Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
H2G3 : Le Guide de la voyageuse galactique — Chapitre 4 · Wedreca
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
H2G3 : Le Guide de la voyageuse galactique
Chapitre 4 · Wedreca
Arrivée sur Magrathea, Tricia découvre avec horreur le massacre perpétré par les fameuses Sylvidres. À peine remise de ce troublant spectacle, la voilà menée à l'Oracle avec laquelle elle doit entrer en contact.
Sa dernière phrase résonne encore dans ma tête, quand l'Oracle s'adresse à nous pour la seconde fois :
— Alors, que puis-je pour vous ? Quelles sont les questions qui tourmentent vos esprits ? Dites-moi tout !
Je sens bien Venusia et toutes les autres mal à l'aise face à cette chose. Mais étonnamment, je ne le suis pas tant que ça. Je suis plus… fascinée.
La lieutenante me fait alors un signe de la tête, voulant dire en gros : “Bein alors, vas-y ! Qu'est-ce que tu attends !”. Alors, respirant un grand coup, je fais un pas en avant.
— Heu… bonjour madame l'Oracle…
— WEDRECA !
— Heu, oui… madame Wed…heu… Wedreca. C'est moi qui ai été désignée pour dialoguer avec vous.
— Ah, très bien ! J'espère que vous serez de meilleure compagnie que celle qu'ils m'ont envoyée la dernière fois : je me suis ennuyée à mourir !
— WEDRECA !
— Heu, oui… madame Wed…heu… Wedreca. C'est moi qui ai été désignée pour dialoguer avec vous.
— Ah, très bien ! J'espère que vous serez de meilleure compagnie que celle qu'ils m'ont envoyée la dernière fois : je me suis ennuyée à mourir !
Si son but est de me mettre encore un peu plus la pression, c'est réussi. Mon cerveau, tournant déjà à plein régime, cherche une question… Mais pas n'importe laquelle… une question intéressante, intelligente, pertinente, intrigante… un truc se terminant par “ante”, quoi…
— Comment ça marche ? Je peux faire trois vœux, c'est ça ?
C'est sorti tout seul. Putain, mais qu'est-ce qui m'est passé par la tête…? “drôle” !? Mais ça ne se termine pas par “ante”... “drôle” ! Et en plus, ce n'est même pas drôle. Putain de merde, comment rater son entrée…
Mais après quelques secondes, d'un silence insoutenable, la voix emplit une nouvelle fois la pièce :
— HA HA HA ! Très drôle… et tu as osé… j'aime ça !
YES ! Je ne m'en sors pas trop mal, tout compte fait. C'était un pari risqué, mais vu la taille du machin, cela m'aurait étonnée qu'il ne soit pas doté d'un minimum de sens de l'humour. Ne voulant pas abuser des bonnes choses, et surtout pour ne pas passer “que” pour une bouffonne, je dégaine une question qui mérite réponse :
— Wedreca, qui sont les Sylvidres ?
— Ahhh, les Sylvidres… Ce sont des sortes de femmes végétales. Leur peuple existe depuis des millions d'années. Elles sillonnent la galaxie à la recherche de l'énergie indispensable à leur survie.
— L'énergie ? Quelle énergie ?
— La “jouissance” !
— La quoi ? Mais… comment ça…?
— Elles sont capables de collecter la jouissance de la plupart des espèces de cette galaxie. Et comme vous avez pu le constater, la nature les a dotées d'un pouvoir pour le moins puissant.
— Mais… elles en font quoi, de cette… jouissance ?
— Désolée, vous avez utilisé vos trois vœux. Repassez dans un million d'années.
— Hein ? C'est une blague…?!
— Ahhh, les Sylvidres… Ce sont des sortes de femmes végétales. Leur peuple existe depuis des millions d'années. Elles sillonnent la galaxie à la recherche de l'énergie indispensable à leur survie.
— L'énergie ? Quelle énergie ?
— La “jouissance” !
— La quoi ? Mais… comment ça…?
— Elles sont capables de collecter la jouissance de la plupart des espèces de cette galaxie. Et comme vous avez pu le constater, la nature les a dotées d'un pouvoir pour le moins puissant.
— Mais… elles en font quoi, de cette… jouissance ?
