Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Delphine en Périgord — Chapitre 2 · Premier soin
Auteur
Delphine en Périgord
Chapitre 2 · Premier soin
Cela fait maintenant dix jours que la soirée du 14 juillet a eu lieu. La petite Delphine a quitté mes pensées. Je suis en train de peindre. Même le mur par lequel je dois commencer, c’est elle qui me l’a imposé. L’escabeau grince sous mon poids. Le rouleau laisse une traînée blanche et régulière. Isabelle trie ses livres un peu plus loin, dos tourné, concentrée.
Mon téléphone sonne dans la poche de mon jean. Je descends de l’escabeau, m’essuie les mains sur un chiffon. Numéro que je ne connais pas. Je décroche.
— Bonjour Guillaume, je ne vous dérange pas. C’est Delphine. On s’est croisés au bal du 14 juillet. Vous vous rappelez ?
Si je m’en rappelle. Oh que oui. Les images reviennent d’un coup : la robe claire qui virevolte, les cuisses nues sous le tissu, le sourire quand elle tournait la tête. L’odeur aussi, florale et salée, collée à sa peau. Même sa voix, par téléphone, déclenche une sensation douce, basse, entre mes jambes. Je reste néanmoins professionnel.
— Oui, effectivement. Que puis-je faire pour vous ?
Elle m’explique. Des insomnies récurrentes. Des angoisses persistantes. Elle demande si je peux faire quelque chose. Je lui confirme que le travail sur les énergies apporte des résultats plus que concluants. Elle veut un rendez-vous, si possible rapide. Elle demande si elle peut venir au cabinet.
— Le cabinet n’est pas encore prêt, je réponds. Mais je peux faire la première visite à domicile. Si vous le souhaitez, je peux vous consacrer une heure demain, en début d’après-midi.
Elle confirme. Je prends son adresse, note l’heure dans mon téléphone. Sa voix est claire, un peu basse, la même que le soir du bal.
— Merci beaucoup, Guillaume, pour votre prévenance. Ça me touche.
Ça me touche. Les mots résonnent dans ma tête. Encore une fois, je me fais violence. Reste pro, Guillaume.
Nous raccrochons. Isabelle lève les yeux de ses livres, en petit inspecteur.
— C’était qui ?
— Un rendez-vous de magnétisme.
— Comment elle a eu tes coordonnées ? C’est important de le demander.
— Comment elle a eu tes coordonnées ? C’est important de le demander.
Je n’aime pas mentir.
— Grâce aux cartes de visite que j’ai déposées à la boulangerie du village.
— Tu as mis aussi les miennes ?
Je serre les mâchoires.
— Bien sûr. Les deux cartes que j’ai réalisées et fait imprimer.
Je le dis sur un ton d’agacement. Parce que là aussi, c’est moi qui ai tout fait.
— Ah. Tu as de la chance. Moi, je n’ai encore aucun rendez-vous.
Elle marque une pause.
— Tu ne vas pas la recevoir ici, quand même.
— Non. C’est moi qui me déplace.
Je coupe court. Je remonte sur l’escabeau. Le rouleau reprend son mouvement régulier sur le mur. Mais derrière mes yeux, c’est la petite robe claire qui remonte haut sur les cuisses de Delphine. Le tissu qui tourne. La peau qui apparaît. Et sa voix qui vient de dire que ça la touche.
Lorsque nous rentrons à la maison, j’ai droit à deux ou trois réflexions. Que je suis un peu lent. Que ça n’avance pas assez vite. Si j’ai bien mis ses cartes devant les miennes à la boulangerie. Sa voix est calme, presque douce, mais chaque phrase tombe comme un petit coup. Je fulmine intérieurement. J’ai du mal à me reconnaître. Avant, j’aurais répondu. Là, je ne dis rien. Et à vrai dire, je ressens une forme de jalousie. Pas seulement pour les cartes. Pour cette façon qu’elle a de tout mesurer, de tout comparer, comme si mon premier rendez-vous lui prenait quelque chose.
Dans notre lit, je me tourne sur le côté et je ferme les yeux. Isabelle lit un bouquin sur la plénitude. La couverture est claire, le titre en lettres fines. Cela me fait sourire, malgré moi. Elle tourne une page. Le papier froisse doucement.
