L'émancipation d'Ambre
Chapitre 1 · Premier contact (Ambre)
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✦ Storynette L'émancipation d'Ambre XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'émancipation d'Ambre — Chapitre 1 · Premier contact (Ambre)

14 minutes
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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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L'émancipation d'Ambre

Chapitre 1 · Premier contact (Ambre)

— Ambre ? Ambre, tout va bien, respire.
Une nouvelle fois, je me suis retrouvée à faire un de ces cauchemars qui me hantent depuis trois ans. Cela fait un moment que je n'ai pas eu à y faire face, mais cette fois-ci, il était particulièrement violent. Si violent, que je n'arrive pas à reprendre mes esprits, et mon souffle est très irrégulier, j'en ai la tête qui tourne.
— Ambre, regarde-moi. Regarde-moi dans les yeux et respire, ce n'était qu'un mauvais rêve.
Tant bien que mal, je réussis à lever ma tête dégoulinante de sueur, et à plonger mon regard dans celui de Gabriel. Cet homme porte bien son nom, car, pour moi, c'est un véritable ange qui a toujours su comment me parler pour me rassurer. Je me concentre donc sur ses yeux noisette, et je reprends peu à peu ma respiration. Ma tête ne tourne plus, mais j'ai toujours l'estomac noué à cause de mon cauchemar.
— Tu veux m'en parler ? me demande-t-il de sa voix la plus douce et chaleureuse.
— C'est... C'est toujours la même chose. J'entends encore toute la violence de ses coups alors qu'il tambourinait à ma porte pour me frapper... En particulier ce jour-là, il y a trois ans.
— Même dans tes rêves, les bruits de portes te font autant de mal ?
Je baisse de nouveau la tête, un peu honteuse de ce constat, mais c'est la vérité. À chaque fois que j'entends quelqu'un frapper à une porte, quelle que soit l'intensité, je me retrouve tétanisée et dans le même état que je me retrouve actuellement. Mais jusqu'à présent, jamais mes cauchemars ne m'ont plongée dans un tel état, même ceux me montrant les pires souvenirs de mon enfance.
— Ambre, jamais, il ne reviendra ici, nous avons tout fait pour qu'il comprenne que jamais plus, tu ne seras sous son emprise.
Oui, il y a trois ans, je vivais encore chez mon père, et cet homme est quelqu'un de violent. Je me retrouvais souvent avec des ecchymoses, toujours sur des zones bien placées pour éviter d'attirer l'attention. Mais, le jour de mes seize ans, c'était la fois de trop. Je me suis enfuie chez ma meilleure amie, Lina, et son père qui m'ont accueillie les bras ouverts. Gabriel, en apprenant ma situation, m'a immédiatement parlé de l'émancipation, que je me suis empressée de demander.
Quand mon père a finalement découvert où j'étais, après quelque temps, il s'est précipité ici et a frappé comme jamais contre la porte de l'appartement de Gabriel. Et ces bruits... Ces bruits hantent encore mon esprit. Heureusement, il n'a même pas pu franchir le palier, et est reparti en insultant Gabriel de tous les noms en voyant la demande d'émancipation. Il a essayé à plusieurs reprises d'entrer en contact avec moi, mais sans succès, je n'ai jamais été seule depuis que je vis chez Lina, et ce, jusqu'à mes dix-huit ans, où j'ai fait une demande d'injonction d'éloignement.
Après un moment à ne rien dire, je regarde de nouveau Gabriel, et je retrouve mon calme.
— Merci, ça va déjà bien mieux. Quelle heure est-il ?
— Presque onze heures, tu avais besoin de dormir après votre petite fête d'hier. Enfin, je dis petite, mais vous êtes rentrées très tard.
— On avait besoin d'évacuer beaucoup de pression, notre première année d'étude a été très difficile. Lina est déjà sortie ?
— Oui. Elle n'a pas indiqué pourquoi, mais elle est partie il y a une bonne demi-heure et t'attends au centre-ville.
— D'accord, je vais la rejoindre de ce pas... Dès que j'aurais pris une douche.
— Elle est toute à toi.
