Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vivre, tout simplement — Chapitre 2 · Première fois
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Vivre, tout simplement
Chapitre 2 · Première fois
Au petit déjeuner, je m'attendais presque à ce que Cédric me regarde autrement. Ou plutôt, j'espérais qu'il me regarderait autrement. Mais non. Évidemment. Il ne sait pas les fantasmes qui ont bercé ma nuit, il ignore tout des images qui ont creusé dans mon esprit un sillon fertile.
Comme toujours, il a préparé un café et il a disparu dans l'aube fraiche. Je suis remontée prendre une douche, j'ai fait ma part des tâches quotidiennes et je suis partie me promener jusqu'à mon perchoir : cette colline d'où j'observe Cédric en contrebas qui s'affaire auprès des bêtes. J'essaye d'effacer ce qui tourne dans mon esprit. Il m'a dit qu'il est bisexuel mais la seule relation qu'il ait évoquée rapidement est avec un homme. Jamais il n'a parlé de femmes, jamais son regard sur moi n'a été troublé.
Allez, il faut que je me sorte ces histoires de la tête. C'est l'isolation qui me retourne le cerveau – et la culotte – ne peut s'empêcher de surgir une petite voix dans ma tête. Quand j'y repense, ça fait presque 2 mois que je suis chez Cédric, presque 8 mois que je n'ai pas eu un rapport digne de ce nom. Ce ne sont pas les comportements déplacés d'étudiants ou de profs lourdingues qui peuvent compter. La dernière fois que j'ai ressenti un semblant de plaisir, c'est un festivalier l'été dernier. Un ingé son plutôt sympa et dont la maladresse sexuelle était compensée par un évident désir de bien faire. J'avais fini par simuler. Le pauvre, il semblait complétement perdu, s'acharnant à glisser sa langue et ses doigts en moi alors que mon clitoris suppliait un peu d'attention.
Et puis, je n'ai pas envie d'abimer ce que Cédric et moi partageons. De toute façon, l'essentiel du plaisir que j'ai jamais ressenti, c'est surtout seule.
Une douzaine de jours passent ainsi. Je garde en moi mes pensées folles, j'agis comme si de rien n'était et la gentillesse, la bienveillance de Cédric restent aussi désarmantes qu'au premier jour.
Une douzaine de jours passent ainsi. Je garde en moi mes pensées folles, j'agis comme si de rien n'était et la gentillesse, la bienveillance de Cédric restent aussi désarmantes qu'au premier jour.
Je l'observe parfois, le matin, quand il s'active dans la cuisine encore en jogging. J'essaye de capter l'instant fugace où la proéminence de sa virilité bombe le tissu. Je mate ses épaules larges, ses avant-bras et ses mains quand il me sert le café. Le soir, je me caresse jusqu'à l'épuisement. Le matin, je recommence pour évacuer toute tension avant de le croiser au petit-déjeuner.
Chaque jour, mes pensées s'enflamment un peu plus, mes fantasmes se pervertissent, mes envies me brûlent de plus en plus. Comme un incendie qui ne s'arrêtera que s'il se consume totalement, qui ne fera que brûler plus fort tant qu'il n'aura pas eu son tribut.
Toutes les nuits, j'attends, j'espère qu'il toque à ma porte… Voire même qu'il ne toque pas, que dans mon sommeil, il me prenne parce qu'il a compris, parce qu'il a lu en moi.
Toutes les nuits, j'attends, j'espère qu'il toque à ma porte… Voire même qu'il ne toque pas, que dans mon sommeil, il me prenne parce qu'il a compris, parce qu'il a lu en moi.
Plus de 3 semaines comme ça… C'est l'enfer. Le printemps se rapproche et Cédric porte de plus en plus de t-shirt qui dessinent son torse. Deux fois, il m'a invitée à aller dîner au restaurant. C'est très loin des restaurants auxquels mes parents m'emmenaient et c'est très bien ainsi. Chaque fois, j'ai mis la seule lingerie sexy que j'ai pu prendre avec moi. Chaque fois pour rien.
