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Couverture de Les sauvetages de Kevin, par Yojik
Couverture de Les sauvetages de Kevin, par Yojik
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les sauvetages de Kevin — Chapitre 7 · Rechute

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Yojik
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Les sauvetages de Kevin

Chapitre 7 · Rechute

Avec Anne-Sophie, nous nous réveillons collés l'un à l'autre le lendemain matin. Nous sommes encore nus et poisseux de sueur, de sperme et de cyprine. Une vague odeur de luxure flotte dans ma chambre. Soudain, c'est la panique ! Il est 7h50, Anne-Sophie est censée prendre son service à 8h30. C'est large, je me dis, une douche vite fait ici et elle remet son uniforme, ni vue ni connue, elle se pointe à l'heure prévue. Anne-Sophie se calme et part sous la douche. Je voudrais la suivre et la prendre avec elle, mais il y a deux obstacles : elle et moi. Pour être précis, mes muscles, des jambes, des bras, du dos et sa gêne quant à son corps trop potelé.
Je me suis donné à fond hier soir, cette nuit, pour elle. J'en paye le prix ce matin. Mais de mon point de vue, ça valait largement le coup. Je ne vais pas être d'une efficacité folle avec Jérôme ce matin. Tant pis, pour une fois, je lui dirais que j'ai essayé d'en faire trop chez mes parents pour prouver que je ne suis pas handicapé. L'eau s'est arrêtée, j'entends un sèche-cheveux, je ne savais pas qu'il y en avait un dans la salle de bain. Anne-Sophie finit par sortir, le corps enroulé par une serviette. Elle s'arrête en me voyant. Elle me sourit, mais est mal à l'aise aussi. Elle cherche du regard ses affaires, elles sont par terre à côté du lit. Elle les ramasse, mais ne bouge plus.
— Euh, Kevin, tu peux y aller. Je te laisse la place.
— Tu as peur de t'habiller devant moi ?
— Mais je ne suis pas belle. Hier soir, il faisait déjà un peu sombre, là, le soleil donne en plein dans ta chambre.
— Mais... Comme tu veux...
Je me lève difficilement et marche comme un petit vieux. En passant près de ma copine, je lui dépose un baiser sur les lèvres. Elle m'y répond avec sincérité et entrain. Mais elle attend visiblement que je la laisse seule. Je file sous la douche, espérant que celle-ci délassera mes muscles endoloris. Ce n'est qu'en partie vrai. Je me sèche et vais pour sortir. Anne-Sophie est sortie couverte, je vais peut-être en faire autant, histoire de ne pas m'afficher alors qu'elle n'est pas à l'aise avec son corps. Je noue la serviette autour de ma taille et retourne côté chambre. Ma copine a le dos tourné, elle plie et dépose sur mon lit déjà fait mes vêtements d'hier. C'est fait avec professionnalisme, mais aussi beaucoup d'amour. Elle sourit en prenant mon t-shirt, elle le porte à son visage et respire mon odeur. Elle finit par m'entendre et se crisper, elle jette un coup d'œil rapide pour savoir si je suis nu. En me voyant couvert, je la vois se détendre.
— Kevin, je t'ai plié tes affaires. Tu vas pouvoir les reprendre ou en changer.
— Merci Anne-Sophie. Tu es un amour.
— C'est gentil... Merci, Kevin.
— Pourq... Pour hier soir ?
— Oui, c'était magique. J'ai retrouvé des sensations de femme, le plaisir et le désir d'être une femme. Merci, pour mon sein. Tu as été si doux, si attentionné que tu as fait s'envoler toute mon appréhension.
— Oh, super. Je, je ne pensais pas avoir aussi bien réussi. Tu... Je...
Bon, il va falloir que ça sorte, je vois qu'elle attend ça avec impatience.
— Je t'aime Anne-Sophie. J'étais attiré par toi à l'hôpital, je te voulais juste pour te faire l'amour, pour me prouver que je pouvais de nouveau le faire, pour me rassurer. J'ai pu l'obtenir par Bertille, un peu aussi avec Kinga et Sami. Mais au-delà du simple acte sexuel, j'avais aussi besoin d'amour, d'embrasser, de caresser, de simplement dormir et me réveiller avec une femme que j'aime.
— Oh, Kevin. Je t'aime aussi. Je suis si heureuse...
— Ne commence pas à pleurer. Je vais m'y mettre aussi. Et tu vas être en retard au boulot.
Mais c'est peine perdue, nous pleurons comme des madeleines tous les deux. Nous nous embrassons longuement avant qu'elle ne réussisse à partir. Moi je m'habille et essaye de ne pas me dire que tout ceci n'était qu'un rêve. Non, son parfum flotte toujours dans ma chambre...
Dans la matinée, je retrouve Jérôme. Malgré mon envie de bien faire, j'ai beaucoup de difficulté à enchaîner les exercices. Je suis raide comme un piquet. En plus, Anne-Sophie passe parfois dans mon champ de vision. Je ne sais comment j'arrive à rester concentré sur ce que veut Jérôme.
— Qu'est-ce qui t'arrive ce matin ? Tu es tout joyeux... Passer le week-end chez toi t'a fait tant de bien que ça ?
— Euh, oui.
Un claquement de langue de sa part me fait dire que Jérôme n'est pas dupe de ma réponse. Depuis le temps qu'il s'occupe de moi, il me connaît bien. Et puis, avec ce que j'ai pu confier à Bertille et qu'elle lui a retransmis, en partie, il doit se douter de quelque chose.
