Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un histoire, un regard... — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un histoire, un regard...
Chapitre 3
Léa, habituée des sorties dans les bars, nous en trouva un tranquille. L'ambiance me fit vaguement penser à celle de l'endroit où m'avait amenée Mark, le premier soir. Je me mis à regarder autour de moi, comme si j'espérais le voir à l'une des tables. Léa dut revenir sur ses pas pour que je daigne enfin la suivre.
'Droite. Tout droit... A gauche, maintenant. Passe entre la table et le...'
'C'est bon !' l'interrompis-je en riant. 'Comme si ça ne t'arrivait jamais de te perdre dans tes pensées.'
'Pas à ce point', répondit-elle avec un sourire moqueur.
'Droite. Tout droit... A gauche, maintenant. Passe entre la table et le...'
'C'est bon !' l'interrompis-je en riant. 'Comme si ça ne t'arrivait jamais de te perdre dans tes pensées.'
'Pas à ce point', répondit-elle avec un sourire moqueur.
Je m'assis ; elle m'imita. Une serveuse vint chercher notre commande. Je pris une limonade ; Léa un diabolo fraise. Une fois servies, nous bûmes quelques gorgées chacune avant de passer aux « choses sérieuses ». Voulant vraiment rattraper le temps perdu, je lui narrai tout depuis le début, aussi précisément que possible (les moments intimes mis à part, bien évidemment !).
'Donc tu es amoureuse de lui ?' me demanda-t-elle une fois que j'eus fini.
'Eh ben... oui. Je n'ai encore jamais éprouvé de sentiment aussi fort.'
'Donc tu es amoureuse de lui ?' me demanda-t-elle une fois que j'eus fini.
'Eh ben... oui. Je n'ai encore jamais éprouvé de sentiment aussi fort.'
En temps normal, suite à une telle déclaration, votre meilleure amie est censée afficher un grand sourire et vous souhaiter bonne chance. Mais Léa ne souriait pas ; loin de là.
'C'est bizarre, tout ça, si tu veux mon avis', fit-elle.
'Hein ???'
'Si j'étais toi, je me méfierais.'
'Me méfier ? De lui ?' je n'en revenais pas.
'Oui ; de lui. Il n'a pas l'air très clair, ce type, d'après ce que tu m'as dit.'
'Il y a des choses que je ne sais pas sur lui c'est vrai. Et j'ai bien l'intention d'obtenir une explication. Mais je t'assure qu'il n'est pas dangereux.'
'Je ne sais pas. Toi non plus, en fait', répondit-elle, soucieuse.
'Mais enfin...' je ressentais le besoin de le défendre. 'S'il était dangereux, il m'aurait déjà violée, tu ne crois pas ?'
'Pas forcément.'
'Tu dis ça mais tu ne le connais pas. Si tu le connaissais, je suis sûre que...'
'Parce que toi, tu le connais ?' me demanda-t-elle sur un ton sceptique.
'Touchée...' soupirai-je.
'C'est bizarre, tout ça, si tu veux mon avis', fit-elle.
'Hein ???'
'Si j'étais toi, je me méfierais.'
'Me méfier ? De lui ?' je n'en revenais pas.
'Oui ; de lui. Il n'a pas l'air très clair, ce type, d'après ce que tu m'as dit.'
'Il y a des choses que je ne sais pas sur lui c'est vrai. Et j'ai bien l'intention d'obtenir une explication. Mais je t'assure qu'il n'est pas dangereux.'
'Je ne sais pas. Toi non plus, en fait', répondit-elle, soucieuse.
'Mais enfin...' je ressentais le besoin de le défendre. 'S'il était dangereux, il m'aurait déjà violée, tu ne crois pas ?'
'Pas forcément.'
'Tu dis ça mais tu ne le connais pas. Si tu le connaissais, je suis sûre que...'
'Parce que toi, tu le connais ?' me demanda-t-elle sur un ton sceptique.
'Touchée...' soupirai-je.
Léa tira sur sa paille rose fluo et me pressa le bras :
'Je dis ça pour toi, tu sais. C'est parce que je suis ton amie ; je m'inquiète.'
'Normal', admis-je.
'Tu ne l'as pas mal pris ?'
'Non.'
'Après, ça se trouve ; c'est un type génial !' fit-elle sur un ton qui se voulait enjoué. 'Faudra que tu me le présentes.'
'Ça marche.'
'Je dis ça pour toi, tu sais. C'est parce que je suis ton amie ; je m'inquiète.'
'Normal', admis-je.
'Tu ne l'as pas mal pris ?'
'Non.'
'Après, ça se trouve ; c'est un type génial !' fit-elle sur un ton qui se voulait enjoué. 'Faudra que tu me le présentes.'
'Ça marche.'
Nous changeâmes de sujet, passant à des choses plus légères. J'étais bien contente de cette soirée, et soulagée d'avoir pu parler à Léa de Mark.
Au bout d'une bonne heure, je dus aller aux toilettes. Léa me les indiqua et, suivant ses instructions, je me dirigeai à l'autre bout du bar, vers une petite pièce plus sombrement éclairée. Je loupai une petite marche et me félicitai de cet éclairage différent : personne ne me vit, à priori. Je continuai à m'en assurer tout en avançant ; lançant des coups d'œil discrets autour de moi.
Mon cœur rata un bond et j'eus le souffle coupé.
Là, à l'autre bout de la pièce, en diagonale par rapport à l'endroit où je me tenais, il y avait Mark. Il était assis à une table de deux, habillé d'une façon à la fois très élégante et stylée, les cheveux ramenés en arrière avec du gel ; plus séduisant que jamais.
Il n'était pas seul.
La fille correspondait parfaitement au stéréotype de filles « censées » sortir avec des mecs comme lui. Grande. Fine. Aux formes de rêve. A côté d'elle, j'étais une vraie gamine ; le vilain petit canard. Ses cheveux aux reflets cuivrés semblaient sortir droit des mains d'un excellent coiffeur. Un brushing impeccable ; un très beau dégradé qui encadrait un visage angélique : grands yeux noirs, un joli petit nez, des lèvres pulpeuses ; une peau sans défaut... Elle était très bien maquillée. Beaucoup, mais ça ne faisait pas vulgaire. Elle portait un haut noir, qui offrait un décolleté plongeant sur des seins qui devaient faire le double des miens en volume, une mini-jupe pourpre, et de longues bottes de cuir à talons-aiguille. Ses jambes, qu'elle avait croisées, étaient indubitablement longues ; vraiment pas loin de celles des mannequins des défilés de mode. Elle était plus âgée que moi ; dans les vingt-cinq ; vingt-six ans, sans doute...
La fille correspondait parfaitement au stéréotype de filles « censées » sortir avec des mecs comme lui. Grande. Fine. Aux formes de rêve. A côté d'elle, j'étais une vraie gamine ; le vilain petit canard. Ses cheveux aux reflets cuivrés semblaient sortir droit des mains d'un excellent coiffeur. Un brushing impeccable ; un très beau dégradé qui encadrait un visage angélique : grands yeux noirs, un joli petit nez, des lèvres pulpeuses ; une peau sans défaut... Elle était très bien maquillée. Beaucoup, mais ça ne faisait pas vulgaire. Elle portait un haut noir, qui offrait un décolleté plongeant sur des seins qui devaient faire le double des miens en volume, une mini-jupe pourpre, et de longues bottes de cuir à talons-aiguille. Ses jambes, qu'elle avait croisées, étaient indubitablement longues ; vraiment pas loin de celles des mannequins des défilés de mode. Elle était plus âgée que moi ; dans les vingt-cinq ; vingt-six ans, sans doute...
J'en avais oublié mon envie d'aller aux WC. Je me tenais là, n'en croyant pas mes yeux. Je n'étais pas vraiment loin de leur table ; la pièce n'était guère grande. Mais ils ne me voyaient pas. Ils étaient bien trop occupés à se dévorer du regard. Sur leur table reposaient une bouteille de vin blanc et deux coupes de glace presque vides ; ils en étaient au dessert... Médusée, je vis la fille tendre le bras vers Mark ; ses bracelets scintillèrent. Elle essuya quelque chose du coin de ses lèvres avec son index et, ensuite, elle le mit dans sa bouche à elle, avec un sourire séducteur et malicieux. Mark passa une main sous la petite table et la referma sur le genou de la fille. Elle l'encouragea du regard. Alors il la remonta vers sa cuisse, puis encore plus haut, jusqu'à ce qu'elle disparaisse sous cette mini-jupe moulante. Loin de le repousser, elle décroisa les jambes pour lui laisser plus de liberté.
Je n'eus pas besoin d'en voir plus. Je tournai les talons pour revenir à ma table. Je trébuchai sur la même marche et me cognai dans Léa.
'Ah ! tu es là !' fit-elle. 'Je te pensais...'
Je la poussai un peu, pour qu'on ne puisse plus être visibles de l'autre pièce.
'Je croyais que tu étais coincée dans les... Oh mon Dieu !' s'exclama-t-elle en me découvrant sous une lumière convenable. 'Caro, tu es blanche comme un drap ! Que se passe-t-il ? Tu es malade ? Tu veux t'asseoir ?'
Je la regardais bêtement, incapable de réagir, de produire le moindre son. J'étais comme en état de choc. Je n'avais même pas envie de pleurer. Je me sentais fiévreuse. Je tremblais. J'avais chaud. J'avais froid. Les deux en même temps.
'Viens, on va prendre l'air !' me dit Léa.
Elle me prit par le bras et me traina jusqu'à la porte. Je la suivis mollement. Elle me fit sortir ; je reçus le souffle doux du vent sur le visage et ça me fit vraiment du bien. Je respirai un grand coup. Seulement là, les larmes montèrent. Si brusquement que je n'eus même pas le temps de les retenir. Elles jaillirent de mes yeux en un flot incontrôlable et brûlant, et se mirent à dévaler mes joues à toute vitesse. Juste des larmes. Pas le moindre sanglot, pas le moindre soupir. Ma gorge était bien trop nouée pour laisser passer quoi que ce fût comme complainte.
'Ah ! tu es là !' fit-elle. 'Je te pensais...'
Je la poussai un peu, pour qu'on ne puisse plus être visibles de l'autre pièce.
'Je croyais que tu étais coincée dans les... Oh mon Dieu !' s'exclama-t-elle en me découvrant sous une lumière convenable. 'Caro, tu es blanche comme un drap ! Que se passe-t-il ? Tu es malade ? Tu veux t'asseoir ?'
Je la regardais bêtement, incapable de réagir, de produire le moindre son. J'étais comme en état de choc. Je n'avais même pas envie de pleurer. Je me sentais fiévreuse. Je tremblais. J'avais chaud. J'avais froid. Les deux en même temps.
'Viens, on va prendre l'air !' me dit Léa.
Elle me prit par le bras et me traina jusqu'à la porte. Je la suivis mollement. Elle me fit sortir ; je reçus le souffle doux du vent sur le visage et ça me fit vraiment du bien. Je respirai un grand coup. Seulement là, les larmes montèrent. Si brusquement que je n'eus même pas le temps de les retenir. Elles jaillirent de mes yeux en un flot incontrôlable et brûlant, et se mirent à dévaler mes joues à toute vitesse. Juste des larmes. Pas le moindre sanglot, pas le moindre soupir. Ma gorge était bien trop nouée pour laisser passer quoi que ce fût comme complainte.
'Caro, mais qu'est-ce qu'il y a ?' Léa semblait au bord de la panique. 'Réponds-moi, dis quelque chose, s'il te plaît ; n'importe quoi... Dis quelque chose... !'
'Je... je... Il faut que je rentre chez moi.'
'D'accord ! D'accord !' répéta-t-elle, sans plus chercher à comprendre. 'Attends-moi là. Pose-toi là. Je vais chercher nos affaires et on y va. Je te racc...'
'J'aimerais mieux y aller seule', déclarai-je avec une voix enrouée.
'Non, pas question ! Je te laisse pas repartir dans un tel état ! Attends-moi là !'
Elle me supplia du regard pour que je ne disparaisse pas pendant son absence. Résignée, je hochai la tête. Je n'avais pas la force de batailler pour ça. Comme mes jambes menaçaient de me lâcher, je m'assis effectivement, le dos contre le mur, le regard fixé droit devant moi. Je n'arrivais pas vraiment à croire ce que je venais de voir. Mark ne pouvait pas... Quelque chose en moi affirmait désespérément qu'il devait y avoir une autre explication à ça... Mais quelle autre explication ? Lui et cette fille, cette fille et lui... Oh, ça se voyait clairement qu'il y avait quelque chose entre eux deux ! Et pourtant, ça paraissait toujours difficile à croire, d'une certaine façon. Il pouvait feindre tout ce qu'il voulait, mais pas... Ses yeux ne pouvaient pas mentir. Et j'y avais bien vu qu'il tenait à moi ; peut-être d'une façon ambigüe, mais quand même... Et quand on tient à quelqu'un... On ne tient pas à plusieurs personnes en même temps, sinon tout est faussé... Alors il devait y avoir une explication, il devait... Je ne pipai mot durant tout le chemin du retour. Léa avançait à mes côtés avec un air très embêté ; ne sachant pas quoi me dire. Je lui avais déclaré que je ne voulais pas en parler ; elle avait un peu insisté puis, réalisant que ça ne servirait à rien, elle avait laissé tomber. Je ne me voyais pas lui dire que j'avais vu Mark flirter avec un véritable canon, dans la pièce d'à côté. Pas après l'avoir défendu un peu plus tôt, pas après l'avoir présenté comme un gars « malgré tout génial »... Je me sentais humiliée et honteuse ; comme si c'était moi qui avais quelque chose à me reprocher.
'Je... je... Il faut que je rentre chez moi.'
'D'accord ! D'accord !' répéta-t-elle, sans plus chercher à comprendre. 'Attends-moi là. Pose-toi là. Je vais chercher nos affaires et on y va. Je te racc...'
'J'aimerais mieux y aller seule', déclarai-je avec une voix enrouée.
'Non, pas question ! Je te laisse pas repartir dans un tel état ! Attends-moi là !'
