Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La livraison — Chapitre 2
Auteur
La livraison
Chapitre 2
J'aurais dû, oui, j'aurais dû.
Je quitte le garage pour me rendre dans l'entrée de notre maison et ouvrir à nouveau la porte à ce livreur.
Mes tétons sont maintenant grandement réveillés, les coquins ! En me dirigeant vers la porte, je me vois dans le miroir : bin ma vieille, y va pas les louper, tes tétons ! J'ai beau essayer de mettre le t-shirt autrement, rien n'y fait : dès que le tissu arrête de bouger, il épouse parfaitement la forme de mes mamelons tous durs. Je n'y peux rien, je ne vais quand même pas le laisser dehors ?
J'ouvre et lui indique de rentrer. Je me tiens derrière la porte, je referme de manière à toujours lui tourner le dos, il est sur le paillasson, je me tourne dans l'autre sens et le devance.
— Venez à la cuisine, ça sera plus pratique pour signer les papiers.
— Oui madame.
— Oui madame.
J'entre dans la cuisine avec lui sur mes talons.
— Vous voulez un café ou un verre d'eau ?
— Un café, je veux bien, madame, merci.
— Un café, je veux bien, madame, merci.
Je suis toujours de dos à lui, putain de nichons, va, ils ne se calment pas !!! Je les sens pointer et je sens même une chaleur monter dans mon bas-ventre, peut-être la promiscuité d'un inconnu dans ma propre demeure, et moi dans une tenue que je ne devrais pas porter, ou alors peut-être ma pseudo-chute de tout à l'heure. Je n'ai rien vu, mais je suis certaine qu'il n'a rien loupé.
Bref, je ne peux pas rester de dos, et je me retourne avec une tasse dans chaque main que je regarde pour ne rien faire tomber, en espérant qu'il regarde la même chose... BINGO, bien joué ma grande !!!! Bin ouais, fallait pas rêver, un mec reste un mec ! Juste un rapide coup d'œil et je l'ai vu bloquer sur mes seins, il n'a pas vu que j'ai vu.
— Tenez, faites attention, il est chaud.
— Merci madame, ça ira.
— Merci madame, ça ira.
Et allez !!! Un deuxième coup d'œil comme si de rien n'était. D'un autre côté, putain, ils me font mal à sortir comme ça ! Qu'est-ce qui m'arrive, merde ? C'est pas la première fois qu'un mec me reluque, pourtant ?
Je ne peux pas me dérober, ça paraîtrait trop étrange, je reste donc debout, mes reins appuyés contre l'évier, en face de lui. Nous buvons notre café.
Chaque fois qu'il baisse la tête pour boire, il remonte les yeux une fraction de seconde avant. Je le sens scanner. Ça me produit un tout petit chavirement, une poussée d'air chaud en moi, ce qui n'arrange pas mes tétons, un peu comme lorsque je suis un peu pompette, voyez-vous, là mais pas là en même temps.
— Allez !! Mais allez, Marlène !! Tu fais quoi là ? Ta sainte-nitouche ?
Mais putain, tu vas te taire, saleté de voix !! me dis-je.
— T'oublies que je connais tout ce que tu as fait... alors tes états d'âme, hein...
L'idée que cet individu soit en train de me mater, moi, la milf bourgeoise BCBG de campagne, et qu'il va certainement en parler à ses collègues (ils le font tous, me disait Pierre à propos des livreurs ou des transporteurs, pour lui leur principal sujet de conversation tourne autour des femmes), m'obsède d'un coup et ne me quitte plus.
Il repose sa tasse. Nos regards se croisent une demi-seconde.
— Aguiche-le un peu plus, t'en meurs d'envie, petite garce.
Mais y'a pas un bouton pour faire taire cette satanée voix ? Non, bien sûr que non, Marlène : il n'y a pas de bouton pour l'arrêter, puisque cette voix n'existe pas. C'est ton moi intérieur qui parle, tes pulsions de femme laissée seule depuis des mois par un mari qui rentre tard et crevé, tes pulsions de femme et non de maman tranquille et bonne épouse, tes pulsions que tu as toujours eues en toi mais qui sommeillaient depuis des années et qui ressortent telle une éruption volcanique !!