— Désolée, vous avez utilisé vos trois vœux. Repassez dans un million d'années.
— Hein ? C'est une blague…?!
Juste après les derniers mots de l'Oracle, toutes les lumières clignotant jusqu'à présent s'éteignent alors simultanément. Le silence a repris possession des lieux. Nous nous regardons toutes, dans l'incompréhension la plus totale…
Je sens alors le regard de la lieutenante, un brin agacée, braqué sur moi… à quoi je tente vainement de répondre :
— Bein quoi ? J'y peux rien moi…
Puis, d'un seul coup, tandis que les lumières se remettent à clignoter de plus belle, la voix de Wedreca éclate à nouveau :
— Rhooo, j'rigole… ça va… c'était pour rire ! Désolée, mais les occasions de s'amuser sont tellement rares par ici… Je n'ai pas pu résister.
Un mélange de colère et de soulagement m'envahit soudain. Je patiente alors quelques secondes, attendant que le mélange penche plus vers le soulagement, et ainsi éviter de dire quelque chose que je regretterais. Puis calmement, une fois le sang redescendu de ma tête, je réitère ma question :
— Bon, ok… c'était très drôle. Et du coup : elles en font quoi, de cette… jouissance ?
— Tout ! Absolument tout ! C'est leur nourriture, leur engrais et même le carburant de leurs vaisseaux… Elles l'utilisent pour tout ce qui nécessite une source d'énergie.
— Putain de merde ! Oups, désolée. C'est sorti tout seul.
— Tout ! Absolument tout ! C'est leur nourriture, leur engrais et même le carburant de leurs vaisseaux… Elles l'utilisent pour tout ce qui nécessite une source d'énergie.
— Putain de merde ! Oups, désolée. C'est sorti tout seul.
Si au départ, je ne savais pas trop quoi lui dire, voici qu'à présent les questions se bousculent dans ma tête :
— Et pourquoi étaient-elles là ? Que voulaient-elles ?
— Aaah, la voilà LA question !
— Aaah, la voilà LA question !
Puis, l'énorme machine semble prendre un temps pour réfléchir, ou faire des calculs… ou un truc de machine, quoi. Au bout d'une dizaine de secondes, qui me semblent une éternité, la voilà qui nous répond d'une voix posée et solennelle :
— Qu'on me laisse seule avec elle.
Des regards d'étonnement dans tous les yeux, nous restons là, sans trop savoir quoi en penser. Mais c'est sa voix, cette fois plus forte et plus ferme, qui nous sort alors de notre torpeur :
— Qu'est-ce que vous ne comprenez pas, dans le mot “SEULE” ?!
L'ordre est clair, et nous n'avons aucune envie de tester sa patience. La lieutenante me fait alors un petit signe de la tête, qui semble me dire “bonne chance”. Puis, elle tourne les talons, suivie des autres femmes. Partant à regret, Venusia ne me lâche pas des yeux, jusqu'à son entrée dans le couloir. Je suis alors submergée par un sentiment de vide infini. Me retournant vers la chose, j'attends de voir ce qu'elle a à me dire de si important… et à ce point secret.
— Tricia McMillan, c'est bien ça ?
— Heu… oui… mais comment connaissez-vous mon nom ?
— Aller, on arrête les conneries Trillian ! Et puis tutoie-moi, on est entre nous, là !
— Hein ? quoi ? Trillian…? c'est quoi ça ?
— Ton nom dans un monde parallèle.
— Un monde parallèle ?
— Bon… tu vas vraiment répéter tout ce que je dis ?
— Heu, désolée.
— Oui, un monde parallèle… le monde d'où tu viens… d'avant l'explosion de ta planète.
— Hein ?! J'y comprends rien là… va falloir être plus claire… je n'ai qu'un cerveau d'humaine moi… va falloir y aller mollo.
— Alors voilà : quand ta planète, la Terre, s'est fait détruire par les Vogons, l'explosion a provoqué une faille dans le continuum espace-temps…
— Ah non ! Pas ces conneries… C'est vraiment “cliché” ton truc ! Je vais pas…
— BON ! Je peux continuer, ou bien ?
— Heu… oui… mais comment connaissez-vous mon nom ?