— Mmmh, tu n'aurais pas trouvé une copine des fois ? Ou un copain qui sait.
Un mec ! Non, mais ça va pas !
— Bah, non, une fille. T'es con ou quoi ?
— Ah ah ah, non. Mais si je te l'avais pas demandé comme ça, tu aurais évité le sujet. T'es tombé dans le panneau.
Merde, le salopard. Il m'a bien eu. Mais je ne lui en veux pas.
— Par contre, on dirait qu'elle t'a épuisé.
— Euh...
— OK, t'inquiète, je n'en demande pas plus. Allez, fais de ton mieux ce matin.
Plus tard dans la journée, après ma séance de piscine, je suis de retour dans ma chambre. J'ai pris ma douche et je m'apprête à ressortir pour trouver ma copine. Mais j'ai la surprise de la voir à ma porte, prête à frapper. Nous nous sourions de toutes nos dents.
— Vous avez demandé à ce qu'on passe ? demande-t-elle.
Je n'ai rien demandé, je jette un œil dans le couloir, d'autres personnels vont et viennent.
— Ah oui, entrez. En fait, il me fallait..., commencé-je à dire tout en refermant la porte derrière nous.
Une fois porte close, nous nous jetons l'un sur l'autre et nous embrassons comme si nous ne nous étions pas vus depuis des jours.
— Je n'ai pas arrêté de te chercher du regard. J'ai eu du mal à travailler et à m'occuper des autres patients.
— Moi aussi, j'ai eu le plus grand mal à bosser avec mon kiné.
Entre deux phrases, nos lèvres se rejoignent dans de longs baisers. Tout à coup, j'ai envie de partager mon bonheur avec le reste de la Terre. Je sors mon téléphone et fais quelques selfies avec Anne-Sophie. Elle n'est pas très à l'aise quand je cadre large, les photos qui se concentrent sur nos visages lui plaisent mieux. Mais à qui je vais dire que j'ai trouvé une copine. Sami, bien sûr ! Et Bertille aussi.
— Euh, d'accord, tu peux envoyer cette photo, me dit Anne-Sophie en désignant celle avec nos visages en gros plan.
J'envoie fébrilement la photo accompagnée du message suivant : "Je l'ai retrouvée !".
— Faut que je file, on va finir par se poser des questions.
Anne-Sophie repart après avoir vérifié qu'il n'y avait personne du centre dans le couloir. Rapidement, j'ai une réponse de Sami.
"Super ! Où, quand ?"
"Elle bosse ici depuis hier !"
"T'as du cul mon salaud. Je repars en cours, je le dis à Kini. On se rappelle."
"OK A+"
Un peu plus tard, c'est de Bertille que je reçois un appel.
— Salut Bertille. Ça va ?
— Bonjour Kevin. Ça va. Et toi aussi on dirait. Alors c'est elle ?
— Oui, oui.
— Vous avez baisé déjà ?
— Bertille ! Je ne peux pas te le dire...
— Me la fais pas à moi. Après ce qu'on a fait...
— Oui, bon, on l'a fait. On a fait l'amour.
— L'amour ?
— Oui, on n'a pas baisé. On a fait l'amour.
— Bon, comme tu veux. C'était ce week-end ? Jérôme m'a dit que tu étais chez tes parents. Tu as changé tes plans ?
— Euh, non...
— Alors quand ? Eh, mais mon chéri m'a dit qu'une nouvelle est venue remplacer la remplaçante. C'est elle ? Ça veut dire que vous avez... au centre ?
Mince, je n'avais pas pensé à ça. Bertille pourrait très bien le dire à Jérôme. Qu'un employé baise avec un patient dans l'enceinte de l'établissement, Anne-Sophie va avoir des problèmes.
— Oui, mais tu ne le répètes pas, s'il te plaît. Surtout pas à Jérôme.
— Kevin, je vais garder ma langue dans ma poche. Mais faites attention. Il est perspicace mon chéri.
— Merci. Ça fait plusieurs fois que tu dis.
— Oui, au-delà du fait que c'est un très bon amant. Meilleur que toi, excuse-moi de te le dire. Il est aussi adorable en dehors. Et j'ai eu un coup de foudre maternelle pour sa fille.
— C'est super. Et pour le bébé ?
— J'ai quelques nausées, mais ça va.
— Et, euh, tu sais si tu feras un test de paternité ou pas ?
— Je n'en ferai pas. Pour moi, c'est Jérôme le père et c'est tout. Quand on a commencé à baiser, il savait que j'avais eu des aventures juste avant. Il est conscient qu'il y a un faible risque pour qu'il ne soit pas le père, mais il s'en fiche. Dans son esprit, c'est lui, point barre.
— OK, tant mieux. Tant mieux. Bon, euh, tu me promets, tu gardes le secret.
— Oui, tant que Jérôme ne voit rien, je ne lui dirai rien. Et s'il découvre que vous êtes amants, je m'arrangerais pour qu'il garde ça pour lui.
— Oh, merci, t'es géniale.
— Je sais. Bon, je vais me coucher. J'étais du matin aujourd'hui. A la prochaine, Kevin.
— A bientôt Bertille.
