Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sapphisme — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sapphisme
Chapitre 1
Le bruit de corps se retournant dans les petits lits faisait grimacer la nuit. Le sommeil les fuyait malgré l’évidente fatigue. Carrie se retourna vers son amie et chuchota, bien que certaine de la réponse.
« Tu dors ? »
« Non. Même pas la peine d’essayer » souffla Julie en se retournant à son tour. Ses yeux habitués à l’obscurité devinèrent la tendresse du regard posé sur elle, à moins que cela ne soit qu’un rêve.
Incapable de se raisonner plus longtemps, Carrie prit son inspiration comme avant une plongée en apnée. Il n’y avait pas d’autre moyen que de lui dire. Et après ?
« Julie… »
« Oui ? »
« … Est-ce que… On va boire un verre de lait ? »
« Tu dors ? »
« Non. Même pas la peine d’essayer » souffla Julie en se retournant à son tour. Ses yeux habitués à l’obscurité devinèrent la tendresse du regard posé sur elle, à moins que cela ne soit qu’un rêve.
Incapable de se raisonner plus longtemps, Carrie prit son inspiration comme avant une plongée en apnée. Il n’y avait pas d’autre moyen que de lui dire. Et après ?
« Julie… »
« Oui ? »
« … Est-ce que… On va boire un verre de lait ? »
Les filles quittèrent leurs lits jumeaux. Julie fonça dans la cuisine et ramena deux verres pleins qu’elle déposa sur la table basse du salon. Non, sa copine et colocataire n’avait pas trahi le fond de sa pensée, pas encore. Le verre de lait avait masqué une autre phrase.
Carrie maudit son manque d’audace en s’asseyant dans le canapé à côté de son amie, presque à la toucher. Si ses sentiments qui étaient nés en cachette et avaient mûri en silence étaient partagés… Elle n’avait pas d’autres moyens de savoir que de se lancer.
Carrie maudit son manque d’audace en s’asseyant dans le canapé à côté de son amie, presque à la toucher. Si ses sentiments qui étaient nés en cachette et avaient mûri en silence étaient partagés… Elle n’avait pas d’autres moyens de savoir que de se lancer.
« J’ai envie de toi. »
Julie ne savait plus. Attendre, prendre les devants ? Se dévoiler, se taire ? Ces questions qui n’en étaient pas vraiment, ces réponses que son cœur pressentait et que son cerveau recherchait encore. Leur amitié qui allait mourir ici et maintenant, dans ce salon théâtre de nombreux jeux. Est-ce que cette amitié, telle le Phœnix, saurait renaître de ses cendres ?
« Tu sais, j’ai jamais… »
Un doigt se posa en travers de ses lèvres tremblantes. Certaines phrases devaient être évitées sous peine de banaliser ce qui arrivait. Dépersonnaliser leur histoire, c’était la tuer avant même sa naissance. Carrie ne voulait pas prendre ce risque.
« Chut. Moi non plus. »
– Oui, mais toi tu es sûre de ce que tu ressens, pensa Julie, qui se laissa aller à remonter le temps et l’espace sans exprimer sa pensée de manière audible.
– Oui, mais toi tu es sûre de ce que tu ressens, pensa Julie, qui se laissa aller à remonter le temps et l’espace sans exprimer sa pensée de manière audible.
Le dilemme qui l’avait troublée ce matin lui revenait en mémoire. Mais ce n’était pas le moment ; penser ne servait qu’à entretenir le doute. Ce soir, elle avait besoin de certitudes. Pour l’avenir, mieux valait entretenir le remords de l’avoir fait que nourrir le regret de ne pas avoir osé.
« Moi aussi, j’ai envie de toi. »
Carrie fit le vide dans sa tête. L’unique vérité était Julie assise près d’elle, son amie qui savait si bien la comprendre et devancer ses désirs, la rassurer quand tout allait mal, qui allait lui offrir bien plus cette nuit.