Elle me supplia du regard pour que je ne disparaisse pas pendant son absence. Résignée, je hochai la tête. Je n'avais pas la force de batailler pour ça. Comme mes jambes menaçaient de me lâcher, je m'assis effectivement, le dos contre le mur, le regard fixé droit devant moi. Je n'arrivais pas vraiment à croire ce que je venais de voir. Mark ne pouvait pas... Quelque chose en moi affirmait désespérément qu'il devait y avoir une autre explication à ça... Mais quelle autre explication ? Lui et cette fille, cette fille et lui... Oh, ça se voyait clairement qu'il y avait quelque chose entre eux deux ! Et pourtant, ça paraissait toujours difficile à croire, d'une certaine façon. Il pouvait feindre tout ce qu'il voulait, mais pas... Ses yeux ne pouvaient pas mentir. Et j'y avais bien vu qu'il tenait à moi ; peut-être d'une façon ambigüe, mais quand même... Et quand on tient à quelqu'un... On ne tient pas à plusieurs personnes en même temps, sinon tout est faussé... Alors il devait y avoir une explication, il devait... Je ne pipai mot durant tout le chemin du retour. Léa avançait à mes côtés avec un air très embêté ; ne sachant pas quoi me dire. Je lui avais déclaré que je ne voulais pas en parler ; elle avait un peu insisté puis, réalisant que ça ne servirait à rien, elle avait laissé tomber. Je ne me voyais pas lui dire que j'avais vu Mark flirter avec un véritable canon, dans la pièce d'à côté. Pas après l'avoir défendu un peu plus tôt, pas après l'avoir présenté comme un gars « malgré tout génial »... Je me sentais humiliée et honteuse ; comme si c'était moi qui avais quelque chose à me reprocher.
Je ne pleurais plus. En fait, je ne ressentais plus rien. Juste des questions et des images se bousculant dans ma tête...
Léa ne demanda pas à monter avec moi, devinant que j'avais pour unique envie de me retrouver seule. Néanmoins, elle me dit de ne pas hésiter à la rappeler si, tout compte fait, je souhaitais parler. Elle assura qu'elle viendrait, même en plein milieu de la nuit. Je la remerciai et montai chez moi sans me retourner. Après avoir refermé la porte, j'allai me poser sur le canapé sans même ôter mes chaussures. Je me laissai tomber sans aucune délicatesse et restai une bonne heure dans la position dans laquelle j'avais atterrit, l'image de Mark avec la fille toujours devant mes yeux. Je n'arrivais plus à réfléchir.
La sonnerie du portable me tira assez brutalement de mon état avoisinant le coma. C'était Sam.
'J'ai vu que tu avais essayé de me joindre', fit-il.
Je hochai la tête.
'Allo ? Caro tu es là ?'
Seulement là je me rendis compte qu'il n'avait pas pu voir ma confirmation.
'Oui, oui. Je suis là', lâchai-je d'une voix à peine audible.
'J'avais oublié mon portable chez moi ; j'étais parti en week-end et...'
'Pas de souci. De toute façon c'est bon. Je sais maintenant...'
'Tu sais quoi ?' son ton refléta l'incompréhension la plus totale.
'Ce que tu voulais me dire, à propos de Mark', fis-je.
Il y eut un long silence à l'autre bout du fil.
'Tu sais quoi, au juste ?' demanda-t-il prudemment.
Je soupirai. Me sentant si lasse, si fatiguée... Vidée de toutes mes forces. Je haussai les épaules, résignée, et poussai un grand soupir :
'Tu sais, tu aurais pu me le dire sans tourner autour du pot, qu'il a une petite amie. Ce n'était pas la peine d'en faire un si grand mystère, tu sais... J'aurais compris.'
Un autre silence. Puis Sam s'éclaircit la voix.
'Une petite amie, tu dis ?' fit-il. Puis, après une profonde inspiration : 'Ce n'est pas ça...'
'Ah. D'accord... C'est sa femme, c'est ça ? Ou alors, sa fiancée ? Mais peu importe...'
'Non', m'arrêta Sam. 'Rien de tout ça. Caro, ce n'est pas une conversation à...'
'Bon, ça va, maintenant !' m'énervai-je d'un seul coup. 'Tu me l'as déjà faite, celle-là !'
Voilà ; c'était gagné : les larmes coulaient de nouveau !
'Caro, que t'a-t-il dit, au juste ?' voulut savoir Sam. 'Il t'a dit qu'il est casé ?'
'Non. Il ne m'a rien dit du tout. Je...'
'Tu l'as surpris ?' devina-t-il.
Je reniflai. Sam l'entendit sûrement, car sa voix devint très compatissante :
'Oh, Caro... Je suis vraiment désolé pour toi... J'avais essayé de te prévenir...'
'C'est qui, cette fille, alors ?' fis-je impatiemment, ne voulant pas être prise en pitié.
'Laquelle ? Euh ! enfin...'
Sa question fut comme un réflexe machinal ; ce fut très facile de réaliser qu'il n'avait pas voulu présenter les choses ainsi... et qu'il regrettait ce manque de tact. Mais c'était trop tard. Et peut-être tant mieux. J'avais enfin compris.
'Il y en a plusieurs, c'est ça ?'
'Eh ben...'
'C'est ça ?!'
'Euh... Oui. C'est... ben oui ; il y en a plusieurs. Tu sais, Mark, il...'
Le portable faillit m'échapper de la main, devenue très moite. Je ne voulais pas en entendre davantage :
'Sam, je dois te laisser, là. Merci d'avoir voulu m'aider. A plus !'
'Caro, attends !'
Je raccrochai, me sentent incapable de poursuivre cette discussion. Qu'il semblait loin, le temps où il me suffisait de poser ma tête sur l'oreiller pour m'endormir !... Une fois de plus, ma nuit fut presque blanche et agitée. J'essayais de chercher une logique dans l'attitude générale de Mark, mais plus j'y pensais, moins j'en voyais.
Un homme à femmes.
Un coureur de jupons.
Soit.
D'accord. Et moi, j'étais la victime numéro... Valait mieux ne pas me demander numéro combien. D'accord.
Ce genre gars, ça se comporte comment ?
Enchainer les aventures d'un soir, coucher à droite et à gauche... Je n'étais pas née de la dernière pluie, non plus ; je connaissais un peu la vie, quand-même... J'étais pleinement consciente de l'existence de ce genre de comportements ; des mecs pas prêts à se mettre en couple ; jouant avec les filles et leurs sentiments jusqu'à arriver à leur fin, et puis... Partir dans retour. Jeter après usage ; vulgairement parlant. Se montrer doux et charmeur avant, utiliser, puis laisser.
Je stéréotypais peut-être un peu, mais, pour moi, Mark ne correspondait pas vraiment à ce profil. Je voyais trop de contradictions. Tout d'abord, pourquoi ne pas m'avoir vraiment baratinée en s'inventant une vie géniale ? Pourquoi avoir fait tellement attention à moi ; pourquoi s'être montré aussi prévenant... et puis, aussi, tellement froid et distant, à des moments ? Pourquoi m'avoir dit qu'il n'était pas un mec bien ; pas un mec pour moi ? S'il ne souhaitait que coucher avec moi, il n'aurait pas dit ça, non ? Et puis, le moment venu, pourquoi ne pas être allé jusqu'au bout ? Pourquoi ne pas avoir insisté ? Et pourquoi tous ces regards, cette tristesse dans ses yeux ? Pourquoi toute cette tendresse à côté ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?...
Je ne trouvais pas de réponse. Je m'étais préparée à ne plus recevoir de signe de vie de la part de Mark. Ça m'apparaissait comme une évidence qu'il n'allait pas appeler. Lorsqu'il le fit, je me dis que, tout compte fait, cette certitude n'était guère fondée : après tout, il ne savait pas que je savais...
'J'ai vu que tu avais essayé de me joindre', fit-il.
Je hochai la tête.
'Allo ? Caro tu es là ?'
Seulement là je me rendis compte qu'il n'avait pas pu voir ma confirmation.
'Oui, oui. Je suis là', lâchai-je d'une voix à peine audible.
'J'avais oublié mon portable chez moi ; j'étais parti en week-end et...'
'Pas de souci. De toute façon c'est bon. Je sais maintenant...'
'Tu sais quoi ?' son ton refléta l'incompréhension la plus totale.
'Ce que tu voulais me dire, à propos de Mark', fis-je.
Il y eut un long silence à l'autre bout du fil.
'Tu sais quoi, au juste ?' demanda-t-il prudemment.
Je soupirai. Me sentant si lasse, si fatiguée... Vidée de toutes mes forces. Je haussai les épaules, résignée, et poussai un grand soupir :
'Tu sais, tu aurais pu me le dire sans tourner autour du pot, qu'il a une petite amie. Ce n'était pas la peine d'en faire un si grand mystère, tu sais... J'aurais compris.'
Un autre silence. Puis Sam s'éclaircit la voix.
'Une petite amie, tu dis ?' fit-il. Puis, après une profonde inspiration : 'Ce n'est pas ça...'
'Ah. D'accord... C'est sa femme, c'est ça ? Ou alors, sa fiancée ? Mais peu importe...'
'Non', m'arrêta Sam. 'Rien de tout ça. Caro, ce n'est pas une conversation à...'
'Bon, ça va, maintenant !' m'énervai-je d'un seul coup. 'Tu me l'as déjà faite, celle-là !'
Voilà ; c'était gagné : les larmes coulaient de nouveau !
'Caro, que t'a-t-il dit, au juste ?' voulut savoir Sam. 'Il t'a dit qu'il est casé ?'
'Non. Il ne m'a rien dit du tout. Je...'
'Tu l'as surpris ?' devina-t-il.
Je reniflai. Sam l'entendit sûrement, car sa voix devint très compatissante :
'Oh, Caro... Je suis vraiment désolé pour toi... J'avais essayé de te prévenir...'
'C'est qui, cette fille, alors ?' fis-je impatiemment, ne voulant pas être prise en pitié.
'Laquelle ? Euh ! enfin...'
Sa question fut comme un réflexe machinal ; ce fut très facile de réaliser qu'il n'avait pas voulu présenter les choses ainsi... et qu'il regrettait ce manque de tact. Mais c'était trop tard. Et peut-être tant mieux. J'avais enfin compris.
'Il y en a plusieurs, c'est ça ?'
'Eh ben...'
'C'est ça ?!'
'Euh... Oui. C'est... ben oui ; il y en a plusieurs. Tu sais, Mark, il...'
Le portable faillit m'échapper de la main, devenue très moite. Je ne voulais pas en entendre davantage :
'Sam, je dois te laisser, là. Merci d'avoir voulu m'aider. A plus !'
'Caro, attends !'
Je raccrochai, me sentent incapable de poursuivre cette discussion. Qu'il semblait loin, le temps où il me suffisait de poser ma tête sur l'oreiller pour m'endormir !... Une fois de plus, ma nuit fut presque blanche et agitée. J'essayais de chercher une logique dans l'attitude générale de Mark, mais plus j'y pensais, moins j'en voyais.
Un homme à femmes.
Un coureur de jupons.
Soit.
D'accord. Et moi, j'étais la victime numéro... Valait mieux ne pas me demander numéro combien. D'accord.
Ce genre gars, ça se comporte comment ?
Enchainer les aventures d'un soir, coucher à droite et à gauche... Je n'étais pas née de la dernière pluie, non plus ; je connaissais un peu la vie, quand-même... J'étais pleinement consciente de l'existence de ce genre de comportements ; des mecs pas prêts à se mettre en couple ; jouant avec les filles et leurs sentiments jusqu'à arriver à leur fin, et puis... Partir dans retour. Jeter après usage ; vulgairement parlant. Se montrer doux et charmeur avant, utiliser, puis laisser.
Je stéréotypais peut-être un peu, mais, pour moi, Mark ne correspondait pas vraiment à ce profil. Je voyais trop de contradictions. Tout d'abord, pourquoi ne pas m'avoir vraiment baratinée en s'inventant une vie géniale ? Pourquoi avoir fait tellement attention à moi ; pourquoi s'être montré aussi prévenant... et puis, aussi, tellement froid et distant, à des moments ? Pourquoi m'avoir dit qu'il n'était pas un mec bien ; pas un mec pour moi ? S'il ne souhaitait que coucher avec moi, il n'aurait pas dit ça, non ? Et puis, le moment venu, pourquoi ne pas être allé jusqu'au bout ? Pourquoi ne pas avoir insisté ? Et pourquoi tous ces regards, cette tristesse dans ses yeux ? Pourquoi toute cette tendresse à côté ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?...
Je ne trouvais pas de réponse. Je m'étais préparée à ne plus recevoir de signe de vie de la part de Mark. Ça m'apparaissait comme une évidence qu'il n'allait pas appeler. Lorsqu'il le fit, je me dis que, tout compte fait, cette certitude n'était guère fondée : après tout, il ne savait pas que je savais...
C'était mercredi après-midi. J'étais installée devant la télé, regardant les images défiler devant mes yeux, sans rien comprendre à l'histoire. Je n'avais rien de mieux à faire. J'avais survécu de la même façon à la journée de mardi. Devant la télé. Avec un grand vide à la place du cœur. Je ne ressentais même pas de colère envers Mark, aussi bizarre que ça puisse le paraître. En fait, quelque part, j'avais pitié de lui. Sans pouvoir vraiment définir pourquoi. Peut-être, tout simplement, parce qu'il ne semblait pas être heureux ; loin de là.
Lorsque mon portable sonna, je pris machinalement du coussin, sans même regarder qui appelait. J'avais eu une longue conversation téléphonique avec Léa, la veille, et elle m'avait dit qu'elle reprendrait de mes nouvelles aujourd'hui. Je supposais que c'était elle qui me téléphonait. Désormais, elle était au courant de ce que j'avais vu dans le café, et elle voulait certainement s'assurer que je ne m'étais pas jetée du toit de mon immeuble pour mettre fin à mon tourment.
Lorsque mon portable sonna, je pris machinalement du coussin, sans même regarder qui appelait. J'avais eu une longue conversation téléphonique avec Léa, la veille, et elle m'avait dit qu'elle reprendrait de mes nouvelles aujourd'hui. Je supposais que c'était elle qui me téléphonait. Désormais, elle était au courant de ce que j'avais vu dans le café, et elle voulait certainement s'assurer que je ne m'étais pas jetée du toit de mon immeuble pour mettre fin à mon tourment.
