Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Chrysalide Noire — Chapitre 2 · Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Chrysalide Noire
Chapitre 2 · Chapitre 2
LA CHRYSALIDE NOIRE
ÉPISODE II : Nénuphars, baguettes et biscuits de malheur
Le taxi m'avait largué devant l'hôtel de la Vigne avec la délicatesse d'un déchargeur de gravats qui vide sa benne un lendemain de cuite. J'avais filé quelques biftons au chauffeur, un spécimen au teint de navet qui les avait raflés avec une grimace de rat d'égout, et je m'étais engouffré dans le lobby. L'endroit empestait la cire d'abeille et la respectabilité de façade, le genre de décor où l'on murmure pour ne pas réveiller les acariens. Pour le personnel, j'étais M. Presdutrou, un provincial monté à la capitale pour voir si la Tour Eiffel ne s'était pas encore fait la malle.
J'avais pris possession de la suite 402. J'avais eu le temps de doucher la crasse du voyage, de m'enfiler un sky du minibar qui m'avait décapé les bronches et de regarder le plafond en me demandant dans quel pétrin le vieux Mirabeau allait encore nous fourrer. C'est alors que le signal est arrivé. Un léger grattement à la porte, puis le cliquetis d'une clé magnétique.
Soline est entrée comme on entre dans un ministère : avec une assurance de conquérante et un parfum qui te réveillerait un régiment de gardes mobiles. Elle n'avait pas l'air d'une femme qui s'était enquillé trois heures de rail. Elle arrivait tout droit de la première classe, là où les fauteuils te massent les fesses et où le champagne coule plus vite que la Seine. Elle était fraîche comme un gardon de compétition, le teint parfait et le cheveu plus incendiaire qu'un bidon d'essence devant une allumette. Elle avait laissé ses bagages au groom et fermait déjà la porte derrière elle avec une autorité de matrone en chef qui va passer la revue de détail.
— M. Presdutrou, j'espère que vous avez gardé de l'énergie pour les travaux pratiques, a-t-elle murmuré en verrouillant le pêne avec un "clac" qui sonnait comme un verdict.
Sans nous faire le coup de la conversation sur la météo, elle a fait glisser la fermeture éclair de sa robe. Le tissu est tombé avec un chuintement de soie, s'échouant sur la moquette beige comme une peau morte. Elle n'avait rien gardé sous sa carapace, à part ses bas coutures et un porte-jarretelles bleu aux liserés rouges qui lui taillait une silhouette à faire bégayer un muet. Ses seins, deux bombes incendiaires aux pointes déjà durcies par l'impatience et le courant d'air, me pointaient comme des fusils d'assaut chargés à blanc. J'ai voulu l'agripper pour lui conter fleurette, mais elle m'a repoussé d'une main ferme sur le buffet.
— Doucement, Fabrice. Tu sens encore le bitume et la sueur de provincial. On va d'abord s'occuper de ton équipement de manière réglementaire.
Elle s'est agenouillée devant moi avec une dévotion de vestale. Ses doigts agiles, de vrais petits soldats de l'érotisme, ont fait sauter le bouton de mon pantalon et elle m'a mis à poil avec une efficacité de commando de marine en mission nocturne. Quand mon obélisque de chair a été enfin libérée de sa prison de coton, dressée et battant comme un cœur de marathonien en plein effort, elle a lâché un petit rire de gorge, sourd et vibrant.
Elle l'a empoigné, sa main fraîche contrastant avec ma chaleur de fonderie de haut-fourneau. Et là, mon pote, elle s'est exécutée ! Elle m'a sucé avec un art consommé, une technique de haute précision qui m'a obligé à serrer les dents jusqu'à m'en fêler l'émail pour ne pas hurler au génie. Ses yeux bleus me fixaient d'en bas, chargés d'un défi érotique qui me faisait bouillir le sang jusqu'aux oreilles. La pression dans la tige de culasse montait, menaçant de faire sauter le percuteur bien avant d'avoir commencé l'inspection des travaux finis.
— Voilà, a-t-elle soufflé en se redressant, un filet de salive brillant sur ses lèvres comme un diamant de rosée. Maintenant que le moteur est chaud, on va finir l'audit sous la flotte. Je veux te voir ruisseler.
On s'était traînés jusque dans la salle de bain, un mouchoir de poche en marbre noir. J'avais ouvert les vannes à fond, version cataracte du Niagara. La cabine s'est changée en une étuve opaque, un bocal de vapeur où nos silhouettes flottaient comme des spectres en rut.
