Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
H2G3 : Le Guide de la voyageuse galactique — Chapitre 12 · Quantica la belle
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
H2G3 : Le Guide de la voyageuse galactique
Chapitre 12 · Quantica la belle
De retour de mission, Tricia et Venusia, ayant reçu une promotion, s'apprêtent à mener leur propre expédition, afin de récupérer la page manquante du guide.
— Tchhh… Aiglon 1 en approche. Nous entamons notre descente.
Trudy, pilote chevronnée, a été la première à postuler pour la mission. En apprenant qui étaient les deux nouvelles lieutenantes en charge de monter l'expédition, sa décision a été immédiate. Sa famille entière ayant été décimée lors de raids vogons, il lui tenait à cœur de se jeter dans la gueule du loup, en compagnie des deux meufs badass dont tout le monde parle.
Et quand on parle de "gueule du loup", il faut comprendre "gueule de Vogon". Car la planète, dont l'atmosphère vient d'être percée par la navette, n'est autre que le nouveau poste avancé de cette sous-race infâme. Il y a quelques mois, ils se sont installés sur la face opposée à celle que l'engin survole actuellement. Le plan est simple : s'infiltrer par les tunnels désaffectés, forés à l'époque où la planète était exploitée pour son minerai. Toutes les informations collectées, sur les derniers déplacements des Vogons, portent à croire que c'est l'endroit à privilégier pour mener les recherches. La présence actuelle de leur empereur Jadda, sur la base, ne laisse d'ailleurs aucun doute possible : la page ne peut être qu'à proximité de lui.
Mais c'est un tout autre aspect de la planète qui me fascine pour le moment. Le regard rivé sur le cockpit, je suis captivée par le paysage qui défile sous nos yeux. La voilà enfin, cette planète dont m'a parlé Trudy : Quantica… appelée également Quantica la belle. Et je comprends immédiatement l'origine de ce surnom.
Sur la surface aux multiples teintes vertes, se dessinent de grands disques bleus étincelants… des mers et des lacs, parfaitement circulaires. Tous ces disques de tailles variables, dont les dégradés de bleus varient du plus clair au plus foncé, en passant par le turquoise, semblent tout droit sortis d'une toile abstraite. C'en est troublant de perfection. Et si l'on ne m'avait pas prévenue du contraire, j'aurais mis ma main au feu qu'il s'agissait de bassins artificiels. De même pour ces forêts d'un vert profond, s'étendant à perte de vue en de longues lignes parallèles formées par les cimes, comme plantées de la main de l'homme… ou plutôt d'une espèce intelligente. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, ces lacs, ces forêts et tous ces paysages époustouflants, sont tout ce qu'il y a de plus sauvages.
Alors, comment cet agencement si régulier peut-il avoir eu lieu de façon naturelle, sans intervention technologique ? Car si chaque goutte d'eau qui a creusé la terre et que chaque graine qui s'est semée, a en théorie une probabilité infime de s'aligner parfaitement pour engendrer de telles œuvres d'art, il est évident que jamais cela ne se produit dans le monde réel.
Mais c'est sans compter la météo des plus singulières dont fait l'objet la planète. En effet, Quantica la belle est régulièrement sujette à des vents quantiques provenant d'un pulsar à proximité. Lors de ces éruptions, les ondes gravitationnelles sont perturbées à un tel point que les lois probabilistes s'en trouvent altérées, voire totalement inversées. L'évidence devient alors l'exception et l'impossible, la norme. C'est à la suite de grandes éruptions historiques que la planète s'est structurée, modelant des paysages aussi magnifiques qu'improbables.
— Vous voyez ça, ma lieutenante ?
— Oui, je vois ça Trudy… c'est magnifique.
— C'est comme je vous l'avais dit.
— Oui, je vois ça Trudy… c'est magnifique.
— C'est comme je vous l'avais dit.
Trudy, ayant travaillé plusieurs années dans le convoyage de minerai, lorsque les mines étaient encore en activité, connait parfaitement les lieux. Alors, c'est les yeux fermés que je valide son choix, quand elle me désigne une zone d'atterrissage potentielle.
— Ma lieutenante… ici, c'est pas mal !
