Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Marion, la joie d'habiter son corps — Chapitre 1 · Dans le miroir / le regard d'Élise
Auteur
Marion, la joie d'habiter son corps
Chapitre 1 · Dans le miroir / le regard d'Élise
Marion avait trente-trois ans depuis quelques jours. Depuis l’adolescence, elle entretenait avec son corps une relation compliquée, même si elle commençait enfin à s'en apercevoir. Certes, elle ne s'était jamais véritablement détestée, elle avait même connu des périodes où elle se trouvait plutôt jolie, mais elle avait longtemps considéré son corps comme une chose qu'il fallait surveiller, améliorer, parfois dissimuler.
Dès 15 ans, elle avait trouvé ses hanches trop larges, à dix-huit et régulièrement depuis lors elle avait essayé de perdre quelques kilos pour affiner ses cuisses ou son ventre. À trente ans, elle avait commencé à s'inquiéter de la souplesse accrue et des plis de son ventre et de la manière dont sa poitrine changeait légèrement avec le temps. Tard dans sa vingtaine, son reflet dans une vitrine, un regard insistant dans les transports pouvaient la mettre en panique jusqu’à parfois lui faire rebrousser chemin pour enfiler une tenue censée cacher ces formes qu’elle n’assumait pas. Aujourd'hui, ces préoccupations lui paraissaient à la fois très familières, douloureuses et tout de même un peu absurdes.
Ce soir-là, elle rentra chez elle d’humeur enjouée. Par la grâce du réchauffement climatique, elle portait en cette fin d’octobre une petite robe fleurie qu'elle avait achetée pendant l'été : une robe crème à fines bretelles, parsemée de fleurs roses, avec un décolleté noué et une jupe courte qui découvrait la moitié de ses cuisses. La journée ensoleillée, la petite promenade entre midi et deux avec Camille, sa meilleure amie, une quasi-absence de clients pénibles, tout concourait à sa bonne humeur.
Dans sa chambre elle retira ses escarpins puis sa robe. Alors qu'elle s'apprêtait à enfiler sa nuisette, elle s'arrêta devant le grand miroir. Elle ôta ses derniers vêtements et décida, pour une fois, de se regarder vraiment.
Nue, debout, les pieds légèrement écartés, les bras relâchés, elle observa son reflet sans chercher à prendre une posture avantageuse. Elle mesurait environ un mètre soixante-dix. Ses longs cheveux bruns encadraient son visage avant de descendre sur ses épaules. Elle avait les yeux noisette, un nez fin, des lèvres pleines et une expression naturellement douce. Son corps était généreux. Ses épaules étaient larges, tout comme ses hanches. Ses bras, pleins, avaient de légères rondeurs. Ses seins amples avaient une forme de pomme gourmande et une légère asymétrie. Elle les souleva, en palpa légèrement les mamelons, les prit entièrement dans ses mains. Ils étaient là, lourds, si constamment présents dans la tension de sa chair et de son dos. Elle les aimait cependant, compagnons de sa féminité et de ses plaisirs, quand les regards s’estompaient. Elle ne savait que trop bien leur pouvoir d’attraction, mais ne l’assumait que rarement.
Son ventre, loin des standards des podiums, avait une légère courbe. La chair y était accueillante et de petits plis apparaissaient lorsqu'elle se penchait ou s'asseyait. Elle y posa les mains. Pendant longtemps, elle avait voulu le rendre plus plat. Aujourd'hui, elle le regardait sans animosité.
Ses hanches s'élargissaient franchement de chaque côté de sa taille. Elle avait si souvent essayé de les dissimuler sous des vêtements trop amples ! Plus bas, son pubis était couvert d'une toison châtain clair, assez légère. Ses cuisses étaient puissantes, charnues, et se touchaient lorsqu'elle se tenait droite. Les régimes aussi fréquents que peu fructueux y avaient laissé quelques marques indélébiles.
Marion pivota lentement. De profil, elle observa la courbe de sa poitrine, le relief de son ventre, la cambrure de son dos et le galbe prononcé de ses fesses : une chute de reins vertigineuse. Enfin, elle se retourna complètement. Ses cheveux descendaient jusqu’au milieu du dos. Ses fesses étaient pleines, généreuses, rondes, avec une forme naturelle qui prolongeait harmonieusement ses hanches. Bien que parfois gênée de leur opulence, elle était également bien consciente de son deuxième atout maître dont des milliers d’heures de sport avaient jusqu’ici réussi à préserver la rondeur.
