Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Marguerite souillée — Chapitre 3 · De retour dans le bus
Auteur
Marguerite souillée
Chapitre 3 · De retour dans le bus
Le bus a redémarré dans un grondement sourd. Les lumières étaient basses, la plupart des passagers déjà replongés dans un demi-sommeil. Marguerite s’est rassise à côté de moi. Elle sentait encore le sexe, le sperme séchait lentement sur l’intérieur de ses cuisses, mais elle s’est installée comme si de rien n’était. Elle a croisé les jambes, a tiré sa jupe, a fixé la vitre. Son épaule touchait à peine la mienne. Elle ne disait rien. Elle jouait encore.
Moi je savais.
Elle commençait à se douter que je savais.
Mais aucun de nous deux n’ouvrait la bouche.
Plusieurs minutes ont passé. Le silence entre nous était plus lourd que le bruit du moteur. Puis, sans prévenir, elle s’est levée. D’un geste trop calme, trop décidé. Elle a murmuré un vague « j’ai besoin de m’aérer un peu » et a avancé de quelques rangs. Elle est allée s’asseoir juste derrière nous. À côté de lui.
Je me suis laissé glisser contre la vitre, les yeux fermés. Je faisais semblant de dormir. Mais chaque muscle de mon corps était tendu.
Leur conversation a commencé bas, presque intime, juste assez forte pour que je l’entende.
Moi je savais.
Elle commençait à se douter que je savais.
Mais aucun de nous deux n’ouvrait la bouche.
Plusieurs minutes ont passé. Le silence entre nous était plus lourd que le bruit du moteur. Puis, sans prévenir, elle s’est levée. D’un geste trop calme, trop décidé. Elle a murmuré un vague « j’ai besoin de m’aérer un peu » et a avancé de quelques rangs. Elle est allée s’asseoir juste derrière nous. À côté de lui.
Je me suis laissé glisser contre la vitre, les yeux fermés. Je faisais semblant de dormir. Mais chaque muscle de mon corps était tendu.
Leur conversation a commencé bas, presque intime, juste assez forte pour que je l’entende.
— T’as vu la tête de ton mari en remontant ? a demandé K à voix basse.
— Il sait. Il a tout entendu sur le parking. Et t’as encore joué la fille qui n’a rien fait.
— Il sait. Il a tout entendu sur le parking. Et t’as encore joué la fille qui n’a rien fait.
Marguerite a eu un silence. Sa voix, quand elle a répondu, était défensive, presque enfantine :
— Il… il a peut-être rien compris. Il dormait. Ou il faisait semblant. Moi j’ai rien dit. J’ai fait comme si…
— Comme si. Ouais. Continue de te mentir.
— Comme si. Ouais. Continue de te mentir.
J’ai entendu le bruit d’une fermeture éclair. Puis le son humide, reconnaissable entre tous, d’une bouche qui se referme autour d’une queue. Elle le suçait. Juste derrière mon siège. Doucement d’abord, comme si elle testait encore jusqu’où elle pouvait aller sans se trahir complètement. Puis plus profond. Ses lèvres, déjà gonflées et sensibles depuis l’aire, s’étiraient autour de lui avec une difficulté qu’on devinait même sans voir.
Elle essayait encore de parler entre les mouvements, d’une voix étouffée :
Elle essayait encore de parler entre les mouvements, d’une voix étouffée :
— C’est la dernière fois… je te jure… après on… on fait comme si de rien n’était… mon mari… il doit pas…
K a ri doucement.
— Il est juste devant. Il entend tout. Et toi t’es déjà en train de baver sur ma queue.
Un des autres hommes est venu s’asseoir de l’autre côté. Deuxième fermeture. Deuxième queue. J’ai entrouvert les yeux une seconde malgré moi. La taille m’a frappé en pleine face. Épaisses, lourdes, veineuses, bien au-delà de tout ce que j’avais jamais vu, même en imagination. J’ai refermé les yeux, le souffle court, le cœur qui cognait trop fort.
