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✦ matchless Mégalolo XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Mégalolo — Chapitre 3 · Libération factice

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matchless
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Mégalolo

Chapitre 3 · Libération factice

— Attends, attends ! J'ai besoin de faire un récap.
   Lucie, ma meilleure amie, me lorgnait avec curiosité de ses deux yeux verrons, l'un bleu et l'autre vert.
— Donc, tu sors de ta chambre pour aller faire pipi, commença-t-elle. Tu avais juste ta chemise de nuit ?
— J'avais une culotte aussi, mais ma chemise est assez longue pour faire office de robe courte, expliquai-je.
— OK, là je visualise bien tes petites gambettes, je peux continuer. Tu vas vers les toilettes, tu frappes à la porte, …
— Non, j'oublie justement de frapper à la porte, râlai-je, prenant juste conscience que ce réflexe banal aurait pu m'éviter la série d'événements survenus la veille au soir.
— OK, tu as trop envie de faire pipi, donc tu ne frappes pas à la porte. Tu l'ouvres en grand, et là tu vois ton petit frère en train de se branler, c'est ça ?
— Il est de dos, mais oui, c'est ça.
— Il comprend que quelqu'un est entré, il se retourne, et là, bim ! Il n'arrive pas à se contenir et te gicle sur la jambe ?
— Comme tu dis, soupirai-je en m'efforçant de ne pas me repasser cette scène obscènement dérangeante dans mon esprit épuisé.
   Un large sourire barra le visage de Lucie tandis qu'elle semblait se passer, elle, le résumé des événements dans son esprit.
— C'est trop cochon, j'adore ! lança-t-elle en riant à moitié.
— C'est ça, vas-y, rigole ! maugréai-je. On verra bien, si tu réagis pareil le jour où ton père ou ton frère te fait la même.
— Je m'en fous de mon vieux, balaya-t-elle d'un revers de main. C'est de ton frère à toi dont on parle, là ! Et alors ?
— Et alors quoi ? fis-je, agacée par les réactions perverses de ma meilleure amie.
— Sa bite, elle était comment ? Grosse ? Longue ? Poilue ?
— Comme si je m'étais attardée sur la …. truc de mon frère, bafouillai-je, incapable de prononcer ce mot lorsque l'image de mon petit-frère s'imprima au même moment dans ma tête.
— Mais tu es restée scotchée assez longtemps pour te faire arroser, ma belle, me nargua Lucie. Donc tu as regardé.
   Je rougis, agacée par la perspicacité de ma meilleure amie. Effectivement, j'avais aperçu le membre dressé d'Emilien, bien que ce ne fût que quelques maigres instants. Je la haïssais lorsqu'elle avait ainsi raison, mais je n'étais pas assez de mauvaise fois pour prétendre le contraire.
— Je ne pourrais pas te répondre, admis-je. Je n'ai pas de moyens de comparaison.
— Attends, attends ! Ne me dis pas que c'était la première fois que tu en voyais une ?
— J'ai l'air d'être du genre à baiser tous les soirs ? répondis-je, gênée que la conversation basculât sur ma vie intime.
— Mais c'est grave, ça, ma grande ! Tu as vingt ans, et c'était la première fois que tu voyais une queue ?
— C'est ça, vas-y, moque-toi, soupirai-je.
— Donc tu n'as jamais rien essayé avec personne ? comprit-elle aussitôt.
   Je décidai de ne pas répondre, mais ma moue vexée et mes yeux larmoyants répondirent à ma place. Je m'attendais à de nouvelles moqueries de sa part, aussi fus-je surpris lorsque, en prenant vigoureusement ma main dans la sienne, elle me fixa d'un regard sérieux où toute trace d'amusements ou de moqueries s'était estompée.
— Il faut vraiment que je t'aide à te trouver quelqu'un, me glissa-t-elle. Tu passes à côté de plein de choses, et je suis certaine que ça t'aiderait à t'épanouir.
— C'est ça, râlai-je. Pour tomber sur un connard qui n'attendra que de me voir à poil pour me baiser puis me laisser tomber. Ça va aller, j'ai déjà eu ma dose.