Je préfère me laisser bercer par les souvenirs de Delphine. La robe claire qui remontait. J’imagine la culotte que j’aurais pu apercevoir. Blanche, fine, peut-être un peu transparente là où la sueur l’avait collée. Le tissu qui aurait glissé entre ses cuisses quand elle dansait. Puis le contact. Un de ses seins contre mon bras, au moment où nous nous sommes heurtés près de la buvette. Je n’ai pas l’impression qu’elle ait une grosse poitrine. Je parie même sur des petits seins, comme je les aime. Ronds, fermes, qui tiendraient exactement dans ma main. Le mamelon qui durcirait sous le tissu léger.
Dans le noir, derrière mes paupières, je place mes mains au-dessus d’elle. Elle est allongée, ou debout contre moi. Son regard me demande de la toucher. Pas avec des mots. Juste ses yeux, clairs, ouverts, qui attendent. Mes paumes descendent. Elles trouvent la courbe de ses seins sous la robe. Le tissu se froisse. Sa peau est chaude. Elle ne recule pas. Elle se cambre un peu, juste assez pour que mes doigts sentent le poids léger, la pointe qui se dresse.
Je bande dur. Très dur. En secret. Mon sexe tend le boxer contre le matelas. Isabelle tourne une autre page à côté de moi. Le papier froisse encore. Moi, je ne bouge pas. Je reste là, les yeux fermés, avec Delphine sous mes mains imaginaires, et cette érection qui pulse, silencieuse, dans le noir.
Le matin, j’ai le baume au cœur. Surtout lorsque Isabelle m’annonce qu’elle a rendez-vous chez le coiffeur ce matin et chez l’esthéticienne cet après-midi. Elle ajoute, sans lever les yeux de son café :
— Tu continues au cabinet !
Je lui rappelle mon rendez-vous de cette après-midi. Elle hoche la tête.
— Ah oui, c’est vrai.
Comme si elle avait oublié, tant elle est surchargée de travail. Je m’en amuse. Et je suis content de ne pas l’avoir en inspecteur des travaux finis pour une fois.
Je bois mon café. Puis je pars au cabinet. Je continue à aménager. Les murs blancs avancent. Les étagères se remplissent. Vers midi, je vais à la boulangerie. Je prends une salade et un gâteau. Je mange sur place, assis sur un carton, la porte ouverte sur la rue. À 13 h 15, je prends la direction de l’adresse de Delphine.
Route départementale, puis un petit chemin. Un hameau de trois ou quatre maisons. La dernière, au fond, est plus petite que les autres. Elle est à son image : petite, mignonne. Ça lui correspond. Je me gare devant. À peine le moteur coupé, elle apparaît.
Jeune. Jolie. Pétillante. En short en jean et débardeur léger rose fuchsia. Le short est court, très court. Il découvre presque tout le haut de ses cuisses. Ses jambes sont fines, dorées. Le débardeur est près du corps, sans manches. Il souligne la petite courbe de ses seins, le creux de sa taille. Le tissu rose vif tranche avec sa peau. Elle a les cheveux relevés, quelques mèches libres autour du visage. Ses pieds sont nus sur les dalles chaudes.
Cette tenue la rend encore plus jeune. Encore plus désirable. Elle a l’air d’avoir vingt ans, pas trente. Légère. Nue sous les vêtements d’été. Le short colle un peu à ses hanches. Le débardeur laisse voir la naissance de sa poitrine, la ligne de ses clavicules. Rien n’est caché vraiment. Tout est suggéré. Et ça me prend immédiatement.
Je ravale ma salive. Mon sexe réagit déjà, discret, contre le tissu de mon pantalon. Je descends de la voiture. Elle sourit en me voyant. Le même sourire que le soir du bal. Clair. Ouvert. Et cette fois, il n’y a plus de robe qui tourne. Juste elle, en short et débardeur, plantée devant sa petite maison, à m’attendre.
Je me fais réellement violence. Tous les curseurs de l’attirance sont là : le short trop court, le débardeur qui colle, la peau dorée, ce sourire. Je m’avance quand même. Nous nous serrons la main.
