Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
PokémonVR — Chapitre 27 · La souffrance d'Ayaka
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
PokémonVR
Chapitre 27 · La souffrance d'Ayaka
MissMalice était étendue sur le sol, loin devant nous. Elle ne bougeait pas. Son corps était immobile, voire inanimé. C'était effrayant. Pourtant, quelques secondes auparavant, elle était encore capable de bouger. Mais c'était désormais terminé. MissMalice nous avait quittés. Je jurai intérieurement incapable d'accepter la terrible réalité, et ce malgré toutes les victimes que j'avais vues s'écrouler. CowBoy77, Pika-Sama, DragonChild et tant d'autres bêta-testeurs avaient déjà perdu la vie au cours de cette partie. Et la liste venait de s'élargir. La liste accueillait désormais le nom d'une personne que j'avais appris à connaître. Je me rappelai avoir fait l'amour avec elle, avec Ayaka, à bord de l'Océane. Bien qu'elle eût changé depuis la disparition définitive de Detsuky, elle demeurait l'une des femmes qui avaient fait partie de cette aventure. Et cela, je ne pourrai jamais l'oublier. Je serrai les poings tout en me retenant de hurler. Pourtant, l'envie ne manquait pas.
J'aurais eu envie de crier si fort que ma voix aurait quitté ce monde virtuel pour résonner dans les tympans réels de Secoya. J'aurais voulu qu'il entendît la voix de l'une des personnes qu'il avait tant fait souffrir. Mais malheureusement, cela était impossible. Pendant un court instant, j'avais oublié qu'un membre de la team Rocket me tenait en otage. Je ne pensais désormais plus qu'à une chose et une seule : m'échapper de ce jeu. M'échapper sans laisser qui que ce fût d'autre mourir. Je sentis mes yeux me piquer tandis qu'une flamme intense naquit au niveau de mon torse. Je fermai les yeux, et une larme parvint à se frayer un chemin jusque sur ma joue. Lorsque je rouvris les yeux, le corps de MissMalice était toujours là, au loin, sur le sol. En tournant la tête, je sentis un quelque chose me bloquer le crâne. Ce fut ainsi que je me rappelai que j'étais retenu prisonnier par un PNJ hostile. Sg. Patate, qui était dans la même situation que moi, n'osait pas regarder la scène.
Il semblait figé, et son corps tremblait. Si le sbire ne le retenait pas, j'aurais juré qu'il tomberait à genoux. Et Ayaka, quant à elle, ne bougeait plus. Elle était comme pétrifiée devant la réalité. C'était une chose de voir quelqu'un mourir, mais c'en était une autre d'en être la responsable. Même si elle n'avait guère eu le choix, même si MissMalice l'avait poussée à bout, elle demeurait celle qui avait vaincu MissMalice. Elle demeurait celle qui, contre son gré, lui avait pris la vie. Pour avoir connu ce sentiment, je savais qu'elle ne risquait pas de se le pardonner. Puis, lorsqu'elle tourna son visage dans ma direction, les larmes qui coulaient le long de ses joues me donnèrent envie de me jurer de ne plus jamais la laisser dans une situation si périlleuse. Elle avait dû, seule, faire un choix si injuste qu'elle ne pouvait que se haïr. Je ne pouvais pas la laisser se morfondre sans la rejoindre.
Je tentai donc un pas en avant, mais un bras me maintenait autour du cou ; je ne pus avancer. Je réitérai, mais le résultat ne fut pas différent.
— Tiens-toi tranquille, connard ! me lança le sbire d'un ton froid, comme si rien d'exceptionnel ne s'était produit.
Ses mots résonnèrent dans ma tête. Son intonation avait été précautionneusement sauvegardée par les cellules de mon cerveau. Je pouvais presque sentir les stimuli électriques se multiplier dans ma boîte crânienne. Je serrai les dents jusqu'à m'en faire mal à la mâchoire. Je tournai la tête afin de regarder le sbire dans les yeux. Enfin, dans ce qui s'apparentait à des yeux. Parce que je venais peut-être d'en prendre conscience, mais ce type n'était qu'une série de numéros. Il n'était pas une victime de plus de ce jeu infernal, il était une part de cet enfer. C'était une énième création malfaisante de Secoya, alors je n'avais pas besoin de me retenir.
