Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le cul d'Adèle — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le cul d'Adèle
Chapitre 4
C'était l'anniversaire d'Adèle. J'aimais coucher avec une fille qui soit née à la fin du mois d'août. La fin du mois d'août est à la fois solaire et mélancolique, comme Adèle.
Je lui fis part de mon intention de l'emmener au restaurant à cette occasion. Après tout, on n'a pas vingt-huit ans tous les jours.
Je lui fis part de mon intention de l'emmener au restaurant à cette occasion. Après tout, on n'a pas vingt-huit ans tous les jours.
— Tu n'es pas obligée, dit-elle.
Je l'avais mise en garde, quelques mois auparavant : je n'étais pas du genre à emmener ma chère et tendre au restaurant pour son anniversaire. Je n'aimais pas le romantisme à l'eau de rose que le cinéma américain infusait dans nos existences. Et j'y étais d'autant plus attentif que je ne me sentais pas moi-même exempt de romantisme à l'eau de rose, bien au contraire.
Bref, je n'avais pas les idées très en place. Une bonne thérapie eût sans doute pu mettre bon ordre dans tout cela, mais je n'avais pas d'argent pour m'en payer une. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir des psychiatres à chaque coin de rue, dans le quartier.
Peut-être que les événements qui s'ensuivirent sont la conséquence de mon humeur sombre, car ce soir-là, j'étais d'humeur sombre bien avant qu'il arrive quoi que ce soit. Pourtant, le restaurant était élégant, les blancs de notre conversation toujours rêveurs et le décolleté d'Adèle vertigineux.
Bref, je n'avais pas les idées très en place. Une bonne thérapie eût sans doute pu mettre bon ordre dans tout cela, mais je n'avais pas d'argent pour m'en payer une. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir des psychiatres à chaque coin de rue, dans le quartier.
Peut-être que les événements qui s'ensuivirent sont la conséquence de mon humeur sombre, car ce soir-là, j'étais d'humeur sombre bien avant qu'il arrive quoi que ce soit. Pourtant, le restaurant était élégant, les blancs de notre conversation toujours rêveurs et le décolleté d'Adèle vertigineux.
Après notre commande, elle se leva pour aller aux toilettes. Quand elle revint, quelque chose avait changé dans son attitude. Elle avait l'air absente.
— Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je. Tu veux que nous rentrions à la maison ?
Elle fit non de la tête et resta silencieuse. Le vin arriva devant nous, puis les assiettes. Adèle faisait de son mieux pour ne pas pleurer.
— Si tu ne veux pas me raconter, dis-je, ne me raconte pas. On peut manger en silence.
Elle m'expliqua alors que, lorsqu'elle était allée aux toilettes, elle avait surpris la conversation du serveur qui s'occupait de notre table. Il disait : des huîtres pour la dame avec un gros cul.
— Mange, dis-je, ça n'a pas d'importance.
Au moment de payer l'addition, je demandais à son impassible collègue où était le serveur en question. Pour quoi faire ? Aucune idée. De toute façon, on m'informa qu'il était en train de prendre sa pause dans la cour, à l'arrière.
— Ça n'a plus d'importance, dit Adèle. On y va.
Nous fumâmes pensivement une cigarette sur la route du retour. Quand nous rentrâmes, je lui soulevais sa jupe. Elle portait une culotte à imprimés léopard. C'était vrai qu'elle avait un gros cul. Je le lui dis, et je le fessai une première fois, par-dessus la culotte.
— Il est comment, dit-elle, mon cul ?
— Énorme.
— Énorme.
Et je le fessai à nouveau, plus fort cette fois.
— Je sais, dit-elle. Le serveur avait raison.
— Dis-le, alors.
— J'ai un cul énorme, dit-elle.
— Exactement. Va me chercher les menottes, maintenant.
— Dis-le, alors.
— J'ai un cul énorme, dit-elle.
— Exactement. Va me chercher les menottes, maintenant.
Pendant qu'elle allait quérir les menottes dans notre chambre, je m'assis à la table du salon, la queue à l'air, toute dressée, avec déjà une goutte de liquide translucide qui perlait au bout de mon gland. Le cul d'Adèle, recouvert de sa culotte à imprimés léopard, m'avait terriblement excité. Elle revint avec les menottes.
— J'ai trouvé les menottes, dit-elle. Mais je n'ai plus envie de faire l'amour.
— Très bien, dis-je, nous avons toute la vie pour baiser.
— Très bien, dis-je, nous avons toute la vie pour baiser.
Je mis longtemps à m'endormir. J'étais traversé de pulsions violentes à l'égard du serveur du restaurant. Si j'étais allé le trouver dans la cour, qu'aurais-je fait ? L'aurais-je frappé, obligé à s'excuser ? J'aurais pu le mettre à terre, et obliger Adèle à asseoir son gros cul sur son visage, pour qu'il le voie d'aussi près que possible. Puis nous lui aurions pissé dessus, chié dessus, peut-être.
Tout en remuant ces pensées, je me branlais du bout des doigts. Adèle avait encore un peu pleuré, puis s'était endormie. Je me levai, passai un jean et un tee-shirt et sortit. Je marchai vers les Buttes Chaumont. Le restaurant dans lequel nous avions dîné était fermé, mais la terrasse du bar d'en face était encore illuminée. Je commandai une bière au comptoir, que le barman guillotina d'un geste expert. Je bus lentement. Dans le miroir moucheté de noir, derrière le bar, je pouvais voir toute la salle qui s'étendait dans mon dos. Il était là, avec ses collègues. Ils étaient cinq à rire bêtement autour d'une table. Lui portait une marinière et une boucle à l'oreille. Il me jetait des œillades, parfois, puis se replongeait dans sa conversation, formulait à mi-voix une remarque. Quand il se leva pour aller aux toilettes, je le suivis. J'avais le cœur qui battait. La porte n'était pas verrouillée. Je la poussai lentement.
Il m'attendait, la boucle de sa ceinture ouverte, une moue provocante sur le visage. Son regard se fixa sur l'érection évidente qui déformait mon jean.
— Faisons vite, dit-il. Ce rade ferme dans moins de dix minutes.
Je poussai le loquet de la porte.
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