'Caroline ?'
Je le reconnus immédiatement, même si sa voix me parut différente ; affaiblie. De tout mon entourage, il était le seul à m'appeler « Caroline ». Les autres disaient « Caro » ou encore, pour faire original (d'après eux, du moins) « Lynn ». Depuis le début, Mark ne faisait que répéter mon prénom dans son intégralité. Avec beaucoup de douceur...
'Oui c'est moi', fis-je d'un ton neutre.
'Tu vas bien ?'
'Oui ; je n'ai encore jamais été aussi bien !' raillai-je. 'Et toi, ça va ? La vie est belle ?'
Ma réaction dût le surprendre, car il ne répondit pas tout de suite. Puis, je l'entendis soupirer.
'Tu as quelque chose à me reprocher ?'
'Je ne sais pas. Ça dépend. Tu as quelque chose à te reprocher ?'
'Non', fit-il avec conviction.
Sa réponse me contraria. Tout comme la spontanéité et l'assurance qu'il y mit. Je suppose que j'avais espéré une grande hésitation, puis un coupable : « oui ». Mais non ; il n'avait rien à se reprocher ; pour lui tout allait bien ! Alors à quoi bon tenter de comprendre ?...
'Alors c'est parfait !' lui lançai-je. 'Je te souhaite que tout aille toujours aussi bien pour toi. ...Ah oui ; en fait ; j'allais oublier ! Je voulais te dire que je trouve que ça te va bien, les cheveux plaqués avec du gel ; ça te donne un petit air jeune-premier très sympa. Elle a aimé cette coiffure ? Perso, je les préfère au naturel, quand-même ! Ciao !'
Je raccrochai sans attendre sa réaction.
Je le reconnus immédiatement, même si sa voix me parut différente ; affaiblie. De tout mon entourage, il était le seul à m'appeler « Caroline ». Les autres disaient « Caro » ou encore, pour faire original (d'après eux, du moins) « Lynn ». Depuis le début, Mark ne faisait que répéter mon prénom dans son intégralité. Avec beaucoup de douceur...
'Oui c'est moi', fis-je d'un ton neutre.
'Tu vas bien ?'
'Oui ; je n'ai encore jamais été aussi bien !' raillai-je. 'Et toi, ça va ? La vie est belle ?'
Ma réaction dût le surprendre, car il ne répondit pas tout de suite. Puis, je l'entendis soupirer.
'Tu as quelque chose à me reprocher ?'
'Je ne sais pas. Ça dépend. Tu as quelque chose à te reprocher ?'
'Non', fit-il avec conviction.
Sa réponse me contraria. Tout comme la spontanéité et l'assurance qu'il y mit. Je suppose que j'avais espéré une grande hésitation, puis un coupable : « oui ». Mais non ; il n'avait rien à se reprocher ; pour lui tout allait bien ! Alors à quoi bon tenter de comprendre ?...
'Alors c'est parfait !' lui lançai-je. 'Je te souhaite que tout aille toujours aussi bien pour toi. ...Ah oui ; en fait ; j'allais oublier ! Je voulais te dire que je trouve que ça te va bien, les cheveux plaqués avec du gel ; ça te donne un petit air jeune-premier très sympa. Elle a aimé cette coiffure ? Perso, je les préfère au naturel, quand-même ! Ciao !'
Je raccrochai sans attendre sa réaction.
Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonna de nouveau. Je vis « Mark » s'afficher, et je décidai de ne pas répondre. Je voulais lui montrer que j'avais mon amour propre ; qu'il m'avait blessée. Je voulais qu'il prenne conscience que je n'étais pas quelqu'un avec les sentiments duquel on peut jouer. Même si, au fond, mon cœur, timidement, me soufflait de répondre à cet appel, je ne le fis pas. La sonnerie se tut, recommença une nouvelle fois et ce fut de nouveau le silence. Quelques instants plus tard, une mélodie m'indiqua que j'avais un nouveau message vocal.
L'honneur était sauf ; je pouvais bien me permettre d'écouter, en différé, ce qu'il avait à me dire.
Sa voix était devenue toute grave et nouée. Il enchainait les phrases très lentement, en les ponctuant de soupirs à fendre l'âme :
« Ecoute... Je pense avoir compris ce que tu as voulu dire. Ce que tu as sous-entendu... Je présume que tu... Caroline, si tu m'as vu dans ce bar, ce n'est pas ce que tu crois. Je sais que tu voulais que je t'explique... certaines choses. Je le voulais aussi. Bon, après le Dam's avait débarqué chez moi ; nous n'avions pas eu l'occasion de parler. Mais je ne peux pas... Caroline... J'aimerais t'expliquer. Après, si tu ne veux plus entendre parler de moi ; c'est bon. Je comprendrai. Mais laisse-moi t'expliquer... C'est juste... Je vais passer chez toi. Ouvre-moi, s'il-te-plait, quand je vais sonner. Ne me laisse pas à la porte. Je veux juste te parler... J'arrive. » Pendant que je l'écoutais parler de cette voix qui regorgeait de remords, je sentais mes émotions s'apaiser. Il voulait qu'on parle. Bien entendu ; il fallait qu'on le fasse. J'y tenais. Même si, à priori, il n'y avait plus rien qui puisse être sauvé. Mais je voulais tout mettre au clair ; essayer de comprendre les incohérences. Il voulait passer ? Soit.
Sa voix était devenue toute grave et nouée. Il enchainait les phrases très lentement, en les ponctuant de soupirs à fendre l'âme :
« Ecoute... Je pense avoir compris ce que tu as voulu dire. Ce que tu as sous-entendu... Je présume que tu... Caroline, si tu m'as vu dans ce bar, ce n'est pas ce que tu crois. Je sais que tu voulais que je t'explique... certaines choses. Je le voulais aussi. Bon, après le Dam's avait débarqué chez moi ; nous n'avions pas eu l'occasion de parler. Mais je ne peux pas... Caroline... J'aimerais t'expliquer. Après, si tu ne veux plus entendre parler de moi ; c'est bon. Je comprendrai. Mais laisse-moi t'expliquer... C'est juste... Je vais passer chez toi. Ouvre-moi, s'il-te-plait, quand je vais sonner. Ne me laisse pas à la porte. Je veux juste te parler... J'arrive. » Pendant que je l'écoutais parler de cette voix qui regorgeait de remords, je sentais mes émotions s'apaiser. Il voulait qu'on parle. Bien entendu ; il fallait qu'on le fasse. J'y tenais. Même si, à priori, il n'y avait plus rien qui puisse être sauvé. Mais je voulais tout mettre au clair ; essayer de comprendre les incohérences. Il voulait passer ? Soit.
Je regardai ma montre. Il était 17H46. J'essayai d'évaluer le temps qu'il faudrait à Mark pour arriver chez moi, à supposer qu'il avait appelé de chez lui. Je misai sur environ trois quarts d'heure. Ça me laissait le temps de prendre une douche et de redonner à mon visage un aspect humain. Là, je ressemblais à un épouvantail et j'étais toujours en chemise de nuit. Je ne tenais pas à l'accueillir dans cet état.
Dur de mettre des mots sur ce qu'il se passait en moi. J'étais déçue. Préparée au pire. Triste. Remplie de crainte. Il y avait un espoir idiot, aussi, qui s'invitait dans mon cœur. L'impatience de revoir Mark. De la pitié pour lui, et aussi pour moi. De l'amour et de la tendresse aussi, à son égard. Malgré tout. Et ces émotions et sentiments étaient fondus tous ensemble en une sensation innommable et insupportable, qui finit par me donner la migraine. Après ma douche, je cherchai dans la boite de pharmacie de quoi calmer mon mal de tête. Evidemment, je ne trouvai rien ; je me résignai à accueillir Mark avec un mal de tête carabiné.
Mark ne sonna pas ; il frappa directement à ma porte. Un voisin lui avait ouvert en bas, en sortant. Du coup, j'avais été assez étonnée de le voir sur le seuil. Il le vit sans aucun doute ; parce qu'il se justifia immédiatement.
Il n'avait pas meilleure mine que moi. Le visage fatigué et pas rasé, les yeux cernés, les vêtements froissés et les cheveux en bataille, il semblait avoir passé une sale nuit. J'avais voulu me montrer fière et distante, mais, en le voyant comme ça, j'en avais été incapable. Incapable de refouler ce que j'avais senti naître dans mon regard, et ce que Mark y vit très certainement aussi : une grande compassion. Que ça paraissait déplacé ! Du dégoût ou de la colère aurait été plus approprié... Je me serais sentie plus sûre de moi, en tout cas. Mais voilà ; une fois de plus, face à cet homme, je ne contrôlais plus rien.
'Tu me laisses entrer ?' fit-il d'un air piteux.
Je m'écartai sans un mot pour lui dégager le passage. Il rentra avec une allure comme un peu intimidée ; il ne semblait pas savoir que faire de lui. On aurait dit un élève se rendant au tableau, interpellé par un professeur sévère, tout en se sachant incapable de répondre correctement. Il s'assit sur le canapé avec une moue coupable, et leva ses yeux angéliques vers moi, comme s'il attendait de solides remontrances. Il était à mille lieues de se douter qu'au lieu de me retenir pour ne pas exploser de fureur, je me retenais pour ne pas lui proposer un café. Mais où était passée mon ambition, bon sang ?!
Je m'écartai sans un mot pour lui dégager le passage. Il rentra avec une allure comme un peu intimidée ; il ne semblait pas savoir que faire de lui. On aurait dit un élève se rendant au tableau, interpellé par un professeur sévère, tout en se sachant incapable de répondre correctement. Il s'assit sur le canapé avec une moue coupable, et leva ses yeux angéliques vers moi, comme s'il attendait de solides remontrances. Il était à mille lieues de se douter qu'au lieu de me retenir pour ne pas exploser de fureur, je me retenais pour ne pas lui proposer un café. Mais où était passée mon ambition, bon sang ?!
Il s'éclaircit la voix, très mal à l'aise.
'Caroline...'
Je m'appuyai contre le mur, face à lui, les bras croisés, en essayant d'ignorer les martèlements dans mon crâne. Sacrée migraine qui refusait de passer !
Je n'avais toujours rien dit. C'était à lui de parler.
Il se gratta l'oreille, tantôt cherchant, tantôt fuyant mon regard.
'Je sais ce que tu penses...' fit-il. 'Caroline, cette fille ne représente rien pour moi. Elle... C'est difficile à expliquer... Tu me haïras encore plus, après...'
« Je ne te haïs pas », voulus-je dire. Mais je me mordis la langue à temps.
Mark prit un air extrêmement malheureux :
'Je suis désolé si ça sonne trop crû, mais... C'est... Avec elle, c'est purement... purement...'
Il toussa.
'Purement sexuel ?' terminai-je à sa place, irritée.
'Eh bien...'
Il hocha la tête.
'Il faut que tu saches... Que tu comprennes... Enfin... Pour comprendre, ou essayer de comprendre... il faut que tu saches que ce n'est pas... Tu vois, un psy qualifierait sans doute ça de... carences affectives. Je... mes parents ; ma mère... Je les ai quasiment pas connus. J'ai quelques souvenirs comme ça, plutôt vagues ; très flous... J'en parle pas, parce que j'ai pas envie que les gens me plaignent, tu comprends ? Mais mon enfance n'a pas été des plus roses. Evidemment y a pire, mais... Jusqu'à l'âge de onze ans... Enfin, de sept à onze ans, j'avais vécu dans des foyers. C'était l'enfer. Alors j'avais fugué. J'ai été à la rue pendant des années. Je m'en suis sorti comme j'ai pu.'
'Caroline...'
Je m'appuyai contre le mur, face à lui, les bras croisés, en essayant d'ignorer les martèlements dans mon crâne. Sacrée migraine qui refusait de passer !
Je n'avais toujours rien dit. C'était à lui de parler.
Il se gratta l'oreille, tantôt cherchant, tantôt fuyant mon regard.
'Je sais ce que tu penses...' fit-il. 'Caroline, cette fille ne représente rien pour moi. Elle... C'est difficile à expliquer... Tu me haïras encore plus, après...'
« Je ne te haïs pas », voulus-je dire. Mais je me mordis la langue à temps.
Mark prit un air extrêmement malheureux :
'Je suis désolé si ça sonne trop crû, mais... C'est... Avec elle, c'est purement... purement...'
Il toussa.
'Purement sexuel ?' terminai-je à sa place, irritée.
'Eh bien...'
Il hocha la tête.
'Il faut que tu saches... Que tu comprennes... Enfin... Pour comprendre, ou essayer de comprendre... il faut que tu saches que ce n'est pas... Tu vois, un psy qualifierait sans doute ça de... carences affectives. Je... mes parents ; ma mère... Je les ai quasiment pas connus. J'ai quelques souvenirs comme ça, plutôt vagues ; très flous... J'en parle pas, parce que j'ai pas envie que les gens me plaignent, tu comprends ? Mais mon enfance n'a pas été des plus roses. Evidemment y a pire, mais... Jusqu'à l'âge de onze ans... Enfin, de sept à onze ans, j'avais vécu dans des foyers. C'était l'enfer. Alors j'avais fugué. J'ai été à la rue pendant des années. Je m'en suis sorti comme j'ai pu.'
Je l'écoutais, la gorge nouée, le visage brûlant. Ma fièvre semblait grimper au fur et à mesure qu'il progressait dans son histoire. C'était pénible à écouter.
'Ce n'était pas facile, tu sais. Quand tu es à la rue ; tu n'es rien. Les gens te calculent à peine. Tu dois te rabaisser constamment... Et puis tu es seul. Toujours cette solitude. Personne pour se soucier de ton sort. Si tu crèves ; personne ne sera là pour te pleurer. Après... Bon, tu te donnes une raison d'exister. Et moi, j'avais besoin d'amour. Alors j'accumulais les conquêtes. Ça ne durait jamais, parce que je bougeais souvent ; j'évitais de m'attacher. C'est pas terrible, je sais. Ça fait de moi un salaud, sans doute. Un homme à femmes, quoi. Mais il fallait bien...'