Tant pis… Soit je prends les choses en main soit je vais devenir folle. Ce matin, j'ai déjà joui deux fois et rien n'y fait. Au petit-déjeuner, je suis incapable de ne pas avoir envie de lui sauter dessus. J'ai envie de lui hurler de me sauter, que j'ai envie de lui, que j'en ai besoin. Au lieu de ça…
- Ça ne te manque pas, de ne pas avoir un amoureux ?
J'aurais pu le gifler, le résultat aurait été le même.
- Euh… Quoi ?
- Ou une amoureuse, évidemment.
- Je… Eum… Je sais pas. Si bien sûr.
- Tu n'en parles jamais.
- Ouais… Tu sais, je suis pas très doué avec ça. Et puis, franchement, dans le coin, les mecs, c'est compliqué.
- C'est ce que tu m'as dit. Mais les femmes alors.
- Je… C'est ce que je t'ai dit : moi, c'est plutôt les mecs.
- Oui mais tu m'as dit les femmes aussi.
- Ou une amoureuse, évidemment.
- Je… Eum… Je sais pas. Si bien sûr.
- Tu n'en parles jamais.
- Ouais… Tu sais, je suis pas très doué avec ça. Et puis, franchement, dans le coin, les mecs, c'est compliqué.
- C'est ce que tu m'as dit. Mais les femmes alors.
- Je… C'est ce que je t'ai dit : moi, c'est plutôt les mecs.
- Oui mais tu m'as dit les femmes aussi.
Cédric a commencé à débarrasser le petit-déjeuner avant même que j'ai fini ma phrase.
- Faut que j'y aille.
Je n'ai même pas eu le temps de lui dire que j'étais désolée. Je me sens merdique.
À 10h, il n'est pas revenu faire sa pause habituelle. Au déjeuner, il s'est pris un sandwich qu'il est allé manger en bossant. Au dîner, quand il arrive enfin, il est fuyant.
- Cédric ?
- Hum
- Je suis désolée. Je… Je ne voulais pas… Je voulais pas te blesser ou te vexer, je… Enfin, je te demande pardon.
- Je te remercie.
- Hum
- Je suis désolée. Je… Je ne voulais pas… Je voulais pas te blesser ou te vexer, je… Enfin, je te demande pardon.
- Je te remercie.
Le silence s'installe. Il finit par s'installer face à moi. Il reste assis un certain temps. Je ne veux pas le bousculer alors je prends ses mains dans les miennes. C'est la première fois que nous avons un contact réel. Ses mains sont chaudes, un peu rugueuses mais fermes.
Il prend une grande inspiration.
Il prend une grande inspiration.
- Je n'ai jamais été avec une femme.
Je sens qu'il vient de se libérer d'un poids mais je ne sais pas quoi dire. Naïvement, je ne comprends même pas pourquoi ça semble important.
- Tu ne dis rien ?
- Euh… Ben non. Enfin, moi non plus, j'ai jamais été avec une femme.
- Euh… Ben non. Enfin, moi non plus, j'ai jamais été avec une femme.
Il lève les yeux vers moi, cherchant dans mon regard si je me moque. Mais non, c'est la première chose qui m'est passée par la tête. Je vois que sa confiance se raffermit un peu.
- Et je n'ai été qu'avec deux hommes. Il y a longtemps. Une fois avant que mon père ne me cogne. J'étais amoureux. Et un autre après. Un ami de mon père figure toi.
Je ne sais absolument pas quoi répondre.
- Autour de moi, il n'y a que des hommes mariés, rangés, pour qui les relations homos sont celles dont on ne prononce même pas le nom. Et les femmes… Je ne sais pas. J'ai jamais trouvé… Je veux dire, j'aimerais. J'aimerais vraiment. Mais je n'y comprends rien.
- Je comprends.
- Je comprends.
Le silence s'installe de nouveau. Sa main est toujours dans la mienne. Son regard ne quitte plus un point perdu derrière moi.
J'hésite. Mon cœur tambourine dans ma poitrine. J'ai l'impression de l'entendre et je m'étonne que Cédric ne l'entende pas.
Doucement, je me lève, sans lâcher sa main. Je m'approche et me penche vers lui. J'ai chaud, mon cœur m'assourdit, je me sens presque liquide tellement mes jambes se dérobent.