Avec tout ça, j'ai failli oublier ce que nous devons faire aujourd'hui, Lina et moi. Je me précipite dans la salle de bain, et prends une douche très rapide avant d'enfiler un simple jean, et un tee-shirt noir tout ce qu'il y a de plus basique. Je me suis toujours habillée de façon très simple, histoire de ne pas attirer l'attention sur moi, et cette habitude est restée. Du moins jusqu'à aujourd'hui. Je pars ensuite, non sans faire une bonne bise à Gabriel, rejoindre Lina.
La pauvre, entre mon réveil mouvementé, la douche, et le trajet pour la rejoindre, cela fait plus d'une heure qu'elle m'attend. Elle aurait très bien pu commencer à faire ce que nous avons à faire, et pourtant elle est bien là, toujours avec ses longs cheveux roux attachés en queue-de-cheval, à m'attendre. Cela ne l'empêche pas, une fois arrivée à sa hauteur, de me lancer des éclairs avec ses yeux verts.
— Ce n'est pas trop tôt, me lance-t-elle. Tout ça parce que madame a eu la flemme de se lever.
Oui, Lina a cette particularité de toujours vouloir tout dédramatiser, même les pires situations par l'humour. Je l'ai prévenue en chemin de l'incident, et elle a répondu par un simple « OK ».
— Je suis vraiment désolée, mais nous avons encore du temps non ?
— Oui, heureusement, mon père doit aller remplacer quelqu'un à son travail quelques heures. Mais il faut faire vite.
— Ne perds pas de temps à m'engueuler alors.
Aujourd'hui est un jour particulier et, malgré notre fête d'hier avec nos camarades de fac, nous avons bien l'intention de remettre ça, mais cette fois-ci en comité réduit. Nous commençons par acheter les ingrédients qu'il nous faut, heureusement pas beaucoup, Gabriel a fait les courses il y a trois jours. Mais ce n'est pas cette étape qui va nous prendre le plus de temps, maintenant, il nous faut me trouver une tenue de soirée, et Lina veut s'en prendre une nouvelle.
Elle n'a aucun mal à se trouver une belle robe mauve, épaule et dos nus, qui lui tombe jusqu'aux chevilles. Elle a le corps parfait pour la porter, avec un bon bonnet quatre-vingt-cinq B, et des petits poignets d'amour que je trouve très mignon. Elle est très fière de son corps et a de quoi l'être. Pour ma part, c'est plus compliqué...
Nous mettons beaucoup de temps, et plus de cinq magasins avant de trouver enfin une boutique qui me convienne. Je trouve finalement une robe rouge, avec fermeture dans le dos, des manches un peu volantes et les épaules nues, descendant juste en dessous des genoux. Mes cheveux châtains ressortent très bien, et mes yeux marron ne font pas tache avec, mais il y a un problème. Au niveau de mes épaules ainsi que de mes tibias, et même si cela remonte à plusieurs années, certaines ecchymoses dues à la maltraitance de mon père sont visibles. Donc, porter cette robe me forcerait à montrer ces traces et cela me fait un peu peur. Je sors de la cabine et, sans avoir un dire un mot, Lina comprend le problème.
— Je te conseille de la prendre, dit-elle après un instant de réflexion. Elle te correspond parfaitement.
— Comment ça ? Tu n'as pas vu que...?
— Tu veux que je te dise ce que je vois ? Je vois une femme magnifique qui assume non seulement son corps, mais aussi son passé. Si tu ne te sens pas prête à cela, ne la prends pas, je comprendrais parfaitement. Mais si tu veux que l'incident de ce matin ne se reproduise pas, ou se calme un minimum, alors prends-la.
Touchée par les mots de Lina, je me regarde à nouveau dans le miroir de la cabine, et me vois comme jamais, je ne me suis vu auparavant. Mais le petit nœud qui commence à se former dans mon estomac me fait fortement hésiter, et je finis par renoncer à cette robe. Je referme le rideau et commence à l'enlever.
— Je ne suis pas encore prête. Pour le moment en tout cas.
— Je sais que tu le seras un jour.
La voix de Lina était plus douce qu'à l'ordinaire et, comme d'habitude, son empathie me touche sincèrement. Nous repartons ensuite à la recherche d'une robe plus « adaptée » et nous finissons par en trouver une qui m'a vraiment tapé dans l'œil. De couleur bleu nuit, elle me couvre des épaules jusqu'aux poignets et descend également jusqu'aux chevilles, et s'attache dans le dos par une fermeture. La seule chose à laquelle je ne suis pas habituée, c'est qu'elle me moule un peu le corps.