Putain, j'peux pas faire ça, pas chez moi, pas ainsi !!
— Mais si, tu peux, Marlène, laisse-le venir, tu seras fixée.
— Ça va, madame ? Vous êtes un peu blanche ?
— Oui oui, ça va, pardon, juste le café un peu chaud. Vous aviez des papiers à me faire signer, je crois ?
— Oui, les voilà.
— Oui oui, ça va, pardon, juste le café un peu chaud. Vous aviez des papiers à me faire signer, je crois ?
— Oui, les voilà.
Il les pose sur la table de cuisine et me tend son stylo. Je me penche en avant. Il reste de côté, mais je sens, comme si j'avais des yeux derrière la tête, qu'il en profite pour me mater les reins et le cul. Papiers signés, je me redresse et lui tends son stylo, qui me glisse des mains et tombe à mes pieds.
— Oh, désolé, dis-je alors que je m'apprête à me baisser pour le ramasser.
Je n'ai même pas encore amorcé mon mouvement qu'il est déjà accroupi pour le ramasser. Ce faisant, il se retrouve face à moi et, quand il tient le stylo en main, son visage se redresse et n'est plus qu'à vingt ou trente centimètres de mon entrejambe.
Je ne bouge pas. Je vois le dessus de son crâne.
Il lève les yeux. Lentement. Pas jusqu'aux miens : il s'arrête au niveau du tissu, juste là, et je l'entends inspirer très légèrement par le nez. Ce détail minuscule me traverse de bas en haut comme un courant. Le temps semble s'arrêter. Je ne bouge toujours pas, et puis, d'un très subtil mouvement de ma jambe droite, j'écarte très légèrement cette zone toujours cachée par le t-shirt. Cela semble anecdotique, mais je pense que ce mouvement et cette position pouvaient être interprétés comme « la porte est entrouverte, rentrez ». Je détourne le regard comme si je regardais au loin.
Je sens ses doigts effleurer la peau de mes cuisses. Le bas du t-shirt se soulève.
Plus rien. L'immobilisme. Une éternité.
L'air de la pièce, frais sur ma peau mise à nu. Sa respiration retenue. J'attends sans savoir ce que j'attends.
Et puis sa langue me frappe : dure, précise, brutale. Un seul geste. Je ne peux contenir un « ahhhh » de surprise et d'envie, mais pour éviter de croiser ses yeux transperçants, je ferme les miens et penche la tête en arrière. C'est le signal de départ, en fait : il recommence son geste, identique, sa langue vient frapper mes parties intimes une deuxième fois, puis une troisième fois, puis une quatrième fois, toujours plus vite, comme s'il goûtait le produit avant d'aller plus loin. Puis ces gestes se font plus brutaux et surtout plus rapprochés et plus rapides : il se met littéralement à laper mon sexe comme un affamé sur une glace en été. Sa langue part de la base de ma foufoune pour remonter rapidement et brutalement sur mon clito. À chaque coup de langue, il doit absorber une bonne quantité de mon jus qui, je le sens, est maintenant en train d'humidifier le plus possible mon sexe. Je suis toujours appuyée contre l'évier, mes bras étendus derrière moi, en appui dessus, les plus écartés possible pour garder une certaine forme d'équilibre, parce que le salop, putain, il se débrouille bien !!! Whaouuuuuuu !!!! Ça fait pas cinq minutes qu'il me broute le minou comme un chien, que, que, merde, il me fait jouir, le con !!!!! Hummmmmmmm putain c'est trop bon !!!!! Meeeeerrrde, je suis en train de me faire bouffer la chatte par un inconnu, sous mon propre toit, et j'aime ça !!! Et dire que Pierre n'est parti que depuis deux heures à peine. Tant pis pour lui, ce con n'avait qu'à s'occuper de moi avant de partir. Bin oui, j'ai pas encore soixante-dix balais, j'ai besoin de sexe, moi, et pas seulement une fois par semaine au pieu avant de se coucher, et encore, à peine quelques minutes, que même parfois je simule d'aller aux WC pour en fait me finir moi-même.
