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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Négociation$ — Chapitre 2 · Colombes sur drap de lin

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Azimuteur
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Négociation$

Chapitre 2 · Colombes sur drap de lin

Tout se précipite alors !
Carole m’entraîne à sa suite, directement dans sa chambre. Là, debout l’une en face de l’autre, au pied du lit, nous nous regardons intensément, apeurées, indécises jusqu’à ce que nos lèvres se retrouvent.
Aucune précipitation ne nous égarera dans des turpitudes trop précipitées. Bien sûr, nos mains s’animent. Je sais que Carole est nue sous son fourreau, elle sent mes mandarines dures contre ses seins. Nos mains se baladent sur nos corps, parcourent nos dos, nos bras, nos aisselles, nos cous. Innocemment. Nous nous époumonons dans des baisers tour à tour furieux, tendres, légers, profonds, incendiaires, galoches impatientes, bisous timides. J’ai tellement faim de sa bouche, je ne m’en rassasie pas, j’en oublie presque son sexe nu, à portée de ma main.
Qu’imagine-t-elle, que je suis succube impatiente, rouée à ce genre de situation ? Si elle savait ! Connaissait ma peur, mes doutes, mes incertitudes.
Je suis enivrée par l’odeur de sa peau. Je caresse ses cheveux soyeux, je me perds dans son regard stupéfié. Nos corps dégagent une intense chaleur qui me fait frissonner par contraste avec l’air frais de la chambre. J’entends battre mon cœur, le sien aussi.
— C’est folie, tu le sais ?
— En effet..., répond-elle calmement en capturant mes lèvres.
Ce baiser est le plus doux et le plus charnel que j’aie jamais connu. Je m’étonne d’y répondre avec une hâte éhontée en même temps que craintive. J’oublie demain, les conséquences de nos actes. Il n’y a plus de futur, hier est effacé, ne reste qu’aujourd’hui, cette nuit où nos âmes sont bouleversées dans une tempête qui nous balaye, nous charrie avec une force irrésistible. Le bien, le mal, la bienséance, le regard des autres, tout disparaît. Ce que nous faisons est juste et notre folie a sa raison d’être.
Carole se détache de moi : elle veut s’offrir, s’offrir à moi ! Elle fait glisser les épaulettes de sa robe qui s’affale au sol. Nue devant moi, elle me fixe avec une lueur de triomphe dans ses yeux étrécis, elle a l’innocence présomptueuse d’une vierge effarouchée. Elle me fait cadeau de son corps, elle est cadeau offert et impatient. Je ne quitte pas son regard quand mes mains maraudent vers ses seins, ses magnifiques pomelos que je sens durs, tendus sous mes doigts. J’en dessine les courbes à peine affaissées des généreuses poires, mes doigts fourmillent sur sa peau, tournent et tournicotent autour des mamelons. Quand mes index abordent leurs rosaces, Carole rejette sa tête en arrière, rompt volontairement notre communion visuelle pour que je la vois, que je vois ses seins orgueilleux, que je me repaisse de ses monts blancs couronnés de fleurs rosées. Elle propulse ses nichons vers moi, force mes mains à s’emparer de ses rochers sensibles, de ses petits monticules érigés. Elle soupire bruyamment. Je ne résiste pas, ma bouche se pose sur un des asters rosés, jolie fleur hérissée.
Je dénoue mon chemisier, vais pour l’enlever mais Carole pose ses mains sur mes épaules, pour m’empêcher de m’en défaire. Des images me reviennent alors : moi, qui m’étais dévêtue à toute allure devant Carla, moi qui aussi l’avais empêchée de se dévêtir. Moi, qui affolée mais brûlante d’un feu dévorant, m’étais offerte, triomphalement, impudiquement et somptueusement fière à la rousse. Moi, cadeau !
Là, la situation est inversée : elle est l’offrande, je suis Carla. Je rassemble mes souvenirs pour enchaîner comme l’avait fait ma volcanique libertine. Je suis intimidée, voire paniquée. Ne pas me tromper, ne rien brusquer, ne pas la braquer surtout.