Ils l’ont fait s’agenouiller entre les sièges, juste à côté de mon dossier. Puis l’un l’a tirée sur ses genoux et l’a enfoncée d’un seul mouvement lent et profond. L’autre s’est placé derrière. Ce n’était plus des coups de hanche. C’était une possession brute, presque animale : des enfoncements entiers qui la soulevaient légèrement, des retraits qui la laissaient vide une fraction de seconde avant de la remplir à nouveau jusqu’au fond. Ses seins balançaient. Son ventre se creusait. Et pourtant le contraste était total. Le bus roulait dans un silence quasi parfait. Pas de cris. Seulement des petits couinements aigus, étouffés, qui s’échappaient malgré les mains qu’ils plaçaient sur sa bouche ou qu’elle plaquait elle-même contre ses lèvres.
Entre deux impacts, elle soufflait des phrases brisées, encore teintées de déni :
Ils l’ont fait s’agenouiller entre les sièges, juste à côté de mon dossier. Puis l’un l’a tirée sur ses genoux et l’a enfoncée d’un seul mouvement lent et profond. L’autre s’est placé derrière. Ce n’était plus des coups de hanche. C’était une possession brute, presque animale : des enfoncements entiers qui la soulevaient légèrement, des retraits qui la laissaient vide une fraction de seconde avant de la remplir à nouveau jusqu’au fond. Ses seins balançaient. Son ventre se creusait. Et pourtant le contraste était total. Le bus roulait dans un silence quasi parfait. Pas de cris. Seulement des petits couinements aigus, étouffés, qui s’échappaient malgré les mains qu’ils plaçaient sur sa bouche ou qu’elle plaquait elle-même contre ses lèvres.
Entre deux impacts, elle soufflait des phrases brisées, encore teintées de déni :
— Je suis encore une femme mariée… j’ai trop honte… il est juste là… il doit pas savoir…
— Mais c’est trop bon… mon corps veut ça…
— Juste… juste cette dernière fois… après je… je redeviens normale…
— Mais c’est trop bon… mon corps veut ça…
— Juste… juste cette dernière fois… après je… je redeviens normale…
Ils l’ont utilisée longtemps. Le rythme est devenu plus dur, plus profond, plus possessif. Quand ils ont joui, l’un a tiré hors d’elle au dernier moment et a arrosé son visage relevé, visant ses lèvres, ses joues, ses cheveux. Des filets épais qui lui ont collé immédiatement les mèches blondes. L’autre a continué à l’intérieur, profond, jusqu’à ce que ça déborde et coule le long de ses cuisses déjà marquées. Elle a tout reçu en silence, les yeux fermés, les larmes mélangeant le sperme. Intérieurement, on sentait le combat : la pureté qui criait encore, et le plaisir qui gagnait un peu plus de terrain à chaque seconde.
Elle est revenue s’asseoir à côté de moi quelques minutes plus tard. Le visage encore luisant par endroits, les cheveux collés, la jupe mal tirée. Elle a croisé les jambes, a posé ses mains sur ses genoux, et a fixé la vitre avec une application presque comique.
Elle n’a rien dit.
Pas d’excuse.
Pas de confession.
Juste ce silence lourd, et cette façon de faire semblant que je n’avais rien entendu, rien compris, rien senti.
Moi je sentais l’odeur.
Je voyais les traces qu’elle n’avait pas réussi à effacer complètement.
Je savais.
Et pour la première fois, en restant silencieux à côté d’elle,
j’ai réalisé que mon silence à moi
commençait aussi à ressembler à autre chose
qu’à de la simple douleur.
Elle est revenue s’asseoir à côté de moi quelques minutes plus tard. Le visage encore luisant par endroits, les cheveux collés, la jupe mal tirée. Elle a croisé les jambes, a posé ses mains sur ses genoux, et a fixé la vitre avec une application presque comique.
Elle n’a rien dit.
Pas d’excuse.
Pas de confession.
Juste ce silence lourd, et cette façon de faire semblant que je n’avais rien entendu, rien compris, rien senti.
Moi je sentais l’odeur.
Je voyais les traces qu’elle n’avait pas réussi à effacer complètement.
Je savais.
Et pour la première fois, en restant silencieux à côté d’elle,
j’ai réalisé que mon silence à moi
commençait aussi à ressembler à autre chose
qu’à de la simple douleur.
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