— Aller, on arrête les conneries Trillian ! Et puis tutoie-moi, on est entre nous, là !
— Hein ? quoi ? Trillian…? c'est quoi ça ?
— Ton nom dans un monde parallèle.
— Un monde parallèle ?
— Bon… tu vas vraiment répéter tout ce que je dis ?
— Heu, désolée.
— Oui, un monde parallèle… le monde d'où tu viens… d'avant l'explosion de ta planète.
— Hein ?! J'y comprends rien là… va falloir être plus claire… je n'ai qu'un cerveau d'humaine moi… va falloir y aller mollo.
— Alors voilà : quand ta planète, la Terre, s'est fait détruire par les Vogons, l'explosion a provoqué une faille dans le continuum espace-temps…
— Ah non ! Pas ces conneries… C'est vraiment “cliché” ton truc ! Je vais pas…
— BON ! Je peux continuer, ou bien ?
La voix avait empli la pièce avec une force qui donnait un sens très clair à son message : “Ferme bien ta gueule”. Ayant gagné toute mon attention, elle reprend donc :
— N'as-tu pas remarqué des choses un peu étranges, depuis l'explosion ?
— Mais… tout est étrange !
— Oui…bon… sur toi par exemple…
— Non.
— Ta… jeunesse peut-être…?
— Ah oui, ça c'est bizarre… sous la douche… comme une impression de…
— Tricia ! Le jour où la Terre a explosé, tu as fait un bond dans le passé… à exactement 4 heure 29 de l'après-midi, au mois d'octobre, le mercredi 21 de l'année 2015 !
— Hein ! Quoi !? Mais… heu… ça fait… PUTAIN ! Ça fait plus de sept ans ça ?!
— En effet.
— Aaah, mais c'est pour ça…! J'ai rajeuni de sept putains d'années !?
— Tout à fait.
— Mais… mais… ça veut dire que j'ai… vingt-cinq ans ? Merde, j'ai vingt-cinq ans !
— Techniquement, oui.
— Mais… tout est étrange !
— Oui…bon… sur toi par exemple…
— Non.
— Ta… jeunesse peut-être…?
— Ah oui, ça c'est bizarre… sous la douche… comme une impression de…
— Tricia ! Le jour où la Terre a explosé, tu as fait un bond dans le passé… à exactement 4 heure 29 de l'après-midi, au mois d'octobre, le mercredi 21 de l'année 2015 !
— Hein ! Quoi !? Mais… heu… ça fait… PUTAIN ! Ça fait plus de sept ans ça ?!
— En effet.
— Aaah, mais c'est pour ça…! J'ai rajeuni de sept putains d'années !?
— Tout à fait.
— Mais… mais… ça veut dire que j'ai… vingt-cinq ans ? Merde, j'ai vingt-cinq ans !
— Techniquement, oui.
Je sens bien, à ce moment-là, que mon cerveau a bugué, et il faut que Wedreca reprenne ses explications pour le remettre sur les rails.
— Donc, comme je te le disais… le continuum espace-temps… ha oui : cette faille temporelle a fait naître deux réalités distinctes qui coexistent à présent. C'est bon ? Tu as tout compris, là ?
— Heu… oui… en fait non, rien. Ça veut dire qu'il y a une autre Tricia dans le monde de départ ?
— “Trillian”… Tu te fais appeler Trillian, dans l'autre monde.
— Et cette “Trillian”, elle fait quoi là-bas ? Elle parle au “toi” de là-bas ?
— Non, elle a quitté la Terre à bord d'un vaisseau avec Zaphod Beeblebrox, le président de la galaxie. Elle connait d'ailleurs un certain Arthur Dent, un terrien qui lui aussi a survécu à l'explosion… Mais ça on s'en fout, Tricia ! L'important c'est TOI, ici et maintenant ! Le temps nous est compté.
— Et alors, c'est quoi le truc ? Qu'est-ce que j'ai à faire là-dedans ?
— Connais-tu la réponse à “la grande question sur la vie, l'univers et le reste” ?
— Oui, on m'en a parlé : c'est 42.
— Non, c'est 43 !