— Si tu ne me lâches pas, n'espère pas garder ton bras très longtemps, le menaçai-je ouvertement.
Le sbire me lança un regard amusé tout en renforçant la pression qu'il maintenait autour de mon cou. Il serrait férocement, et c'était douloureux. Mais je n'en montrais rien.
— Dernier avertissement, sale PNJ de mes deux.
Je peinais à me reconnaître. Ma voix n'avait jamais dégagé autant de haine. Je me faisais presque peur à moi-même, mais je ne laissais rien transparaître. Sg. Patate, qui était toujours prisonnier, semblait tétanisé.
— RedCliff, je ne sais pas ce que tu as en tête, mais ce n'est peut-être pas le moment pour ...
— Tu as raison, ce n'est pas le moment. Ce n'est plus le moment de laisser ces PNJ nous menacer de la sorte. Ils ne craignent pas la mort, eux. Je suis presque certain que si j'effaçai celui-là, Secoya le reprogrammerait.
— Tu as raison, ce n'est pas le moment. Ce n'est plus le moment de laisser ces PNJ nous menacer de la sorte. Ils ne craignent pas la mort, eux. Je suis presque certain que si j'effaçai celui-là, Secoya le reprogrammerait.
Le second bêta-testeur me regardait sans rien dire, totalement intimidé. Le sbire de la team Rocket, quant à lui, n'avait pas daigné nous relâcher. Il aurait dû ; j'étais parfaitement sérieux en le menaçant de lui arracher le bras. L'une de mes mains atteignit l'une de mes PokéBall, celle contenant Ptéra. Je la lançai ; mon Pokémon apparut.
— Ptéra, attaque Mâchouille, lui intimai-je tout en pointant l'épaule du sbire.
Mon Pokémon m'obéit et, en un éclair, l'épaule du PNJ se retrouva dans la gueule du ptérodactyle squelettique. Le reste de son bras tomba au sol ; je pus me libérer. Le sbire en question hurla de douleur tout en reculant. Il plaqua sa seconde main contre le moignon de son épaule. Ce fut alors que je remarquai le sang. Secoya les avait donc programmés afin qu'ils ressemblassent trait pour trait à des humains. Mais je ne devais pas me faire avoir : ces PNJ n'étaient que des programmes informatiques. Je pouvais donc les massacrer sans éprouver le moindre remord. Cependant, je n'eus guère la possibilité de le faire. En voyant leur acolyte démembré, les autres membres habillés de noir et de rouge, plutôt que de sortir leurs Pokémon afin de se venger, se hâtèrent de quitter les lieux. Il ne resta bientôt plus que Sg. Patate, Ayaka, moi et le cadavre de MissMalice. Je me hâtai de rejoindre ma petite amie. Depuis la mort de MissMalice, elle n'avait pas bougé ne fût-ce que d'un centimètre.
Lorsque j'arrivai à ses côtés, je compris pourquoi : Ayaka tentait désespérément de contenir ses larmes. Elle avait les yeux fermés, mais ses cils étaient brillants d'humidité. Sa bouche était fermée, mais elle tremblait sans ménagement. En la regardant de plus près, je m'aperçus que tout son corps tremblait. Ses poings étaient fermés. Incapable de la laisser dans cet état, je la pris dans mes bras. Je posai délicatement mes mains contre l'arrière de sa tête afin de la blottir contre moi. Sa tête reposait désormais sur mon épaule. J'ignorai si la subite présence d'une chaleur humaine qu'elle connaissait tant y était pour quelque chose, mais elle se mit immédiatement à craquer. Elle hurla en pleurant, et tout ce que je pouvais faire consistait à l'écouter et rester à ses côtés. Je savais qu'elle devait amèrement s'en vouloir.