On a attaqué par le « Nénuphar Flottant ». Je m'étais calé contre la paroi de verre, les pieds ancrés dans le bac pour ne pas finir aux urgences, et j'avais soulevé Soline par la taille. Elle s'était enroulée autour de moi, ses jambes verrouillant mes hanches avec une force de gymnaste des pays de l'Est. Je l'avais pénétrée alors que l'eau bouillante nous cinglait les épaules. C'était un forage intense, un combat contre la pesanteur et le savon qui rendait tout glissant comme une savonnette dans un pénitencier. Chaque va-et-vient était une déclaration de guerre à la fatigue.
Puis, dans un mouvement de pivot digne d'un danseur étoile, elle s'est retournée pour le « Plongeon du Crocodile ». J'étais derrière elle, mes pognes enserrant ses hanches avec la délicatesse d'un étau de mécanicien, tandis que je la pilonnais avec une fureur de légionnaire en permission. Le bruit de nos peaux qui s'entrechoquaient se mêlait au fracas du jet sur le carrelage. Ses fesses claquant contre mes cuisses dans un rythme de tambourin infernal.
Enfin, pour le bouquet final, on a tenté la « Vrille de l'Espadon ». Elle a levé une jambe, l'appuyant contre le mitigeur, m'offrant un angle de tir qui me permettait d'explorer ses profondeurs les plus secrètes. Ses gémissements sont devenus des cris rauques, étouffés par le rideau de pluie. L'orgasme nous a cueillis comme une foudre commune, une décharge de vingt mille volts qui nous a laissés tremblants, le front collé contre la vitre embuée, le cœur battant la chamade dans une cage thoracique devenue trop étroite.
— L'audit… est validé, a-t-elle bafouillé quand elle a pu raccrocher les wagons de sa respiration.
Une heure plus tard, on avait troqué l'humidité tropicale de la suite 402 pour l'air poisseux d'une ruelle borgne du Marais. C'est un quartier spécial, le Marais. Ça sent la pierre vieille de trois siècles, le cuir de luxe et l'urine de chat mélancolique. On a bifurqué dans une venelle si étroite qu'on aurait pu toucher les murs des deux côtés en écartant les bras, là où la lumière des réverbères à gaz hésite encore à s'aventurer.
Une heure plus tard, on avait troqué l'humidité tropicale de la suite 402 pour l'air poisseux d'une ruelle borgne du Marais. C'est un quartier spécial, le Marais. Ça sent la pierre vieille de trois siècles, le cuir de luxe et l'urine de chat mélancolique. On a bifurqué dans une venelle si étroite qu'on aurait pu toucher les murs des deux côtés en écartant les bras, là où la lumière des réverbères à gaz hésite encore à s'aventurer.
On a fini par s'enfiler dans le boui-boui du Mogwai. Pas d'enseigne lumineuse, juste un lampion rouge délavé qui se balançait au gré d'un courant d'air fétide. À l'intérieur, c'était le choc des cultures. Une odeur de vinaigre de riz, de poisson cru et de graillon rance vous prenait à la gorge. La salle était plongée dans une pénombre de confessionnal, trouée par la lueur des fourneaux où s'agitaient des ombres chinoises.
Linh s'est pointée comme une apparition. Une petite merveille aux cheveux de jais, lisses comme une aile de corbeau. Elle portait un kimono de soie pourpre, brodé de dragons qui semblaient s'accoupler sous la lumière rasante. Le vêtement était fendu jusqu'à la hanche, révélant à chaque pas une cuisse ambrée, musclée, une jambe de danseuse de temple qui vous donnait des envies de sacrilège. Elle nous a balancé des sashimis de thon gras, rouges comme des cœurs de suppliciés, qui fondaient sur la langue avec une onctuosité de péché mortel.
— Mangez, m'a-t-elle murmuré avec un accent qui vous faisait voyager jusqu'à Saïgon sans passeport.
C'est au moment où j'attaquais mon dernier maki, le riz encore tiède et le wasabi me décapant les sinus, que le Chef a surgi du néant. Le Mogwai. Un spécimen au cuir parcheminé, avec des rides si profondes qu'on aurait pu y cultiver des champignons. Sans un mot, avec une lenteur de reptile en fin de digestion, il a déposé un biscuit de fortune (fortune cookie) sur la nappe tachée de soja.