L’aimer était une joie de tous les instants provoquée par sa seule présence, une voix reconnaissable entre mille, un regard d’un bleu limpide à accrocher, un soupir quand leurs mains se frôlaient, des rires à n’en plus finir devant la télé, des « ma chérie » qui n’offusquaient personne car deux filles pouvaient s’offrir ce luxe sans se compromettre.
Lui faire l’amour, c’était accepter de perdre l’innocence chèrement gagnée, poser les mains sur ce que Julie gardait encore de secret, toucher du doigt la beauté de l’inaccessible au risque de salir la noblesse de ses sentiments, se reconnaître le droit d’agir comme tout le monde, oublier la singularité de leur histoire, remplacer les mots par les gestes.
L’aimer était une joie de tous les instants provoquée par sa seule présence, une voix reconnaissable entre mille, un regard d’un bleu limpide à accrocher, un soupir quand leurs mains se frôlaient, des rires à n’en plus finir devant la télé, des « ma chérie » qui n’offusquaient personne car deux filles pouvaient s’offrir ce luxe sans se compromettre.
Lui faire l’amour, c’était accepter de perdre l’innocence chèrement gagnée, poser les mains sur ce que Julie gardait encore de secret, toucher du doigt la beauté de l’inaccessible au risque de salir la noblesse de ses sentiments, se reconnaître le droit d’agir comme tout le monde, oublier la singularité de leur histoire, remplacer les mots par les gestes.
Mais ne pas le faire, c’était renier ce qui était déjà acquis, fermer la porte à l’espoir et abjurer ses sentiments, se priver du droit à demander plus, et – pire que tout – la décevoir, ignorer son appel au secours.
Car ce désir si subtilement distillé toute la journée par Julie n’était qu’un S.O.S. et la faisait ressembler à un clown triste, un Auguste blond en train de se noyer dans la boue d’une gaieté qu’il ne ressentait pas. Ce trouble lui conférait l’expression de l’innocence de l’enfant, de cette part des anges qu’elle avait su garder intacte jusqu’alors, mais aussi l’expression de la douleur, de l’insurmontable douleur des grands.
Car ce désir si subtilement distillé toute la journée par Julie n’était qu’un S.O.S. et la faisait ressembler à un clown triste, un Auguste blond en train de se noyer dans la boue d’une gaieté qu’il ne ressentait pas. Ce trouble lui conférait l’expression de l’innocence de l’enfant, de cette part des anges qu’elle avait su garder intacte jusqu’alors, mais aussi l’expression de la douleur, de l’insurmontable douleur des grands.
Les yeux dans les yeux, les nez se frôlèrent, puis les bouches se trouvèrent. Les langues hésitèrent puis se firent audace, s’enlacèrent, avides d’explorer la bouche de l’autre dans un échange de plus en plus charnel. Une étrange sensation partagée naquit et grandit ; les yeux se fermèrent devant ce débordement de tendresse et de sensualité qui leur était encore inconnu.
Julie posa deux mains avides sur le chemisier de sa compagne ; un bouton craqua sous la fébrilité du geste. La poitrine nue sous le coton sursauta, flattée de l’attention. Les paumes glissèrent sur la peau brûlante.
Julie posa deux mains avides sur le chemisier de sa compagne ; un bouton craqua sous la fébrilité du geste. La poitrine nue sous le coton sursauta, flattée de l’attention. Les paumes glissèrent sur la peau brûlante.
Carrie, de son côté, souleva le pull de son aimée, libéra deux seins impatients. Ses doigts vibrèrent à distiller la première caresse, à susciter une première réaction d’orgueil.
Les étoiles du ciel d’été révélaient les saphiques nudités dans la pénombre du salon. Les yeux s’extasièrent sur les courbes, les monts et les vallées comme la première fois. Puis amante et maîtresse reculèrent sans se toucher, exécutant un étrange ballet sur une musique intérieure audible par elles seules ; elles se laissèrent tomber sur le canapé.