Nos baisers se muent en assauts passionnés, ravageurs. Nos langues sont armes de séduction qui avivent notre faim dévorante, multiplient les décharges électriques dans nos corps embrasés.
Ma bouche se pose délicatement sur la pointe d’un sein, le lèche à peine, l’amadoue. Il me semble le sentir se durcir encore, se dresser, se contracter en s’étirant vers mes lèvres, impatient d’une caresse plus profonde, dévorante. Alors, je gobe ce petit guignol, passe sur l’autre avec la même ferveur. J’embrasse les seins tendus, suce, lèche les bourgeons, savoure leur fermeté élastique. Mes mains restent sages, caressent le dos de Carole, ses flancs, plumes aériennes frôlant à peine sa peau hérissée, appuyant davantage en massages précis et relaxants de sa colonne.
Ma consentante victime gémit doucement, son corps s’arque vers l’arrière, revient appeler mes baisers, réclame d’autres folies. Alors ma bouche quitte ses seins, mes deux mains la remplacent, s’emparent de ses globes laiteux. Mes lèvres, elles, dégringolent sans précipitation sur son ventre, déposant une farandole de bisous incendiaires.
Lorsque ma bouche atteint le buisson châtain, jolie barrette verticale, je lève les yeux. Carole s’est redressée, son regard plonge dans le mien. Elle ferme brièvement les yeux en signe d’assentiment, d’acceptation pleine et entière de ce qui va suivre. Sa bouche est ouverte, ses lèvres frémissent.
— Oui ! S’il te plaît, souffle-t-elle d’une voix étranglée.
Oh mon Dieu, nous sommes complices abandonnées, aussi fébriles que submergées de désir, brûlantes de basculer dans des caresses interdites que nous devinons déjà incommensurablement exaltantes.
Mon Dieu, que cette première rencontre avait été bouleversante !
Ooo000ooO
Au petit matin de nos découvertes, après mille turpitudes, je suis aux cent coups ! Réveillée avant elle, je l’ai observée, vaguement inquiète. Elle dormait paisiblement, traits relaxés, un léger sourire flottait même sur ses lèvres. C’est du moins l’interprétation que je donnais à ce plissement de sa bouche, celui que je voulais espérer.
Mais je redoutais son réveil : sera-t-elle surprise en me voyant penchée sur elle ? Déconcertée ? Regrettera-t-elle nos élans, nos folles câlineries ? Revenue au présent, me gratifiera-t-elle d’un merci condescendant, froid, cassant ? Expression sans appel de son désir de tourner la page, d’oublier ce qui n’aurait été qu’une parenthèse fugace dans sa vie d’hétéro ?
Je suis impatiente de la voir s’éveiller, tremblante aussi de connaître son verdict. Merde, pourquoi suis-je aussi fébrile ? Pourquoi je ne considère notre aventure précisément que... simple aventure ? Qu’est-ce que j’attends d’elle, qu’est-ce que j’espère donc ? Je suis perdue, mes yeux s’embuent, mon regard se noie. Moi, hétéro vaguement bi, je suis ahurie. Ma vision se brouille au point que je ne perçois pas son éveil.
Une main saisit ma nuque, un baiser frôle mes lèvres.
— Bonjour, adorable succube de mon cœur.
Sa bouche s’écrase sur mes lèvres, elle m’étourdit dans un baiser fougueux, ses mains partent à l’assaut de mes clémentines.
— Pourquoi ces yeux embués ?
Je déglutis difficilement, renifle légèrement avant de répondre :
— Je redoutais que tu ne me rejettes à ton réveil... Que tu regrettes !
— Petite idiote !
Sa bouche revient à la mienne, elle me galoche furieusement, me plaque sur le lit. S’allongeant à moitié sur moi, c’est elle qui s’empare de mon corps, elle qui lèche mes mandarines, elle qui embrasse mon ventre et plonge dans mon sentier. Elle, qui en quelques instants à peine, m’expédie dans un orgasme ravageur, avec sa langue, ses doigts profondément chahuteurs dans mon conduit igné.
Se relevant, se hissant vers mon visage, elle me demande d’un air fier :
— Alors, rassurée, ma réponse te convainc-t-elle ?