Soline a chopé le gâteau. Le craquement du sucre a résonné dans le silence du resto comme une branche sèche qui pète sous le pied d'un traqueur. Elle a déplié le petit ruban de papier avec des doigts qui tremblaient imperceptiblement. Son visage, si radieux sous la douche, s'est soudain décomposé, virant au gris de cendre.
— « La sève est noire, les racines pourrissent », a-t-elle lâché d'une voix qui semblait venir du fond d'un puits. Georges vient de nous annoncer que la forêt brûle, Fabrice. C'est le glas qui sonne pour nos matricules. On est grillés, mon pote. Plus que le thon sur le grill.
Le Mogwai nous fixait, immobile, sa main décharnée reposant sur le comptoir en zinc. Il y avait dans son regard une pitié glaciale qui m'a fait plus de mal qu'une gifle. Linh s'est de nouveau pointée, dandinant du croupion avec une grâce de félin en chasse. Elle a récupéré le classeur en cuir, se penchant si bas sur la table que j'ai pu admirer le creux de ses seins menus, deux petits fruits fermes qui défiaient la soie du kimono. Son parfum de jasmin et de sueur sucrée m'a sauté aux narines, me rappelant brutalement qu'on était encore vivants, pour l'instant.
— Vous avez une tête de condamnés à mort, vous deux, a-t-elle susurré à mon oreille, sa haleine chaude me chatouillant le lobe. La peur, ça vous donne un charme de damné qui me rend toute chose.
Elle a jeté un regard circulaire vers la rue obscure, là où les ombres commençaient à s'épaissir.
— Je lâche le service à minuit pile. Le Mogwai ferme boutique, les rats sortent des égouts. Si vous voulez un dernier frisson avant que le ciel ne vous tombe sur la cafetière, rejoignez-moi au "Labyrinthe". On pourra discuter… en profondeur. Et qui sait, peut-être que je vous aiderai à oublier que vous êtes déjà morts.
Elle nous a décoché un sourire qui aurait damné un saint, avant de s'éclipser vers l'arrière-boutique, nous laissant avec l'addition salée et la certitude que la nuit allait être très, très longue.
On avançait dans les boyaux du Marais, Soline et moi, comme deux spectres en partance pour l'échafaud. La rousse ne desserrait pas les dents, ses talons claquant sur le pavé avec une régularité de métronome maniaque. Moi, j'avais les boyaux en pelote. C'est ça le problème avec le métier : on passe son temps à attendre que le ciel vous tombe sur la cafetière, et quand il commence à pleuvoir des tuiles, on trouve encore le moyen d'être surpris.
Je la regardais de biais, ma Soline. Une vraie merveille de la nature, mais du genre volcanique. Le genre de nana qui vous fait grimper aux rideaux le lundi et qui vous envoie les flics le mardi pour tapage nocturne. Je me disais que la vie, au fond, c'est comme une partouze dans un tunnel : on sait qu'on va prendre son pied, mais on n'est jamais sûr de qui va nous palper les amandines dans le noir.
On avançait dans les boyaux du Marais, Soline et moi, comme deux spectres en partance pour l'échafaud. La rousse ne desserrait pas les dents, ses talons claquant sur le pavé avec une régularité de métronome maniaque. Moi, j'avais les boyaux en pelote. C'est ça le problème avec le métier : on passe son temps à attendre que le ciel vous tombe sur la cafetière, et quand il commence à pleuvoir des tuiles, on trouve encore le moyen d'être surpris.
Je la regardais de biais, ma Soline. Une vraie merveille de la nature, mais du genre volcanique. Le genre de nana qui vous fait grimper aux rideaux le lundi et qui vous envoie les flics le mardi pour tapage nocturne. Je me disais que la vie, au fond, c'est comme une partouze dans un tunnel : on sait qu'on va prendre son pied, mais on n'est jamais sûr de qui va nous palper les amandines dans le noir.
Et puis il y avait ce message. « La sève est noire. » Georges n'était pas du genre à nous envoyer des haïkus pour le plaisir des rimes. Si la sève noircissait, c'est que l'arbre était en train de crever par les racines. Et nous, on était les petites fourmis qui grimpaient sur les branches en croyant qu'on allait atteindre le soleil.
— Tu penses à quoi, Fabrice ? m'a-t-elle balancé sans même me regarder, devinant mes ruminations de vieux briscard.
— Je pense que le bonheur, ma belle, c'est comme le papier cul : quand on en a besoin, y en a jamais assez, et quand on en a trop, c'est qu'on a la chiasse. Là, j'ai l'impression qu'on va bientôt manquer de papier.