— OK Trudy, c'est parfait. Mesdames, accrochez vos ceintures, notre chère pilote va entamer l'atterrissage. Il est temps de nous dégourdir les jambes et d'aller visiter cette merveille !
— OK Trudy, c'est parfait. Mesdames, accrochez vos ceintures, notre chère pilote va entamer l'atterrissage. Il est temps de nous dégourdir les jambes et d'aller visiter cette merveille !
***
Trudy connait vraiment bien les lieux. Elle a posé la navette à une centaine de mètres d'un accès aux galeries. La mécanicienne a déjà sorti le chalumeau et se dirige vers les grilles censées condamner l'accès.
La chaleur moite qui nous enveloppe colle parfaitement au paysage tropical qui nous entoure. Lianes et feuilles géantes s'entremêlent dans des arabesques d'une beauté surprenante. Et même si j'en connais les raisons, je reste subjuguée par les empilements de roches alentour : des cairns, comme on les aurait appelés sur Terre. À ceci près que ceux-là sont naturels… uniquement dus à l'infime probabilité qu'une pierre tombe en équilibre parfait sur une autre.
Mais l'heure n'est malheureusement pas à la contemplation.
Sur le plan, déplié devant nous, nous faisons un dernier check rapide des conduits à suivre pour arriver à la base vogon. Si nos calculs sont exacts, il y en a à peine pour trois heures, grand max.
Dans un sourire, Trudy me tend une petite capsule dont la forme m'est bien familière.
— Ma lieutenante… essayez de ne pas la perdre, celle-là. Ça m'embêterait de vous perdre, vous !
— C'est compris, Trudy… je prendrai soin de cette balise, cette fois.
— C'est compris, Trudy… je prendrai soin de cette balise, cette fois.
Laissant notre pilote seule à la navette, c'est avec le reste de l'équipe que Venusia et moi nous nous engouffrons dans le passage délesté de sa grille.
***
Voilà près de trois heures que nous marchons dans les galeries. Sur la roche des parois, on peut très bien voir les traces laissées par les foreuses. Le côté positif est la fraîcheur naturelle dans laquelle nous évoluons.
Nos yeux s'étant habitués à l'obscurité, c'est avec émerveillement que nous découvrons la flore ayant envahi les lieux depuis l'abandon des activités de minage. Des milliers de champignons phosphorescents, aux teintes vertes et violettes, transforment les parois froides et austères en tunnel lumineux, pareil à un passage vers un autre monde.
Mais l'autre monde en question n'a malheureusement rien de merveilleux, car il s'agit de la base souterraine des Vogons, dont déjà apparaît la lourde porte blindée. Notre mécano, sortant son matériel de soudure, ne tarde pas à se mettre au travail.
Si le plan du sous-sol que nous avons établi par scan est exact, nous devrions arriver par l'arrière de la base : là où se trouvent la salle d'archives et la bibliothèque vogon. Si la page est sur cette planète, elle ne peut être que là. Espérons que la zone soit assez déserte pour nous laisser le temps de fouiller les lieux. C'est alors le bruit sourd de la lourde porte tombant au sol qui résonne comme un top départ.
Me tournant alors vers l'équipe, je connais d'avance la réaction que va provoquer mon annonce.
— Mesdames, merci pour votre aide, mais nous n'allons terminer la mission qu'à deux. Vous pouvez disposer.
— Mais ma lieutenante, on ne peut pas vous laisser là…
— C'est un ordre ! Il n'y a pas de discussion possible. Retournez à la navette et tenez-vous prêtes, au cas où notre sortie soit un peu plus musclée que prévue.
— Oui ma lieutenante !
— Mais ma lieutenante, on ne peut pas vous laisser là…
— C'est un ordre ! Il n'y a pas de discussion possible. Retournez à la navette et tenez-vous prêtes, au cas où notre sortie soit un peu plus musclée que prévue.
— Oui ma lieutenante !
Je sens bien que c'est à contrecœur que l'équipe nous abandonne. Bien sûr, nous nous sommes gardées d'évoquer cette partie du plan à Gora, car jamais elle ne nous aurait laissé partir.
Me retrouvant seule avec Venusia, et même si nous en avons déjà discuté avant notre départ, je tente une dernière fois de la dissuader de venir.