Je suis soulagé, en partie. Je vais éviter de le dire à Anne-Sophie pour qu'elle ne s'inquiète pas trop. Dans la soirée, j'ai Sami et Kinga qui m'appellent à leur tour. Ils sont très contents pour moi. Je suis obligé de leur dire que j'ai avoué à Anne-Sophie ce qu'ils ont fait pour moi. Ils sont d'abord inquiets de ce qu'elle peut bien penser d'eux. Mais je les rassure, leur disant qu'elle leur est plutôt reconnaissante. Evidemment, ce genre d'aide, elle ne va plus les autoriser à m'en apporter.
Je reporte le week-end avec eux, j'ai plutôt dans l'idée de le passer avec Anne-Sophie. Je vais devoir dire à mes parents que j'ai autre chose de prévu. Mais avant, il va falloir voir si le planning de ma copine va nous le permettre. En fin de journée, elle repasse me voir. Elle a eu son planning. Elle ne travaille pas le week-end prochain. Mais elle est un peu réticente à m'accueillir chez elle, dans son mini-studio. Je la convaincs quand même. Elle est plus contente que stressée à l'idée que je vienne. Nous sommes conscients que nous avons pris des risques cette nuit. Il est clair que nous ne pouvons pas trop refaire ce genre de chose ici. Il va falloir tenir jusqu'au week-end. J'imagine déjà ce qui va se passer quand nous serons dans son studio...
***
Anne-Sophie et moi avons attendu le week-end avec autant d'impatience qu'un gamin attend Noël. La semaine a été difficile à gérer. Nous avons eu le plus grand mal à nous tenir à carreau pendant les heures où elle était dans les locaux. Nous nous sommes contentés de nous embrasser le plus souvent, mais surtout le plus discrètement possible. J'ai dû lui dire pour Bertille, elle non plus n'avait plus pensé que Jérôme et elle pouvaient se faire des confidences sur l'oreiller. Nous sommes rassurés pour l'instant, mon kiné a l'air de ne rien savoir de notre relation ni de nos ébats de dimanche soir.
C'est le week-end, j'attends devant l'accueil que mon père arrive. Je déjeune ce midi avec mes parents, ensuite Anne-Sophie passe me prendre en début d'après-midi, puis elle me ramène pour le déjeuner du dimanche. Ce ne sera pas l'occasion de présentations officielles, je n'en ai pas l'envie, pour l'instant, ni elle d'ailleurs. Et puis, ma copine n'était pas à l'aise avec le fait de venir me chercher au centre.
Ma mère m'interroge longuement pour savoir avec qui je sors. Je reste vague et n'entre pas dans les détails. Lorsque ma chérie m'envoie un texto pour me dire qu'elle sera en bas dans 5 minutes, je ne m'attarde pas. Au moment où je sors, sa voiture s'arrête devant mon immeuble. Je balance mon sac à l'arrière avec mes béquilles et je monte à côté d'Anne-Sophie. Un petit "Salut", un petit bisou, et elle repart à toute vitesse. Elle ne veut pas trop s'attarder dans ce quartier qui lui rappelle de mauvais souvenirs, je pense.
— Alors Kev, ça a été avec tes parents ?
— Pfff, c'était l'Inquisition avec ma mère. Elle voulait savoir avec qui j'allais...
— Et alors, tu as avoué ?
Elle s'inquiète ou elle me taquine ? Ce n'est pas facile de le deviner.
— J'ai juste dit que je sortais avec une fille qui n'est pas du quartier. Pour l'instant, je veux juste profiter de toi, d'être avec toi sans que toute la Terre soit au courant. Ce qui arrivera vite si ma mère s'en mêle.
— Hi hi hi. Ce n'est pas gentil de dire ça sur elle. Après, je suis sûr que ma mère., elle ferait pareil...
J'ai le temps d'admirer Anne-Sophie. Ses jolis yeux sont cachés par des lunettes de soleil, dommage. Ses cheveux sont détachés, elle est beaucoup mieux comme ça. C'est la première fois que je la vois ainsi. Quand elle travaille, elle se fait toujours un chignon. Elle a un haut léger, mais ample qui ne laisse pas de décolleté apparent. Elle porte également un pantalon noir en lin. Avec le temps qu'il fait, elle n'a pas trop chaud ? Moi en short et t-shirt, je transpire déjà pas mal. Nous allons au cinéma, je la laisse choisir le film. A la sortie, je lui propose de prendre un verre à une terrasse.
— Non, plutôt chez moi si tu veux.
— Bien sûr. Pas de problème.
Nous arrivons rapidement dans son mini-studio. Il est plutôt bien fichu et moderne. Il y a pas mal de placards aussi, ça évite de s'encombrer de meubles, me dit-elle. Il n'y a pas de lit, mais un canapé convertible, le genre dans lequel on peut dormir tous les jours. Nous reparlons du film devant un verre, nous parlons d'un peu de tout. Je vois qu'elle est heureuse de ce moment passé avec moi. Et moi aussi, je suis heureux d'être là. Je suis content d'être tranquillement assis. Aller au cinéma, faire la queue, aller et revenir à sa voiture, je commençais à fatiguer. Lorsque je passe dans sa salle de bain, je vois un maillot de bain qui est à sécher. Je présume qu'elle est allée à la piscine le matin. Il y a aussi une serviette humide qui est étendue à côté. Quand je reviens m'asseoir, je lui demande :
— Tu as repris la piscine ? Tu y vas souvent ?
— Dès que je peux. Pourquoi ?
— Rien, j'ai vu ton maillot à sécher, c'est tout.