Il s'interrompit puis secoua la tête. Comme s'il avait voulu dire quelque chose d'important, et changé d'avis en cours de route.
'Quoi qu'il en soit ; j'ai pris de mauvaises habitudes. J'essaye de les perdre, mais ce n'est pas si facile que ça. Il m'arrive de... Je vois des filles. C'est sans lendemain. Je me rends compte... Je sais que je ne suis pas un mec bien ; un mec pour toi. C'est pour ça que je ne... Caroline, je n'ai jamais voulu profiter de toi. Je ne te vois pas comme... comme elles. J'imagine que c'est inconcevable pour toi, que tu... ce n'est pas quelque chose que tu pourras accepter. Moi, je... Je suis prêt à faire des efforts, tu sais. Changer. Mais ça prendra forcément du temps...'
Il écarta les bras en signe d'impuissance, tout en fixant ses chaussures.
Je me sentais littéralement assommée par son histoire. Je ne savais plus du tout où j'en étais. Je n'arrivais pas à comprendre comment je faisais pour ne pas lui en vouloir ; comment je faisais pour ne pas me sentir humiliée, blessée, dégoûtée... Mais voilà ; là, je n'arrivais pas à le voir comme un vulgaire séducteur. Je voyais le petit garçon qu'il m'avait décrit. Un ado à la dérive... La rue... Je n'osais même pas imaginer l'enfer ; je me doutais bien qu'il avait dû vivre de terribles épreuves ; qu'il ne m'avait pas tout dit. J'avais encore tant de questions ! Sur la façon dont il avait réussi à s'en sortir, sur tout cet argent qu'il possédait alors qu'il se disait sans emploi, sur ce type louche qui avait débarqué chez lui, sur ce qu'il attendait de moi, au juste... Je voulais aussi savoir où il trouvait ces filles ; comment il s'arrangeait... Ça ne me paraissait pas clair, cette histoire. Et, évidemment, il fallait que je sache s'il s'était toujours protégé...
Oui ; j'avais besoin de réponses à toutes ces questions. Mais en le regardant, là, le visage enfoui dans ses mains, ramassé sur lui-même, je n'arrivais pas à me résoudre à lancer cet interrogatoire. Je me sentais comme si je martyrisais un enfant. Oui ; il était coupable ; responsable de ses actes. Mais jusqu'à quel point ? J'étudiais la psychologie. J'avais lu tant de livres divers sur tant de sujets divers !... Je savais, par exemple, que les hommes, contrairement aux femmes, pouvaient vraiment dissocier sexe et sentiments. Dans l'absolu, bien évidemment. Je savais aussi à quel point une enfance équilibrée est primordiale pour faire un adulte stable sur le plan relationnel ; émotionnel...
Je ne lui en voulais pas. Non. Je voulais l'aider. L'épauler. Je l'aimais. Je me sentais prête à accepter ça le temps de l'aider à changer. Tout individu pouvait changer ; tout individu avait le droit à une seconde chance ; à une sorte de rédemption. Et Mark était conscient qu'il avait un problème, alors à priori je devrais pouvoir l'aider...
Mon amour propre avait sacrément perdu du terrain sur ce coup. Je ne me reconnaissais vraiment pas ; je ne me reconnaissais plus. Si, un jour, quelqu'un m'aurait décrit cette situation et ce genre de réaction, j'aurais été indignée que l'on puisse me croire capable de tomber aussi bas ; encaisser quelque chose comme ça... Et pourtant...
Au lieu de lui dire de s'en aller, maintenant ; au lieu de l'expédier froidement ou de lui poser toutes les questions que j'avais à lui poser afin d'en finir une fois pour toutes, je m'avançai vers lui et posai une main réconfortante sur son épaule. Il tressaillit, ne s'étant pas attendu à ce contact, et ses yeux larmoyants se levèrent vers moi.
'Je suis désolée pour toi', fis-je.
Il sembla vraiment surpris.
'Non. Non', protesta-t-il, 'tu n'as pas à l'être. C'est moi qui suis désolé. Je ne voulais pas te faire souffrir. Je ne veux pas te faire de mal.'
Mark enfouit sa tête entre mes seins et m'enlaça. Il s'agrippa à moi avec une sorte de désespoir, me serrant fort contre lui. Je fus tout d'abord un peu déstabilisée par cette étreinte ; incapable de la lui rendre. Comme il ne me lâchait pas, je finis par entourer sa tête de mes bras, et je me mis à lui caresser les cheveux. Il tremblait.
'Excuse-moi, Caroline', murmurait-il d'une voix étranglée. 'Excuse-moi...'
Je sentais les larmes me monter aux yeux. Je ne savais même pas trop pourquoi. Peut-être de le voir si vulnérable, d'un seul coup. Peut-être parce que je sentais ses remords sincères. Difficile à dire. Je renversai la tête en arrière, dans l'espoir de les retenir. Mais en vain. Je sentis les larmes rouler lentement sur mes joues. Au bout de quelques instants je dus porter une main à mon visage pour l'essuyer. Sans me relâcher, Mark écarta sa tête de ma poitrine et la releva vers moi. Lorsqu'il vit mes larmes, il eut l'air tout secoué :
'Oh, non, Caroline. Je ne veux pas que tu pleures à cause de moi ! S'il te plaît...'
Il prit mon visage entre ses mains et se mit à essuyer mes larmes de ses doigts. Sa lèvre inférieure tremblait.
'Je te demande pardon...' fit-il pour la énième fois.
J'ouvris la bouche pour lui dire que là, ce n'était pas vraiment à cause de lui que je pleurais ; pas pour la raison qu'il croyait, du moins... mais aucun son n'en sorti. Après avoir rapidement ôté les dernières traces de larmes de ma figure, Mark me souleva doucement du sol et m'assit sur ses genoux. Je ne lui facilitai pas spécialement la tâche, mais je n'opposai pas de résistance non plus. J'avais vraiment du mal à savoir où j'en étais ; je me sentais quelque part à côté de la plaque. Fatiguée, lasse, avec cette migraine qui refusait de s'en aller. Au fond, là, davantage que de poser tout le problème à plat, j'avais besoin de me retrouver là où j'étais à présent : tout contre lui. Ne plus penser ; ne plus me concentrer. Profiter de sa présence ; de ses bras. Il n'était pas un homme mauvais, je le savais ; j'en étais intimement convaincue. Alors il n'y avait pas de mal à ça...
'Je suis désolée pour toi', fis-je.
Il sembla vraiment surpris.
'Non. Non', protesta-t-il, 'tu n'as pas à l'être. C'est moi qui suis désolé. Je ne voulais pas te faire souffrir. Je ne veux pas te faire de mal.'
Mark enfouit sa tête entre mes seins et m'enlaça. Il s'agrippa à moi avec une sorte de désespoir, me serrant fort contre lui. Je fus tout d'abord un peu déstabilisée par cette étreinte ; incapable de la lui rendre. Comme il ne me lâchait pas, je finis par entourer sa tête de mes bras, et je me mis à lui caresser les cheveux. Il tremblait.
'Excuse-moi, Caroline', murmurait-il d'une voix étranglée. 'Excuse-moi...'
Je sentais les larmes me monter aux yeux. Je ne savais même pas trop pourquoi. Peut-être de le voir si vulnérable, d'un seul coup. Peut-être parce que je sentais ses remords sincères. Difficile à dire. Je renversai la tête en arrière, dans l'espoir de les retenir. Mais en vain. Je sentis les larmes rouler lentement sur mes joues. Au bout de quelques instants je dus porter une main à mon visage pour l'essuyer. Sans me relâcher, Mark écarta sa tête de ma poitrine et la releva vers moi. Lorsqu'il vit mes larmes, il eut l'air tout secoué :
'Oh, non, Caroline. Je ne veux pas que tu pleures à cause de moi ! S'il te plaît...'
Il prit mon visage entre ses mains et se mit à essuyer mes larmes de ses doigts. Sa lèvre inférieure tremblait.
'Je te demande pardon...' fit-il pour la énième fois.
J'ouvris la bouche pour lui dire que là, ce n'était pas vraiment à cause de lui que je pleurais ; pas pour la raison qu'il croyait, du moins... mais aucun son n'en sorti. Après avoir rapidement ôté les dernières traces de larmes de ma figure, Mark me souleva doucement du sol et m'assit sur ses genoux. Je ne lui facilitai pas spécialement la tâche, mais je n'opposai pas de résistance non plus. J'avais vraiment du mal à savoir où j'en étais ; je me sentais quelque part à côté de la plaque. Fatiguée, lasse, avec cette migraine qui refusait de s'en aller. Au fond, là, davantage que de poser tout le problème à plat, j'avais besoin de me retrouver là où j'étais à présent : tout contre lui. Ne plus penser ; ne plus me concentrer. Profiter de sa présence ; de ses bras. Il n'était pas un homme mauvais, je le savais ; j'en étais intimement convaincue. Alors il n'y avait pas de mal à ça...
Je me laissai aller contre lui, passant mes bras autour de son cou, posant ma tête sur son épaule dans un soupir. Mark me blottit délicatement contre son cœur et nous nous berçâmes ainsi, lentement, en silence. Je ne suis pas en mesure de dire lequel d'entre nous deux trouvait ainsi le plus de réconfort auprès de l'autre. Tout ce que je sais, c'est que ça me fit énormément de bien.
'Si seulement tu pouvais me faire confiance', murmurai-je, 'alors je...'
'Chchch...' m'interrompit-il, à peine audible. 'Ne dis rien, s'il te plaît...'
Je compris qu'il tenait à profiter de ces moments au maximum ; en se laissant totalement aller à cette sensation de sécurité et de douceur que nous venions de créer. Je me tus, donc, et fermai les yeux. Peut-être que, pour effleurer le bonheur, rien qu'un peu, il suffisait de zapper quelques instants tous les éléments susceptibles de le rendre impossible. Oublier que Mark voyait d'autres filles, que ce corps qu'il m'offrait, d'autres avaient le droit de le caresser et de l'embrasser ; oublier qu'il n'avait pas d'emploi mais possédait pas mal d'argent malgré tout ; oublier qu'il avait des connaissances un peu louches comme ce gars venu le voir ; oublier toute cette douleur que j'avais ressentie en le voyant dans ce bar... Oublier tout. Y compris mon mal de tête. Faire le silence à l'intérieur ; faire des sensations tactiles le sens principal ; le seul ; l'unique... Ainsi, je me concentrai sur ses bras, si grands et protecteurs, qui se refermaient dans mon dos ; sur sa respiration ; sur les battements de son cœur ; sur son souffle ; sur la chaleur qui émanait de son corps ; sur l'effleurement de ses cheveux rebelles sur mon visage... Sur sa présence, tout simplement. Et, effectivement, je ressentis une certaine plénitude.
'Si seulement tu pouvais me faire confiance', murmurai-je, 'alors je...'
'Chchch...' m'interrompit-il, à peine audible. 'Ne dis rien, s'il te plaît...'
Je compris qu'il tenait à profiter de ces moments au maximum ; en se laissant totalement aller à cette sensation de sécurité et de douceur que nous venions de créer. Je me tus, donc, et fermai les yeux. Peut-être que, pour effleurer le bonheur, rien qu'un peu, il suffisait de zapper quelques instants tous les éléments susceptibles de le rendre impossible. Oublier que Mark voyait d'autres filles, que ce corps qu'il m'offrait, d'autres avaient le droit de le caresser et de l'embrasser ; oublier qu'il n'avait pas d'emploi mais possédait pas mal d'argent malgré tout ; oublier qu'il avait des connaissances un peu louches comme ce gars venu le voir ; oublier toute cette douleur que j'avais ressentie en le voyant dans ce bar... Oublier tout. Y compris mon mal de tête. Faire le silence à l'intérieur ; faire des sensations tactiles le sens principal ; le seul ; l'unique... Ainsi, je me concentrai sur ses bras, si grands et protecteurs, qui se refermaient dans mon dos ; sur sa respiration ; sur les battements de son cœur ; sur son souffle ; sur la chaleur qui émanait de son corps ; sur l'effleurement de ses cheveux rebelles sur mon visage... Sur sa présence, tout simplement. Et, effectivement, je ressentis une certaine plénitude.
La sonnerie de son portable tua ces doux moments. Je m'écartai de lui et il porta la main à sa poche, l'air déçu, lui aussi. Mais il ne décrocha pas. Il éteignit son portable sans même regarder qui l'appelait. Puis, il écarta une mèche de mon front et fronça les sourcils :
'Tu es brûlante !' réalisa-il.
'Je dois avoir de la fièvre', marmonnai-je.
Il me passa la main sur le front, puis sur les joues. Un peu comme le faisait ma mère, quand j'étais petite.
'Oui ; j'en doute pas', conclut-il. 'Tu as pris un médicament ?'
Je tournai la tête de gauche à droite. Un mouvement on ne peut plus flegmatique, mais qui multiplia la douleur par deux et me fit me sentir comme si ma tête allait se décrocher.
'J'ai plus rien comme trucs pour la fièvre', articulai-je tant bien que mal. 'Enfin, contre...'
'J'avais bien compris', assura-t-il, soucieux. 'Attends, tu vas être bien....'
Sans me laisser le temps de protester, il me prit dans ses bras en passant une main sous mon dos et l'autre sous mes genoux, me souleva comme si je ne pesais pas plus qu'une plume, se leva et m'allongea sur le canapé, en s'arrangeant pour bien caler ma tête sur le coussin. Je le remerciai du regard.
'Bouge pas. Je vais aller à la pharmacie ; je te rapporte un médicament. Ou alors, j'appelle un médecin ; comme tu veux.'
'Non ; merci ; ça va passer ; pas besoin de médecin ni de te dépl...'
'Pas de médecin ; d'accord. Mais je file quand-même à la pharmacie. J'en ai vu une en route. J'en ai pour dix minutes ; même pas.'
'D'accord', acceptai-je. 'Je prends de l'Advil, en général...'