Sa main est chaude. Un peu moite. Petite dans la mienne, comme l’autre soir. La peau fine glisse sous mes doigts. Je sens la légère humidité au creux de sa paume, la chaleur qui monte de son poignet. Son odeur arrive en même temps. Florale, légère, mélangée à la chaleur de sa peau. Pas de parfum lourd. Juste elle. Ses yeux sont bleus. Clairs, presque transparents dans la lumière. Ils me regardent sans fuir. Son minois est joli : traits fins, lèvres pleines, ce petit air pétillant qui ne la quitte pas.
— Merci d’être venu si vite, dit-elle.
Sa voix est douce. Elle se confond en excuses.
— Je sais que le cabinet n’est pas prêt. Je ne voulais pas vous déranger.
Je réponds que ce n’est rien. Que c’est normal. Ma voix reste posée. À l’intérieur, ça bouge.
Elle me fait entrer. La maison est aménagée avec goût. Lumineuse. Fraîche. Des murs clairs, un canapé bas, des plantes. Des senteurs de jasmin flottent dans l’air. Mélangées à son odeur, elles deviennent presque euphorisantes. Ça me prend à la tête et plus bas.
Elle me propose à boire. Elle trouve une boisson exotique, avec des fruits, dans le frigo. Le verre est froid. Elle me fait asseoir dans un fauteuil confortable, juste en face d’elle. Elle s’installe sur le canapé. Nos genoux se touchent presque. Quelques centimètres à peine. Je vois le haut de ses cuisses sous le short. La peau lisse. Le tissu du débardeur qui suit le mouvement de sa respiration.
Je pose le verre sur la table basse. Je me redresse un peu. Je cache mon trouble du mieux que je peux.
— Delphine, je commence. Ma voix est professionnelle. Dites-moi, de la façon la plus claire possible, ce que vous attendez de moi. Ce qui vous amène. Les insomnies, les angoisses. Depuis quand. Comment ça se manifeste. Je vous écoute.
Elle hoche la tête. Ses yeux bleus restent sur moi. Elle croise les jambes. Le short remonte encore un peu. Et moi, je reste assis, les mains sur les genoux, en essayant de ne pas regarder trop bas.
Delphine parle. Sa voix reste douce, un peu basse. Elle explique les insomnies. Ça fait des mois. Elle se couche, elle tourne, elle ne trouve pas le sommeil. Les angoisses arrivent la nuit, quand tout est silencieux. Elle se sent seule. Vraiment seule. Pas juste le soir. Dans la journée aussi, parfois. Elle dit qu’elle a besoin de quelque chose qui l’apaise. Qui la recentre. Elle cherche ses mots.
— Un peu de… tendresse, peut-être. Ou juste quelqu’un qui pose les mains et qui calme.
Je crois déceler des sous-entendus. Insomnie. Solitude. Seule. Tendresse. Les mots restent en suspens entre nous. Elle ne les force pas. Elle les laisse là. Ses yeux bleus ne me lâchent pas pendant qu’elle parle.
J’essaie encore une fois de cacher mon trouble. Je hoche la tête. Je prends des notes mentales. Je réponds que le magnétisme peut agir sur le système nerveux, sur les tensions accumulées, sur le sommeil. Ma voix reste posée. Professionnelle. Mais le trouble devient de plus en plus prégnant.
Quand je croise son regard, ça monte. Clair, ouvert, un peu trop longtemps. Puis mes yeux descendent malgré moi. Le haut de ses cuisses. La peau lisse sous le short en jean, trop court. Le tissu qui s’arrête haut. Je vois la ligne où la cuisse rejoint le bassin. Plus haut, le débardeur rose fuchsia. Elle n’a pas mis de soutien-gorge. La forme de ses petits seins se dessine nettement sous le tissu léger. Ronds, fermes. Et les tétons apparaissent. Ils pointent, visibles, à travers le coton fin. Deux petites pointes nettes qui bougent quand elle respire.
Mon sexe durcit dans mon pantalon. Discret, mais présent. Je croise les jambes. Je relève les yeux. Elle continue de parler, comme si elle ne voyait rien. Ou comme si elle voyait tout. Je serre un peu plus fort le verre dans ma main. Je reste professionnel. Du moins, j’essaie.
J’analyse son langage corporel pendant qu’elle parle.
Elle est assise au bord du canapé, pas enfoncée dans les coussins. Le dos droit, mais les épaules ouvertes. Pas fermées. Ses mains reposent sur ses genoux, paumes vers le bas, doigts un peu écartés. Elle ne se cache pas. Quand elle croise les jambes, le mouvement est lent. Le short remonte. Elle ne le tire pas vers le bas. Elle le laisse.