— Hein ? Mais je croyais que c'était un super-ordinateur qui l'avait calculée… comment s'appelait-il déjà ? Ha oui : “Pensée profonde”, et qu'il lui avait fallu plus de sept millions d'années pour trouver la réponse 42.
— Et bien moi, il ne m'a fallu que dix-huit millisecondes pour la recalculer, cette réponse… et j'ai trouvé 43 !
— Putain de merde ! Ils en ont fait des progrès entre-temps !
— Non, j'ai juste ajouté 1.
— Quoi ?! Mais c'est une grosse arnaque ton truc !
— Et pourquoi ce le serait ? Parfois, il faut être pragmatique dans la vie.
— Mouai… c'est discutable…
— Heu… oui… en fait non, rien. Ça veut dire qu'il y a une autre Tricia dans le monde de départ ?
— “Trillian”… Tu te fais appeler Trillian, dans l'autre monde.
— Et cette “Trillian”, elle fait quoi là-bas ? Elle parle au “toi” de là-bas ?
— Non, elle a quitté la Terre à bord d'un vaisseau avec Zaphod Beeblebrox, le président de la galaxie. Elle connait d'ailleurs un certain Arthur Dent, un terrien qui lui aussi a survécu à l'explosion… Mais ça on s'en fout, Tricia ! L'important c'est TOI, ici et maintenant ! Le temps nous est compté.
— Et alors, c'est quoi le truc ? Qu'est-ce que j'ai à faire là-dedans ?
— Connais-tu la réponse à “la grande question sur la vie, l'univers et le reste” ?
— Oui, on m'en a parlé : c'est 42.
— Non, c'est 43 !
— Hein ? Mais je croyais que c'était un super-ordinateur qui l'avait calculée… comment s'appelait-il déjà ? Ha oui : “Pensée profonde”, et qu'il lui avait fallu plus de sept millions d'années pour trouver la réponse 42.
— Et bien moi, il ne m'a fallu que dix-huit millisecondes pour la recalculer, cette réponse… et j'ai trouvé 43 !
— Putain de merde ! Ils en ont fait des progrès entre-temps !
— Non, j'ai juste ajouté 1.
— Quoi ?! Mais c'est une grosse arnaque ton truc !
— Et pourquoi ce le serait ? Parfois, il faut être pragmatique dans la vie.
— Mouai… c'est discutable…
Wedreca marque alors une pause… et je sens alors que ce qu'elle va me dire est le vrai but de notre rencontre.
— Tricia, es-tu prête à faire ce qu'il faut pour sauver ce monde… et ceux qui te sont chers ?
— Heu oui… je pense… tu m'inquiètes, là…
— Heu oui… je pense… tu m'inquiètes, là…
À la base du monolithe, s'allument alors quatre pavés de couleur : un rouge, un bleu, un vert et un jaune. D'un pas hésitant, je m'approche et attends les instructions.
— Tu dois d'abord passer un test.
Le pavé rouge s'allume alors, accompagné d'un son… Il me faut quelques secondes pour comprendre ce qu'elle attend de moi. Je pose alors la main sur la zone rouge, qui brille en émettant le même son… puis les combinaisons s'enchaînent : rouge vert, rouge vert bleu, rouge vert bleu vert…
— Dis donc Wedreca… ce truc, là… ça me rappelle quelque chose… un jeu à la con… Dis, tu ne serais pas en train de te foutre de ma gueule, par hasard ?!
— Bon… oui, j'avoue ! C'était plus fort que moi. Aller, déso, on recommence… on ne rigole plus…
— Bon… oui, j'avoue ! C'était plus fort que moi. Aller, déso, on recommence… on ne rigole plus…
Les pavés lumineux vert et jaune s'éteignent alors, ne laissant plus que le rouge et le bleu allumés. Puis, Wedreca reprend d'une voix dont le sérieux me fait frissonner :
— Choisis le pavé bleu et tout s'arrête, après tu pourras retrouver tes amis, et laisser ton destin aux mains du hasard. Choisis le pavé rouge, et tu restes au pays de Wedreca… et on descend au fond du gouffre, pour prendre ton destin en main…
Je sais que mon choix est décisif. Je sens presque physiquement le poids de la pression sur mes épaules. Dans mon esprit, les images se bousculent : Venusia… la Terre… les sœurs de larmes… et bien sûr Wedreca, me faisant face et attendant patiemment ma réponse…
Revoir mes amis… et Venusia… Pouvoir me regarder en face… Mes pensées se mélangent et virevoltent dans le chaos de mon cerveau à la dérive… Choisir… choisir… il me faut faire un choix…
D'un geste leste et désinvolte, je viens de prendre la décision la plus importante de ma vie. Tandis que je regarde ma main, plaquée contre la paroi froide et entourée de cette lueur rouge ondulant sous mes doigts, je reprends ma vie en main.