Ses yeux plongent dans les miens. J'y lis un tourbillon d'émotions, de doutes, d'envies, de craintes. Et je pense qu'il y a la même chose dans mes yeux. Je me penche jusqu'à ses lèvres. Douces, tièdes, timides.
Je me redresse. Doucement, je retire son t-shirt. Il se laisse faire comme un jeune homme face à une femme expérimentée. Ma petite voix au fond de moi s'étonne qu'à 19 ans tout juste, je sois en train de faire découvrir le corps d'une femme à un homme de 32 ans.
Je l'invite à se lever, lui retire son jogging, sous lequel je découvre un boxer blanc qui ne peut rien pour atténuer la protubérance de son sexe. Je baisse mon legging. Il se tient devant moi, son torse que j'ai si souvent fantasmé. Je le caresse doucement, je l'embrasse. Je prends ses mains dont il ne sait pas quoi faire pour qu'il caresse mes épaules, ma nuque, mon visage.
Doucement, je le repousse dans sa chaise. Je m'avance vers lui, l'enjambe tandis que d'une main, je fais sortir son sexe de son boxer et de l'autre, j'écarte ma culotte. Ce que je sens entre mes doigts est dur, rigide, gonflé. Sous ma culotte, je me découvre trempée, dégoulinante, brûlante, béante. Je vois toujours plus d'incertitude dans ses yeux…
- Julie ?
Comme une question, une affirmation, un ancrage, un mystère. Ce prénom que je me suis inventé qu'il prononce se dissout lorsque je me laisse descendre sur lui. Chaque millimètre, les rondeurs de son gland, les plis de son prépuce, la chaleur de ses cuisses quand je le fais disparaître en moi, la sensation du coton de son boxer. Tout s'inscrit dans mon corps comme si moi aussi, j'étais déflorée pour la première fois.
Ses mains s'agrippent à moi comme un noyé à une bouée. Je sens cette puissance que j'ai si souvent fantasmée. Dans ses bras autour de moi, dans ses doigts qui semblent vouloir arracher ma culotte, dans ce torse contre lequel je suis plaquée.
Doucement, maintenant qu'il est loin au fond de moi, j'ondule. Je sens mon clitoris glisser sur ses poils pubiens, je sens au fond de moi chaque spasme qui parcourt sa verge, je sens ses sensations comme si elles étaient miennes.
Je ne m'attendais pas à ressentir si fort. Je ne peux m'en empêcher, je m'empale plus encore. Je veux écraser mon clitoris contre lui, je veux le sentir au fond de moi. Son corps qui masse mon intimité, mon clitoris que je frotte sans pudeur contre sa toison, mes fluides qui dégoulinent sur son boxer. Même le tissu de ma culotte qui pince mes grandes lèvres participe à mon délice.
Quelques mouvements à peine et je le sens gémir, perdre le contrôle.
- Julie ! Je… Je…
- Moi aussi.
- Moi aussi.
Je le sens jouir en moi, s'abandonner sans aucune retenue. Est-ce son orgasme, les sensations qu'il me procure, impossible à savoir, mais je jouis avec lui. Je m'agrippe à ses cheveux tandis qu'il empoigne ma taille. Nous crions et nous embrassons en même temps. Je gémis dans sa bouche, je mors ses lèvres, j'aspire sa langue tandis que chaque jet d'éjaculation, chaque spasme de son sexe envoie des décharges de jouissance à travers mon corps.
Le temps s'arrête. Mon front plaqué contre le sien, nous haletons. Je sens mes cuisses trempées, de sueur, de ma cyprine, de son sperme. Je le sens couler de mon sexe si abondamment. Je n'ai pas l'habitude.
Habituée à tous ces mecs qui ne veulent surtout pas être « salis », je m'apprête à m'écarter mais il me retient, délicatement, contre lui, dans ses bras.
- Reste encore un peu. S'il te plaît.
Il pose sa tête sur mon épaule tandis que mes doigts se perdent dans ses cheveux.
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Commentaires ()
Je passe au numéro 3 !
Cette jeune femme a bien fait de poser ses bagages ici.
Ils avancent en douceur, à leur rythme.
Tout comme dans le premier chapitre, on s'attache à ces personnages.