— Venusia, tu es sûre de vouloir ? Je préférerais que tu m'attendes avec les autres, tu sais…
— Même pas en rêve, ma grande !
— Même pas en rêve, ma grande !
Un sourire sur les lèvres et les bras croisés, elle me fixe avec détermination. Je sais que c'est peine perdue.
Alors, sans plus attendre, nous nous engageons dans le passage découpé dans la tôle.
***
Comme espéré, les couloirs sont vides. Cette partie de la base ne doit pas être la plus fréquentée. Les quelques pièces que nous avons visitées jusqu'à présent n'ont pas donné de résultat : uniquement des débarras et pièces de stockage sans intérêt.
Venusia a plaqué le pistolet de crochetage sur une nouvelle serrure. Les cliquetis habituels résonnent :
Clic ! Clic ! Clic ! CLAC !
La porte s'ouvre…
L'intérieur de celle-ci est déjà beaucoup plus intéressant. Il s'agit sûrement de la salle des archives. Sans perdre de temps, nous nous répartissons les armoires et commençons l'inspection de tous les dossiers.
***
Cela fait bientôt une demi-heure que nous fouillons chaque tiroir de ce capharnaüm, et toujours pas de trace de la fameuse page. Au bordel qui règne dans la pièce, on se rend vite compte que le classement des informations n'est pas le point fort des Vogons. Bientôt arrivées au bout de nos recherches, il faut bien se rendre à l'évidence : la page n'est pas là ! Il ne reste plus qu'à partir à l'assaut d'une autre pièce.
Mais alors que nous sommes sur le point de ressortir, une petite porte tapie dans l'ombre attire mon attention. Faisant signe à Venusia, je tourne la poignée et pousse la porte, qui s'ouvre alors dans un grincement grave et vibrant. Un frisson me traverse le corps… c'est là, je le sens.
Dans une salle terne et sans charme, sont alignées des étagères remplies de livres. Nous sommes dans la bibliothèque vogon. Si elle n'a rien à voir avec celle des Sylvidres, il doit quand même bien y avoir quelques milliers de livres. Je n'ose imaginer le temps qu'il va nous falloir pour fouiller tout ça.
Alors que je suis en train de jeter un coup d'œil sur l'ensemble de la pièce, à la recherche d'un indice, j'entends le bruit sourd de quelque chose qui tombe au sol. Je me tourne alors, et vois Venusia, blême, la main sur la bouche, au bord de la nausée, un livre par terre devant elle.
— Merde, Venusia ! Tu n'as pas lu, quand même ?
D'un hochement de tête, elle me fait signe que si.
— Argh ! Désolée ! J'ai pas eu le temps de te prévenir : il ne faut surtout pas lire du Vogon, c'est toxique pour nous.
En effet, la médecin-cheffe m'avait prévenue que la littérature vogon est d'une telle nullité qu'il est impossible d'en lire sans être pris de nausées ou de convulsions… et que parfois même, dans certains cas extrêmes, un simple poème peut entraîner la mort.
Heureusement pour Venusia, elle n'en a lu que quelques lignes.
— Merde, Tricia ! T'aurais pu me prévenir, quand même !
— Rhooo ! T'es une chochotte, aussi…
— Rhooo ! T'es une chochotte, aussi…
Attrapant un livre au hasard, je l'ouvre, et… Oh mon Dieuuu ! Jamais je n'ai vu des mots aussi mal choisis… aussi mal accordés… aussi mal… Mmm… Beurk !
— PUTAIN, TRICIA !
Voyant mes yeux se révulser, d'un geste brusque, Venusia vient de faire voler le bouquin.
— TRICIA ! Mais t'es conne ou quoi ?
— Oh mon Dieu… quelle horreur ! C'est pas possible d'écrire des trucs pareils !
— Oui… Eh ben c'est pas possible non plus d'être aussi stupide ! Tu le savais, en plus !
— Oui, mais à ce point, je ne pensais pas !
— Oh mon Dieu… quelle horreur ! C'est pas possible d'écrire des trucs pareils !
— Oui… Eh ben c'est pas possible non plus d'être aussi stupide ! Tu le savais, en plus !
— Oui, mais à ce point, je ne pensais pas !