Elle est gênée, elle a dû oublier de le cacher avant que j'arrive. Elle voulait sans doute me faire bonne impression, car son studio est impeccable à côté de ça.
— Oh, d'accord.
— Tu as eu un accident là-bas ?
— Non...
— Bah, y a ta serviette qui est toute mouillée. Elle est tombée à l'eau peut-être.
— Non, non, ce n'est pas ça.
Elle rougit fortement, elle n'est pas à l'aise. Elle hésite puis se confie à moi.
— Je, je me couvre le corps avec. Je vais dans le bassin avec la serviette autour de moi. Je ne l'enlève vraiment que lorsque je suis dans l'eau. J'essaye de ne pas la mouiller. Après, je la jette sur le banc le long du mur, mais je ne réussis pas toujours mon coup.
— Pourquoi tout ça ?
— Je ne suis pas à l'aise avec mon corps. Il me ramène trop en arrière. Quand vous me brimiez, quand mon père était malade et quand je l'étais récemment.
Je suis peiné pour elle. Je la prends dans mes bras et la serre fort contre moi.
— Tu es très bien à mes yeux, tu sais.
— Merci. Mais ce n'est pas facile.
Je change de sujet, histoire de passer à des choses plus positives. Je lui propose d'aller au restaurant avec moi. Elle refuse, m'indiquant qu'elle a prévu de me préparer un "bon petit plat" pour ce soir. En fait, c'est déjà presque l'heure de dîner. Elle prépare joyeusement ce premier repas à mon intention. Je mets la table. A un moment, nous nous gênons dans sa kitchenette. Je veux les éviter, elle et sa poêle, mais je m'appuie bien trop sur ma jambe faible. Je suis à deux doigts de me vautrer. Je fais en sorte qu'elle ne s'aperçoive de rien, mais j'ai une douleur qui me foudroie la jambe. Je m'assois à table, la douleur est beaucoup moins vive.
Nous dinons superbement, son repas est simple, mais très bon. Je remarque qu'elle ne se sert que très peu. Elle voit que je scrute son assiette :
— Euh, je fais un régime. Et puis avec le pop-corn du cinéma, je n'ai pas très faim.
— Ah, je comprends.
En même temps, je me rappelle surtout que c'est moi qui en mangeait le plus. Bon, ce n'est pas grave. Aïe, la douleur remonte dans la fesse.
Ça va Kev ?"
— Oui, oui. Juste une petite douleur dans la fesse. C'est rien.
— Tu veux te remettre dans le canapé ?
— Non, non, ça ira.
Nous reprenons le dîner, le bavardage, les œillades complices. Nos doigts se frôlent souvent. A la fin du repas, elle me propose de m'installer dans le canapé. Elle fait la vaisselle et me rejoint. J'obtempère, trop content de trouver un endroit plus confortable pour mon cul. Je zappe et m'arrête sur un programme de danse. Nous le regardons, elle a posé sa tête sur mon épaule. Je pose ma main sur elle. Elle se crispe un peu, mais me laisse faire. Le corps que j'ai sous les doigts ne me parait pas si "hideux" qu'elle peut se l'imaginer. Je caresse sa cuisse et sa fesse. Anne-Sophie pose sa main sur mon ventre. Elle me caresse aussi.
Nous matons les tours de danse en commentant les performances. Je passe ma main sous son haut pour aller tâter ses seins. Je la sens vouloir me faire barrage, mais elle m'ouvre quand même le passage. De son côté, elle glisse sa main sous mon t-shirt, tout près de mon short. A la dernière page de pub, avant les résultats, elle me propose de déplier le lit.
— Comme ça, ça sera fait.
Oui, je n'ai pas envie de m'en occuper juste avant de passer aux choses sérieuses. En plus, je ne me vois pas faire ça sur le canapé.
— Va te brosser les dents et je m'en charge.
— OK ma chérie.
Je fais comme elle dit. J'en profite pour me mettre en boxer. Pas besoin de plus pour dormir par cette chaleur.
Ça y est ? Allez, à moi. Tu peux fermer le volet roulant mon cœur ?"
— Oui, oui.
Je tourne la manivelle et le volet descend doucement. J'entends Anne-Sophie se brosser les dents. Puis la porte de sa salle d'eau s'ouvre. Elle se faufile prestement sous le drap. Je finis ma tâche et la rejoins. Seule la lumière de la télé nous éclaire. Je me serre contre elle, je sens qu'elle porte un long t-shirt, mais ses jambes sont nues. Nous reprenons nos caresses comme les deux derniers couples se présentent pour le verdict final. Ma main revient sur elle, d'abord sur sa cuisse puis elle remonte sous sa chemise de nuit. Je ne me jette pas trop vite sur sa chatte, mais au passage, je ne sens aucun tissu. J'évite de trop m'attarder sur son ventre pour ne pas la gêner. Je retrouve ses seins magnifiques. Je commence prudemment par le gauche. Anne-Sophie réagit à ma caresse, elle soupire d'aise. En retour, elle passe et repasse sa main sur mon ventre. Puis elle la glisse dans mon boxer. Sa main chaude vient enserrer mon sexe.
— Bah, c'est tout ? s'amuse-t-elle.
— Continue comme ça, ça devrait s'améliorer.
— J'y compte bien.