— Tu as fait le bon choix, Tricia… ou du moins le plus raisonnable.
— Tu crois…?
— Je ne sais pas, Tricia… mes algorithmes me disent que oui.
— Bon, et c'est quoi le plan, maintenant ?
— Tu ne vas pas aimer… Tu dois rester ici avec moi… et laisser partir tes amis.
— QUOI !? Mais c'est quoi ce plan de merde, putain ?
— Fais-moi confiance, j'ai tout calculé… tous les scénarios possibles et imaginables… des milliards et des milliards de fois… et j'en arrive toujours à la même conclusion : tu dois rester !
— Tu crois…?
— Je ne sais pas, Tricia… mes algorithmes me disent que oui.
— Bon, et c'est quoi le plan, maintenant ?
— Tu ne vas pas aimer… Tu dois rester ici avec moi… et laisser partir tes amis.
— QUOI !? Mais c'est quoi ce plan de merde, putain ?
— Fais-moi confiance, j'ai tout calculé… tous les scénarios possibles et imaginables… des milliards et des milliards de fois… et j'en arrive toujours à la même conclusion : tu dois rester !
Il faut bien que je me rende à l'évidence : est-il plus raisonnable de faire confiance à l'intuition d'un cerveau humain perturbé par les évènements ou à un super-ordinateur sûrement capable de simuler l'entièreté de l'univers en une minute trente ? Objectivement, en tant que scientifique, le choix est vite fait :
— Ok, on fait ça. Mais je les reverrai, hein ?
— Tout dépend de toi Tricia… tout dépend de toi…
— Tout dépend de toi Tricia… tout dépend de toi…
***
C'est face à deux grands yeux turquoise et incrédules que j'annonce le plan de l'Oracle. Si les autres filles, à défaut de comprendre, respectent ma décision, il y en a une qui s'y refuse.
— Non, Tricia, non… tu ne peux pas faire ça… non ! J'en étais sûre… mon pressentiment… Je ne veux plus aller me cacher !
— Venusia, je reviens bientôt… je te le promets.
— Et l'Oracle, elle te l'a promis, elle, que tu reviendrais ?
— …
— Venusia, je reviens bientôt… je te le promets.
— Et l'Oracle, elle te l'a promis, elle, que tu reviendrais ?
— …
Que voulez-vous que je réponde à ça. Elle a raison, je n'ai aucune certitude sur le déroulé du plan de Wedreca… ni en quoi il consiste d'ailleurs.
Gora s'approche alors de moi. À ma plus grande surprise, son air sévère s'est mué en respect.
— Tiens Tricia, prends ça, c'est une balise. Au moindre problème, tu l'enclenches et on rapplique direct… ok ?
— Oui… ok. Merci ma commandante.
— “Gora” ça ira… Merci à toi pour ton courage. Si chacune de nos sœurs pouvait en avoir ne serait-ce que la moitié du tien, nous la gagnerions dans l'année, cette foutue guerre ! Aller, on va y aller, avant que tout le monde se mette à chialer.
— Merci… Gora.
— Merci à toi… et on se revoit bientôt, hein !
— Oui… ok. Merci ma commandante.
— “Gora” ça ira… Merci à toi pour ton courage. Si chacune de nos sœurs pouvait en avoir ne serait-ce que la moitié du tien, nous la gagnerions dans l'année, cette foutue guerre ! Aller, on va y aller, avant que tout le monde se mette à chialer.
— Merci… Gora.
— Merci à toi… et on se revoit bientôt, hein !