Les étoiles du ciel d’été révélaient les saphiques nudités dans la pénombre du salon. Les yeux s’extasièrent sur les courbes, les monts et les vallées comme la première fois. Puis amante et maîtresse reculèrent sans se toucher, exécutant un étrange ballet sur une musique intérieure audible par elles seules ; elles se laissèrent tomber sur le canapé.
Aussitôt Carrie partit à la conquête de l’inconnu, de l’entraperçu. Car chaque étreinte était pour elle une révélation.
Julie accepta son rôle de victime, le revendiqua. Les lèvres tremblantes glissèrent sur sa poitrine fière dont les tétons affirmaient leur féminité, sur son ventre tourmenté par l’étrange volonté d’abandon, puis sur sa blessure intime, source de vie, comme une plaie béante guettant les soins.
Elle se soumit aux caresses et aux baisers sans remords, tandis que ses mains balbutiantes parvenaient à peine à rendre une infime partie du bonheur reçu.
Carrie s’appropria l’arrondi des formes, s’en délecta. Le désir devint plaisir, le premier cri de son amante succéda à la complainte lascive. L’encouragement décupla son audace, son ardeur, l’incita à se perdre dans les nymphes moites.
Julie accepta son rôle de victime, le revendiqua. Les lèvres tremblantes glissèrent sur sa poitrine fière dont les tétons affirmaient leur féminité, sur son ventre tourmenté par l’étrange volonté d’abandon, puis sur sa blessure intime, source de vie, comme une plaie béante guettant les soins.
Elle se soumit aux caresses et aux baisers sans remords, tandis que ses mains balbutiantes parvenaient à peine à rendre une infime partie du bonheur reçu.
Carrie s’appropria l’arrondi des formes, s’en délecta. Le désir devint plaisir, le premier cri de son amante succéda à la complainte lascive. L’encouragement décupla son audace, son ardeur, l’incita à se perdre dans les nymphes moites.
Le temps ne s’écoulait plus, n’importait plus. L’étreinte, fatale dans sa plénitude, s’éternisait sous le regard complice de la lune. L’exaltation s’offrait en sacrifice à leur amour.
Julie serra les dents afin de rejeter la boule de feu, menace de dévastation, dans le fol et vain espoir de prolonger la communion, de repousser l’inéluctable. Ne rien précipiter, attendre, laisser la maîtresse de sa vie exprimer pleinement ses sentiments dans ce langage si particulier qui se passait de mots.
Julie serra les dents afin de rejeter la boule de feu, menace de dévastation, dans le fol et vain espoir de prolonger la communion, de repousser l’inéluctable. Ne rien précipiter, attendre, laisser la maîtresse de sa vie exprimer pleinement ses sentiments dans ce langage si particulier qui se passait de mots.
Enfin elles s’abandonnèrent à l’ivresse partagée, l’une d’offrir et l’autre de recevoir. Une clameur monta aux cieux, à la fois abandon et victoire.
Julie accepta l’inévitable ; l’orgasme la déchira soudain, irradia de ses rayons ardents chaque parcelle de son âme.
Enorgueillie d’une telle victoire, Carrie reçut la délivrance de son amante en offrande, se délecta de la vue, du parfum et de la saveur de celle qui était sienne à tout jamais.
Julie accepta l’inévitable ; l’orgasme la déchira soudain, irradia de ses rayons ardents chaque parcelle de son âme.
Enorgueillie d’une telle victoire, Carrie reçut la délivrance de son amante en offrande, se délecta de la vue, du parfum et de la saveur de celle qui était sienne à tout jamais.
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Commentaires ()
Ca fait du bien de voir une histoire où la partie de jambes en l'air se passe autant dans le coeur que dans le con. Ca nous change des baises débridées où madame se met à jouir d'un situation autrement traumatisante, puis doit remettre le couvert à cause de vidéo qui arrive à point nommé.