— Et bah ma vieille, tu vas en faire tourner des têtes ! me dit Lina en me regardant de haut en bas. En tout cas, moi, je me retournerais.
— Ce... Ce n'est absolument pas le but, tu sais. C'est juste pour ce soir.
— Mais oui, mais oui. Rien ne t'empêchera de la remettre plus tard. Allez, on a encore des choses à faire.
Je paie ma robe et nous rentrons, nous n'avons plus beaucoup de temps. Une fois rentrées, le ménage est rapidement fait et nous nous hâtons de préparer le repas préféré de Gabriel : une tourte au poulet. Tout commençait bien, mais la pâte n'a pas pris et le résultat final ressemblait à une masse informe. Heureusement, il nous reste assez de poulet pour recommencer la garniture, mais ça ne sera finalement pas sous forme de tarte.
Nous prenons finalement notre temps pour nous préparer, Lina en profite même pour se maquiller comme si elle allait en boîte. Gabriel arrive pile quand nous avons terminé, et nous nous jetons toutes les deux dans ses bras à peine la porte refermée.
— Joyeux anniversaire papa !
— Joyeux anniversaire Gabriel !
— Je vous remercie ! Vous êtes magnifiques ce soir toutes les deux, vous sortez ?
— Non ! répond directement Lina. C'est pour toi et juste pour toi ! Maintenant, toi aussi va te changer, et te doucher surtout, nous terminons deux trois trucs.
— À vos ordres.
Une fois Gabriel propre, nous nous servons chacun une bonne bière, et nous lui offrons son cadeau : Une belle montre métallisée avec des aiguilles couleur or, et qui laisse entrevoir le mécanisme et les engrenages dans son cadran. Il n'a jamais aimé tout ce qui est un peu tape-à-l'œil, préférant s'acheter des livres par exemple, mais il a toujours tourné la tête à la vue d'une belle montre.
— Waouh ! Je peux dire que je suis gâté ! Une belle montre, et une soirée en compagnie de deux charmantes demoiselles. Merci à vous.
— Pour le cadeau, c'est Ambre qu'il faut remercier, c'est elle qui a eu l'idée... Et qui a mis le plus...
— Lina ! On a partagé équitablement !
Je n'y crois pas, elle vient de tout balancer ! Elle était censée garder ça pour elle ! Oui, j'ai voulu mettre plus d'argent qu'elle dans la montre de son père, mais j'ai une bonne raison. Ce soir, nous fêtons effectivement l'anniversaire de Gabriel, mais pour moi, il y a une autre occasion à célébrer : cela fait aujourd'hui trois ans que je vis avec eux, trois ans qu'ils m'ont libérée.
— Peu importe qui a mis plus que qui, l'important, c'est le geste et je vous en remercie grandement.
Il nous gratifie chacune d'un baiser bien appuyer sur la joue, et nous commençons notre soirée. Tout se passe très bien, nous discutons de tout et de rien, et au moment de passer à table, nous racontons notre mésaventure avec la pâte de la tourte. Mais, gentil comme il est, il dit que ce n'est pas grave et se régale avec le poulet et la petite salade que nous avons préparés en désespoir de cause. La soirée aurait pu être vraiment parfaite, mais il a fallu que le patron de Lina l'appelle en urgence pour un remplacement malgré son jour de congé.
Ma meilleure amie part, non sans insulter de tous les noms possibles, celui qui n'a pas pu s'empêcher de fumer le joint de trop avant d'aller bosser, nous laissant seuls Gabriel et moi. Cela ne m'a jamais dérangée d'être seule avec lui, bien au contraire, et je sais que c'est réciproque. Mais là, j'arrive à lire la déception dans son regard, même s'il essaie de la cacher en continuant la conversation sur la deuxième année de fac qui nous attend Lina et moi après l'été.
— Vous avez survécu à la première année, la deuxième devrait être plus simple, dit-il toujours avec son sourire.
— Je ne suis pas sûre. Nos aînés n'arrêtent pas de nous répéter que c'est justement la deuxième la pire, car le rythme et la quantité de travail augmentent d'un coup.