Anne-Sophie me branle tranquillement. Je gonfle petit à petit entre ses doigts. Elle semble satisfaite de la taille qu'elle obtient. Je veux m'aventurer sur son autre sein, mais elle se tend. Je me contente de l'effleurer un peu puis repars sur le premier. Je veux lui ôter sa chemise de nuit, mais elle me demande d'attendre la fin de l'émission. Je descends alors vers son sexe. Ma main caresse son ventre, elle me la repousse vite vers son pubis. Anne-Sophie écarte les cuisses et je peux insinuer mes doigts le long de son sexe. Je suis sûr qu'elle s'est fait faire le maillot au peu de poils que je sens. D'un geste adroit, ma copine extirpe mon dard de mon boxer. Sous le drap, ce n'est pas très agréable. Je veux le repousser, mais Anne-Sophie le retient encore.
— Non, on attend la fin.
— Comme tu veux.
De toute façon, le résultat s'affiche, les perdants disent combien ils ont été heureux de participer, gnagnagna. On s'en fout. C'est pour moi le signe qu'on va pouvoir passer un cran au-dessus. Anne-Sophie chope la télécommande et éteint la télé. Nous sommes dans le noir. Moi, je préfère voir un peu ce qui se passe, mais en même temps, je ne veux pas avoir une pub, me vanter des yaourts, une voiture ou, pire, des tampons en même temps. Anne-Sophie me laisse alors retirer le drap. Sa masturbation est bien plus agréable. Elle me retire mon boxer, et je peux lui enlever sa chemise de nuit. Je veux redécouvrir son corps, mes mains partent à l'aventure, mais Anne-Sophie change de position, elle se met entre mes jambes pour me sucer. Je ne peux plus la caresser. Sa bouche est divine, sa langue est agile à souhait.
— Oh oui, vas-y Anne. Oui.
Mes compliments lui donnent du cœur à l'ouvrage. Mais je dois l'arrêter sinon je vais jouir. Je l'attire à moi pour l'embrasser. Je veux la serrer, la caresser, mais elle se dérobe un peu pour se mettre sur le dos. Ah, elle veut sûrement que je m'occupe d'elle en retour. Pas de problème, je me glisse entre ses cuisses. En fait, elle est surprise de mon initiative. Je lape, je lèche, je titille. Elle a bon goût, son sexe est bien trempé. Mes mains la maintiennent par les jambes, elle les enlève. Je les pose sur son ventre, elle les repousse. Je tends les bras pour attraper ses seins, elle gémit de plaisir. Mais la position est très physique, trop pour moi. Je suis obligé de ramener mes mains près de son cul. Et je commence à avoir mal au dos et à la fesse. Je l'aurais bien fait jouir, mais tant pis. J'abandonne son abricot et remonte pour la pénétrer en missionnaire. Nos lèvres se joignent pour un long baiser tandis que mon sexe entre doucement en elle. Ma queue est au paradis.
Sa chatte est douce, chaude, accueillante.
Je commence alors des va-et-vient que je voudrais plus énergiques. Mais à chaque mouvement, j'ai une petite gêne dans la fesse. Anne-Sophie veut glisser ses mains entre nous. Comme si elle ne voulait pas que nos peaux soient en contact. Je veux me placer sur le dos pour qu'elle vienne sur moi. Ça m'évitera d'avoir mal à la fesse. Mais elle me bloque et préfère rester comme ça. Néanmoins, je ne la sens pas tout à fait libérée. C'est de ma faute, je ne peux lui donner autant qu'il faudrait. Je fais de mon mieux, mais je reste bloqué. Je bande, il n'y a pas de problème, mais je ne peux passer un cap pour avoir un orgasme. De son côté, Anne-Sophie prend plaisir, mais elle aussi n'atteint pas l'extase, loin de là. Je suis épuisé, physiquement, je ne tiens plus la distance comme avant. Je finis par abandonner.
— Désolé ma chérie. Je n'y arrive pas.
— Ce n'est pas grave. Je t'aime, tu sais.
— Moi aussi je t'aime.
Nous embrassons une dernière fois. Elle renfile sa chemise de nuit et moi mon boxer et nous nous couchons. Je voudrais me serrer contre elle, mais il fait trop chaud. Je lui prends quand même la main. Nous nous endormons comme ça.
Au matin, elle est réveillée avant moi. Quand j'ouvre les yeux, elle est déjà habillée, les cheveux humides. Elle a pris sa douche aussi.
— Je vais chercher des croissants mon chéri. A tout de suite.
— Merci ma chérie. Je vais prendre ma douche du coup.
Elle revient quelques minutes plus tard. Nous prenons le petit-déjeuner ensemble. Elle est habillée dans le même style qu'hier. Moi, j'ai mis des affaires propres. Il flotte comme un léger malaise, Anne-Sophie décide d'en parler tout de suite :
— Je suis désolée pour hier soir.
— Non, c'est moi.
— Tu es gentil, mais je sentais nos corps se toucher. Tu pouvais sentir tous mes bourrelets, mes kilos, ma cellulite. Ce n'était pas agréable pour toi.
— Non, non. C'est moi. J'avais une petite douleur à la fesse qui me gênait, et je ne pouvais pas m'occuper de toi comme il aurait fallu. Ton corps ne me gênait pas du tout.
— Je n'ai pas senti que tu avais un souci. Moi, tu me donnais du plaisir comme tu étais.
Un silence s'installe, un long silence. Nous finissons de manger puis sortons prendre l'air sur un banc. Nous retrouvons un peu de complicité et de tendresse. Lorsqu'il est l'heure qu'elle me ramène chez mes parents, nous sommes de nouveau passionnés. Le baiser que nous échangeons au pied de mon immeuble est long et délicieux.
