Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Marguerite souillée — Chapitre 2 · L'aire d'autoroute
Auteur
Marguerite souillée
Chapitre 2 · L'aire d'autoroute
Le bus s’est arrêté sur une grande aire déserte, au milieu de nulle part. Lampadaires jaunes, parking quasi vide, quelques camions stationnés plus loin, le vent froid de la nuit qui sentait l’essence et l’herbe coupée. La plupart des passagers sont restés à bord, assoupis. Nous sommes descendus. Marguerite marchait un peu les jambes serrées, la jupe tirée d’un geste trop conscient sur ses cuisses. Elle n’avait toujours rien dit. Elle faisait comme si de rien n’était. Comme si je n’avais rien entendu. Comme si le rouge de ses joues venait seulement du froid.
Lui était déjà dehors. Le même. Celui des toilettes. Deux autres hommes étaient avec lui, sortis d’un camion. Ils discutaient en fumant. Quand il l’a vue, il a souri exactement comme dans le bus, ce sourire tranquille de quelqu’un qui savait.
— T’as encore le goût de moi dans la bouche ?
Marguerite a baissé les yeux. Un nouveau rouge lui est monté jusqu’au cou. Elle a jeté un regard rapide vers moi, presque inquiet, comme pour vérifier que je n’avais pas trop entendu, ou que je faisais encore semblant de ne rien savoir.
— Je… je sais pas de quoi tu parles, a-t-elle murmuré trop vite.
Il a ri doucement.
— Bien sûr.
Il a passé un bras autour de sa taille. Elle a eu un mouvement de recul, très léger, puis s’est laissée faire. Les deux autres ont suivi. Moi aussi. Je me suis glissé dans l’ombre, un peu plus loin, derrière un container. La pénombre était épaisse. Les lampadaires n’atteignaient presque pas cet angle. Je ne distinguais presque que des silhouettes.
Des formes sombres. La sienne, plus fine. La sienne, massive. J’entendais mieux que je ne voyais.
— Non…, a-t-elle dit d’abord, assez fort pour que je l’entende.
Pas encore… mon mari est juste là… il va se douter…
— Il se doute déjà. Et même s’il se doute, il reste planté dans l’ombre à regarder. T’as vu ?
Elle a eu un silence. Puis sa voix, plus basse, presque honteuse :
— Il… il a peut-être rien entendu tout à l’heure. Il dormait. Je…
Elle n’a pas fini. Un bruit de fermeture éclair a coupé sa phrase. Dans l’obscurité, j’ai vu une forme allongée, épaisse, se dresser. Puis sa silhouette s’agenouiller. Le mouvement de sa tête. Le son humide, régulier, indéniable.
— Oh mon Dieu…, a-t-elle soufflé, la voix déjà changée.
C’est… c’est encore plus gros que tout à l’heure…
Elle essayait encore de parler comme si elle pouvait freiner. Mais ses mots se perdaient déjà dans les bruits de bouche. Je devinais la façon dont sa tête avançait et reculait, la cadence qui s’accélérait, les petits sons étouffés qu’elle faisait en s’adaptant.
Un des hommes, plus en retrait, a lancé vers l’ombre où je me tenais :
— T’inquiète, le mari. On te laisse ta place. Profite bien.
Ils savaient.
Depuis le début, ils savaient.
On l’a relevée. Une silhouette l’a plaquée face au mur. Une autre s’est placée derrière. J’ai entendu le claquement sourd des hanches contre les siennes. Le bruit gras, régulier, des couilles qui frappaient sa chair. Et, dans la pénombre, la silhouette de ses seins qui se balançait au même rythme, lourde, presque hypnotique. Ses gémissements sortaient par à-coups, coupés, comme si elle essayait encore de se retenir pour ne pas trop se trahir.
— Non… attendez… c’est la dernière fois… je jure… après je… je retourne avec lui et on fait comme si…
Sa voix s’est brisée sur un gémissement plus long quand le rythme s’est accentué.
— Ça te fait plaisir de tromper ton mari comme ça ?
— Non… arrêtez de dire ça… j’ai trop honte… il est juste là… il entend peut-être…
Mais deux secondes plus tard, trop fort, comme si son corps parlait à sa place :
— C’est trop gros… ça m’ouvre… je le sens partout…
Les formes ont bougé. On l’a fait s’asseoir sur l’une d’elles. Une autre silhouette s’est placée derrière. Le double mouvement est devenu visible même dans l’ombre : deux rythmes qui se croisaient, sa silhouette coincée entre les deux, les seins qui bondissaient plus fort, les claquements plus lourds, plus bestiaux. Ses gémissements étaient devenus des râles aigus, rapidement étouffés par une main ou par ses propres lèvres qu’elle mordait.
Elle jouissait.
Lui était déjà dehors. Le même. Celui des toilettes. Deux autres hommes étaient avec lui, sortis d’un camion. Ils discutaient en fumant. Quand il l’a vue, il a souri exactement comme dans le bus, ce sourire tranquille de quelqu’un qui savait.
— T’as encore le goût de moi dans la bouche ?
Marguerite a baissé les yeux. Un nouveau rouge lui est monté jusqu’au cou. Elle a jeté un regard rapide vers moi, presque inquiet, comme pour vérifier que je n’avais pas trop entendu, ou que je faisais encore semblant de ne rien savoir.