Son regard ne fuit pas. Il reste sur moi, clair, stable. Par moments, il descend sur ma bouche, puis remonte. Ce n’est pas un regard de patiente qui attend un diagnostic. C’est un regard qui cherche autre chose. Qui teste.
Sous le débardeur, ses tétons restent visibles. Ils ne se sont pas calmés. Au contraire. Chaque fois qu’elle inspire un peu plus fort, ils pointent davantage contre le tissu. Elle doit le sentir. Elle ne croise pas les bras. Elle ne se couvre pas. Son buste reste offert, légèrement tourné vers moi.
Ses cuisses sont détendues. L’une contre l’autre, mais sans tension. La peau est lisse, immobile. Quand elle bouge un peu pour mieux s’asseoir, le haut de ses cuisses s’écarte d’un centimètre. Puis se referme. Pas grand-chose. Assez pour que je le voie.
Tout son corps dit solitude. Ouverture. Besoin de contact. Pas seulement énergétique. Quelque chose de plus physique. De plus proche. Elle ne le formule pas. Elle le montre. Et moi, assis en face, avec nos genoux qui se frôlent presque, je continue de prendre des notes mentales en essayant de ne pas bander trop fort.
Mon attirance devient de plus en plus prégnante. Chaque détail me prend. La façon dont ses cuisses s’écartent légèrement quand elle change de position. L’odeur de jasmin et de sa peau qui se mélange dans l’air entre nous. Le tissu du débardeur qui suit le mouvement de ses petits seins. Mon sexe est dur, maintenant. Vraiment dur. Il pousse contre mon pantalon. Je croise les jambes plus fort. Ça ne change rien.
— Je vais vous faire le soin, je dis. Ma voix reste calme. Détendez-vous. Fermez les yeux si vous voulez. Laissez faire.
Je rapproche mon fauteuil. Les pieds glissent sur le sol. Je me positionne entre ses jambes. Pas trop près. Juste assez pour que mes genoux frôlent l’intérieur des siens. Elle ne recule pas. Ses cuisses restent ouvertes. Le short remonte encore. Je vois la peau lisse, haute, presque jusqu’à l’aine.
Je commence les impositions. Mes mains se lèvent. Elles restent à quelques centimètres de son corps. Jamais je ne la touche. C’est la technique. Les passes descendent le long de ses épaules, de son buste, de ses cuisses. L’air entre mes paumes et sa peau se charge. Je sens de plus en plus sa chaleur. Elle monte par vagues. Son odeur aussi. Plus forte maintenant que je suis si près. Florale, salée, chaude. Elle m’arrive droit au ventre.
Je fais des passes sur son profil droit. Mes mains glissent dans l’air, du sommet de sa tête vers son épaule, puis plus bas. Le débardeur s’écarte. Le tissu rose fuchsia bâille. J’ai une vue plongeante sur son sein. Petit. Ferme. L’aréole est moyenne, sombre. Le téton ressemble à une framboise. Rond, dressé, d’un rose profond. Il pointe vers moi, libre, sans soutien-gorge. La peau autour est lisse, dorée. Je vois tout. Le galbe. La pointe. Le léger tremblement quand elle respire.
Je fuis cette vision. Je relève la tête trop vite. Et je me retrouve face à son regard. Ses yeux bleus sont ouverts. Ils me fixent. Ce n’est pas une invitation directe. Mais ça y ressemble. Le regard est calme. Stable. Un peu trop long. Ses lèvres sont entrouvertes. Elle ne dit rien. Elle ne ferme pas les yeux. Elle me laisse voir ce que je viens de voir. Et elle attend.
Son regard ne lâche pas le mien. Bleu, ouvert, immobile. Il n’y a pas de sourire. Pas de provocation claire. Juste cette fixité calme qui dure. Trop longtemps pour être anodine. Je sens mon pouls dans les tempes. Mon sexe pulse contre mon pantalon, dur, presque douloureux. Je ne bouge pas les mains. Elles restent en l’air, à quelques centimètres de son épaule.