Le soir, lorsque je suis de retour au centre, j'appelle Anne-Sophie. Nous reparlons du temps passé ensemble. Nous sommes tous deux un peu frustrés de notre nuit d'amour ratée. Elle et moi espérons, sans nous le dire franchement, pouvoir la rattraper la prochaine fois. Son planning étant ce qu'il est, elle n'aura un week-end de libre que dans trois semaines. Ça me laisse du temps pour me renforcer physiquement. Je devine qu'elle va poursuivre ses efforts pour retrouver sa silhouette.
Durant cet intervalle, nous nous isolons parfois dans un recoin du centre pour échanger des baisers, des caresses. Anne-Sophie me laisse un peu plus la toucher, mais elle reste sur la réserve. Finalement, le week-end arrive. Cette fois, je suis avec elle dès le samedi matin et jusqu'au dimanche soir, à condition de passer voir mes parents le samedi après-midi, et les siens le lendemain. Dans les deux cas, cela se passe bien. L'accueil qui nous est réservé est excellent, amical et bienveillant. Nous sommes à l'aise dans la famille de l'autre.
Malheureusement, la nuit d'amour que nous espérions n'est pas meilleure que la précédente. Nous sommes de nouveau frustrés de la situation. Dans la perspective de notre prochain week-end, nous mettons, chacun de notre côté, les bouchées doubles afin d'être au top. Au top de ce que nous pensons que l'autre attend de nous. Mais encore une fois, nous sommes déçus. Pourtant, je marche maintenant quasiment normalement. Anne-Sophie a retrouvé le corps qu'elle avait avant. Il nous reste un blocage qui nous empêche de nous libérer et de donner ce que nous voulons donner.
Je n'ai pas réussi à deviner ça tout seul. J'en ai un peu parlé à Sami et Kinga. Mais c'est surtout ma confidente Bertille qui m'a ouvert les yeux. J'ai exposé les réflexions de la copine de Jérôme à la mienne. Celle-ci m'a dit qu'elle en était arrivée aux mêmes conclusions. Mais elle ne sait pas comment nous débloquer. Moi non plus, je ne vois pas trop comment faire. Les fois où j'avais baisé Bertille, c'est mon plaisir avant tout que je cherchais. Là, c'est celui d'Anne-Sophie que je veux atteindre.
A la mi-août, c'est le dernier week-end avant mon départ du centre. Vendredi, je plie bagage définitivement. Pour l'instant, je vais profiter d'Anne-Sophie. Ce soir, nous devons retrouver Sami et Kinga au restaurant. Anne-Sophie a enfin accepté de sortir en public. On s'est donné rendez-vous chez elle avant de partir retrouver Sami et Kinga. Quand je sonne à l'interphone, elle m'ouvre sans vraiment vérifier que c'est moi. Je monte par l'ascenseur puis frappe à sa porte :
— Entre !
— Salut Anne.
— Salut Kev.
Elle est en robe large qui la cache complètement.
— Je ne suis pas prête. Je n'ai pas encore choisi ce que je vais mettre.
— Oh, on va être en retard alors !
— T'es bête. Aide-moi plutôt.
Ma chérie sort plusieurs tenues. Le problème, c'est qu'elles sont toutes larges et très couvrantes. Comme si elle avait toujours ses kilos en trop. Alors qu'elle m'a annoncé fièrement en début de semaine qu'elle avait retrouvé la ligne, et même perdu 2 kilos par rapport à avant sa maladie.
— Tu peux te permettre une tenue comme celle-là, dis-je en sortant une robe à fleurs.
— Mais non, ça ne va pas aller.
— Mais si, tu es sublime.
Elle hésite puis enlève sa robe informe. Je revois le corps magnifique qu'elle m'avait montré la première fois. Avant qu'elle n'essaye la robe, je me colle à elle.
— Oh, tu es splendide. Tellement désirable...
— Ne mens pas s'il te plaît.
— Je ne mens pas. Sens comme je dis la vérité.
Je colle mon bassin contre ses fesses. La bosse de mon pantalon s'écrase contre son cul.
— Ah oui. Quand même...
Anne-Sophie passe la main entre nous et vient me masser. Je la retourne et l'embrasse. Je lui retire ses sous-vêtements, elle me déshabille. Nous sommes debout à nous caresser. Mon sexe est contre son ventre. D'un coup, nous sommes repris par nos démons : j'ai peur que rester debout ne soit trop fatigant, elle a peur que je n'aime pas son corps. Ça casse un peu l'ambiance. Pour faire bonne figure, je lui dis :
— Mieux vaut attendre ce soir. Sinon, Sami et Kinga vont nous attendre au resto.
— Oui, oui. On aura plus de temps après...
— Allez, prends cette robe.
— Tu as raison. Il faut que je me revois comme avant.
Anne-Sophie prend la robe, de nouveaux sous-vêtements, mais file dans sa salle d'eau pour se changer. Elle ressort une dizaine de minutes plus tard. Elle est si belle... Elle s'est maquillée légèrement, soulignant sa beauté naturelle. Sa robe met en valeur sa poitrine et ses jambes. Elle descend juste au-dessus du genou, mais elle lui marque bien la taille magnifiant son corps en 8. Elle fait très pin-up. Je me trouve bien banal à côté d'elle. Nous devons filer retrouver l'autre couple. J'espère que la soirée sera plaisante, et qu'après, nous pourrons enfin nous libérer.