D'un mouvement de bras, elle fait alors signe à toutes de rejoindre les navettes. Seule Venusia me fixe, les yeux implorant… semblant attendre une intervention divine qui ferait changer le cours des choses… À cet instant, je donnerais n'importe quoi pour sauter dans ses bras et l'embrasser sans me soucier des autres… mon Dieu, comme j'en ai envie…
— ALLER LES FEIGNASSES, ON S'ARRACHE !
Heureusement pour moi, Gora vient d'ordonner le départ. Car je pourrais rester comme ça une éternité, à me noyer dans les yeux de ma belle. Les autres s'installent déjà dans les navettes que Venusia attrape mes mains. J'en ai des frissons.
— Reviens-moi, Tricia… reviens-moi, ou je te tue.
— Promis.
— Promis.
C'est avec le cœur en mille morceaux que je la vois s'éloigner. Puis, les portes de métal se ferment à peine, que déjà les propulseurs font voler la poussière dans les airs. J'ai juste le temps de voir par le hublot, les plus beaux yeux du monde sonder mon esprit…
— Je t'aime Tricia.
— Moi aussi je t'aime, mon amour. Je t'aime à en mourir.
— Moi aussi je t'aime, mon amour. Je t'aime à en mourir.
***
De retour auprès de Wedreca, le doute s'installe en moi. Ai-je pris la bonne décision ? Est-ce que je ne fais pas une connerie en écoutant cette IA, en fin de compte ?
— Dis-moi Wedreca, C'est quoi le plan, du coup ?
— Tu restes là… et tu attends les Sylvidres.
— QUOI !?
— Tu restes là… et tu attends les Sylvidres.
— QUOI !?
À ces mots, j'ai l'impression de perdre pied. C'est donc ça son plan. C'est pour me faire choper par ces putes que Wedreca veut que je reste…
— SALOPE !! C'est ce que tu veux depuis le début, hein !? Et tu m'as rien dit ! POURQUOI ?!
— Je ne pouvais pas prendre le risque que tu repartes.
— Quel risque ? QUEL RISQUE ?! C'est moi qui prends tous les risques. Tu t'en fous toi, tu n'es qu'une… machine… un tas de ferraille !
— Oui, je le sais ça, Tricia. J'en suis bien consciente. Mais il n'y a aucun autre scénario possible que celui-là… aucun autre… je suis désolée.
— Je ne pouvais pas prendre le risque que tu repartes.
— Quel risque ? QUEL RISQUE ?! C'est moi qui prends tous les risques. Tu t'en fous toi, tu n'es qu'une… machine… un tas de ferraille !
— Oui, je le sais ça, Tricia. J'en suis bien consciente. Mais il n'y a aucun autre scénario possible que celui-là… aucun autre… je suis désolée.
Je me sens alors vide… sans aucune volonté, que celle de m'assoir là et me laisser mourir.
— Et alors, madame l'Oooracle ! Tu attends quoi de moi ?
— Tu dois trouver le livre… le guide. Il renferme le secret de la force la plus puissante jamais connue à ce jour… une force capable de plier l'univers… de changer le cours de l'histoire.
— Un guide ? Et il ressemble à quoi, ce guide.
— Tu le reconnaîtras immédiatement, quand tu l'auras entre les mains. Tu n'auras plus aucun doute. Il est LE guide ultime… de toute voyageuse galactique.
— Et d'où vient-il ?
— Un premier guide électronique a été diffusé dans ton monde d'origine. Mais celui-là est un manuscrit unique, écrit de la main même d'une des trois fondatrices des Sœurs de larmes : La commandante S. Connors. Elle s'est très vite rendu compte que le monde, tel qu'on le connaît, allait à sa perte et que ses sœurs devaient être guidées pour remplir la mission qu'elles s'étaient fixées. Il n'y en a qu'un seul exemplaire et sa valeur est inestimable… il en va de l'avenir de l'univers.
— Et du coup, je le trouve où ?
— Les Sylvidres s'en sont emparées. Et voilà pourquoi tu dois te faire capturer.
— Tu dois trouver le livre… le guide. Il renferme le secret de la force la plus puissante jamais connue à ce jour… une force capable de plier l'univers… de changer le cours de l'histoire.