   J'essayai de libérer ma main de l'emprise de la sienne, mais elle me tenait si fortement que je n'y serais pas parvenue sans risquer de la blesser, aussi me ravisai-je.
— Raconte-moi ce que ces connards ont voulu faire de toi, me demanda-t-elle, les yeux tremblants.
— Qu'est-ce que tu veux que je te raconte ? lui demandai-je à moitié énervée. La fois où j'ai cru tomber sur un mec sympa, et qu'au final j'apprenne qu'il se ventait auprès de ses copains de sortir avec la fille aux plus gros seins de la planète ? L'autre fois où, avec un autre mec, je me faisais tripoter les seins en permanence ? Il ne s'intéressait pas à moi, pas à ce que j'aimais, pas à ce que je faisais, uniquement à cette putain de paire de nibards de merde !
   J'avais crié ces derniers mots. La salle d'étude entière, le lieu dans lequel Lucie et moi nous retrouvions le plus souvent, avait le visage tourné dans ma direction. Je m'en foutais royalement. Dans ma tête ne restaient que colère et mépris. Colère contre Lucie, qui m'avait fait sortir de mes gonds. Colère contre tous ceux qui me regardaient et me jugeaient sans rien savoir de mon histoire. Colère contre tous ces garçons, dont les yeux n'avaient trouvé grâce que dans ma poitrine maladivement développée. Colère contre cette paire de seins de bonnet H qui me pourrissait la vie un peu plus chaque jour. Colère contre moi aussi, qui me laissait embarquer dans ces situations sans jamais réagir comme il le faudrait. Colère contre ma famille, qui prenait mon problème à la rigolade en se permettant de me mater et de me jouir dessus. Colère contre la terre entière, qui n'avait pas à gérer ce problème que je devais injustement géré sans jamais rien avoir demandé à personne.
   Le visage rougi par mon sang, désormais bouillant, m'étant monté à la tête, je me levai violemment de ma chaise et quittai la salle d'un agressif. J'entendis faiblement Lucie m'appeler, mais je ne me retournai pas. Je n'en avais pas l'envie. Je quittai bientôt la fac, séchant pour la première fois de ma vie une demi-journée entière de TD sans penser une seconde au temps qu'il me faudrait pour rattraper cette absence.
   Mon téléphone vibra pour la vingt-septième fois depuis que je l'avais posé sur le bureau de ma chambre. Je lui décrochai un léger regard, plus par agacement que par réelle curiosité. Un nouveau message de Lucie, qui se demandait probablement où je m'étais réfugiée. Le même message que les quinze précédents, qu'elle m'avait envoyés après que je n'eus pas répondu à sa dizaine d'appels. Elle s'attendait peut-être à ce que je lui répondisse. L'idée ne me venait même pas en tête. Plus rien ne me venait en tête, à l'exception de me débarrasser de cette poitrine encombrante, de cette anomalie qu'une maladie rare avait entraîné pour me pourrir la vie. Ces deux seins, énormes et si lourds sans l'aide d'un soutien-gorge, pendaient dans le vide. Dans le reflet de mon miroir sur pied, je me contemplais, totalement nue au-dessus de la ceinture, du dégoût plein les yeux dès lors que je regardais ces deux protubérances informes. Je ne pouvais plus les lâcher, pas plus que mon ventre bedonnant, mes fesses grassouillettes, la peau de mes hanches dépassant par moment de la ceinture de mon pantalon que je desserrai pour ne pas me sentir saucissonnée. Je me rassurai néanmoins en m'imaginant que le calvaire serait bientôt terminé.
   Je tenais, bien fermement dans ma main, le long couteau que mon père utilisait pour son bricolage. Il n'était pas neuf, mais il était aiguisé et ferait donc parfaitement l'affaire. L'ustensile me paraissait si léger dans ma main droite, bien plus léger que le moindre de mes seins. Si j'avais su qu'une si simple solution se trouvait à portée de main depuis tout ce temps, je me serais jetée à l'eau bien avant.
   La lame me sembla glaciale lorsque je la posai contre la peau nue de mon sein gauche. Je n'avais plus grand chose à faire, rien que sectionner ces deux protubérances, les tailler pour que, enfin, ils fussent à une taille respectable. Une taille normale.