***
Nous retrouvons le couple à l'heure prévue. Anne-Sophie les a eus plusieurs fois au téléphone, et nous nous sommes échangé quelques photos (pas des photos cochonnes). Mais c'est la première que nous nous voyons en vrai tous les quatre. Ils nous attendent devant le restaurant. Sami a fait comme moi, il porte un pantalon léger et un polo griffé. A ses côtés, Kinga attire tous les regards. Elle porte une petite robe noire moulante en haut, mais évasée en bas. Elle n'a pas de décolleté, mais elle est courte, dévoilant ses jambes fuselées. Tous les hommes qui passent à proximité se retournent sur elle. Elle fait semblant de ne rien voir, mais elle et son copain sont assez fiers de l'effet qu'elle produit.
— Oh, elle est belle ! Je vais avoir l'air d'une patate à côté d'elle.
— Mais non, tu es superbe. Tu n'as pas les mêmes atouts qu'elle. Et tu en as, lui dis-je en désignant son décolleté.
— T'es sûr ? Mais j'ai un gros cul. Elle, elle a un super petit cul...
— Moi, je préfère le tien. Et retourne-toi discrètement.
Elle fait comme je lui dis. Dans son dos, plusieurs hommes la reluquent sans complexe.
— C'est moi qu'ils matent ?
— Mais oui ! Allez, montre-leur que le devant est encore mieux.
Anne-Sophie se redresse, ses seins vont sauter en dehors de sa robe. Deux hommes commencent à baver, ils se font réprimander par leurs femmes. Nous arrivons enfin devant Sami et Kinga. Celle-ci saute au cou de ma chérie :
— Aah, je suis trop contente de te voir enfin !
— Euh, moi aussi. Enchantée.
Sami et moi nous donnons une accolade et je lui présente Anne-Sophie. Elle lui fait la bise pendant que je salue Kinga.
— Allez. On entre ? propose Sami.
Notre table n'est pas tout à fait prête, on nous invite à patienter au bar. Nous y prenons un punch offert par la maison. Les filles se plaignent qu'il est un peu fort. Je trouve qu'elles exagèrent, Sami aussi. Nous avons le temps de nous offrir une deuxième tournée de ce breuvage avant de passer à table. Les filles nous ignorent superbement pour parler entre elles. Elles ne cessent de se faire des compliments, chacune félicitant l'autre pour ses fesses, son ventre, ses seins, ses jambes. Je vois que ça fait énormément de bien à ma chérie que quelqu'un d'autre que moi la complimente.
Nous nous asseyons autour de la table carrée, chacun sur un côté. J'ai Anne-Sophie à ma gauche, Kinga à droite et Sami en face. Mon ami et moi commandons une bonne pièce de viande accompagnée de frites. Les filles minaudent, se plaignent de leur ligne à préserver et optent finalement pour du poisson-vapeur accompagné de légumes. Nous prenons une bouteille de rosé en accompagnement. Nous nous amusons, nous rions beaucoup. Sami et moi sommes assez fiers de voir tous les regards tournés vers nos femmes. Avant de commander un dessert, Kinga et Anne-Sophie s'éclipsent aux toilettes. J'en profite pour parler à Sami :
— Elles ont l'air vachement copines déjà.
— Oui, c'est cool.
— Et puis, Kinga a fait beaucoup de bien à Anne-So.
— Ouais, j'ai vu. A Kinga aussi. Elle n'a pas des masses d'amies filles. Les pompiers, c'est vachement masculin comme environnement.
— Elle n'avait pas des copines avant ?
— Si, mais elle n'est pas du coin, enfin pas de cette ville. Et puis elle n'a qu'un petit frère, et en plus, ils ont bien dix ans d'écart. Sinon, ça se passe comment avec ta copine ?
— Super. On s'aime énormément. Je peux enfin sortir avec quelqu'un qui m'aime vraiment. Vivre dans son petit studio avec elle, j'adore. Elle aussi je crois.
— C'est cool. Et niveau sexe ? Ça doit être le feu d'artifice après ce que vous avez subi tous les deux.
Je ne sais si je dois répondre à mon pote. Je lui balance un mensonge ? Je lui dis la vérité ? Une demi-vérité ? Finalement, les mots sortent d'eux-mêmes sans que je les contrôle :
— Justement, c'est compliqué. Anne-So se voit toujours en surpoids ou avec des douleurs au sein. Moi, j'ai peur d'avoir des douleurs un peu partout. On veut tellement faire plaisir à l'autre sans se sentir vraiment capable de le faire que nos moments d'amour sont compliqués ou inachevés.
— Oh ! Je vois... Pourtant physiquement, tout semble aller bien mieux pour vous, non ?
— Oui, mais là, c'est dans la tête le problème. On change de sujet, si tu veux bien.
— OK. Bon, elles font quoi les filles ?
— C'est vrai que ça fait un moment qu'elles y sont. D'ailleurs, ça va toujours très bien entre vous ?
— Ouais, aucun nuage à l'horizon. Ça a été tendu un moment, mais avec les parents de chacun, ça va mieux. Ce n'est pas encore l'amour fou, mais les relations sont cordiales. Et niveau sexe, c'est le top !
— Super. Et vous avez recommencé à baiser en public, comme au festival ?
