Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Deux — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Deux
Chapitre 6
Le mois de septembre est le mois du retour de Jérémy. Dès le premier jour du mois, j'ai l'effet boomerang. Les questions font leur retour. Je ne sais pas quoi faire, je suis quasi paniquée. Bénédicte me dit d'écrire. Damien étant en formation durant trois jours à plusieurs centaines de kilomètres, j'essaie de faire le point. Je pèse le pour et le contre. C'est affreux. J'aimerais être avec les deux. Je ne peux pas être objective. La relation avec Damien est enthousiasmante, excitante, surprenante, coquine. Je suis extravertie, impudique, folle, sexuellement débridée, un feu d'artifice permanent. Mais j'ai justement peur de la force, de l'intensité et de la puissance de nos sentiments, de l'emprise, de la dépendance, je me sens incapable de lui résister. La relation avec Jérémy est cérébrale, profonde, respectueuse, sincère. Je suis excitée à l'idée de vivre avec lui, j'aime notre relation de couple, cette sécurité. Il est aussi mon ami. Mais même si je me rends compte que je ne suis pas à l'aise lors de nos moments intimes et qu'il ne tient qu'à moi de faire briller notre relation, j'ai peur d'un avenir monotone.
En attendant, je suis "en manque de Damien". Je vais l'attendre chez lui à son retour et prépare la surprise. Une tenue sexy (porte-jarretelles, bas résilles, talons hauts), préparée pour être sodomisée et une position équivoque : à quatre pattes sur son lit, les fesses offertes lorsqu'il entrera dans la chambre. Il ne dit pas un mot, me touche à peine avant d'enfiler son bel engin. Je me sens super bien et son sexe glisse sans douleur. Il me sodomise un moment ainsi avant d'aller plus loin petit à petit. Je le sens dans mon ventre. Les sensations sont très, très fortes. Je l'entends haleter et il gagne encore en profondeur. Je suis dans un état second, dans un monde de plaisir où rien ne peut m'arriver. Je me rends à peine compte que désormais, ses hanches heurtent mes fesses. Au moment de jouir, il s'enfonce loin dans mon cul. Il reste quelques secondes profondément planté avant de se retirer lentement. Je ressens alors un grand vide et un immense sentiment de plénitude, de quasi extase. Je n'ai pas eu d'orgasme, mais le plaisir ressenti et sa jouissance m'ont comblée d'allégresse. Je me tourne, l'embrasse et dans le feu de l'action, je lui dis "Je t'aime" pour la première fois. Grave erreur.
Car même si nous décidons de partir quatre jours dans le sud de la France juste avant le retour de Jérémy, j'ai pris ma décision : je reste avec Jérémy. La sécurité l'emporte sur la folie. J'ai envie de construire ma vie avec Jérémy, d'avancer, de grandir. Je me sens mûre pour vivre avec lui. J'ai l'impression qu'il représente une vie "adulte" et responsable, alors que Damien serait la fougue de l'adolescence. Et j'ai alors la prétention de penser que je suis désormais une adulte.
Aussi affreux que cela puisse paraitre, je vais toute de même partir avec Damien. Je ne peux pas faire autrement, c'est plus fort que moi. Le séjour sera à l'image de notre relation. Intense, fort, émouvant et sexe.
A notre retour, le dimanche 14 septembre, notre dernier ébat a lieu dans la chambre d'amis chez moi. Mais le cœur n'y est pas, je ne peux même pas jouir et simule.
Je suis très angoissée à l'idée de lui annoncer la nouvelle. Je suis chez lui le lendemain à son retour du travail. Il me dira plus tard qu'il avait compris dès qu'il m'a vue, à mon visage et à ma tenue (pull sombre et pantalon). C'est une rupture abrupte, soudaine et violente. Je sais que c'est extrêmement dur pour lui mais il me semble que ma démarche est honnête et sincère. Il peut m'en vouloir pour le week-end, car je ne lui cache pas que j'avais pris ma décision auparavant. Il me dit que j'ai bien fait. Je quitte son appartement, je quitte sa vie, mais il est très loin de quitter la mienne.
Le lendemain, Jérémy rentre de son périple. J'ai peur de le revoir. Il m'embrasse au milieu de l'aéroport mais je ne suis pas à l'aise. Je suis même vraiment gênée. Le soir, dans la chambre, je repousse les pensées pour Damien qui s'amoncèlent dans mon esprit alors que Jérémy me déshabille. Je ne le suce pas. Nous faisons l'amour, mais j'avais espéré qu'il me "baise" une première fois avant un second ébat plus tendre. Mais Jérémy ne baise pas. Et alors que je suis toute disposée, il n'y aura pas d'autre rapport durant la soirée.
Je pense alors que cesser tout contact avec Damien est la meilleure des solutions, pour moi comme pour lui. Petit à petit, je parviens à l'éloigner de mes pensées. Je continue un temps à me masturber en pensant à lui avant de me forcer à arrêter.
En novembre 1997, à 19 ans, j'emménage avec Jérémy. Je suis comblée et cet évènement m'aide à retrouver la stabilité à laquelle j'aspirais. Je n'ai aucun remord, ce que j'ai vécu devait l'être. C'est tout. Jérémy a rapidement trouvé du travail tandis que j'ai un petit boulot qui finance mes études et contribue au ménage. Je refuse de dépendre complètement de lui.
Au lit, je n'ose toujours pas faire part de mes envies à Jérémy. Si je le suce un peu plus durant quelque temps à son retour, le dégoût revient assez rapidement. Jérémy est dans un autre monde, il ne voit rien. Je n'ose pas mettre le porte-jarretelles. Pire, je n'ai même pas osé lui montrer. Il est caché tout en haut de mon armoire. Par contre, je porte le bustier. La première fois, cela me vaut une réflexion ironique de Jérémy : "Oh, Madame se dévergonde !". Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire. Il a cru que sa remarque était drôle.
A partir de 1998, s'il m'arrive de penser à Damien, c'est essentiellement pour les bons moments et non par désir. Cela me rassure. J'ai le sentiment que ma vie s'est remise à l'endroit et les mois suivants confirment cette impression. Je suis heureuse.
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Commentaires ()
Toujours bien écrit. +1 j'aime :)