   La pointe de la lame s'enfonça de quelques légers millimètres dans ma peau. Une désagréable sensation de picotement me saisit alors. Ma main, auparavant si sûre d'elle, commença à trembler. Mes gestes, autrefois assurés, devinrent hésitants. Je jurai intérieurement, il n'y avait plus grand chose à faire ! Il ne me restait qu'un geste, le même que lorsque l'on épluche une aubergine ou une courgette ! Alors pourquoi n'y parvenais-je pas ?! Des larmes de frustration coulèrent sur mes joues rougies par la colère tandis que j'intimai l'ordre à mon bras d'achever ce qu'il avait commencé. Mon corps semblait toutefois refuser de me céder ce caprice. Mon corps me trahissait, tout comme m'avaient trahi toutes ces personnes se disant proches de moi et se servant de mon handicap pour m'humilier plus encore.
   Je repensai aux regards vicieux de mon père et de mon frère lorsque leurs yeux s'étaient posés sur cette photo de moi. Je repensai à mon frère, verge en main tandis qu'il se masturbait, sans doute en se remémorant ce fragment de sein qu'il avait vu s'échapper de ma chemise de nuit. Je me remémorais les rires de Lucie, lorsque je lui avais raconté mes troubles. Je revis mon médecin m'apprendre que, malgré mon hypertrophie, l'ablation partielle n'était pas suffisamment importante pour être prise en charge par la sécurité sociale.
   La lame glissa de quelques millimètres sur mon sein. Une douleur aiguë me saisit tandis que quelques traînées de sang commencèrent à se frayer un passage le long de ma peau. Une légère odeur cuivrée me saisit aux narines tandis que la quantité d'hémoglobine augmenta peu à peu. J'étais en train d'y arriver, me réjouissais-je. Encore un peu, et je serai libre.
Une première goutte de sang tomba sur le parquet de ma chambre. Une deuxième la suivit aussitôt, puis une troisième. Un léger goutte-à-goutte débuta alors tandis que du sang continuait de circuler librement à travers la légère entaille que je m'étais infligée. J'étais euphorique. Dans quelques secondes à peine, l'intégralité de mes problèmes allaient disparaître en ne laissant comme seule trace que quelques gouttes de sang sur le sol de ma chambre.
— Mathilde ! Arrête !
   Les hurlements désespérés de Lucie me frappèrent aussitôt. Comme si entendre sa voix provoqua un déclic, je repris mes esprits et observai avec horreur ma poitrine partiellement teinte en rouge. Dans un réflexe maladroit, ma main lâcha le couteau. La lame, encore en contact de ma peau, m'entailla partiellement le sein pendant sa chute. L'arme tomba bientôt au sol, suivie de mon sang que je perdais désormais avec un débit supérieur.
   Je demeurais immobile, face à mon miroir, tandis que je voyais mon sein se teinter entièrement en rouge. Je pâlis aussitôt, hagard devant la folie qui m'avait frappée précédemment. Je me rappelai partiellement avoir ressenti un plaisir intense à m'infliger pareil supplice, et cette pensée me glaça le sang. J'avais été heureuse de me mutiler.
   Lucie se jeta sur moi, me ramenant sur Terre. Elle me força à m'asseoir sur mon lit avant de se ruer dans la salle de bain de l'étage ; heureusement que je l'avais déjà invitée à passer platoniquement la nuit en ma compagnie. Elle revint quelques secondes plus tard avec une trousse de soins qu'elle ouvrit dans des gestes tremblants et précipités. Elle essuya le sang recouvrant ma peau. Moult compresses, désormais rougies, furent utilisées à cette fin. Bientôt, le saignement sembla ralentir, si bien que ma meilleure amie pût désinfecter ma plaie à l'aide d'une énième compresse qu'elle avait imbibée de produit désinfectant. La sensation de picotement que je ressentis lorsqu'elle posa la compresse imbibée de désinfectant me fit presque pousser un cri tant la douleur me saisit intégralement. Mes mains tremblèrent, mais je me contins ; je me sentais suffisamment honteuse du geste que j'avais commis pour me plaindre d'une quelconque manière.