D'un seul coup, je me sentais vraiment très, très faible. J'avais les joues en feu. Je somnolais à moitié quand Mark revint à l'appartement. Entre temps, j'avais trouvé une cause probable à mon épatante forme : je n'avais rien avalé de la journée à part une compote aux pommes. Ça pouvait expliquer ma faiblesse ; le stress justifiant la migraine. Je préférais cette hypothèse à l'éventualité de couver une grippe ; je détestais me retrouver cloitrée chez moi, clouée au lit.
'Je t'ai pris de l'Advil, de l'aspirine, du coca et des gâteaux !' m'annonça Mark.
'La médecine a drôlement évolué depuis la dernière fois que j'ai eu besoin de remède contre la fièvre', grommelai-je en me soulevant du coussin.
Il me lança un regard et un sourire amusés. J'avais été assez satisfaite de ma plaisanterie.
'Merci', ajoutai-je.
Mark disparut dans la cuisine et réapparut quelques secondes plus tard, avec un verre d'eau dans une main et un cachet dans l'autre. Il me tendit les deux et je les pris avec reconnaissance.
'Merci', répétai-je.
'Tu es brûlante !' réalisa-il.
'Je dois avoir de la fièvre', marmonnai-je.
Il me passa la main sur le front, puis sur les joues. Un peu comme le faisait ma mère, quand j'étais petite.
'Oui ; j'en doute pas', conclut-il. 'Tu as pris un médicament ?'
Je tournai la tête de gauche à droite. Un mouvement on ne peut plus flegmatique, mais qui multiplia la douleur par deux et me fit me sentir comme si ma tête allait se décrocher.
'J'ai plus rien comme trucs pour la fièvre', articulai-je tant bien que mal. 'Enfin, contre...'
'J'avais bien compris', assura-t-il, soucieux. 'Attends, tu vas être bien....'
Sans me laisser le temps de protester, il me prit dans ses bras en passant une main sous mon dos et l'autre sous mes genoux, me souleva comme si je ne pesais pas plus qu'une plume, se leva et m'allongea sur le canapé, en s'arrangeant pour bien caler ma tête sur le coussin. Je le remerciai du regard.
'Bouge pas. Je vais aller à la pharmacie ; je te rapporte un médicament. Ou alors, j'appelle un médecin ; comme tu veux.'
'Non ; merci ; ça va passer ; pas besoin de médecin ni de te dépl...'
'Pas de médecin ; d'accord. Mais je file quand-même à la pharmacie. J'en ai vu une en route. J'en ai pour dix minutes ; même pas.'
'D'accord', acceptai-je. 'Je prends de l'Advil, en général...'
D'un seul coup, je me sentais vraiment très, très faible. J'avais les joues en feu. Je somnolais à moitié quand Mark revint à l'appartement. Entre temps, j'avais trouvé une cause probable à mon épatante forme : je n'avais rien avalé de la journée à part une compote aux pommes. Ça pouvait expliquer ma faiblesse ; le stress justifiant la migraine. Je préférais cette hypothèse à l'éventualité de couver une grippe ; je détestais me retrouver cloitrée chez moi, clouée au lit.
'Je t'ai pris de l'Advil, de l'aspirine, du coca et des gâteaux !' m'annonça Mark.
'La médecine a drôlement évolué depuis la dernière fois que j'ai eu besoin de remède contre la fièvre', grommelai-je en me soulevant du coussin.
Il me lança un regard et un sourire amusés. J'avais été assez satisfaite de ma plaisanterie.
'Merci', ajoutai-je.
Mark disparut dans la cuisine et réapparut quelques secondes plus tard, avec un verre d'eau dans une main et un cachet dans l'autre. Il me tendit les deux et je les pris avec reconnaissance.
'Merci', répétai-je.
Après m'avoir débarrassée du verre, Mark hésita, en plein milieu du salon.
'Tu veux que j'y aille et te laisse dormir ou... ?'
Il laissa la phrase en suspens, l'air de ne pas savoir à quel saint se vouer.
'Tu as apporté du coca et des gâteaux ; tu vas bien rester pour ça', fis-je. 'L'Advil me réussit bien ; je pense que ça passera vite. Enfin, j'espère...'
'Dès que tu veux que je m'en aille, tu me le dis. Je ne veux pas t'importuner ; je t'ai causé assez de soucis comme ça', me déclara-t-il.
Je décidai de profiter de l'occasion pour glisser au moins une question :
'Mark... Est-ce que tu m'as vraiment tout dit ?'
Il prit un air à la fois très ennuyé et grave :
'Ecoute, je ne pense pas que ce soit le moment...'
'Ça veut dire « non », ça...' constatai-je.
Il sembla vouloir protester, puis se ravisa :
'Tu as raison. Il y a des choses qui... C'est vrai. Je ne t'ai pas tout dit. Mais je ne peux pas... Pas là, pas comme ça... Un jour... Mais tu sais déjà une bonne partie... Le plus difficile, sans doute. Le plus difficile pour toi, et je te demande encore de m'excuser... Le reste... Je pense que ce sera du détail...'
'Bizarrement j'ai l'impression que non', objectai-je en me massant la tempe.
'Bon... peut-être pas', admit-il.
D'un seul coup, je crus comprendre :
'Tu ne veux plus me revoir, n'est-ce pas ?'
Mark s'accroupit au pied du canapé, près de moi. Il plongea son regard émeraude dans le mien.
'Caroline, tu pourrais envisager d'être avec un mec comme moi ? Très franchement ? Après ce que tu viens d'apprendre ?'
'Tu as dit que tu pourras faire des efforts...'
Il secoua la tête :
'Oui, mais ce n'est pas si simple.'
Je détournai les yeux et fixai le mur en face de moi.
'Ça veut dire quoi, ça ?' demandai-je d'une voix plate.
Sa main se referma sur la mienne.
'Ça veut dire qu'il y a des choses sur lesquelles je n'ai pas vraiment de contrôle. Des choses qui ne dépendent pas que de moi. On ne raye pas d'un accès de bonne volonté des années d'habitudes... On ne change pas en un claquement de doigts.'
'Je sais. Je sais ; c'est évident. Mais ça, quand-même...'
Il pressa ma main :
'Caroline, s'il te plaît... Tu es fatiguée. Fiévreuse. N'y pense pas pour l'instant. Repose-toi. Laisse-moi m'occuper de toi ce soir et ne te pose pas de questions.'
'Je veux juste savoir si on se reverra.'
'Si tu le veux, oui', répondit-il.
'Et toi, tu le veux ?'
'Je ne veux pas te faire souffrir', fit-il, un peu évasivement à mon goût.
Néanmoins, je compris bien ce qu'il voulait dire par là.
'Ce sera à moi de décider, c'est ça ?'
'Exactement', fit-il.
'Est-ce que je peux espérer que tu me dises tout, un jour ?' voulus-je savoir.
'Oui', assura-t-il.
'Quand ?'
'Quand je serai prêt.'
En d'autres mots, ça devait vouloir dire : « Quand je serai certain de pouvoir te faire entièrement confiance ». C'était vexant ; frustrant. Comme si c'était à lui d'avoir peur de moi, alors que la logique pointait l'inverse !...
'Tu veux que j'y aille et te laisse dormir ou... ?'
Il laissa la phrase en suspens, l'air de ne pas savoir à quel saint se vouer.
'Tu as apporté du coca et des gâteaux ; tu vas bien rester pour ça', fis-je. 'L'Advil me réussit bien ; je pense que ça passera vite. Enfin, j'espère...'
'Dès que tu veux que je m'en aille, tu me le dis. Je ne veux pas t'importuner ; je t'ai causé assez de soucis comme ça', me déclara-t-il.
Je décidai de profiter de l'occasion pour glisser au moins une question :
'Mark... Est-ce que tu m'as vraiment tout dit ?'
Il prit un air à la fois très ennuyé et grave :
'Ecoute, je ne pense pas que ce soit le moment...'
'Ça veut dire « non », ça...' constatai-je.
Il sembla vouloir protester, puis se ravisa :
'Tu as raison. Il y a des choses qui... C'est vrai. Je ne t'ai pas tout dit. Mais je ne peux pas... Pas là, pas comme ça... Un jour... Mais tu sais déjà une bonne partie... Le plus difficile, sans doute. Le plus difficile pour toi, et je te demande encore de m'excuser... Le reste... Je pense que ce sera du détail...'
'Bizarrement j'ai l'impression que non', objectai-je en me massant la tempe.
'Bon... peut-être pas', admit-il.
D'un seul coup, je crus comprendre :
'Tu ne veux plus me revoir, n'est-ce pas ?'
Mark s'accroupit au pied du canapé, près de moi. Il plongea son regard émeraude dans le mien.
'Caroline, tu pourrais envisager d'être avec un mec comme moi ? Très franchement ? Après ce que tu viens d'apprendre ?'
'Tu as dit que tu pourras faire des efforts...'
Il secoua la tête :
'Oui, mais ce n'est pas si simple.'
Je détournai les yeux et fixai le mur en face de moi.
'Ça veut dire quoi, ça ?' demandai-je d'une voix plate.
Sa main se referma sur la mienne.
'Ça veut dire qu'il y a des choses sur lesquelles je n'ai pas vraiment de contrôle. Des choses qui ne dépendent pas que de moi. On ne raye pas d'un accès de bonne volonté des années d'habitudes... On ne change pas en un claquement de doigts.'
'Je sais. Je sais ; c'est évident. Mais ça, quand-même...'
Il pressa ma main :
'Caroline, s'il te plaît... Tu es fatiguée. Fiévreuse. N'y pense pas pour l'instant. Repose-toi. Laisse-moi m'occuper de toi ce soir et ne te pose pas de questions.'
'Je veux juste savoir si on se reverra.'
'Si tu le veux, oui', répondit-il.
'Et toi, tu le veux ?'
'Je ne veux pas te faire souffrir', fit-il, un peu évasivement à mon goût.
Néanmoins, je compris bien ce qu'il voulait dire par là.
'Ce sera à moi de décider, c'est ça ?'
'Exactement', fit-il.
'Est-ce que je peux espérer que tu me dises tout, un jour ?' voulus-je savoir.
'Oui', assura-t-il.
'Quand ?'
'Quand je serai prêt.'
En d'autres mots, ça devait vouloir dire : « Quand je serai certain de pouvoir te faire entièrement confiance ». C'était vexant ; frustrant. Comme si c'était à lui d'avoir peur de moi, alors que la logique pointait l'inverse !...
Comme je le sentais se refermer sur lui-même au fur et à mesure que j'avançais dans mes questionnements, je décidai de laisser tomber avant de le « perdre » à nouveau ; avant qu'il ne redevienne totalement froid et distant, comme ça lui était déjà arrivé par le passé.
Mon mal de tête finit par se dissiper. Mark et moi nous mîmes à table, pour manger les gâteaux accompagnés de coca. Une situation des plus banales, mais sympathique ; et manger me fit énormément de bien. Aussi étrange que ça puisse le paraître, je ne me sentais pas mal à l'aise avec lui. Je devrais, en théorie. Après ce que j'avais vu et appris... Mais non. Sa présence à mes côtés semblait aller de soi. Un peu comme si tout le reste n'avait été qu'un mauvais rêve.
Peu importe si, quelque part au plus profond de moi, mon amour propre me le reprochait, mais quand je regardais Mark, là, assis devant moi, je ne parvenais pas à m'empêcher d'avoir envie de me retrouver dans ses bras. Je fixais son torse, si ferme, ses épaules, si larges, la courbe de son cou... et je me rappelais dans les moindres détails à quel point j'avais adoré la sensation de mes mains qui parcouraient ce corps ; je me rappelais également ce grand pincement au cœur que j'avais ressenti en le voyant avec cette fille ; quand j'avais pensé que, du coup, plus jamais je n'allais pouvoir le retrouver... Tout ça me submergeait, maintenant.
Que c'était loin de mes rêves de petite fille ; du prince charmant que j'aimerais pour ma vie ; qui serait à moi ; rien qu'à moi ; qui m'aimerait comme un fou !... Comme c'était loin de la relation idéale, par définition ! Comme c'était loin de cette pureté et part d'innocence dont toutes les femmes ont en général besoin !... Mais comme c'était fort et enivrant, à la fois ! Comme c'était puissant ! Et puis, le fait qu'un homme comme lui m'ait regardée ; se soit intéressée à moi... quelque part, rien que ça, c'était trop beau ; presque irréel ; inespérable. Donc, forcément, il y avait un sacré prix à payer, pour ce miracle.
« Tu mérites mieux ! » me criait la raison.
« Mais c'est lui que tu aimes ; c'est lui que tu veux ! » renchérissait le cœur. C'était moi qui me remettais d'une sacrée fièvre, mais Mark avait vraiment une tête de déterré ; comme je l'avais remarqué dès qu'il était venu. Et pourtant, malgré ça, il était plus que désirable. Paradoxalement, ça renforçait à la fois son côté viril et son côté vulnérable. Je voulais qu'il reste, cette nuit. Je m'en fichais des conséquences. De ce qu'il allait penser de moi ; de ce que Sam penserait de moi, de ce que Léa penserait de moi... de ce que JE penserais de moi. De toute façon, les limites de mon propre seuil de tolérance, je les avais déjà bien franchies. Qu'avais-je à perdre ?
« Mais c'est lui que tu aimes ; c'est lui que tu veux ! » renchérissait le cœur. C'était moi qui me remettais d'une sacrée fièvre, mais Mark avait vraiment une tête de déterré ; comme je l'avais remarqué dès qu'il était venu. Et pourtant, malgré ça, il était plus que désirable. Paradoxalement, ça renforçait à la fois son côté viril et son côté vulnérable. Je voulais qu'il reste, cette nuit. Je m'en fichais des conséquences. De ce qu'il allait penser de moi ; de ce que Sam penserait de moi, de ce que Léa penserait de moi... de ce que JE penserais de moi. De toute façon, les limites de mon propre seuil de tolérance, je les avais déjà bien franchies. Qu'avais-je à perdre ?