Puis son corps bouge. Très peu. Elle inspire plus profondément. Ses épaules se redressent d’un millimètre. Le débardeur, déjà entrouvert, s’écarte encore. Le tissu rose glisse sur la courbe de son sein. Je vois davantage. L’aréole entière. Le téton qui pointe, ferme, comme une framboise sombre. La peau fine qui se tend. Elle ne tire pas sur le vêtement. Elle ne se couvre pas. Au contraire. Le mouvement est lent, contrôlé. Comme si elle s’installait mieux. Ou comme si elle me laissait voir.
Je me demande. Elle joue ? Ou c’est moi qui l’attire ? Son regard reste là, stable, sans fuite. Ses lèvres s’entrouvrent un peu plus. Un souffle passe. Elle ne dit rien. Elle ne ferme pas les yeux. Son sein reste offert dans l’échancrure, petit, rond, le téton dressé sous mon regard. Et moi, entre ses jambes, les mains en suspension, je ne sais plus si c’est elle qui teste, ou si c’est mon trouble qui crée ce qu’elle me montre.
L’air entre nous est chargé. Chaud. Son odeur m’arrive par vagues. Je continue les passes. Lentement. Sans la toucher. Mais mes yeux reviennent. Encore. Sur ce sein qui ne se cache plus.
— Je peux parler ?
Sa voix me ramène. Douce. Un peu rauque. Je reviens à la réalité. Mes mains sont toujours en l’air, à quelques centimètres de son épaule. Le débardeur est encore entrouvert. Son sein reste visible, petit, le téton dressé.
— Oui. Bien sûr.
Je reprends les passes. Lentes. Sans la toucher. L’air entre mes paumes et sa peau reste chaud.
— Vous n’étiez pas seul au bal, dit-elle. C’est votre amie ?
Je ne sais pas quoi répondre. Dire non serait mentir. Dire oui aussi. Je ne suis même pas sûr qu’Isabelle soit réellement mon amie. Je suis avec elle, c’est sûr. Pour un projet à l’origine en commun. Mais lorsque je réfléchis à notre relation, je me dis que c’est une histoire vouée à l’échec avant même d’être réellement commencée. Les ordres. Les silences. Le sexe mécanique. La façon dont elle efface les traces après. Rien ne tient vraiment.
Je décide d’être franc.
— On est ensemble, je dis. Ma voix est basse. On a quitté le Tarn pour ouvrir un cabinet ici. Elle fait de la sophrologie et de la kinésiologie. Moi, le magnétisme. C’était censé être un projet commun. Une nouvelle vie. Mais… Je marque une pause. Mes mains continuent de glisser dans l’air, le long de son bras. Je ne sais pas si on est vraiment un couple. Pas au sens où vous l’entendez. C’est compliqué. Fragile. Et je crois que ça ne tiendra pas.
Elle ne dit rien tout de suite. Ses yeux bleus restent sur moi. Le débardeur ne se referme pas. Son sein reste là, offert dans l’échancrure, le téton sombre et dressé. Elle hoche la tête, très lentement. Comme si elle enregistrait. Comme si ça changeait quelque chose.
— Je vous plais ?
Ça sort comme ça. Naturellement. Franc. Direct. Sans emballage. Si direct que j’en suis presque gêné. Mes mains s’arrêtent une seconde dans l’air. Le débardeur est toujours entrouvert. Son sein reste visible, petit, ferme, le téton sombre dressé sous mon regard.
Seul ça me vient :
— Vous êtes très jolie.
Elle sourit. Un vrai sourire, cette fois. Qui monte jusqu’à ses yeux.
— Mon sein aussi, vous le trouvez joli ?
Je réalise. Mon regard appuyé a peut-être dépassé des limites inconvenantes. La chaleur me monte au visage. Mon sexe est toujours dur dans mon pantalon. Je ne sais plus où poser les yeux.
— Euh… pardon. J’essaie de me justifier. Je ne voulais pas…
Elle me sourit encore. Doucement. Sans moquerie.
— Ce n’est pas grave. Il y a longtemps qu’un homme ne m’a pas regardée comme vous le faites. Et c’est très agréable.
Ses yeux bleus restent sur moi. Calmes. Ouverts. Le débardeur ne se referme pas. Son sein reste là, offert, le téton pointé. Et elle ne bouge pas. Elle attend. Comme si ma gêne, mon regard, et ce « très jolie » avaient ouvert quelque chose qu’elle n’avait pas l’intention de refermer.
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