Elle refit face au miroir. Le plus surprenant n’était pas ce qu'elle voyait, mais l'absence de cette petite voix critique qui l'accompagnait habituellement. Elle ne cherchait pas à déterminer ce qu'il fallait corriger, elle regardait simplement une femme nue : elle-même.
— Finalement, murmura-t-elle, t’es pas si mal foutue, meuf !
Elle eut un petit rire en s'entendant parler puis elle enfila sa nuisette. Pour la première fois depuis longtemps, elle quitta le miroir sans avoir souhaité posséder un autre corps.
Dès 15 ans, elle avait trouvé ses hanches trop larges, à dix-huit et régulièrement depuis lors elle avait essayé de perdre quelques kilos pour affiner ses cuisses ou son ventre. À trente ans, elle avait commencé à s'inquiéter de la souplesse accrue et des plis de son ventre et de la manière dont sa poitrine changeait légèrement avec le temps. Tard dans sa vingtaine, son reflet dans une vitrine, un regard insistant dans les transports pouvaient la mettre en panique jusqu’à parfois lui faire rebrousser chemin pour enfiler une tenue censée cacher ces formes qu’elle n’assumait pas. Aujourd'hui, ces préoccupations lui paraissaient à la fois très familières, douloureuses et tout de même un peu absurdes.
Ce soir-là, elle rentra chez elle d’humeur enjouée. Par la grâce du réchauffement climatique, elle portait en cette fin d’octobre une petite robe fleurie qu'elle avait achetée pendant l'été : une robe crème à fines bretelles, parsemée de fleurs roses, avec un décolleté noué et une jupe courte qui découvrait la moitié de ses cuisses. La journée ensoleillée, la petite promenade entre midi et deux avec Camille, sa meilleure amie, une quasi-absence de clients pénibles, tout concourait à sa bonne humeur.
Dans sa chambre elle retira ses escarpins puis sa robe. Alors qu'elle s'apprêtait à enfiler sa nuisette, elle s'arrêta devant le grand miroir. Elle ôta ses derniers vêtements et décida, pour une fois, de se regarder vraiment.
Nue, debout, les pieds légèrement écartés, les bras relâchés, elle observa son reflet sans chercher à prendre une posture avantageuse. Elle mesurait environ un mètre soixante-dix. Ses longs cheveux bruns encadraient son visage avant de descendre sur ses épaules. Elle avait les yeux noisette, un nez fin, des lèvres pleines et une expression naturellement douce. Son corps était généreux. Ses épaules étaient larges, tout comme ses hanches. Ses bras, pleins, avaient de légères rondeurs. Ses seins amples avaient une forme de pomme gourmande et une légère asymétrie. Elle les souleva, en palpa légèrement les mamelons, les prit entièrement dans ses mains. Ils étaient là, lourds, si constamment présents dans la tension de sa chair et de son dos. Elle les aimait cependant, compagnons de sa féminité et de ses plaisirs, quand les regards s’estompaient. Elle ne savait que trop bien leur pouvoir d’attraction, mais ne l’assumait que rarement.
Son ventre, loin des standards des podiums, avait une légère courbe. La chair y était accueillante et de petits plis apparaissaient lorsqu'elle se penchait ou s'asseyait. Elle y posa les mains. Pendant longtemps, elle avait voulu le rendre plus plat. Aujourd'hui, elle le regardait sans animosité.
Ses hanches s'élargissaient franchement de chaque côté de sa taille. Elle avait si souvent essayé de les dissimuler sous des vêtements trop amples ! Plus bas, son pubis était couvert d'une toison châtain clair, assez légère. Ses cuisses étaient puissantes, charnues, et se touchaient lorsqu'elle se tenait droite. Les régimes aussi fréquents que peu fructueux y avaient laissé quelques marques indélébiles.
Marion pivota lentement. De profil, elle observa la courbe de sa poitrine, le relief de son ventre, la cambrure de son dos et le galbe prononcé de ses fesses : une chute de reins vertigineuse. Enfin, elle se retourna complètement. Ses cheveux descendaient jusqu’au milieu du dos. Ses fesses étaient pleines, généreuses, rondes, avec une forme naturelle qui prolongeait harmonieusement ses hanches. Bien que parfois gênée de leur opulence, elle était également bien consciente de son deuxième atout maître dont des milliers d’heures de sport avaient jusqu’ici réussi à préserver la rondeur.
