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✦ blueyes 1968 : une révolution puissance X XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

1968 : une révolution puissance X — Chapitre 6 · entre deux

8 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteurs

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1968 : une révolution puissance X

Chapitre 6 · entre deux

Une journée complètement décalée, inondée par une chaleur implacable qui imposait le ralenti dans chaque mouvement. Déphasage total pour Sandrine, dès le levé, à 11h, elle d'habitude si matinale... Et si routinière. Les autres dorment encore. La curieuse en profite pour explorer la villa. Quel environnement déconcertant, immense, luxueux, mais bohème. Pas évident de s'acclimater à ce faste décadent...
Les hommes se lèvent vers midi, avalent et partent faire des courses avant que les magasins ferment.
Quand Marianne émergea enfin, il était plus de 13h. La cousine s'avachit sur la table de la cuisine. Sandrine lui apporta un bol de café. Sans lever la tête, elle marmonne « merci », le rideau de ses cheveux bruns semblait la protéger de l'agression de la lumière.
Une question brûlait les lèvres de Sandrine :
— Euh, tu prends la pilule, toi ?
— Bien sûr, j'ai une copine qui fait les courses en Suisse. Elle approvisionne tout un groupe de nanas.
— Jimmy m'a parlé d'une loi sur la contraception... Que la pilule serait désormais autorisée.
— Oui, mais dans les faits, elle n'est toujours pas commercialisée en pharmacie. C'est la galère pour s'en procurer. La France est un pays tellement réactionnaire. Si tu veux, je demande à ma copine d'en ramener de Suisse aussi pour toi.
— Ce n'est pas dangereux pour la santé.
— Je la supporte hyperbien. Ça change la vie, je te jure. Comment tu as fait, cette, nuit avec Jimmy ?
— Je suis dans une période où je ne risque rien.
— N'empêche, sans cette sécurité, il est impossible de prendre son pied au lit. On ne peut pas totalement se lâcher.
Marianne radieuse, épanouie, a retrouvé toute son énergie. Sandrine l'envie. Mais aussi se sent proche comme jamais de sa cousine. Elles portent toutes les deux un ample tee-shirt prêté par leur amant respectif. Sandrine ne peut s'empêcher de sourire de la similitude. Toutes deux arborent mille indices d'un tapage sexuel gratifiant... Rapprochement évident d'avoir été bien baisées, sœurs par le partage implicite d'une essence génésique commune, d'un « être femme » accomplie par la queue d'un homme... Même si Marianne est totalement rassasiée alors que les pulsions de Sandrine n'ont pas été pleinement assouvies.
— Le sexe ce n'est pas si important que ça, Marianne.
— Sérieux cousine ? Tu dis ça parce que tu n'as jamais eu d'orgasme. C'est essentiel pour notre équilibre ! Et c'est tellement puissant. Tellement bon. Tu sais, je ne suis pas libérée depuis si longtemps que ça. Je faisais semblant d'être affranchie, mais en fait, moi aussi j'étais coincée. Deux trucs m'ont désinhibée. Tout d'abord, la pilule...
— Et quoi d'autre ?
Marianne hésite. Elle rougit même. Incroyable, l'intrépide bafouille et plutôt que de répondre, botte en touche :
— Euh... Je t'en parlerai... peut-être... une autre fois... Viens on va profiter de la piscine...
Cette totale impudique peut donc éprouver de l'embarras à aborder certains sujets !
Sandrine consent à se baigner nue. Entre filles, c'est acceptable. Mais dès que les hommes réapparaissent, elles abritent leurs pudeurs sous un paréo. Jimmy allume le barbecue ; Juju ouvre une bouteille de champagne.
Déjeuner à 15h. Langoustes arrosées aux bulles. Sandrine portée par une ivresse ouatée et même emportée par un joint, le truc pas trop fort, juste dosé pour se détacher en douceur, mais complètement, de la réalité.
Puis planer, paresser, somnoler, s'assoupir, vautrée sur transat confortable, à l'ombre d'une pergola, à l'abri des dards du soleil, une immense toile de voile, en guise de parasol, tendue au-dessus de la structure en bois. Ne bouger que pour se jeter dans la piscine ; l'eau fraiche, comme une seconde naissance. Mais pudibonde, refuser de se baigner nue. Même si les trois autres s'exposent sans gêne, avec un naturel naturiste désarmant. Il faut éviter de mater l'attribut des mâles qui pendouillent entre leurs cuisses. Saucisses molles, certes, mais comment ne pas extrapoler les gros gourdins ? Alors, où porter ses regards ? Carrure athlétique, muscles bronzés, fesses nerveuses, reins puissants... que ces anatomies sont sexuées ! Sandrine jalouse l'aisance de la cousine.
Nullement embarrassée de la promiscuité avec une telle virilité, elle répond par l'exhibition désinvolte de son opulente croupe, de ses poires confortables, de sa vulve glabre, gaufrée d'une tulipe obscène, aux lèvres replètes.