Remises de nos émotions, nous nous retrouvons alors devant un problème que nous n'avions pas anticipé : comment fouiller une bibliothèque sans lire une seule page ?
Si souvent la poisse s'acharne au pire moment, il faut bien avouer que parfois, les tournants de l'histoire sont dus à une chatte monstrueuse. À peine nous commençons à déambuler dans les allées, à la recherche d'un indice quelconque, que nous tombons sur un pupitre recouvert d'un tas de feuilles noircies de schémas et de formules en tout genre… comme si quelqu'un étudiait les textes d'un obscur grimoire. Et au milieu de tous ces papiers, une page arrachée : notre fameuse page 42 bis !
— J'y crois pas, Venusia ! Ça y est, on l'a retrouvée. Enfin !
— OK ! On la prend et on se barre !
— Attends ! Je veux la lire…
— On n'a pas le temps, Tricia ! On se CASSE !
— OK ! On la prend et on se barre !
— Attends ! Je veux la lire…
— On n'a pas le temps, Tricia ! On se CASSE !
Me prenant de court, Venusia arrache la page du pupitre et se dirige immédiatement vers la sortie. Je n'ai pas le temps d'esquisser un pas dans sa direction qu'une douleur résonne à l'arrière de mon crâne… et puis, le noir.
***
— Tricia ?
— …
— Eh Oh, Tricia !
— Mmmm…
— Ça va ?
— Oh ! Ma tête…
— …
— Eh Oh, Tricia !
— Mmmm…
— Ça va ?
— Oh ! Ma tête…
Les grands yeux de Venusia au-dessus de moi, je vois à sa main qui frotte le bas de son crâne qu'elle a subi le même traitement que moi.
— Oh Vénus, j'ai mal.
— Vénus ? Oh ! C'est mignon…
— On a été assommées, c'est bien ça ?
— J'en ai bien peur.
— Et on est où, là ?
— Au vu des barreaux qui nous entourent, de l'humidité ambiante et de la moisissure sur les murs, je dirais : dans une geôle vogon.
— Oh, fait chier ! Je me rappelle juste de la bibliothèque… du pupitre… de la page, et… MERDE, LA PAGE ! On a paumé la page !
— Vénus ? Oh ! C'est mignon…
— On a été assommées, c'est bien ça ?
— J'en ai bien peur.
— Et on est où, là ?
— Au vu des barreaux qui nous entourent, de l'humidité ambiante et de la moisissure sur les murs, je dirais : dans une geôle vogon.
— Oh, fait chier ! Je me rappelle juste de la bibliothèque… du pupitre… de la page, et… MERDE, LA PAGE ! On a paumé la page !
Mais c'est avec un petit sourire en coin que Venusia ouvre la fermeture de sa combinaison, pour en extraire le précieux bout de papier d'entre ses seins.
— Ouf ! Purée, comment j'ai flippé !
— T'inquiète, ma Tritri, je suis la reine des tours de passe-passe.
— Ça, je veux bien te croire… mais “Tritri” ? Sérieux ?
— Ben quoi ? Moi aussi, j'ai le droit de donner des surnoms.
— Mouais… Sinon, fais voir un peu pour quoi on risque nos vies.
— T'inquiète, ma Tritri, je suis la reine des tours de passe-passe.
— Ça, je veux bien te croire… mais “Tritri” ? Sérieux ?
— Ben quoi ? Moi aussi, j'ai le droit de donner des surnoms.
— Mouais… Sinon, fais voir un peu pour quoi on risque nos vies.
Aussi précautionneusement que s'il s'agissait du Codex Atlanticus original, Venusia déplie alors le petit bout de papier. Telles deux gamines face au Kamasutra, nos yeux découvrent le trésor tant convoité :
“Si l'atome sculpte la matière,
Le temps l'histoire de l'Univers
Ces forces si puissantes soient-elles
Ne sont que poudre, qu'étincelles.
Car la plus puissante de toutes
De nos destins, trace la route.
Elle est en nous depuis toujours
Et cette force c'est l'Amour.”
— Et c'est tout ?