— Tu penses à quoi, Fabrice ? m'a-t-elle balancé sans même me regarder, devinant mes ruminations de vieux briscard.
— Je pense que le bonheur, ma belle, c'est comme le papier cul : quand on en a besoin, y en a jamais assez, et quand on en a trop, c'est qu'on a la chiasse. Là, j'ai l'impression qu'on va bientôt manquer de papier.
Elle a eu un petit rire sec, de ceux qui ne montent pas jusqu'aux yeux.
— T'es qu'un poète de caniveau. On va voir cette Linh. Elle a la clé de l'énigme, j'en mettrais ma main au feu.
— Fais gaffe à tes mains, Soline. Dans ce quartier, le feu, ça vous crame les empreintes plus vite qu'un barbecue de syndicalistes.
On a fini par dégoter l'entrée du Labyrinthe. Une porte cochère qui semblait avoir été goudronnée à la sueur de malfrats, nichée entre une boutique de pompes funèbres et un troquet qui ne servait que de l'antigel. Pas de tapis rouge ici, mon pote, juste un paillasson pelé qui avait dû connaître la chute de l'Empire. Un judas s'est ouvert avec un bruit de vieux fémur qui pète, laissant apparaître une paire d'yeux bovins, injectés de sang et de mépris.
— T'es qu'un poète de caniveau. On va voir cette Linh. Elle a la clé de l'énigme, j'en mettrais ma main au feu.
— Fais gaffe à tes mains, Soline. Dans ce quartier, le feu, ça vous crame les empreintes plus vite qu'un barbecue de syndicalistes.
On a fini par dégoter l'entrée du Labyrinthe. Une porte cochère qui semblait avoir été goudronnée à la sueur de malfrats, nichée entre une boutique de pompes funèbres et un troquet qui ne servait que de l'antigel. Pas de tapis rouge ici, mon pote, juste un paillasson pelé qui avait dû connaître la chute de l'Empire. Un judas s'est ouvert avec un bruit de vieux fémur qui pète, laissant apparaître une paire d'yeux bovins, injectés de sang et de mépris.
— C'est pour quoi ? a grogné une voix qui semblait sortir d'un pot d'échappement calaminé.
— On vient voir si le loup y est, et s'il a encore des dents pour mordre, j'ai balancé en glissant un biffeton froissé dans la fente.
— On vient voir si le loup y est, et s'il a encore des dents pour mordre, j'ai balancé en glissant un biffeton froissé dans la fente.
Le molosse nous a laissé passer dans un couloir qui puait le patchouli rance, le tabac de contrebande et l'urine de chat mélancolique. On a descendu un escalier en colimaçon dont les marches s'effritaient sous nos pompes comme du pain sec. Le Labyrinthe, c'était pas le Carlton. C'était une salle basse, saturée par une fumée épaisse qui te cuisait les paupières. L'ambiance ? Un mélange de caveau et de salle d'attente à la morgue, les néons roses en plus.
On a descendu un escalier en colimaçon dont les marches s'effritaient sous nos pompes comme du pain sec. Le Labyrinthe, c'était pas le Carlton. C'était une salle basse, saturée par une fumée épaisse qui te cuisait les paupières. L'ambiance ? Un mélange de caveau et de salle d'attente à la morgue, les néons roses en plus pour faire "ambiance". Les murs, recouverts d'un velours qui avait dû être rouge sous Napoléon III, pissaient l'humidité. Au plafond, des ventilos fatigués brassaient un air si gras qu'on aurait pu le couper au couteau.
La clientèle, parlons-en ! Un vrai musée des horreurs. Des trognes de boxeurs ratés dont le nez ressemblait à une pomme de terre écrasée, des crânes déplumés et des costards en Tergal qui brillaient sous la crasse. Ça transpirait le désespoir et le graillon, une espèce de foire aux bestiaux pour retraités de la cambriole. Des biches édentées, au cuir tanné par trop de nuits blanches et de vinasse bon marché, nous jetaient des regards qui en disaient long sur le prix de la viande. Au fond, deux spécimens se palpaient les amandines dans un coin d'ombre, tandis qu'un vieux débris s'endormait dans son verre de tord-boyaux, le filet de bave rejoignant la sciure du sol.