Elle refit face au miroir. Le plus surprenant n’était pas ce qu'elle voyait, mais l'absence de cette petite voix critique qui l'accompagnait habituellement. Elle ne cherchait pas à déterminer ce qu'il fallait corriger, elle regardait simplement une femme nue : elle-même.
— Finalement, murmura-t-elle, t’es pas si mal foutue, meuf !
Elle eut un petit rire en s'entendant parler puis elle enfila sa nuisette. Pour la première fois depuis longtemps, elle quitta le miroir sans avoir souhaité posséder un autre corps.
2. Le regard d’Élise
Quelques jours plus tard, Marion rentra chez elle après une journée épuisante. Elle prit une longue douche et enfila une nuisette satinée vert sauge. Sa chambre était éclairée par une lampe de chevet. Dehors, la nuit post changement d’heure était tombée depuis longtemps et Marion s'approcha de la fenêtre pour tirer les rideaux.
De l'autre côté de la cour intérieure, dans le bâtiment voisin, une grande fenêtre était éclairée d’une lumière douce, un demi-étage au-dessus du sien. Elle aperçut une femme dans son salon, assise dans un fauteuil, un livre à la main. Marion la reconnut immédiatement : c'était Élise. Elles s'étaient croisées plusieurs fois dans le quartier, à la boulangerie ou dans le hall de l'immeuble. Élise devait avoir à peu près son âge, peut-être un peu plus. D’allure plutôt sportive, elle avait des cheveux ondulés châtain clair coupés au carré, un visage rond qu’illuminaient des yeux verts rieurs et quelques tâches de rousseur sur des pommettes qui lui donnaient un air plus juvénile. Marion l'avait toujours trouvée sympathique.
Au moment où elle allait fermer les rideaux, Élise leva les yeux. Leurs regards se rencontrèrent. Élise sourit. Marion lui répondit par un petit geste de la main. Jusque-là, rien d'extraordinaire. Mais Élise ne détourna pas les yeux. Son regard descendit vers la nuisette de Marion, et même bien plus bas, avant de revenir vers son visage. Marion en prit conscience avec une surprenante acuité. La nuisette était assez courte, ses fines bretelles dégageaient ses épaules et son tissu satiné épousait souplement sa poitrine de part et d’autre de son décolleté. Elle soulignait élégamment sa taille avant de tomber sur ses hanches, tandis que ses jambes restaient presque entièrement découvertes. Elle savait qu'elle était jolie, et même sexy, dans cette tenue. Elle savait surtout que, depuis la fenêtre d'en face, Élise n’en perdait pas une miette.
Une douce chaleur lui monta aux joues, mais elle ne ferma pas les rideaux. Au contraire, elle resta quelques instants près de la fenêtre, une main posée sur le tissu. Élise souriait toujours. Marion eut soudain l'impression étrange de découvrir une nouvelle manière d'être regardée. Il ne s'agissait ni d'un regard insistant dans la rue ni de l'attention pesante d'un homme dans un bar. C'était un regard calme, presque tendre. Et il lui plaisait. Ce soir, pour cette femme presque inconnue au regard si doux, elle aimait ses courbes si féminines, et elle aimait les lui montrer, dans cette quasi-nudité, autant qu’elle le voudrait.
Elle fit durer cet instant suspendu autant que la décence le permettait. Une demi-minute éternelle. Puis, elle adressa un dernier sourire à Élise et tira doucement les rideaux. Pendant quelques secondes, elle demeura immobile. Son cœur battait légèrement plus vite. Elle se sentait à la fois flattée, amusée et curieuse. Mais sur sa peau nue et dans le creux de son ventre, le regard tendre de cette femme avait laissé une émotion plus palpable.
Le lendemain matin, elle croisa Élise devant la boulangerie.
— Bonjour, dit sa voisine.
— Bonjour !
Quelques jours plus tard, Marion rentra chez elle après une journée épuisante. Elle prit une longue douche et enfila une nuisette satinée vert sauge. Sa chambre était éclairée par une lampe de chevet. Dehors, la nuit post changement d’heure était tombée depuis longtemps et Marion s'approcha de la fenêtre pour tirer les rideaux.