— Ben, c'est super beau, Tritri…
— Super beau, super beau… Mon cul, oui ! Je suis pas venue ici, au risque de me faire perforer je ne sais quel orifice, pour un poème à deux balles ! Font chier avec toutes leurs conneries, à la fin ! Ou alors, il y a un message secret ou une formule mathématique écrite au jus de citron… T'as du feu ?
— Non, j'ai pas de feu. C'est quoi du citron ?
— Laisse tomber !
— Tomber quoi ?
— Tu le fais exprès, ou c'est ton Babel fish qui déconne ?
— Je sais pas… mais c'est vrai que parfois, je ne comprends pas tout ce que tu me dis.
— Mon Dieu ! On est bien barrées, tiens…
— Ben, c'est super beau, Tritri…
— Super beau, super beau… Mon cul, oui ! Je suis pas venue ici, au risque de me faire perforer je ne sais quel orifice, pour un poème à deux balles ! Font chier avec toutes leurs conneries, à la fin ! Ou alors, il y a un message secret ou une formule mathématique écrite au jus de citron… T'as du feu ?
— Non, j'ai pas de feu. C'est quoi du citron ?
— Laisse tomber !
— Tomber quoi ?
— Tu le fais exprès, ou c'est ton Babel fish qui déconne ?
— Je sais pas… mais c'est vrai que parfois, je ne comprends pas tout ce que tu me dis.
— Mon Dieu ! On est bien barrées, tiens…
Depuis mon réveil, je sens Venusia perturbée, jetant régulièrement des coups d'œil derrière moi. Je me retourne, mais ne vois rien à part l'obscurité derrière les barreaux de notre cellule.
— Qu'est-ce qui t'inquiète comme ça, ma belle ?
— Je sais pas… J'ai l'impression qu'il y a comme un animal de l'autre côté.
— Un animal ?
— Je sais pas… J'ai l'impression qu'il y a comme un animal de l'autre côté.
— Un animal ?
À ce moment-là, je me rends compte que nous chuchotons depuis le début. Peut-être qu'inconsciemment, Venusia sentait que quelque chose clochait. Collant toutes les deux notre front contre les barreaux, et ouvrant grand les yeux comme pour capter le moindre brin de lumière, nous attendons… à l'affût… comme deux chasseurs guettant leur proie.
— Tu entends ça, Tricia… on dirait des grognements.
— Ou plutôt des râles.
— Regarde ! Ça bouge !
— Merde ! Mais t'as raison !
— Ou plutôt des râles.
— Regarde ! Ça bouge !
— Merde ! Mais t'as raison !
Dans la pénombre, une masse imposante ondule comme mue par une respiration saccadée.
— Tricia… J'ai peur !
— Regarde ! C'est pas une bête…
— Ouf !
— C'en est deux !
— Hein ? Quoi ? Tu me fous vraiment les jetons, là !
— Regarde ! C'est pas une bête…
— Ouf !
— C'en est deux !
— Hein ? Quoi ? Tu me fous vraiment les jetons, là !
Mais bientôt, nous habituant à l'obscurité, les courbes qui n'étaient jusqu'alors que de vagues ombres, gagnent peu à peu en netteté et prennent forme sous nos yeux.
— Mais… ce sont des mecs !
Les quelques raies de lumière que la peau de leurs corps vient de rencontrer, ne laissent aucun doute possible : deux types sont en train de faire l'amour, comme si de rien n'était, dans le fond de leur cellule. Et au vu des deux montagnes de muscles qui s'étreignent sous nos yeux, il se pourrait bien qu'ils viennent du système d'Antarès, réputé pour ses habitants à la musculature hors norme.
Dans une levrette des plus viriles, les deux corps ondulent, se frottent et se palpent… Nos pupilles se dilatant avec le temps, la scène nous parvient de plus en plus nette, de plus en plus détaillée… de plus en plus torride.
On peut maintenant très clairement voir les fesses et les cuisses puissantes se contracter, pendant que le pieu de chair, large et dur, pénètre les entrailles du receveur. Je dois avouer que ce membre épais qui coulisse ainsi, dans cet anus dilaté, ne me laisse pas de marbre. Je ne peux m'empêcher de m'imaginer nue entre leurs corps musclés, me faisant prendre par leurs deux tiges glissant en moi, dans un sulfureux trio.