— Non, quand même pas. Mais récemment, nous sommes retournés là où tu sais. Cette fois, les pas de promeneurs ne nous ont pas fait peur. Ils nous ont excités, surtout Kinga. Je crois même que l'un d'eux nous a matés à travers la haie. Kinga le pense aussi, mais on n'est pas sûrs. Personne ne s'est montré à la fin. Et il n'y avait pas de trace d'éjaculation non plus.
— Ça pouvait être une femme.
— C'est possible. Kinga y a songé aussi. Ça lui a beaucoup plu.
— Quels coquins vous faites... Et elle se balade encoure souvent sans culotte ?
— Parfois, quand elle veut montrer ses charmes.
— Et ce soir alors ?
— Tu n'auras qu'à lui demander. Elles arrivent.
Bien sûr, je ne vais rien dire. Ce serait embarrassant quand même. Je les regarde revenir. Elles se tiennent par la main et elles rient. Ma copine a un rire gêné alors que Kinga l'est aussi, mais moins. Elles semblent bien s'amuser malgré tout. Elles reviennent à la table, déposent leurs sacs à main près d'elles. Elles commandent leurs desserts au serveur qui n'attendait plus que leurs choix.
— Alors on fait les fofolles ? demande Sami.
— Oui, hi hi hi, répond Kinga.
Anne-Sophie esquisse un large sourire alors que ses joues sont rouges. Sami lève les sourcils au ciel, tout comme moi sûrement. Il m'interroge du regard. Je ne sais quoi lui dire. Il connaît mieux sa copine que moi la mienne. Nous haussons les épaules. Mon pote me fait un signe de tête en direction de la Polonaise. Non, lui fais-je en retour. Je n'ai pas l'intention de lui demander pour sa culotte. Ce salopard s'en charge pour moi :
— Dis, Kini, Kev se demandait si ce soir, tu portais une culotte.
— Non, non ! m'écrié-je brusquement.
Ma copine a les yeux qui s'écarquillent comme deux soucoupes et un "Ohh !" silencieux se dessine sur ses lèvres. C'est la honte, je passe pour un obsédé à ses yeux. Elle connaît mon histoire avec eux, leurs penchants, mais je ne pensais jamais l'évoquer si crument devant elle.
— Vraiment ? me taquine Kinga. Eh bien, peut-être que je n'ai rien...
Elle fait un clin d'œil à ma copine puis poursuit :
— Peut-être aussi qu'Anne-Sophie n'a plus rien. Peut-être l'ai-je convaincu de tenter l'expérience pendant que nous étions aux toilettes. Peut-être nous sommes-nous enfermées dans les toilettes pour handicapés pour faire ça. Peut-être ai-je dû lui montrer d'abord que je ne portais rien pour l'inciter à faire comme moi. Peut-être s'est-elle laissée aller lorsque je l'ai embrassée. Peut-être alors ai-je pu faire glisser son string à ses chevilles et lui ôter. Peut-être en ai-je profité pour venir lui caresser le sexe en remontant tout en revenant poser mes lèvres sur les siennes. Peut-être ai-je pris sa main pour la mettre sur mon propre sexe. Peut-être nous sommes-nous donné du plaisir, jusqu'à la jouissance. Peut-être une cliente nous a entendus et a collé son oreille contre la porte. Peut-être l'avons-nous surprise la main sous la jupe en sortant...
Inutile de dire dans quel état se trouve ma queue. Il est clair que Sami est dans le même état que moi. C'est faux, mais c'est très excitant.
— Vous n'avez pas l'air de nous croire, dit Kinga en faisant la moue. Vous n'avez qu'à vérifier si nous avons des dessous.
— Je croyais que tu avais remis une culotte..., s'étonne Sami.
— Je l'ai enlevé si ça se trouve...
Sami fait glisser sa main sous la table, il est évident qu'il part vérifier la présence d'un sous-vêtement. Est-ce que je vais oser en faire autant à Anne-Sophie ? On dirait qu'elle le redoute et qu'elle l'espère aussi. Je me lance, ma main passe sous la table, se pose sur son genou et remonte. Elle remonte sous la robe, Anne-Sophie écarte légèrement les cuisses pour me permettre d'atteindre son Mont de Vénus. J'y suis presque, ça y est, j'atteins son pubis... Elle est nue ! Bordel, tout est vrai ?
J'ai chaud d'un coup. Je regarde Sami, il arbore un sourire éclatant. Anne-Sophie garde une certaine contenance, mais il ne faut pas aller plus loin, je pense.
— Eh bien, Kini, tu exagères. Te balader le cul à l'air...
Bon, je sais à quoi m'en tenir pour elle. Sami tourne son regard vers moi, il voudrait savoir pour ma copine. Est-ce qu'Anne-Sophie est prête à ce que je lui révèle ? Elle me fixe fièrement, enfin autant qu'elle le peut.
— Sans culotte également... Alors tout est vrai ?
Elles referment leurs cuisses, nous obligeant à nous retirer. Elles pouffent toutes les deux.
— Non, on ne s'est pas touché, finit par avouer Anne-Sophie.
— Mais voir vos tronches a été un vrai plaisir, ah ah ah.
Nous finissons le repas rapidement après cela, quelques clients commencent à nous regarder bizarrement. Nous payons puis sortons dans la rue. Il est encore assez tôt, Kinga et Sami nous proposent d'aller dans un bar d'ambiance pour écouter un groupe et danser un peu si on veut. Danser pour moi risque d'être difficile, mais l'idée nous plaît bien. Nous partons vers ce nouveau lieu.
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