— Mais vous savez déjà ce que c'est que de bosser à la fac, vous n'aurez donc plus de surprise comme ce fameux dossier à rendre après les vacances de Noël.
— Pitié ! On peut parler de ce que tu veux, mais pas de cette horreur !
— Très bien, dit-il en rigolant et en finissant son verre. Parlons du coup de toi, tu es magnifique en robe, Ambre.
C'est vrai que je ne me suis jamais mise dans une robe de ma vie, et que c'est la première fois que Gabriel me voit ainsi. Je ne peux m'empêcher de rougir et de détourner le regard.
— C'est juste pour ce soir, à titre exceptionnel.
— Pourquoi cela ? Tu as le droit de te mettre en valeur, tu sais.
— Le problème, c'est que beaucoup de robes en montrent trop, et j'ai encore du mal à en trouver comme celle que je porte.
— C'est exact, j'ai l'impression que les robes sont de plus en plus courtes.
— Je ne parlais pas de ça, mais de...
Avec Gabriel, je n'ai absolument aucun tabou, et je n'ai aucun mal à lui parler de tout. C'est pour ça que je n'ai aucune gêne à me lever, lui tourner le dos, puis à descendre légèrement les manches de ma robe noire pour laisser apparaître mes ecchymoses sur les épaules.
— J'en avais trouvé une autre que j'aimais beaucoup, mais elle les laissait apparaître, ainsi que les traces sur mes genoux. Et je ne suis pas encore prête à les exposer.
— Tu as peur du regard que les autres vont porter sur toi, c'est normal.
Je ne dis rien, me contentant de hocher la tête. Puis, dans la foulée, Gabriel vient dans mon dos et me serre fort contre lui, l'un de ses bras s'enroule autour de ma taille, et l'autre entre mon cou et mes seins. Qu'est-ce que je peux me sentir bien quand je suis contre lui ! J'attrape alors ses mains avec les miennes que je serre très fort et l'effet est immédiat : je suis de nouveau calme et détendue... Non, je me sens même mieux, je me sens heureuse quand il fait ça.
— Gabriel... Merci.
— Je serai toujours là pour toi.
Il ponctue ses mots d'un tendre baiser sur ma joue, comme il a pris l'habitude de le faire, et je me laisse emporter par la joie que cela me procure. Puis, un électro-choc me parcourt tout le corps au moment au Gabriel dépose un baiser plus appuyé sur mon épaule, pile sur l'une de mes blessures. Mon souffle se coupe l'espace de quelques secondes, mon corps frissonne de la tête aux pieds, et mes mains se resserrent encore plus sur les siennes ! Cela me fait exactement le même effet quand il dépose un deuxième baiser sur l'autre épaule !
— Tout va bien Ambre ?
— Oui ! Je... Je viens juste de penser que nous n'avons pas encore mangé ton gâteau, j'arrive tout de suite !
— On n'attend pas Lina pour...
Mais je ne l'écoute pas et me précipite dans la cuisine, y restant quelques instants seule, afin de comprendre ce qu'il vient de se passer. Mes doigts viennent effleurer mon épaule encore nue, mais comme imprégnée du baiser de Gabriel, et pour la première fois, j'en ressens de la chaleur et de la tendresse. Cette sensation, ce petit choc que cela m'a fait... Je veux encore le ressentir !
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Utilisateur supprimé
17 avril 2023 à 10:34
J'ai du mal avec les échanges dans les textes et là il y en a beaucoup mais c'est plutôt agréable jusqu'ici.
L'intro est un peu longue mais j'imagine qu'il y aura plusieurs chapitres....Vivement qu'on rentre dans le vif sud sujet
Je suivrai cette histoire avec attention
Soyez respectueux
Répondre
Vincent_Masseur33
13 avril 2023 à 21:31
Un teste beau, empli de douceur
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
13 avril 2023 à 19:16
Le sujet des violences et du traumatisme qui peut venir avec, abordé ici, était difficile, mais il est traité avec toute la délicatesse et la pudeur nécessaires.
J'apprécie les histoires qui prennent leur temps pour mettre en place un contexte et présenter les personnages ; je lirai donc la suite avec plaisir !
Soyez respectueux
Répondre

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