez par la porte d'entrée, je vous attends à la cuisine.
— Bien, madame.
Je le regarde s'éloigner, ses larges épaules qui bougent sous la veste de travail, et je pense à ce qui vient de se passer dans le garage. Qu'est-ce qu'il va penser de cette femme qu'il vient de livrer ?
Je ferme la porte. En remontant les escaliers vers la cuisine, je me dis : après tout, ce n'est qu'un cul. À la plage avec mon string de bain, tout le monde le voit. Pierre et moi avons même fait du nudisme — il me chuchotait à l'oreille que tout le monde matait mon cul... pour m'exciter. Pour m'exciter ?
Oui. Parce que tout en marchant, je ressens une chaleur dans mon bas-ventre, et je sens mes mamelons qui commencent à frotter le tissu du t-shirt comme s'ils voulaient en sortir.
(Après tout ce n'est qu'un cul... Oui, ma fille. Un cul. Mais à la plage, tu étais avec ton mari. Là, c'est différent : t'es chez toi, seule, et tu viens de montrer ton cul sans culotte à un inconnu. J'aurais dû écouter cette petite voix...)
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