Elle venait indirectement de prendre une vie humaine. Étant passé par là après avoir vaincu DragonChild, je ne connaissais que trop bien les remords que l'on éprouvait dans cette situation. Je savais donc que, à partir de maintenant, et ce jusqu'à la fin de ce jeu infâme, j'allais devoir veiller sur Ayaka. Et je le ferai. Même si, ce faisant, je devais y laisser ma propre vie.
Le lendemain, Sg. Patate, Ayaka et moi nous rendîmes à Cramois'île afin de rejoindre les trois autres bêta-testeurs. Loser, Phoebe et PapaRattata nous attendaient patiemment à l'entrée du centre Pokémon. Sur le dos squelettique de mon Ptéra, je ne pouvais guère distinguer leurs visages. Cependant, je pouvais m'imaginer leurs visages lorsqu'ils apprendraient qu'un nouveau nom devrait être ajouté à leurs listes mortuaires. Nos Pokémon atterrîmes bientôt. Après avoir posé le pied au sol, je rappelai mon Ptéra avant d'aider Ayaka à descendre. Ma petite-amie ne semblait pas aller mieux que la veille, si bien que j'aurais préféré qu'elle montât avec moi sur Ptéra, mais ce dernier s'était montré suffisamment réticent pour que je ne prisse pas le risque. Sg. Patate, quant à lui, descendit sans nécessiter la moindre aide. Il semblait encore sur le choc, mais son état n'était guère aussi déplorable que ma petite-amie.
— Qu'est-ce qui lui arrive ? demanda Loser en posant son regard sur Ayaka.
Je le dévisageai prudemment pendant quelques secondes avant de me tourner vers Sg. Patate.
— Tu veux bien leur raconter ? Je n'ai pas envie qu'elle entende ça. Pas après l'avoir vécu d'aussi près.
Le bêta-testeur, dont la houppette brune semblait encore intacte, hocha légèrement la tête avant de se diriger vers le groupe des trois bêta-testeurs, curieux de savoir ce qui s'était produit. De mon côté, je décidai de m'isoler de l'autre côté de l'île. Je l'emmenai derrière le laboratoire, là où j'avais ramené à la vie mon Pokémon Ptéra. Après m'être assuré que personne ne pouvait ni nous voir ni nous entendre, j'enlaçai Ayaka et l'embrassai sur le front. Elle se laissa faire avant de se blottir contre moi. Je sentais ses mains posées contre mon torse. Jamais elles ne m'avaient semblé si faibles. Ayaka, l'une des femmes les plus fortes qu'il m'eût jamais été donné de rencontrer, était vraisemblablement à bout de souffle.
— Clifford, je veux que ça s'arrête, murmura-t-elle si faiblement que je dus tendre l'oreille afin de la comprendre.
— Nous le voulons tous, Mégane. Et nous y arriverons, c'est certain.
— Mais à quel prix ? Nous ne sommes plus que six. Nous avons commencé à vingt, et nous sommes si peu nombreux désormais. Comment savoir si tout ça n'est pas vain ? Comment savoir si nous n'allons pas mourir, nous aussi ?
— Nous le voulons tous, Mégane. Et nous y arriverons, c'est certain.
— Mais à quel prix ? Nous ne sommes plus que six. Nous avons commencé à vingt, et nous sommes si peu nombreux désormais. Comment savoir si tout ça n'est pas vain ? Comment savoir si nous n'allons pas mourir, nous aussi ?
L'entendre baisser les bras me donna envie de pleurer. Je me demandai alors qui, entre les morts et les survivants, étaient le plus à plaindre. Les morts ne pouvaient plus aspirer à retrouver les êtres qui leur étaient chers. Mais d'un autre côté, ils n'avaient pas à ressentir la dévastation de voir ses équipiers mourir un à un. Sans oublier que, à l'heure actuelle, aucun survivant n'était certain de pouvoir quitter ce jeu. La question me parut alors absurde ; la mort semblait évidemment plus enviable que ce que nous vécussions actuellement. C'était sans doute pour cela qu'Ayaka semblait vouloir abandonner. Et c'était sans doute pour cela que MissMalice avait agi de la sorte. Par pur désespoir.
— Dis, Clifford, poursuivit-elle d'une voix tout aussi faible. Pourquoi est-ce que nous ne pourrions pas arrêter de nous battre ? Plus personne n'aurait à mourir, si nous faisions ça.