Il me semblait éphémère. Je pensais à cette chanson de Dirty Dancing : ''She's like the Wind''. IL était comme le vent. Un souffle passager dans ma vie. Je voulais qu'on se mette ensemble ; j'étais prête à me battre pour ça. Mais, en même temps, je sentais bien que ça n'allait pas être possible. Il demeurait toujours, d'une façon ou d'une autre, hors de ma portée. Même là, à présent. Assis si près de moi et pourtant... Il pensait à des choses auxquelles je n'avais pas accès ; son regard était éteint, ses traits fermés. Il allait se lever et partir ; bientôt ; très bientôt. Je le sentais. Je le savais. Il fallait à tout prix que je... que je le retienne. Au moins un peu...
'J'aimerais que tu restes là, cette nuit', déclarai-je d'une traite, de peur que cette audace soudaine disparaisse aussi rapidement qu'elle était survenue.
Mark se figea, surpris, le rebord du verre de coca touchant ses lèvres. Si j'avais encore attendu une seconde, possible qu'il aurait avalé de travers.
'Pardon ?' fit-il en écarquillant ses yeux verts.
'Tu as bien entendu', soupirai-je. 'A moins que tu aies d'autres plans...'
Il saisit le sous-entendu à en juger par sa façon de se mettre sur la défensive :
'Non, non ! Je n'ai rien de prévu pour ce soir. Mais...' il se gratta derrière l'oreille 'Tu as vu ma tête ?'
'Qu'est-ce qu'elle a, ta tête ?' je feignis de ne pas comprendre.
'J'ai quasiment pas dormi, la nuit dernière. J'ai somnolé dans la voiture d'un pote quelques heures ; dans ces mêmes habits... Je ne me sens pas très frais, si tu vois ce que je veux dire...'
'Tu peux prendre une douche ici', insistai-je. 'Tu peux même te raser ; j'ai un paquet de rasoirs tout neuf.'
Mark se figea, surpris, le rebord du verre de coca touchant ses lèvres. Si j'avais encore attendu une seconde, possible qu'il aurait avalé de travers.
'Pardon ?' fit-il en écarquillant ses yeux verts.
'Tu as bien entendu', soupirai-je. 'A moins que tu aies d'autres plans...'
Il saisit le sous-entendu à en juger par sa façon de se mettre sur la défensive :
'Non, non ! Je n'ai rien de prévu pour ce soir. Mais...' il se gratta derrière l'oreille 'Tu as vu ma tête ?'
'Qu'est-ce qu'elle a, ta tête ?' je feignis de ne pas comprendre.
'J'ai quasiment pas dormi, la nuit dernière. J'ai somnolé dans la voiture d'un pote quelques heures ; dans ces mêmes habits... Je ne me sens pas très frais, si tu vois ce que je veux dire...'
'Tu peux prendre une douche ici', insistai-je. 'Tu peux même te raser ; j'ai un paquet de rasoirs tout neuf.'
Bonjour l'ambition !...
Mais tant pis. Au point où j'en étais, de toute façon...
Mais tant pis. Au point où j'en étais, de toute façon...
'Ne me regarde pas comme ça, s'il te plaît', lui demandai-je en sentant mes joues s'empourprer. 'Je ne veux pas que tu... enfin, qu'on... J'aimerais juste...'
Il me lança un sourire qui me dispensa de finir et qui me fit beaucoup de bien au moral.
'D'accord, Caroline. Je suis heureux que tu... malgré tout ce que tu as appris, que je ne te dégoûte pas. Je te remercie. Vraiment.'
Nous tendîmes nos bras en même temps afin de nous prendre la main. Lui pour me « remercier » ; moi pour le rassurer. Parce qu'il y avait eu quelque chose au-delà de la culpabilité, dans sa voix. Quelque chose d'étrange, quand il avait prononcé le mot « dégoûte ». Quelque chose qui m'inquiéta et me serra le cœur...
Il me lança un sourire qui me dispensa de finir et qui me fit beaucoup de bien au moral.
'D'accord, Caroline. Je suis heureux que tu... malgré tout ce que tu as appris, que je ne te dégoûte pas. Je te remercie. Vraiment.'
Nous tendîmes nos bras en même temps afin de nous prendre la main. Lui pour me « remercier » ; moi pour le rassurer. Parce qu'il y avait eu quelque chose au-delà de la culpabilité, dans sa voix. Quelque chose d'étrange, quand il avait prononcé le mot « dégoûte ». Quelque chose qui m'inquiéta et me serra le cœur...
J'adorais plus que tout cette sensation de nos doigts s'entremêlant, paume contre paume. Oh bon sang, qu'est-ce que ça m'avait manqué !... Ses mains étaient si grandes, si chaudes... Et il y avait, à mes yeux, beaucoup de romantisme et de désir patient dans ce geste. On entrelaçait nos doigts comme on aurait aimé entrelacer nos corps. Mais là c'était chaste, innocent... Tout ce qu'il me fallait ; tout ce dont j'avais vraiment besoin pour le moment. Même si quelque chose en moi s'arrachait en réclamant bien davantage, je voulais à tout prix profiter de ces instants purs, qui n'engageaient pas, ne forçaient pas de fausses promesses...
Mark resta.
Peut-être parce qu'il en avait vraiment envie, peut-être pour se faire pardonner, peut-être pour permettre à tout ce leurre de continuer... Je n'en savais rien et je ne voulais pas savoir. En tout cas, il resta.
Je pris une douche en premier puis j'allai déplier le canapé du salon afin d'en faire un lit digne de ce nom. Celui de ma chambre était bien trop petit pour nous deux, à moins que l'on ait décidé de rester étendus au garde-à-vous toute la nuit.
Pendant que je me débattais avec les draps, Mark, soucieux de son apparence, prenait soin de lui dans la salle de bain. Je lui avais passé des serviettes, mais, côté habits, je n'avais pas pu le dépanner. Lui, il m'avait prêté un T-shirt, mais moi, je me voyais mal lui passer l'une de mes nuisettes. Certes, j'avais quelques vêtements de sport, mais il était évident, vu sa stature, que Mark n'allait pas pouvoir rentrer dans le plus grand et le plus large de mes T-shirts.
Peut-être parce qu'il en avait vraiment envie, peut-être pour se faire pardonner, peut-être pour permettre à tout ce leurre de continuer... Je n'en savais rien et je ne voulais pas savoir. En tout cas, il resta.
Je pris une douche en premier puis j'allai déplier le canapé du salon afin d'en faire un lit digne de ce nom. Celui de ma chambre était bien trop petit pour nous deux, à moins que l'on ait décidé de rester étendus au garde-à-vous toute la nuit.
Pendant que je me débattais avec les draps, Mark, soucieux de son apparence, prenait soin de lui dans la salle de bain. Je lui avais passé des serviettes, mais, côté habits, je n'avais pas pu le dépanner. Lui, il m'avait prêté un T-shirt, mais moi, je me voyais mal lui passer l'une de mes nuisettes. Certes, j'avais quelques vêtements de sport, mais il était évident, vu sa stature, que Mark n'allait pas pouvoir rentrer dans le plus grand et le plus large de mes T-shirts.
Après avoir non sans mal réussi à faire le lit, j'éteignis la lumière et me glissai sous la couverture. Pour patienter jusqu'au retour de Mark, j'allumai la télé.
Mark finit par débarquer, vêtu seulement d'un boxer blanc et noir. Ses cheveux étaient humides et il s'était rasé. Pas très bien, sans doute, vu qu'il n'avait que le savon à sa disposition, mais en tout cas suffisamment pour donner un aspect doux à son visage.
Je lui fis signe de venir à côté de moi et il ne se fit pas prier.
'J'ai laissé mes vêtements dans la salle de bain ; ça ne te dérange pas ?' demanda-t-il en s'emmitouflant dans la couette.
'Pas du tout.'
'Mmmmm tu sens bon !' fit-il en venant humer la base de ma nuque.
'Toi aussi', lui renvoyai-je le compliment.
Sous la couverture, sa main se posa sur mon ventre, puis son bras s'enroula autour de ma taille. Ma tête roula sur son épaule et je passai mon bras sur le sien, de sorte à lui rendre au moins un peu son étreinte.
'Il y a quelque chose de bien, à la télé ?' demanda-t-il doucement en jetant un coup d'œil à l'écran.
'Non, pas vraiment. Tu veux que j'éteigne ?'
'Comme tu le sens.'
A tâtons, je trouvai la télécommande et j'éteignis la télé. Nous nous retrouvâmes plongés dans une obscurité à couper au couteau. Mark me serra un peu plus fort que lui. Dans le noir, je souris ; une fois de plus émerveillée par toute la chaleur qu'il dégageait. Je me tournai face à lui, posant ma tête sur son torse. Il se mit à me caresser les cheveux et le dos. Très sagement. Il semblait avoir pris au pied de la lettre cette phrase que je n'avais pas réussi à finir. De mon côté, je n'étais plus du tout, mais alors plus du tout, certaine de vouloir rester sage. Je commençai à lui rendre ses caresses, mais d'une façon nettement plus insistante que la sienne ; descendant et remontant ma main le long de son torse. Toujours si étonnamment douce et tendre, sa peau. Si ferme, à la fois. Les poils situés au niveau de ses pectoraux se faufilaient agréablement entre mes doigts lorsque j'y faisais glisser ma main. Je sentais les battements de son cœur s'accélérer.
'Caroline, si tu veux passer une nuit vraiment tranquille... arrête', conseilla-t-il d'un ton rieur. 'Tu es en train de me rendre fou, là...'
'Rien qu'avec ça ?' demandai-je sur un ton innocent, alors que moi-même, je sentais mon excitation monter en flèche.
'Rien qu'avec ça...' confirma-t-il.
Je descendis ma main plus bas encore, un peu timidement, mais bien déterminée. Je la posai sur son intimité. Son boxer était tout tendu et légèrement humide. Je le caressai délicatement et Mark frémit.
'Je n'ai pas de capotes sur moi, en plus...' se plaignit-il. 'Et on ne fera rien sans ; c'est un principe auquel je tiens...'
'Bien sûr', déclarai-je. 'Je suis contente que tu voies les choses comme ça. Ne t'en fais pas...' Il m'avait sans doute trop manqué. Et j'avais sans doute eu vraiment trop peur de le perdre. C'était donc sans doute pour cette raison que je décidai de m'abandonner totalement au moment présent, sans m'interroger sur les conséquences possibles. Je voulais juste lui donner du plaisir ; tant pis pour la timidité. Quelque chose en moi me soufflait qu'il fallait à tout prix qu'il sente vraiment la différence entre moi et les autres filles qui avaient croisé son chemin. Je partais certes avec un certain handicap : ma virginité ; mon inexpérience. Mais, en même temps, j'avais aussi un sacré avantage sur elles, du moins de mon point de vue : je l'aimais vraiment ; je n'en avais pas que pour son corps. Et là, ce que je voulais désespérément, c'était qu'il le ressente. D'une façon ou d'une autre. J'étais certaine que c'était possible. Je ne voulais pas que ce soit purement sexuel ; mon objectif n'était pas d'essayer de devenir une bombe sexuelle. Ce que je voulais, c'était que ce soit, avant tout, un tout plein de tendresse. Je voulais que ma façon de le toucher et celle de me blottir contre lui parlent à ma place, faisant passer le message « je t'aime » au moindre contact. Peut-être qu'ainsi, j'allais pouvoir le retenir. Pas par le sexe. Par l'amour.
Mark finit par débarquer, vêtu seulement d'un boxer blanc et noir. Ses cheveux étaient humides et il s'était rasé. Pas très bien, sans doute, vu qu'il n'avait que le savon à sa disposition, mais en tout cas suffisamment pour donner un aspect doux à son visage.
Je lui fis signe de venir à côté de moi et il ne se fit pas prier.
'J'ai laissé mes vêtements dans la salle de bain ; ça ne te dérange pas ?' demanda-t-il en s'emmitouflant dans la couette.
'Pas du tout.'
'Mmmmm tu sens bon !' fit-il en venant humer la base de ma nuque.
'Toi aussi', lui renvoyai-je le compliment.
Sous la couverture, sa main se posa sur mon ventre, puis son bras s'enroula autour de ma taille. Ma tête roula sur son épaule et je passai mon bras sur le sien, de sorte à lui rendre au moins un peu son étreinte.
'Il y a quelque chose de bien, à la télé ?' demanda-t-il doucement en jetant un coup d'œil à l'écran.
'Non, pas vraiment. Tu veux que j'éteigne ?'
'Comme tu le sens.'
A tâtons, je trouvai la télécommande et j'éteignis la télé. Nous nous retrouvâmes plongés dans une obscurité à couper au couteau. Mark me serra un peu plus fort que lui. Dans le noir, je souris ; une fois de plus émerveillée par toute la chaleur qu'il dégageait. Je me tournai face à lui, posant ma tête sur son torse. Il se mit à me caresser les cheveux et le dos. Très sagement. Il semblait avoir pris au pied de la lettre cette phrase que je n'avais pas réussi à finir. De mon côté, je n'étais plus du tout, mais alors plus du tout, certaine de vouloir rester sage. Je commençai à lui rendre ses caresses, mais d'une façon nettement plus insistante que la sienne ; descendant et remontant ma main le long de son torse. Toujours si étonnamment douce et tendre, sa peau. Si ferme, à la fois. Les poils situés au niveau de ses pectoraux se faufilaient agréablement entre mes doigts lorsque j'y faisais glisser ma main. Je sentais les battements de son cœur s'accélérer.
'Caroline, si tu veux passer une nuit vraiment tranquille... arrête', conseilla-t-il d'un ton rieur. 'Tu es en train de me rendre fou, là...'
'Rien qu'avec ça ?' demandai-je sur un ton innocent, alors que moi-même, je sentais mon excitation monter en flèche.
'Rien qu'avec ça...' confirma-t-il.
Je descendis ma main plus bas encore, un peu timidement, mais bien déterminée. Je la posai sur son intimité. Son boxer était tout tendu et légèrement humide. Je le caressai délicatement et Mark frémit.
'Je n'ai pas de capotes sur moi, en plus...' se plaignit-il. 'Et on ne fera rien sans ; c'est un principe auquel je tiens...'