L'homme de derrière vient de se pencher sur celui à quatre pattes, s'enfonçant de ce fait au plus profond de lui. D'une main, il lui attrape les cheveux pour tirer sa tête en arrière, tandis que de l'autre, par le dessous, lui agrippe le sexe, si raide qu'il toucherait presque son ventre. Dans de voluptueux mouvements, la large main commence alors de lents va-et-vient, découvrant par intermittence un énorme gland rougi par le désir.
Venusia et moi restons scotchées par ce spectacle, mariant si divinement puissance et sensualité. Les souffles se sont accélérés, et déjà la main, qui branle cette queue au bord de l'explosion, semble bientôt en arriver à bout. L'homme de derrière a repris ses ondulations du bassin, réactivant le piston écarteur de chairs.
Venusia, la main sous la jupe, semble se faire plaisir. J'avoue que j'en aurais fait de même si l'accès en avait été aussi aisé.
Ça y est, les râles rauques, sortant de leurs bouches, annoncent la fin du voyage. Les corps tremblent à présent, pris dans cette violente sodomie. Le sexe enserré dans la main furieuse, suinte déjà du liquide annonciateur de l'extase finale.
Puis, dans des gémissements étrangement silencieux, étouffés par des lèvres qui se sont refermées, les deux corps se crispent. Les spasmes qui les traversent laissent imaginer l'éjaculation, qui maintenant doit inonder le rectum visité. Tandis que l'autre queue, maintenue par cette main tirée à présent jusqu'aux bourses, ne semble pas en finir de cracher son foutre en de longs jets puissants, maculant le sol par vagues successives. Jamais je n'ai vu pareille quantité de sperme.
Ce n'est qu'au bout d'un certain temps, que les deux hommes se détachent. Le membre ramollissant libère le sphincter distendu, qui recrache alors le surplus de liquide blanchâtre. On les sent vidés et apaisés. Ils reprennent leur souffle, là, nus dans le noir.
Me tournant vers Venusia, je la vois haletante, toujours la main dans la culotte.
— Eh ben ma cocotte ! Tu te fais plaisir, toi !
— Désolée, mais face à une telle baise, je n'ai pas pu me retenir.
— Et d'ailleurs… je croyais que tu aimais les femmes ?
— Bah… on a bien le droit d'apprécier les belles choses, quand même…
— Désolée, mais face à une telle baise, je n'ai pas pu me retenir.
— Et d'ailleurs… je croyais que tu aimais les femmes ?
— Bah… on a bien le droit d'apprécier les belles choses, quand même…
Mais Venusia a à peine le temps de se finir, qu'une voix grave nous interpelle de l'autre côté des barreaux :
— Ça va les filles ? On ne vous dérange pas ? Vous vous êtes bien rincé l'œil, j'espère !
— Heu… mais non… C'est pas du tout ce que vous croyez…
— Heu… mais non… C'est pas du tout ce que vous croyez…
Balbutiant une réponse pour le moins foireuse, je me rends compte, qu'avec la faible lumière derrière nous, ils doivent nous voir beaucoup mieux que nous les voyons. Et puis, d'un air bien plus détendu, l'homme reprend :
— Oh, je dis ça, vous savez… je vous comprends. Il n'y a tellement rien à faire ici que le moindre petit événement devient un spectacle. Et puis, ça nous a fait un public… c'est tellement rare, ces temps-ci.
— Et ça fait longtemps que vous êtes ici ?
— Oh ! Un certain temps… on ne compte plus.
— Et… pourquoi êtes-vous… nus ?
— Vous savez, quand vous serez restées ici aussi longtemps que nous, avec cette chaleur moite, vous comprendrez. D'ailleurs, allez-y hein, mettez-vous à l'aise… ça ne nous dérange absolument pas.
— Heu… On va attendre encore un peu, si vous voulez bien.
— Et ça fait longtemps que vous êtes ici ?
— Oh ! Un certain temps… on ne compte plus.
— Et… pourquoi êtes-vous… nus ?
— Vous savez, quand vous serez restées ici aussi longtemps que nous, avec cette chaleur moite, vous comprendrez. D'ailleurs, allez-y hein, mettez-vous à l'aise… ça ne nous dérange absolument pas.
— Heu… On va attendre encore un peu, si vous voulez bien.