— Un guide ? Et il ressemble à quoi, ce guide.
— Tu le reconnaîtras immédiatement, quand tu l'auras entre les mains. Tu n'auras plus aucun doute. Il est LE guide ultime… de toute voyageuse galactique.
— Et d'où vient-il ?
— Un premier guide électronique a été diffusé dans ton monde d'origine. Mais celui-là est un manuscrit unique, écrit de la main même d'une des trois fondatrices des Sœurs de larmes : La commandante S. Connors. Elle s'est très vite rendu compte que le monde, tel qu'on le connaît, allait à sa perte et que ses sœurs devaient être guidées pour remplir la mission qu'elles s'étaient fixées. Il n'y en a qu'un seul exemplaire et sa valeur est inestimable… il en va de l'avenir de l'univers.
— Et du coup, je le trouve où ?
— Les Sylvidres s'en sont emparées. Et voilà pourquoi tu dois te faire capturer.
Sa logique est implacable, je dois bien le reconnaître. C'est plutôt la mise en œuvre du plan qui me préoccupe pour l'instant.
— Tricia, elles arrivent… Et n'oublie pas : parfois, la solution n'est ni 0 ni 1… mais entre les deux.
Je me retourne alors pour fixer le couloir duquel vont arriver mes bourreaux. Je n'ai pas peur, non… Mon cœur est empli de cette rage d'en découdre et de ramener ce putain de bouquin. Déjà, je sens des changements dans mon corps et une certaine moiteur entre mes cuisses, alors que des silhouettes familières s'approchent, du fond du couloir.
— Wedreca, dis-moi franchement… qu'elles sont mes chances ?
— Ce n'est qu'une estimation… mais d'après mes calculs… 43% de réussite.
— 43… bien sûr… ce n'est pas si mal, hein…
— Ce n'est qu'une estimation… mais d'après mes calculs… 43% de réussite.
— 43… bien sûr… ce n'est pas si mal, hein…
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Commentaires ()
À part ça j'adore 7 histoire
Merci pour ton com, @Rémo 😊 !
J'ai trouvé ce chapitre très drôle, ton personnage à une sacré personnalité je l'adore !
Pourquoi suivre le lapin blanc ? Parce que sinon, il n'y aurait pas d'histoire 😋.
Merci pour ton retour, @Salim108.
Merci pour ton commentaire, @OlivierX ☺️.
J'adore cet humour décalé, un mélange subtil de respect pour des classiques de la SF (d'aprés ce qui se dit puique je n'ai pas moi les références (à part peut-être 2001 Odyssée de l'espace pour le monolithe)) et le pastiche du moins l'ironie vis à vis de ces histoires.
Et en même temps il y a la romance et le drame, tout ça avec ton syle plein de ta spontannéité qui fait que tu dois avoir une facilité d'écriture (digne de Matt Demon/Petite Julie)
Tu es douée, brillante... Je te kiffe trop. Ne lâche jamais l'écriture.
Pour ce chapitre, en effet, il est particulier. La rencontre avec Wedreca l'IA est un de mes moments préférés 😊.
Pour l'écriture, je ne me vois pas l'abandonner de sitôt... vu le bien qu'elle me fait. J'adore les mots que j'écris, j'adore les mots que je lis et j'adore les mots dans les commentaires comme le tien.
Merci Doc de me lire et de me "kiffer" comme ça 😘.
PS : Je te kiffe aussi, tu sais 😊.
Mais fais des pauses de temps en temps... je ne voudrais pas qu'on te retrouve mort de fatigue devant mon histoire 😅.
Merci pour ton retour 😘.
S'pèce de Princesse Vespa ;-)
Je n'avais pas la ref mais merci beaucoup maintenant je m'en souviens..
Le 21 octobre jour de la sainte Céline... ❤️
Tu l'a choisi pourquoi ?
Oui sinon comme tout tes fans ce chapitre est grandiose...
C'est exactement, mot pour mot, la réplique de Doc à Marty dans "Retour vers le futur". Encore un Easter egg 😋.
Merci pour ton com, @Lopette007 😊.
@Wedreca
Faut que j’en garde en réserve, mais honnêtement ton histoire passionne et captive
C’est un véritable roman à succès