Cependant, l'absence de tension sexuelle dédramatisait les complexes de Sandrine. Ses préjugés étaient superfétatoires, car l'attitude des protagonistes ne dissimulait aucune arrière-pensée. Le sexe n'était pas un problème pour eux. Repus, ils n'avaient tout simplement pas envie, pour l'instant, de baiser.
Pour autant, bien sûr, ce jeu n'était pas désincarné. D'ailleurs, Jimmy s'intéressait à Sandrine, c'était évident. Il ne manquait pas une occasion de lui prodiguer des signes de tendresse, mais sans calcul, avec une sincérité flatteuse pour l'orgueil de la jeune femme, car ses attentions transcendaient le désir charnel.
Le sexe n'était pas absent, mais, présentement, hors champ.
Sandrine, donc coincée dans le rôle de l'enquiquineuse qui refuse de se balader à poil. Jusqu'à ce que Marianne, la polissonne, par surprise, dénoue le paréo. Un cri de pucelle offensée ! La posture ridicule d'une sainte-nitouche : un bras pour couvrir la poitrine, une main posée devant l'intimité. Marianne, encore elle, dénoue aussi le malaise, transforme la contrariété en plaisanterie, vous attrape et vous jette à l'eau. Et plonge à votre suite et vous asperge et vous taquine, et batifole, avec sa nudité plantureuse, l'inconvenant affichage de sa poitrine volumineuse, les bouées laiteuses et voluptueuses qui, à un moment, inévitablement, se pressent à vos seins, le contact des cuisses contre vos cuisses, les deux moules qui se frôlent. Alors vous hennissez, un rire stupide pour masquer le trouble...
... On sort de l'eau, toujours mal à l'aise, en catimini, un trottinement contrit vers le transat, cherchant l'invisibilité, parce que vaguement honteuse de sa chatte, de son cul, de ses nichons-pommes avec leurs grosses tétines que l'on juge incongrues d'un rose trop vif, trop voyant... Mais les autres insouciants, au regard bienveillant, déculpabilisant. Une ambiance si paisible. Une indolence communicative, si sereine. Et puis l'alcool et la fumée aidant, car on tire encore sur le joint, le lâcher-prise. La nudité est tellement agréable. Cette sensation de liberté... On s'adapte et on s'habitue... Oui, on s'habitue vite...
Obligatoirement, vient le moment où l'ambiance s'échauffe. Inéluctable évolution, vu le contexte inflammable : deux jeunes femmes, nues, terriblement désirables - Marianne parfaitement disponible, Sandrine appétissante au possible - face à deux mâles dans la force de l'âge. Comme de bien entendu, Marianne et Juju donnent le tempo. Ils partagent le même transat et folâtrent gentiment... Rien de catégorique, rien d'irréparable, pas d'emballement, ils ont tout le temps... N'empêche, la queue de Juju est maintenant au beau fixe. Un baromètre, solide et fiable, de la montée en température.
Jimmy, lui, a rejoint Sandrine. Cette dernière est couchée sur le ventre. L'homme n'y résiste pas. Ses doigts dansent, caracolent leur admiration, une chorégraphie à la gloire de la nuque, des épaules, du dos, de la cambrure de reins, du bassin, des cuisses, des jambes... à l'étendue de douceur, à l'équilibre des proportions qui relève du divin... Et, bien sûr, au cœur de la composition, la lune pleine et ferme, l'ascensionnel astre, qui affriole la main... Si le champ des caresses concerne l'ensemble du verso, inévitablement, l'attention se concentre sur le fantastique pouvoir d'attraction d'un tel centre de gravité, d'un tel défi à l'apesanteur, d'un tel appel à la saillie.
Sandrine, irrésolue, n'a plus de volonté... Pour l'instant, l'hommage à ses formes ne dépasse pas les bornes... Et puis cette volupté est paisible. Si évidente. Sans autre enjeu qu'un plaisir immédiat. Un épicurisme qui se prétend inoffensif tout en étant stimulant... Comme la conversation qui dérive... Sans aucun rapport apparent avec l'érotisme ambiant... Cette indocilité verbale, cette jouissance intellectuelle... Si ses parents, fervents gaullistes, entendaient Juju parler des élections, véritables pièges à con, avec ces millions de moutons qui, effrayés par le vent de la liberté ont voté en masse pour l'autoritarisme... Ce vieux monde pourrissant est foutu, renchérit Jimmy... Et Marianne n'est pas en reste, elle méprise tous ces vieillards, tous sont déjà morts... Tous ces impuissants de la vie :
— Il faut jouir sans entrave...
Est-ce si simple que ça ? Si évident de rompre toutes les amarres ? Certes, non :
— Ce n'est pas si simple que ça, Marianne...
Ils se tournent vers elle... Du regard, ils l'encouragent à en dire plus...
— Marianne, tout à l'heure, toi-même, ne m'as-tu pas avoué que tu avais eu bien du mal à te libérer ? Tu n'as pas voulu m'en dire plus...
Un long silence... Et Marianne comme on se jette à l'eau :
— Vous voulez vraiment savoir ? Vous ne me jugerez pas ?
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