— J'ai nettoyé et désinfecté, mais la plaie est longue et un peu profonde, m'expliqua Louise d'une voix vide de toute émotion. Il va falloir recoudre.
   J'acquiesçai en silence, consciente que je devrais sous peu me présenter aux urgences. J'allais devoir leur donner quelques explications, et probablement iront-ils prévenir ma famille en considérant que ma santé mentale était désormais défaillante.
— Je vais prévenir une amie, dit-elle. Elle est en études d'infirmière et se débrouille bien pour recoudre, de ce que j'ai compris. Toi, tu ne bouges pas.
   J'acquiesçai à nouveau, consciente de tout ce que Lucie était en train de faire pour moi à cet instant. Je me sentis alors plus idiote encore de l'avoir considérée, quelques instants plus tôt, comme une égoïste qui se contentait de se rire de ma situation.
— Tu n'as pas mal dans la poitrine ? me demanda-t-elle alors. Pas de sensation de picotement ? Ni de brûlure ?
   Je fis non de la tête. Lucie souffla alors longuement, je vis alors les muscles de ses épaules se détendre aussitôt. Je déglutis alors maladroitement, à peine consciente de ce que j'aurais commis si Lucie n'était pas intervenue.
   Perdue dans mes pensées, je ne vis pas sa gifle arriver. Elle me frapper de plein fouet, me réveillant autant que la douleur me foudroya la joue.
   J'osai un regard en direction de Lucie. La jeune femme pleurait allègrement, ses larmes tombant sur le sol tout comme l'avait précédemment fait mon sang. Je l'observais, mais j'étais incapable de lui dire quoi que ce fût. Pas même un « merci » qui pourtant me brûlait la langue.
— Pourquoi tu ne m'as pas parlé de tes problèmes avant ?! me demanda-t-elle en criant, contrariée à l'extrême. Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas parlé de ta poitrine aupara...
   Elle se tut subitement avant d'ouvrir de grands yeux exorbités qu'elle dirigea en direction de l'entaille barrant désormais ma poitrine dénudée.
— Tu m'en as toujours parlé, et je ne t'ai jamais prise au sérieux, comprit-elle d'une voix à peine audible. Pendant tout ce temps, tu te confiais pendant que je me moquais.
   Elle se jeta alors dans mes bras, oubliant ma blessure qui, elle, me rappela sa présence par une atroce douleur qui se répandit dans tous mon corps. Je serrai toutefois les dents et rendis son étreinte à ma meilleure amie, effondrée dans mes bras.
— Excuse-moi ! pleura-t-elle sans retenue. Ne me déteste pas, je suis désolée ! J'aurais dû comprendre tes signaux. Tout est de ma faute !
   L'entendre projeter toutes mes fautes sur elle provoqua en moi un effet semblable à un coup de massue. Les larmes que je retenais depuis que Lucie m'avait amenée à reprendre mes esprits se libérèrent d'un coup, et je me mis à pleurer dans ses bras comme elle le faisait dans les miens. Nous nous excusâmes alors mutuellement, regrettant la tournure qu'avaient pris les événements. Nous demeurâmes ainsi de longues minutes jusqu'à ce que, prises de fatigues, nous nous endormîmes sur l'épaule de l'autre.
   Notre sieste mutuelle dura une bonne demi-heure avant que je ne me réveillasse sous les mouvements de Lucie dans son sommeil. Je la réveillai alors, et ensemble nous nettoyâmes le sang jonchant le sol avant que mes parents n'eussent la désagréable surprise d'en découvrir les traces. Je remerciai alors ma mère d'avoir opté pour du parquet et non de la moquette, sans quoi je n'aurais jamais pu rien lui cacher de cette prodigieuse erreur.
   Lucie m'amena alors chez son amie qui, comprenant la situation, avait pris la responsabilité de me recoudre chez elle, sans que personne n'en sût rien. Elle avait fait un travail d'une qualité remarquable, digne d'une infirmière de profession.
   Lucie me proposa alors de passer la nuit chez elle. Je comptais refuser, mais sa proposition mua bientôt en une contrainte non négociable, aussi appelai-je ma mère pour l'informer que je ne rentrerai pas ce soir, lui promettant que cela n'avait rien à voir avec l'incident d'avant-hier.
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