— Je… je sais pas de quoi tu parles, a-t-elle murmuré trop vite.
Il a ri doucement.
— Bien sûr.
Il a passé un bras autour de sa taille. Elle a eu un mouvement de recul, très léger, puis s’est laissée faire. Les deux autres ont suivi. Moi aussi. Je me suis glissé dans l’ombre, un peu plus loin, derrière un container. La pénombre était épaisse. Les lampadaires n’atteignaient presque pas cet angle. Je ne distinguais presque que des silhouettes.
Des formes sombres. La sienne, plus fine. La sienne, massive. J’entendais mieux que je ne voyais.
— Non…, a-t-elle dit d’abord, assez fort pour que je l’entende.
Pas encore… mon mari est juste là… il va se douter…
— Il se doute déjà. Et même s’il se doute, il reste planté dans l’ombre à regarder. T’as vu ?
Elle a eu un silence. Puis sa voix, plus basse, presque honteuse :
— Il… il a peut-être rien entendu tout à l’heure. Il dormait. Je…
Elle n’a pas fini. Un bruit de fermeture éclair a coupé sa phrase. Dans l’obscurité, j’ai vu une forme allongée, épaisse, se dresser. Puis sa silhouette s’agenouiller. Le mouvement de sa tête. Le son humide, régulier, indéniable.
— Oh mon Dieu…, a-t-elle soufflé, la voix déjà changée.
C’est… c’est encore plus gros que tout à l’heure…
Elle essayait encore de parler comme si elle pouvait freiner. Mais ses mots se perdaient déjà dans les bruits de bouche. Je devinais la façon dont sa tête avançait et reculait, la cadence qui s’accélérait, les petits sons étouffés qu’elle faisait en s’adaptant.
Un des hommes, plus en retrait, a lancé vers l’ombre où je me tenais :
— T’inquiète, le mari. On te laisse ta place. Profite bien.
Ils savaient.
Depuis le début, ils savaient.
On l’a relevée. Une silhouette l’a plaquée face au mur. Une autre s’est placée derrière. J’ai entendu le claquement sourd des hanches contre les siennes. Le bruit gras, régulier, des couilles qui frappaient sa chair. Et, dans la pénombre, la silhouette de ses seins qui se balançait au même rythme, lourde, presque hypnotique. Ses gémissements sortaient par à-coups, coupés, comme si elle essayait encore de se retenir pour ne pas trop se trahir.
— Non… attendez… c’est la dernière fois… je jure… après je… je retourne avec lui et on fait comme si…
Sa voix s’est brisée sur un gémissement plus long quand le rythme s’est accentué.
— Ça te fait plaisir de tromper ton mari comme ça ?
— Non… arrêtez de dire ça… j’ai trop honte… il est juste là… il entend peut-être…
Mais deux secondes plus tard, trop fort, comme si son corps parlait à sa place :
— C’est trop gros… ça m’ouvre… je le sens partout…
Les formes ont bougé. On l’a fait s’asseoir sur l’une d’elles. Une autre silhouette s’est placée derrière. Le double mouvement est devenu visible même dans l’ombre : deux rythmes qui se croisaient, sa silhouette coincée entre les deux, les seins qui bondissaient plus fort, les claquements plus lourds, plus bestiaux. Ses gémissements étaient devenus des râles aigus, rapidement étouffés par une main ou par ses propres lèvres qu’elle mordait.
Elle jouissait.
On l’entendait se contracter, sangloter, supplier sans plus vraiment de mots cohérents. Il restait encore des bribes de résistance, des « je devrais pas », des « c’est la dernière », mais ils se noyaient sous le plaisir.
Quand ils ont fini, les silhouettes se sont séparées lentement. J’ai vu une forme s’agenouiller un instant, puis se relever en titubant. Elle est sortie de l’ombre en premier, tirant sa jupe d’un geste maladroit, essayant de remettre de l’ordre dans ses cheveux.
Elle m’a rejoint près du bus. Son visage était encore rouge, ses yeux un peu trop brillants. Elle a évité mon regard. Elle a croisé les bras, a fait semblant d’avoir froid, et a murmuré d’une voix qu’elle voulait banale :
— Il fait frisquet, hein…
On remonte ?
Elle jouait encore la cruche.
Elle espérait encore que je n’avais rien vu, rien entendu, rien compris.
Moi je savais.
Et pour le silence que j’ai gardé en la suivant dans le bus, elle a dû commencer à se douter que je savais.
Quand ils ont fini, les silhouettes se sont séparées lentement. J’ai vu une forme s’agenouiller un instant, puis se relever en titubant. Elle est sortie de l’ombre en premier, tirant sa jupe d’un geste maladroit, essayant de remettre de l’ordre dans ses cheveux.
Elle m’a rejoint près du bus. Son visage était encore rouge, ses yeux un peu trop brillants. Elle a évité mon regard. Elle a croisé les bras, a fait semblant d’avoir froid, et a murmuré d’une voix qu’elle voulait banale :
— Il fait frisquet, hein…
On remonte ?
Elle jouait encore la cruche.
Elle espérait encore que je n’avais rien vu, rien entendu, rien compris.
Moi je savais.
Et pour le silence que j’ai gardé en la suivant dans le bus, elle a dû commencer à se douter que je savais.
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