'Bien sûr', déclarai-je. 'Je suis contente que tu voies les choses comme ça. Ne t'en fais pas...' Il m'avait sans doute trop manqué. Et j'avais sans doute eu vraiment trop peur de le perdre. C'était donc sans doute pour cette raison que je décidai de m'abandonner totalement au moment présent, sans m'interroger sur les conséquences possibles. Je voulais juste lui donner du plaisir ; tant pis pour la timidité. Quelque chose en moi me soufflait qu'il fallait à tout prix qu'il sente vraiment la différence entre moi et les autres filles qui avaient croisé son chemin. Je partais certes avec un certain handicap : ma virginité ; mon inexpérience. Mais, en même temps, j'avais aussi un sacré avantage sur elles, du moins de mon point de vue : je l'aimais vraiment ; je n'en avais pas que pour son corps. Et là, ce que je voulais désespérément, c'était qu'il le ressente. D'une façon ou d'une autre. J'étais certaine que c'était possible. Je ne voulais pas que ce soit purement sexuel ; mon objectif n'était pas d'essayer de devenir une bombe sexuelle. Ce que je voulais, c'était que ce soit, avant tout, un tout plein de tendresse. Je voulais que ma façon de le toucher et celle de me blottir contre lui parlent à ma place, faisant passer le message « je t'aime » au moindre contact. Peut-être qu'ainsi, j'allais pouvoir le retenir. Pas par le sexe. Par l'amour.
Je le caressai quelques instants à travers le tissu, puis je remontai ma main sur son torse, basculai à moitié au-dessus de lui, tournai le visage et l'embrassai au coin des lèvres. Il entrouvrit la bouche, cherchant les miennes. Je jouai un peu à les éviter, en déposant de chastes baisers sur son visage, puis, n'y tenant plus, moi non plus, je permis à nos lèvres de se réunir ; à nos langues de s'entremêler. Ce baiser fut différent des précédents. Il n'était pas aussi impatient, aussi passionné. Plutôt très, voire trop doux. Comme si on apprenait seulement à se connaître. La langue de Mark se promenait lentement sur la mienne et dans ma bouche et s'écartait de temps en temps, pour mieux revenir. Il lécha le bout de mes lèvres, puis revint en moi avec davantage d'assurance. Je m'adaptais à son rythme, l'une de mes mains glissée dans ses cheveux, massant son crâne. De l'autre main, je lui caressais l'épaule, tandis que ses bras à lui enroulaient ma taille.
Après avoir décollé, un peu à regret, mes lèvres des siennes, je remontai un peu afin de lui mordiller, très délicatement, le lobe de son oreille, en y faisant aussi participer ma langue. Mark réagit comme si je lui avais envoyé une décharge électrique ; ses mains se refermèrent avec force sur moi, puis remontèrent sur mes omoplates pour me masser. Il commença à déposer des baisers brûlants dans mon cou ; collée à lui, je sentais son cœur battre très fort, très vite. Ça se sentait qu'il avait très envie d'aller plus loin, et qu'il faisait énormément d'efforts sur lui-même pour se retenir. Une fois de plus... Quelque part, j'avais peur de le frustrer, mais j'avais tellement soif de cette proximité de nos corps, que je n'arrivais pas à me raisonner, à calmer le jeu avant que Mark arrive au point de non-retour de son plaisir. Au fond, je n'étais même pas si loin de vouloir faire l'amour sur le champ, mais ce qui m'arrêtait, c'était la pensée de tomber enceinte. C'était surtout ça, oui ; quelque part le risque d'attraper une MST ou une IST me passait au-dessus, là, même si je savais que c'était très important de se protéger. Voilà pourquoi la déclaration de Mark au sujet de la capote m'avait bien plu, d'ailleurs.
Mes mains agissaient réellement comme mues par une volonté propre. Je ne réfléchissais même pas aux caresses que je voulais lui prodiguer ; elles venaient d'elles-mêmes. Mes paumes et mes doigts pétrissaient son torse, descendant sur ses côtes pour s'arrêter sur ses hanches, avant de redescendre encore plus bas. En totale osmose, tout son corps répondait à ces caresses, tantôt en se cambrant légèrement, tantôt en se ramollissant totalement, tantôt en se contractant... Lui donner du plaisir avait un tel effet sur le mien que je n'arrivais même plus à savoir ce qu'il faisait de ses bras et de ses mains à lui. J'étais incapable de dire si elles étaient sur moi, ou bien alors agrippés à la couverture. Je n'étais devenue réceptive qu'à ses ondulations, à sa respiration, à ses soupirs. Tout le reste avait cessé d'exister ; j'avais cessé d'exister.
Je fis descendre son boxer, en prenant grand soin de ne pas lui faire de mal, de quelque façon que ce soit. Mark me laissa faire, tout en m'aidant de quelques mouvements de son bassin, tout en murmurant mon prénom. Je me glissai un peu plus bas dans le lit ; posant ma tête sur son ventre, afin de pouvoir mieux m'occuper de son pénis en érection. Je le pris dans une main, avec beaucoup de précaution et d'amour, reproduisant tout en lenteur ce mouvement qu'il m'avait appris. De l'autre main, j'entourais et massais l'une de ses cuisses, remontant de temps à autre sur son aine avec un seul doigt, l'effleurant à peine, puis caressant cette zone si tendre de son bas ventre.
Je n'avais pas beaucoup d'expérience en la matière, mais je sentais, intuitivement, que Mark était vraiment à la limite de perdre tout contrôle de lui-même. Le liquide séminal avait en abondance coulé sur sa verge ; j'en avais plein la main. Mais je ne me plaignais pas ; je trouvais ça vraiment très excitant. Et, de mon côté, niveau inondation, ce n'était guère mieux... Je n'avais pas seulement trempé toute ma culotte ; j'avais aussi l'impression que le drap en avait profité.
D'un seul coup, je pris conscience de la main de Mark sur mon cuir chevelu. Il mettait un désordre fou dans mes cheveux, avec des caresses d'une intensité que je n'avais encore jamais connue.
'Est-ce que tu accepterais de... de l'embrasser ?... S'il te plaît, Caroline...' sa voix fut entre le gémissement et l'halètement ; tout juste audible.
'Est-ce que tu accepterais de... de l'embrasser ?... S'il te plaît, Caroline...' sa voix fut entre le gémissement et l'halètement ; tout juste audible.
Je compris sa demande.
J'étais encore vierge côté corps, mais pas côté esprit, dans la mesure où il m'arrivait d'avoir des conversations sur le sexe avec des amis, et de lire tout un tas de choses théoriques et pratiques sur la question. Avant, je me renseignais sans doute pour combler le vide affectif, en attendant d'avoir un copain. Pour ne pas être totalement perdue ; dépassée le jour J... Mais, jusqu'à présent, j'avais été convaincue que jamais, au grand jamais, je n'allais être capable de faire une fellation. La seule idée me dégoûtait, en perspective, même si je savais que la pratique était plutôt courante. Seulement voilà ; là je passais de la théorie à la pratique et, avec pas mal d'étonnement, je constatai en mon for intérieur que je m'en sentais parfaitement capable et que je trouvais cette proposition tout sauf sale, indécente, dégoûtante, rabaissante... Tous ces adjectifs que j'y avais associé par le passé, quand il ne s'agissait encore que d'un concept très flou, censé le rester. Néanmoins, j'hésitai. Je ne savais absolument pas comment m'y prendre.
J'étais encore vierge côté corps, mais pas côté esprit, dans la mesure où il m'arrivait d'avoir des conversations sur le sexe avec des amis, et de lire tout un tas de choses théoriques et pratiques sur la question. Avant, je me renseignais sans doute pour combler le vide affectif, en attendant d'avoir un copain. Pour ne pas être totalement perdue ; dépassée le jour J... Mais, jusqu'à présent, j'avais été convaincue que jamais, au grand jamais, je n'allais être capable de faire une fellation. La seule idée me dégoûtait, en perspective, même si je savais que la pratique était plutôt courante. Seulement voilà ; là je passais de la théorie à la pratique et, avec pas mal d'étonnement, je constatai en mon for intérieur que je m'en sentais parfaitement capable et que je trouvais cette proposition tout sauf sale, indécente, dégoûtante, rabaissante... Tous ces adjectifs que j'y avais associé par le passé, quand il ne s'agissait encore que d'un concept très flou, censé le rester. Néanmoins, j'hésitai. Je ne savais absolument pas comment m'y prendre.
'Tu ne veux pas ?' demanda Mark apparemment déçu, mais toujours aussi bouleversé.
Si ; si, je le voulais. Mais comment lui expliquer mon appréhension ? Comment lui dire... ?
Je me retournai vers lui, tout en continuant à le caresser. L'expression de son visage m'attendrit au plus haut point. Il semblait être si bien, et comme à moitié transporté dans un autre monde. Ses yeux étaient mi-clos, sa bouche entrouverte.
'Je ne sais pas comment faire...' lui déclarai-je d'une voix tremblante.
Il déglutit.
'Tu... Tu y vas au feeling', souffla-t-il. 'Tu l'embrasses... et ensuite, tu le prends dans ta bouche...'
Bon. Ça avait le mérite d'être plutôt clair, mais n'arrangea pas vraiment mon malaise. Je voulais lui demander de me guider ; de m'aider un peu... mais je n'arrivai pas à m'y résoudre.
'D'accord', fis-je, tout simplement.
Mark se hissa un peu plus haut sur l'oreiller, de sorte à ce que ma tête se retrouve au niveau de son pubis. Je continuai à le masturber encore quelques instants avec ma main, le temps de me donner le courage d'oser aller plus loin. J'avais tellement peur de mal faire ; de le décevoir... !
Si ; si, je le voulais. Mais comment lui expliquer mon appréhension ? Comment lui dire... ?
Je me retournai vers lui, tout en continuant à le caresser. L'expression de son visage m'attendrit au plus haut point. Il semblait être si bien, et comme à moitié transporté dans un autre monde. Ses yeux étaient mi-clos, sa bouche entrouverte.
'Je ne sais pas comment faire...' lui déclarai-je d'une voix tremblante.
Il déglutit.
'Tu... Tu y vas au feeling', souffla-t-il. 'Tu l'embrasses... et ensuite, tu le prends dans ta bouche...'
Bon. Ça avait le mérite d'être plutôt clair, mais n'arrangea pas vraiment mon malaise. Je voulais lui demander de me guider ; de m'aider un peu... mais je n'arrivai pas à m'y résoudre.
'D'accord', fis-je, tout simplement.
Mark se hissa un peu plus haut sur l'oreiller, de sorte à ce que ma tête se retrouve au niveau de son pubis. Je continuai à le masturber encore quelques instants avec ma main, le temps de me donner le courage d'oser aller plus loin. J'avais tellement peur de mal faire ; de le décevoir... !
Machinalement, j'humectai mes lèvres avant de soulever un peu ma tête et de rapprocher son pénis de ma bouche. Je ne l'avais pas encore effleuré, mais Mark frémissait déjà. Cela mit fin à mon hésitation. Je commençai par déposer un très doux baiser sur son gland parfaitement décalotté. La sensation fut un peu déroutante étant donné qu'il était vraiment lubrifié, mais elle ne me déstabilisa pas plus que ça. C'était la nature ; c'était Mark ; je l'aimais... Quitte à découvrir les choses de l'amour physique, je tenais à le faire avec lui. Je fis glisser mes lèvres plus bas, en faisant pointer le bout de ma langue, me disant qu'il devrait apprécier. A en juger par la façon dont sa main se referma dans mes cheveux, j'avais certainement fait le bon calcul. Encouragée par sa réaction, je continuai ma descente en recouvrant sa verge de bisous et de caresses. Je remontai de la même façon et j'entrouvris la bouche pour embrasser son gland, comme j'aurais embrassé sa bouche. On ne peut plus délicatement, je pris son gland entre mes lèvres. Une fois qu'il fut à l'intérieur de ma bouche, je promenai ma langue autour pour l'explorer ; découvrant la forme ; découvrant le la douceur ; découvrant le goût. C'était assez particulier, mais pas répugnant.
'Oh oui, continue comme ça... C'est bon...' gémit Mark.
'Oh oui, continue comme ça... C'est bon...' gémit Mark.
La pression de ses doigts sur mon crâne chevelu devenait de plus en plus forte, de plus en plus pressante, mais il ne me faisait pas mal ; loin de là. C'était comme un massage ; ça avait un effet à la fois très relaxant et très stimulant. Ses mains courraient de plus en plus vite dans mes cheveux ; très brièvement et très vaguement je m'inquiétai pour le démêlage, au réveil.
J'en avais, des réflexions bizarres, moi !...
J'en avais, des réflexions bizarres, moi !...
Je me soulevai sur un coude pour pouvoir accueillir son sexe un peu plus profondément dans ma bouche. Mark m'aida d'un léger mouvement du bassin. Je continuai de le titiller avec ma langue, la promenant sur ce bout de peau si sensible avec toute la générosité que je pouvais y mettre.
'Mets-toi sur moi, tu seras mieux', conseilla Mark d'une voix comme proche de l'agonie.
'Je vais te faire mal...'
'Non, non ; vas-y...'
Il se positionna de sorte à m'accueillir entre ses jambes. Je m'allongeai là, prenant un peu appui au niveau de l'intérieur du haut de ses cuisses. Je me sentais un peu bizarre dans cette position, mais c'était effectivement plus confortable. J'en profitai pour caresser ses jambes, montant des cuisses vers les genoux qu'il avait pliés, puis redescendant vers ses mollets. Ensuite, j'embrassai son nombril. Son bas ventre se rétracta à ce contact.
'Tu n'as pas mal ?' m'assurai-je en effleurant son aine.
'Non ; je suis bien...'
'Mets-toi sur moi, tu seras mieux', conseilla Mark d'une voix comme proche de l'agonie.
'Je vais te faire mal...'
'Non, non ; vas-y...'
Il se positionna de sorte à m'accueillir entre ses jambes. Je m'allongeai là, prenant un peu appui au niveau de l'intérieur du haut de ses cuisses. Je me sentais un peu bizarre dans cette position, mais c'était effectivement plus confortable. J'en profitai pour caresser ses jambes, montant des cuisses vers les genoux qu'il avait pliés, puis redescendant vers ses mollets. Ensuite, j'embrassai son nombril. Son bas ventre se rétracta à ce contact.