Faut voir le cheptel de donzelles qui zonait autour du bar ! Un vrai concours de laideur pour miss Fin-du-Monde. Des biches au cuir plus tanné qu'une selle de Cosaque, avec des visages ravagés par des décennies de picole et de coups de revers. Elles te fixaient avec des mirettes opaques, des billes de verre qui n'avaient plus vu une étincelle de joie depuis l'invention de la vapeur. Ces pauvres loutres avaient sûrement plus de bestioles dans leur cave humide, au fond de leur entrechat malodorant, que ne peuvent en contenir les égouts de Paris un soir d'orage. Un vrai bouillon de culture, mon pote ! Des morpions de compétition qui devaient s'entraîner au saut en hauteur entre deux plis de chair flasque, et des mycoses si évoluées qu'elles auraient pu te réciter du Victor Hugo si tu prenais le temps de les écouter.
— C'est ici que Linh nous donne rancart ? a murmuré Soline en protégeant son sac contre elle. C'est pas un club, c'est une cour des miracles !
Minuit dix. La porte de service s'est ouverte. Et là, le miracle. Linh a déboulé. Elle avait bazardé son kimono pour une guêpière de dentelle noire qui l'aurait fait passer pour une apparition céleste si on ne savait pas qu'elle bossait pour le Mogwai.
Elle n'est pas passée à l'action tout de suite, la petite. Elle s'est avancée vers notre table avec une lenteur de reptile en chasse, ses yeux de jais brillant d'une lueur de défi. Sans demander son reste, elle s'est glissée sur la banquette, pile entre Soline et moi. Elle s'est calée contre nous, sa peau fraîche contrastant avec l'air surchauffé de la salle.
— Vous avez l'air d'avoir besoin de réconfort, a-t-elle murmuré en posant une main audacieuse sur la cuisse de Soline.
Sa main a commencé à remonter doucement sous la jupe de la rousse, tandis qu'elle se tournait vers moi. Avant que j'aie pu dire "ouf", elle m'a chopé le collet et m'a embrassé à pleine bouche, une pelle monumentale qui m'a décapé les amygdales et m'a envoyé le sang direct dans les soutes. Sa langue, c'était un petit serpent de feu qui explorait mon territoire avec une autorité de conquérante.
Mais la gamine avait le sens du partage. Elle s'est écartée de mes lèvres pour aller goûter à celles de Soline, mélangeant nos salives dans un ballet qui aurait fait bégayer un cardinal. Tout en explorant la bouche de ma rousse, sa main libre est venue se poser sur ma cuisse à moi, pétrissant le muscle avant de remonter vers des zones plus stratégiques.
Elle alternait le plaisir avec une précision de métronome : un coup de langue pour Soline, une caresse de plus en plus haut pour mon obélisque qui commençait déjà à battre la chamade sous son tissu. Elle nous tenait tous les deux, nous faisant monter en pression, nous rappelant qu'entre la vie et la mort, il n'y a qu'un frisson de plaisir.
C'est là qu'elle a murmuré entre deux souffles courts, sa bouche frôlant mon oreille avant de repartir vers celle de Soline :
— Georges m'a confié un colis pour vous… Un truc trop chaud. Il est dans mon petit coffre-fort d'ébène, il n'attend que vos doigts pour le récupérer.
— Georges m'a confié un colis pour vous… Un truc trop chaud. Il est dans mon petit coffre-fort d'ébène, il n'attend que vos doigts pour le récupérer.
Soline a accusé le coup sans ciller, mais j'ai vu son regard changer de fréquence. On n'était plus dans la bagatelle, on était dans l'extraction. Elle a saisi Linh par la nuque, l'obligeant à basculer en arrière sur la banquette de velours pissant l'humidité.
— Puisque c'est là que tu caches les secrets d'État, ma petite, on va aller voir si la serrure fonctionne bien, a lâché la rousse d'une voix qui ne souffrait aucune discussion.
D'un geste autoritaire, Soline s'est penchée sur le corps frémissant de la gamine. Elle a écarté les pans de la guêpière de Linh, forçant l'Asiate à s'ouvrir comme un livre interdit sous la lueur des néons roses. Linh, loin d'être effarouchée, a poussé un petit rire provocateur et s'est jetée sur la motte de Soline, plongeant son visage dans le buisson ardent de la rousse avec une faim de loup, en un sublime soixante-neuf qui aurait fait une magnifique peinture accrochée au Louvre à côté de la Joconde !
Elle lapait son nectar avec une rage d'affamée qui me donnait des vertiges, se donnant corps et âme, tandis que Soline, les yeux mi-clos mais le cerveau toujours en mode "récupération de matériel", ne perdait pas le nord. Elle a glissé ses doigts experts dans la boîte à plaisir de la gamine, explorant chaque repli de ce petit sanctuaire avec une concentration de démineur de la sécurité civile.