— Mais à quoi bon vivre, si c'est pour rester prisonnier de ce monde ? répondis-je en souriant.
— Nous pourrions vivre ensemble, fonder une famille, et ...
— Mais si nous faisions ça, Secoya risquerait de ne pas apprécier.
— On s'en fout, répondit-elle presque aussitôt.
— Pas s'il décide de réinitialiser les données du jeu. Parce que dans ce cas, nous disparaîtrions.
— Non, mon oncle ne le permettra pas.
— Alors il te fera sortir, et il nous effacera, moi et les quatre autres, répondis-je calmement.
— Mais à quoi bon vivre, si c'est pour rester prisonnier de ce monde ? répondis-je en souriant.
— Nous pourrions vivre ensemble, fonder une famille, et ...
— Mais si nous faisions ça, Secoya risquerait de ne pas apprécier.
— On s'en fout, répondit-elle presque aussitôt.
— Pas s'il décide de réinitialiser les données du jeu. Parce que dans ce cas, nous disparaîtrions.
— Non, mon oncle ne le permettra pas.
— Alors il te fera sortir, et il nous effacera, moi et les quatre autres, répondis-je calmement.
Ayaka baissa les yeux, comme si elle comprenait. Elle souhaitait certainement pleurer, mais elle ne devait plus en avoir la force.
— Dans ce cas, pourquoi ne pas mourir ensemble ? proposa-t-elle. Comme ça, nous serons ensemble à jamais.
Si Ayaka n'avait plus la force de pleurer, moi, je n'avais plus la force de m'en empêcher. Je craquai en entendant ma petite-amie parler. Je craquai en l'entendant parler de mourir ensemble. Je craquai, car je refusais qu'elle mourût. Je voulais me battre pour la sauver. Mais cette tâche était beaucoup plus ardue que tout ce que j'avais eu à faire dans ma vie.
— Clifford, s'il te plaît, ne pleure pas.
— Et comment veux-tu que je ne pleure pas ? Je ne veux pas que tu meures, pleurai-je. Je refuse. Je veux te faire sortir de ce jeu, je veux nous faire sortir de ce jeu. Je veux continuer à me battre.
— Moi aussi, c'est ce que je voulais. Mais plus nous nous battons, plus nos amis disparaissent. Alors peut-être que si nous arrêtons de nous battre, plus personne ne disparaîtra.
— Mais ça ne marche pas comme ça, Mégane. Si nous ne nous battons pas, il y aura encore plus de disparus. Et ceux qui ont déjà disparu seront morts pour rien.
— Et comment veux-tu que je ne pleure pas ? Je ne veux pas que tu meures, pleurai-je. Je refuse. Je veux te faire sortir de ce jeu, je veux nous faire sortir de ce jeu. Je veux continuer à me battre.
— Moi aussi, c'est ce que je voulais. Mais plus nous nous battons, plus nos amis disparaissent. Alors peut-être que si nous arrêtons de nous battre, plus personne ne disparaîtra.
— Mais ça ne marche pas comme ça, Mégane. Si nous ne nous battons pas, il y aura encore plus de disparus. Et ceux qui ont déjà disparu seront morts pour rien.
Ayaka sembla réfléchir, mais vu son état, je doutais que son cerveau en fût capable.
— Clifford, je suis morte de fatigue, admit-elle. Tu veux viens qu'on s'allonge en se serrant dans nos bras ?
Plutôt que de lui répondre, je m'allongeai dans l'herbe. Quelques brins me chatouillèrent la peau, mais cela n'apaisa en rien la tension qui me tiraillait. Puis, Ayaka s'allongea à son tour. Elle perdit l'équilibre après s'être assise et tomba à la renverse. Elle semblait ne pas s'être blessée ; elle roula pour se retrouver collée à moi.
— Bonne nuit, Clifford, souffla-t-elle avant de fermer les yeux.
— Bonne nuit, Clifford, souffla-t-elle avant de fermer les yeux.
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Commentaires ()
Encore bravo pour tout ton travail d'écriture.