'Tu n'as pas mal ?' m'assurai-je en effleurant son aine.
'Non ; je suis bien...'
Je repris son pénis dans ma main, et je le caressai encore un peu avant de le remettre dans ma bouche. Cette fois-ci, Mark m'aida à lui faire du bien, en entamant des mouvements de va-et-vient avec son bassin. Comme s'il me pénétrait, mais oralement. Instinctivement, je me redressai un peu, ayant peur de le blesser avec mes dents. De passif, il était passé à actif et je n'avais qu'à me préoccuper de tourner ma langue et de garantir à son intimité un passage sans entrave.
'Tu peux continuer comme ça ? Avec ta main ?' me demanda-t-il.
Je repris la relève et en profitai pour ralentir un peu ; ma mâchoire ayant un peu peiné à suivre la cadence qu'il lui avait imposée.
Assez rapidement, je réalisai que Mark appréciait particulièrement lorsque ma langue passait sur son frein. Je m'efforçai donc d'y passer davantage de temps, après en avoir un peu perdu à essaye de retrouver ce fil de peau. Mais, ce qui avait été entre guillemets du « temps perdu » pour moi, ne l'avait pas été pour lui. Durant tout ce temps, il se cramponnait au drap de sa main libre (l'autre ayant demeuré dans mes cheveux) au point d'avoir à moitié défait le lit. Lorsque je trouvai l'angle idéal pour m'occuper de son frein, il se remit à gémir, doucement, à haleter et à répéter mon prénom comme une prière.
'Tu peux continuer comme ça ? Avec ta main ?' me demanda-t-il.
Je repris la relève et en profitai pour ralentir un peu ; ma mâchoire ayant un peu peiné à suivre la cadence qu'il lui avait imposée.
Assez rapidement, je réalisai que Mark appréciait particulièrement lorsque ma langue passait sur son frein. Je m'efforçai donc d'y passer davantage de temps, après en avoir un peu perdu à essaye de retrouver ce fil de peau. Mais, ce qui avait été entre guillemets du « temps perdu » pour moi, ne l'avait pas été pour lui. Durant tout ce temps, il se cramponnait au drap de sa main libre (l'autre ayant demeuré dans mes cheveux) au point d'avoir à moitié défait le lit. Lorsque je trouvai l'angle idéal pour m'occuper de son frein, il se remit à gémir, doucement, à haleter et à répéter mon prénom comme une prière.
Comme la fois précédente lorsque je l'avais masturbé avec ma main, il finit par me demander d'arrêter. Mais je ne voulais pas qu'il aille se finir (pour le dire directement...) dans la salle de bains. Docilement, je cessai de faire courir ma langue sur son pénis, mais seulement pour passer la relève à ma main.
'Reste avec moi', soufflai-je.
'Mais je...'
'Je sais', l'interrompis-je. 'Laisse-toi aller...'
Il se pencha vers moi et déposa un baiser sur ma tête. Puis, il s'allongea de nouveau, tendit sa main pour l'enrouler autour de la mienne pour m'aider à adapter la cadence à ses besoins. Il allait de plus en plus vite, et je commençai à fatiguer un peu. Mais je le sentais sur le point de venir. Son sexe avait grossi dans ma main, puis il eut comme une sorte de contraction. Je pensai que le moment était venu, mais une bonne minute s'écoula avant qu'il n'éjacule, dans un léger râle. Il inonda ma main de sperme et un soulagement en un bonheur inexplicables m'envahirent. Mark resta un moment à reprendre son souffle, puis il m'invita à venir dans ses bras. Je remis les couvertures en place, en profitai pour m'essuyer la main, et vins me blottir contre son torse brûlant. Il me serra délicatement contre lui, tout en recouvrant mon visage de bisous. Je fermai les yeux et l'enlaçai d'un bras, la tête posée au creux de son épaule. Il passa l'un de ses bras derrière ma tête ; je cherchai sa main et y enfouis la mienne. Ses doigts jouèrent avec les miens. Du revers de ma main libre, j'effleurai son visage.
'Reste avec moi', soufflai-je.
'Mais je...'
'Je sais', l'interrompis-je. 'Laisse-toi aller...'
Il se pencha vers moi et déposa un baiser sur ma tête. Puis, il s'allongea de nouveau, tendit sa main pour l'enrouler autour de la mienne pour m'aider à adapter la cadence à ses besoins. Il allait de plus en plus vite, et je commençai à fatiguer un peu. Mais je le sentais sur le point de venir. Son sexe avait grossi dans ma main, puis il eut comme une sorte de contraction. Je pensai que le moment était venu, mais une bonne minute s'écoula avant qu'il n'éjacule, dans un léger râle. Il inonda ma main de sperme et un soulagement en un bonheur inexplicables m'envahirent. Mark resta un moment à reprendre son souffle, puis il m'invita à venir dans ses bras. Je remis les couvertures en place, en profitai pour m'essuyer la main, et vins me blottir contre son torse brûlant. Il me serra délicatement contre lui, tout en recouvrant mon visage de bisous. Je fermai les yeux et l'enlaçai d'un bras, la tête posée au creux de son épaule. Il passa l'un de ses bras derrière ma tête ; je cherchai sa main et y enfouis la mienne. Ses doigts jouèrent avec les miens. Du revers de ma main libre, j'effleurai son visage.
Je ne dis rien, et lui non plus. Rien ne devait venir perturber ce silence si particulier. Nous restâmes étendus comme ça, sans échanger aucune parole, durant plusieurs minutes, qui ne furent rythmées que par les tambourinements de plus en plus lents de son cœur et par notre respiration mutuelle. Nous échangeâmes des caresses comme un moyen de nous apaiser.
'Comment te sens-tu ?' lui demandai-je finalement.
'Comme si j'étais au paradis', murmura-t-il. 'J'aimerais t'y envoyer à mon tour...'
'Mais j'y suis déjà', assurai-je en souriant.
'C'est vrai ?' il sembla surpris.
Je hochai la tête, ne pouvant pas me résoudre à lui avouer que pour moi, le paradis, c'était tout simplement de le savoir à mes côtés ; de le savoir à moi ; rien qu'à moi ; même si ce n'était que pour un laps de temps limité. Entre MES mains, dans MON lit, blottit contre MOI... Que m'importaient les autres filles ? Le paradis ; il venait de le dire lui-même, c'était MOI qui l'y avais expédié. MOI. C'étaient NOS moments. Personne ; personne ne pouvait me les voler. Les effacer de ma mémoire ou de la sienne. Parce que ça n'appartenait vraiment qu'à nous. Même si d'autres filles avaient pu faire vibrer ce corps merveilleux en le cajolant jusqu'à la jouissance et en lui faisant connaître des choses que je n'étais pas encore tout à fait prête à lui donner, même s'il avait murmuré d'autres prénoms et embrassé d'autres lèvres... là, il n'y avait que nous deux.
'Comment te sens-tu ?' lui demandai-je finalement.
'Comme si j'étais au paradis', murmura-t-il. 'J'aimerais t'y envoyer à mon tour...'
'Mais j'y suis déjà', assurai-je en souriant.
'C'est vrai ?' il sembla surpris.
Je hochai la tête, ne pouvant pas me résoudre à lui avouer que pour moi, le paradis, c'était tout simplement de le savoir à mes côtés ; de le savoir à moi ; rien qu'à moi ; même si ce n'était que pour un laps de temps limité. Entre MES mains, dans MON lit, blottit contre MOI... Que m'importaient les autres filles ? Le paradis ; il venait de le dire lui-même, c'était MOI qui l'y avais expédié. MOI. C'étaient NOS moments. Personne ; personne ne pouvait me les voler. Les effacer de ma mémoire ou de la sienne. Parce que ça n'appartenait vraiment qu'à nous. Même si d'autres filles avaient pu faire vibrer ce corps merveilleux en le cajolant jusqu'à la jouissance et en lui faisant connaître des choses que je n'étais pas encore tout à fait prête à lui donner, même s'il avait murmuré d'autres prénoms et embrassé d'autres lèvres... là, il n'y avait que nous deux.
Mark glissa ses mains sous ma nuisette et se mit à me caresser les seins. Je le laissai faire tout en espérant que, dans le cas où ça deviendrait une nécessité, je saurais lui dire non. Au stade où j'en étais, je lui faisais davantage confiance qu'à moi-même. Je n'arrivais pas à me rassasier de lui ; mon corps ne cessait de réclamer encore plus de proximité.
'Fais attention', murmurai-je d'une voix incertaine en sentant sa main glisser vers ma culotte.
Il décolla ses lèvres de mon cou et me chuchota à l'oreille :
'Tu sais bien que je n'irai pas au-delà de ce que tu m'autorises... Tu m'arrêtes quand tu veux. Je veux seulement te donner du plaisir...'
'Fais attention', murmurai-je d'une voix incertaine en sentant sa main glisser vers ma culotte.
Il décolla ses lèvres de mon cou et me chuchota à l'oreille :
'Tu sais bien que je n'irai pas au-delà de ce que tu m'autorises... Tu m'arrêtes quand tu veux. Je veux seulement te donner du plaisir...'
Je trouvai étonnant comme il sembla excité en découvrant à quel point j'avais mouillé et à quel point je mouillais encore. Il retira ma culotte en me promettant de faire très attention, d'une voix nouée. Je sentis son excitation à sa façon de respirer et de me toucher. D'un seul coup, il semblait déborder d'impatience et de passion. On était vraiment mal barrés, là...
Je m'efforçai à avoir des pensées concrètes pendant qu'il emprisonnait mon le capuchon de mon clitoris en le faisant rouler entre ses doigts. Il ne fallait pas que je me laisse aller, que je me laisse aller... Contrôler la situation... Ne pas me laisser submerger par mes émotions... par mes sensations... Garder le contrôle ; la maîtrise de moi-même... Ses pressions devenaient de plus en plus insistantes ; de plus en plus jouissives. Je peinais à déglutir et à trouver une respiration digne de ce nom. Je prenais une inspiration par-ci, par-là, mais l'air semblait toujours manquer.
Je me crispai un peu lorsque je sentis Mark introduire l'un de ses doigts en moi. Il y allait doucement, certes, mais, évidemment, il s'agissait de quelque chose de nouveau pour moi ; je n'étais vraiment pas à l'aise. Néanmoins, je le laissai faire. Malgré la légère douleur que je ressentis.
Mark dut percevoir ce léger changement dans mon attitude, car il interrompit le mouvement et leva les yeux vers moi, avec ce regard tellement soucieux qu'il lui arrivait d'avoir :
'Quelque chose ne va pas ?' demanda-t-il. 'Tu as mal ?'
'Euh... ça va. Ça va...' répondis-je. 'Mais vas-y vraiment doucement, d'accord ?...'
'Bien sûr... Ne t'en fais pas ; je sais...'
Il n'insista vraiment pas ; ne tenta pas d'aller plus loin. Il commença à masser l'intérieur de mon vagin, s'arrêtant à cette limite pas vraiment profonde, mais respectueuse. De ce même mouvement de sa seule main, il continuait à pétrir mon clitoris. Curieusement, il semblait y prendre encore plus de plaisir que moi. Peut-être parce que je ne parvenais pas à me relaxer totalement dans cette posture.
Mark dut percevoir ce léger changement dans mon attitude, car il interrompit le mouvement et leva les yeux vers moi, avec ce regard tellement soucieux qu'il lui arrivait d'avoir :
'Quelque chose ne va pas ?' demanda-t-il. 'Tu as mal ?'
'Euh... ça va. Ça va...' répondis-je. 'Mais vas-y vraiment doucement, d'accord ?...'
'Bien sûr... Ne t'en fais pas ; je sais...'
Il n'insista vraiment pas ; ne tenta pas d'aller plus loin. Il commença à masser l'intérieur de mon vagin, s'arrêtant à cette limite pas vraiment profonde, mais respectueuse. De ce même mouvement de sa seule main, il continuait à pétrir mon clitoris. Curieusement, il semblait y prendre encore plus de plaisir que moi. Peut-être parce que je ne parvenais pas à me relaxer totalement dans cette posture.
Je refusai une fois de plus de laisser ses lèvres s'occuper de cette partie tellement intime de mon corps. Ça, je n'y étais vraiment pas prête, psychologiquement, même si lui faire une fellation ne m'avait pas posé de problème. Mark ne comprit toujours pas que je me refuse ce plaisir, mais, à défaut de comprendre, il l'accepta.
Je lui demandai qu'on se reprenne dans les bras l'un de l'autre, pour dormir. Je n'étais pas particulièrement fatiguée, et prolonger ces moments de tendresse ne m'aurait pas dérangée, bien au contraire. Mais je savais que la très large majorité des hommes avaient besoin de dormir après avoir éjaculé ; que c'était un besoin bien plus fort qu'eux. Et Mark avait quand-même pris soin de s'occuper de moi, après avoir pris quelques instants pour souffler, certes, mais bon... Son bien-être, je le fis passer avant le mien. Et puis, de toute façon, j'étais tout aussi heureuse rien qu'en étant blottie contre lui...
Comme je l'avais supposé, il trouva le sommeil très rapidement. Etendu sur le dos, sa joue contre la mienne, son bras autour de moi ; le mien autour de lui... Je mis nettement plus de temps à trouver le sommeil, parce que je voulais prolonger ces instants au maximum. M'endormir, ça signifiait les laisser m'échapper ; laisser Mark m'échapper. Je voulais être consciente de sa présence auprès de moi aussi longtemps que c'était possible.
Il changea de position plusieurs fois ; mais sans jamais me lâcher. Je m'adaptais tant bien que mal, découvrant au passage
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Commentaires ()
la folie est un plat à nulle autre pareil!
II regard!!! Je doute que ça soit l'idée d'origine!
Maintenant je vais la lire quand meme!
Au fait,d'accord avec Ovide,il y a un soucis avec les votes,plus d'une fois j'ai voulu voter pour un texte et on me répond déjà voter,je n'ai pas encore voter contre donc je sais pas comment ça cause!je te lis
En revanche, je ne cromprends pas pourquoi il y a ce problème.