— Alors Marlène ? Je t'avais pas dit que t'étais encore baisable ? Que tu donnais envie aux mecs, hein ? Vas-y, ma belle, fais-toi du bien avec celui-ci, personne n'en saura rien.
Hummmm ouiiiii, vaut mieux que personne n'en sache rien, oui, ça, tu l'as dit, ma petite voix. Surtout que ce bougre continue à me labourer la chatte avec sa langue et qu'un deuxième orgasme ne va pas tarder à arriver ! OOOOOHHHHHH PUTAIN OUIIIIII me surprend à gueuler dans la cuisine, le salop, il vient de me faire jouir une deuxième fois rien qu'avec sa langue ! Je me suis fait bouffer la chatte pas mal de fois déjà, avec plus ou moins de réussite, mais lui, whaouuu !! il est doué ! Tellement doué que, que, mais nononnnnnnnnn !!!! Un troisième orgasme monte en moi, immédiatement derrière le précédent ??? Cela ne m'était jamais arrivé ? Comment fait-il, putain !!!!!
J'en peux plus, mes jambes ne me portent plus, je les sens flageoler sous mon propre poids, je vacille, je n'arrive même plus à porter ma propre tête qui balance comme si mon cou ne la maintenait pas. Je n'ouvre même pas les yeux, je murmure simplement, à peine audible et intelligible :
— Stop, ça suffit, s'il vous plaît, arrêtez, j'en peux plus, j'suis crevée.
Il le comprend, car je sens sa langue se retirer de l'intérieur de mon sexe (il était en train de frotter l'entrée de ma paroi vaginale avec la pointe de sa langue) et, en se redressant, il m'attrape comme un corps mort, car je suis inerte. Il me soutient du mieux qu'il peut, car je suis vraiment, à ce moment-là, un poids mort.
Ses bras et ses mains m'agrippent où ils le peuvent, parfois mes hanches, parfois mon ventre. Je sens mes seins écrasés à plusieurs reprises contre lui et même contre ses bras, mais je n'ai plus d'amour-propre à cet instant précis, déjà que je ne tiens pas sur mes jambes et qu'en plus je viens de me faire bouffer la chatte comme jamais, en me faisant grimper trois fois à la jouissance, alors que mon propre mari, je lui demande d'arrêter dès que je sens que ça monte, dès le départ !!
Il me traîne jusqu'au canapé du salon et m'y allonge tant bien que mal, mes jambes traînent sur le côté. Je sens ses grosses mains les agripper pour me les allonger correctement, et juste après, je sens la douceur d'un plaid me recouvrir.
J'ai toujours les yeux fermés, je sens que je ne vais pas tarder à m'endormir, je n'ai plus de forces pour rien. J'ai juste le temps de dire :
— Faut pas, faut pas que ça se sache, hein ?
— Ne vous inquiétez pas, madame, je sais me taire.
— Ne vous inquiétez pas, madame, je sais me taire.
J'ai encore la force de lui demander :
— Pourquoi moi ?
— J'aime bien les p'tites chattes blanches comme vous, madame.
— J'aime bien les p'tites chattes blanches comme vous, madame.
J'esquisse un très léger sourire, comme une femme bourrée. Je dois avoir un sourire niais sur le visage à ce moment-là. Je ferme toujours les yeux en l'entendant partir et refermer la porte.
Avant de m'endormir d'un sommeil des plus profonds, que je pensais avoir oublié, je repense à ce qu'il vient de me dire : « J'aime bien les p'tites chattes blanches comme vous, madame ». Petit salop, va, je ne dois pas être la première sur sa liste, alors ? Mes pensées deviennent floues, je m'enfonce dans un sommeil très profond, d'aussi loin que je m'en souvienne (ah si, peut-être pendant mes années fac, mais ça c'est une autre histoire...). Juste une dernière pensée : mais quelle est ma position sur sa liste, alors ?
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