Je n'avais qu'une envie, c'était d'en profiter moi aussi, je sortis donc mon engin, prêt à déboiter le petit cul tendu de la belle Linh, mais Soline m'arrêta d'un geste de la main, cachant ainsi à ma vue la jolie fente gluante de l'Asiatique déculottée.
— Attends, Fabrice ! a lâché Soline d'une voix rauque. On sécurise le colis d'abord !
La petite Asiate s'est alors cambrée, offrant sa croupe ambrée à la lumière crue des néons roses. Soline, qui n'est jamais la dernière pour les inventaires de précision, a glissé ses doigts experts dans la boîte à plaisir de la gamine. Linh a poussé un petit cri de surprise mêlé de plaisir, les muscles de ses cuisses tressaillant sous la fouille méticuleuse de la rousse. Soline explorait chaque repli de ce petit sanctuaire d'ébène avec une concentration de démineur.
Soudain, son visage s'est éclairé. D'un geste sûr et délicat, elle a fini par extraire des profondeurs de Linh un petit sac plastique scellé, tout lubrifié par le jus de la petite. Elle l'a brandi comme un trophée de guerre. À l'intérieur, je voyais briller le métal de la clé USB.
— On l'a, Fabrice ! Le petit bijou est au sec ! a-t-elle triomphé en fourrant le sésame dans sa propre poche.
— Maintenant, Fabrice… Prenez-moi ! a supplié Linh, la voix brisée par l'attente.
J'ai pas attendu le deuxième signal. J'étais derrière elle, profitant de la vue imprenable sur son petit pont de singe, cette petite fente brune qui m'appelait comme un phare dans la nuit après la tempête. J'ai empoigné ses hanches, mes pouces s'enfonçant dans sa chair ferme, et je l'ai pénétrée d'un coup sec, maintenant que la voie était libre de tout obstacle technologique. Mon pistolet de chair s'est enfoncé dans son orifice brûlant et serré comme un gant, alors qu'elle reprenait de plus belle sa besogne buccale sur Soline.
C'était le nirvana total ! Un accordéon de chair, un balancement de sueur et de soupirs qui nous emmenait loin des emmerdes du monde. Linh était prise en sandwich, haletant dans sa langue mystérieuse, tandis que je la pilonnais par derrière avec une régularité de marteau-pilon, savourant chaque centimètre de ce plaisir volé à la mort.
On était au paroxysme de la fusion, Linh criant sous mon pilonnage final, quand un sifflement ténu a déchiré l'air saturé de patchouli. Linh s'est raidie d'un coup. Sa colonne vertébrale est devenue un arc de cercle. Ses yeux se sont écarquillés dans une terreur soudaine. Une petite fléchette était plantée là, sous l'oreille. Une goutte de sang noir perla sur sa peau. Elle s'est effondrée sur Soline, inerte. Son sexe, encore chaud de mon assaut, s'est relâché pour l'éternité, me laissant le membre orphelin et glacé dans un frisson de mort.
— Nom de Dieu ! a soufflé Soline en dégageant le cadavre. On nous allume, Fabrice ! La petite s'est fait moucher juste après le transfert ! Faut s'arracher !
Linh était morte. Soline serrait la clé USB contre elle. On s'est rhabillés en quatrième vitesse, ignorant les quelques spectateurs qui commençaient à comprendre que le spectacle avait viré au drame. La fête était finie, le cauchemar commençait.
Linh était morte. Soline serrait la clé USB contre elle. On s'est rhabillés en quatrième vitesse, ignorant les quelques spectateurs qui commençaient à comprendre que le spectacle avait viré au drame. La fête était finie, le cauchemar commençait.
A suivre ...
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Commentaires ()
Je trouve votre écriture parfaite et très agréable.
Merci. C est gentil de votre part.
Les réactions sont comme ça... les auteurs masculin ont moins d attrait. Rajoutez à cela, une histoire qui sort un peu des standards d ici.. ou il n est pas question d inceste ou de zoo... et c est forcément moins de likes et de commentaires.
Mais c est pas grave. Ceux qui me font l honneur de liker et de commenter suffisent à mon bonheur.
Je suis ravi que cela vous plaise.
Elle arrive le 20 Janvier. 😉
Je suis navré de la répétition de la phrase à l'entrée du Labyrinthe, je vais être encore plus vigilant dorénavant.