De l'autre côté de la cour intérieure, dans le bâtiment voisin, une grande fenêtre était éclairée d’une lumière douce, un demi-étage au-dessus du sien. Elle aperçut une femme dans son salon, assise dans un fauteuil, un livre à la main. Marion la reconnut immédiatement : c'était Élise. Elles s'étaient croisées plusieurs fois dans le quartier, à la boulangerie ou dans le hall de l'immeuble. Élise devait avoir à peu près son âge, peut-être un peu plus. D’allure plutôt sportive, elle avait des cheveux ondulés châtain clair coupés au carré, un visage rond qu’illuminaient des yeux verts rieurs et quelques tâches de rousseur sur des pommettes qui lui donnaient un air plus juvénile. Marion l'avait toujours trouvée sympathique.
Au moment où elle allait fermer les rideaux, Élise leva les yeux. Leurs regards se rencontrèrent. Élise sourit. Marion lui répondit par un petit geste de la main. Jusque-là, rien d'extraordinaire. Mais Élise ne détourna pas les yeux. Son regard descendit vers la nuisette de Marion, et même bien plus bas, avant de revenir vers son visage. Marion en prit conscience avec une surprenante acuité. La nuisette était assez courte, ses fines bretelles dégageaient ses épaules et son tissu satiné épousait souplement sa poitrine de part et d’autre de son décolleté. Elle soulignait élégamment sa taille avant de tomber sur ses hanches, tandis que ses jambes restaient presque entièrement découvertes. Elle savait qu'elle était jolie, et même sexy, dans cette tenue. Elle savait surtout que, depuis la fenêtre d'en face, Élise n’en perdait pas une miette.
Une douce chaleur lui monta aux joues, mais elle ne ferma pas les rideaux. Au contraire, elle resta quelques instants près de la fenêtre, une main posée sur le tissu. Élise souriait toujours. Marion eut soudain l'impression étrange de découvrir une nouvelle manière d'être regardée. Il ne s'agissait ni d'un regard insistant dans la rue ni de l'attention pesante d'un homme dans un bar. C'était un regard calme, presque tendre. Et il lui plaisait. Ce soir, pour cette femme presque inconnue au regard si doux, elle aimait ses courbes si féminines, et elle aimait les lui montrer, dans cette quasi-nudité, autant qu’elle le voudrait.
Elle fit durer cet instant suspendu autant que la décence le permettait. Une demi-minute éternelle. Puis, elle adressa un dernier sourire à Élise et tira doucement les rideaux. Pendant quelques secondes, elle demeura immobile. Son cœur battait légèrement plus vite. Elle se sentait à la fois flattée, amusée et curieuse. Mais sur sa peau nue et dans le creux de son ventre, le regard tendre de cette femme avait laissé une émotion plus palpable.
Le lendemain matin, elle croisa Élise devant la boulangerie.
— Bonjour, dit sa voisine.
— Bonjour !
Elles échangèrent quelques mots sur le froid qui s'installait, puis, hésitante avant de tourner les talons, Élise ajouta :
— Au fait, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais j'ai flashé sur votre nuisette hier soir. Elle est vraiment jolie.
— Au fait, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais j'ai flashé sur votre nuisette hier soir. Elle est vraiment jolie.
Marion sourit.
— Merci. Je l'aime beaucoup.
— Ce vert vous va très bien.
— Ce vert vous va très bien.
Il y eut un petit silence.
— Vous êtes souvent près de votre fenêtre le soir ? demanda Marion.
Élise eut un sourire légèrement embarrassé.
— Assez souvent. J'aime lire en regardant la cour. Mais je ne voudrais pas vous donner l'impression de vous espionner.
— Vous ne m'avez pas dérangée.
— Vous ne m'avez pas dérangée.
Marion avait prononcé cette phrase presque spontanément. Élise la regarda avec une expression de surprise mêlée de contentement.
— Tant mieux, alors.
Elles se quittèrent avec un sourire. Sur le chemin du retour, Marion repensa plusieurs fois à cette conversation : elle avait aimé être regardée et, plus que tout, elle avait aimé qu'Élise sache qu'elle l'avait remarquée.
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