Son minois brille, emperlé qu’il est de ma mouille. Je l’embrasse, la lèche délicatement pour effacer les traces de sa folie.
— Oui, totalement ! Je t’aime...
Horreur ! Ce « je t’aime » m’a échappé. Bien sûr, cette nuit, des mots d’amour ont fusé à maintes reprises mais c’était dans le feu de l’action. Ces mots d’amour si agréables qu’ils aient été n’avaient d’autres valeurs que celles générées dans la folie de nos emballements lascifs. Là, mes mots revêtent quelque chose de prodigieusement plus profond, plus intense. Quelque chose de définitif. Un aveu pour le moins !
Audrey me fixe longuement, pose une main caressante sur ma joue. Ses yeux s’embuent eux aussi.
— Je t’aime aussi, Audrey ! Je t’aime coquinouchette !
Elle glisse ses doigts dans les folles bouclettes brunes de ma chevelure. Je suis bouleversée par ce qu’elle vient de dire, par son geste tendre aussi ! Heureuse, simplement heureuse !
Ooo000ooO
Dans la cuisine où nous déjeunons nues (pourquoi donc serions-nous rhabillées ?), nous plaisantons, nous nous moquons gentiment l’une de l’autre. Petites joutes amusantes, coquines, exprimant notre pleine liberté.
Carole soudain se fait sérieuse :
— Audrey, je dois te dire : je suis amoureuse de toi, c’est vrai, incroyable, insensé mais le fait est que je t’aime ! Réellement ! Par contre, halte au feu ! Ça ne veut pas dire que nous sommes un couple. Pas encore du moins. Laissons faire le temps... Je t’aime petite souris, mais je ne suis pas sûre d’être fondamentalement changée. Disons, ok, que je suis désormais bisexuelle, par ta faute, me gronde-t-elle gentiment. Bi, j’assume, mais bi justement ! Ça ne veut pas dire que je sois prête à m’enfermer dans une histoire d’amour lesbienne exclusive ! J’aime les hommes...
Je pense exactement comme elle.
— Carole, je vais être claire moi aussi. Je suis fondamentalement hétéro. Bi, c’est vrai, mais depuis peu seulement : une aventure d’un soir il y a quelques semaines à peine. Une parenthèse que je pensais définitivement refermée. Mais hier soir, je... suis littéralement tombée sous ton charme. Mon corps s’est mis à bouillonner... surtout quand j’ai aperçu un petit bout de certaines babines sous ta robe. Je n’étais plus moi-même...
— Et moi ? Moi non plus je ne comprends pas la folie qui m’a submergée. Mais, je te le répète, je ne regrette rien ! Mais bon, les choses sont claires entre nous et je sens confusément que t’aimer, ma chérie, n’est en rien comparable aux sentiments que je pourrais connaître à nouveau pour un homme. C’est différent. Exaltant ! Mais nous ne nous interdirons rien, c’est d’accord ?
J’opine gravement à ces déclarations qui me rassurent. Je suis tout de même abasourdie : qu’elle ne regrette rien de nos folies de la nuit, c’est une chose. Mais qu’elle entérine déjà une relation suivie, nous place dans une histoire pérenne, ça, ça me sidère ! Me trouble. Et m’enchante ! Je n’ai aucune envie de me séparer d’elle ! Pourtant, me retrouver en couple avec une femme, voilà bien une éventualité qui hier encore m’était totalement impensable... Il s’est vraiment passé quelque chose de particulier entre nous ! Infiniment spécial !
— Ceci étant dit, d’ici à ce que je croise l’homme de ma vie, rien ne nous empêchera de vivre toi et moi une tendre bluette sentimentale et... et outrageusement débauchée !
Carole se jette sur moi, m’embrasse, tartine mes nichons de confiture qu’elle se dépêche de lécher voracement. Sitôt le nettoyage achevé, c’est moi qui saisis la cuiller à miel et c’est sur sa chatte que je répands le sucre coulant. Tombant de ma chaise, je plonge entre ses cuisses !
Notre nuit avait été particulièrement chaude, ce dimanche-là le fut tout autant ! Du matin jusqu’au soir. Au soir tard. Très très tard...
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