Après un petit moment de malaise, la page mystérieuse et son message caché me reviennent soudainement en tête. Peut-être peuvent-ils nous aider ? Ça ne coûte rien de demander :
— Et sinon, vous auriez du feu ?
— Du feu ? Mais bien sûr, j'en ai dans ma poche, attendez…
— Ouais, super ! s'exclame alors Venusia.
— Ah bah non, suis-je bête… je n'ai pas de poche !
— …
— Du feu ? Mais bien sûr, j'en ai dans ma poche, attendez…
— Ouais, super ! s'exclame alors Venusia.
— Ah bah non, suis-je bête… je n'ai pas de poche !
— …
À la tête de Venusia, je vois bien qu'elle n'a pas compris le trait d'humour. Mais je n'ai pas le temps de lui expliquer, que des petits bruits commencent à se faire entendre, tout autour de notre cellule. L'air faussement surpris, l'homme lâche alors d'un ton fataliste :
— Ah ! Ben en parlant de spectacle, je crois bien qu'il y en a un qui va bientôt commencer…
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Alors non, c'est pas fait exprès. C'était juste pour faire référence à l'aspect "quantique" de la planète.
Mais bien vu, @"Lukecarneby2" 😉.
Oh ! Désolée, @"Lukecarneby2" ! Je ne vois ton commentaire que maintenant 🫤.
Pour le nom "Quantica", non, ça ne vient pas d'H2G2, c'est du Wedreca 100% 😉. C'est "Magrathea" (la première planète) qui est issue de l'œuvre originale ☺️.
Merci beaucoup pour ton commentaire, Luke 😘.
Bon allez le petit point négatif, je n’aime pas du tout le coït entre deux mecs, question de choix et d’esthétisme mais celui-ci est soft ce qui passe. Bravo Wed.
Mais bon, c'était un passage obligé 😅.
Merci pour ton com, @OlivierX 😘.
Effectivement, j'ai eu une révélation en lisant ce chapitre : Xstory est infiltré par pas mal de Vogons... heureusement en diminution.
Toujours aussi bien conté. Et tu sais cultiver le suspense...
Pour les Vongons, en effet, il semblerait qu'ils nous aient déjà envahi 😅.
Et pour ce qui est du suspens, tu sais bien que c'est mon péché mignon 😋.
Merci pour ton commentaire, @Docsevere 😘.
Bien écrit et bien trouvé comme approche
Toujours aussi drôle voir hilarant wed
Merci pour ton com, @Davidv12345 😘
La parodie, l'humour, les dialogues, y'a un truc mais je m'en voudrais de flagorner ! oups ;-)
Roh, et puis le fait que la littérature vogon(ne?) Soit toxique de par sa nullité, c'est du génie. Du génie, ma chère Wedreca :D
Et puis j'ai beaucoup aimé le scène érotique ! Je lis rarement du porno gay mais bon, il semblerait que tu sois très douée dans chaque catégorie du site vu comme tu les fait passer crème... Déjà ton autre histoire avec la nourriture m'avait émoustillé, et pas qu'un peu haha
En un mot comme en cent, c'est top !
Après, pour la lecture vogon qui fout la nausée, je dois t'avouer que ce n'est pas de moi 🙄. C'est Douglas Adams qui, dans son roman, parlait de la poésie vogon capable de foutre des migraines. Désolée de te décevoir, mais non, je ne suis pas si géniale que ça 😔.
En tout cas, je suis trop heureuse que tu trouves ça toujours aussi cool (surtout toi 😉).
Alors, merci pour ton commentaire @SexFlag, c'est toujours un plaisir 😊.
Bon "le vent quantique" est une notion nouvelle et la perturbation des ondes gravitationnelles peut avoir des effets intéressants sur le cours de l'histoire.
La littérature Vogon est à chier, au sens propre du terme! J'adore.
Merci pour tes histoires
Merci pour ton commentaire @rtx42, c'est toujours un plaisir de te lire :).
J'ai bien aimé le lapsus des "Raies de lumières" qui éclairent deux mecs en train de s'enfiler. C'était mignon =D
Pour les raies, je n'y avais pas pensé 😂.
Merci pour ton com, en tout cas 😘.