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✦ Jane Does Drôle d'ambiance XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Drôle d'ambiance — Chapitre 3 · L'emménagement

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Jane Does
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Drôle d'ambiance

Chapitre 3 · L'emménagement

La femme de l'agence parle à m'en donner le tournis. Je dois reconnaitre qu'elle maitrise parfaitement son sujet. Puis, il y a ses regards. Elle comprend sans doute qu'il s'agit d'une rupture et elle cherche à me montrer un brin de solidarité féminine dont je n'ai que faire. Mais si ça peut arranger mes affaires, je m'abstiens de faire des remarques.
— Vous voyez, c'est spacieux, aéré et d'un calme garanti… tout ce qu'il faut pour recommencer une nouvelle vie.
—… ?
— Et puis… c'est une occasion en or, le propriétaire est pressé, il n'est pas trop regardant sur la paperasserie. Vos fiches de paie sont suffisantes pour le rassurer.
— Je vois… de toute manière je ne peux pas me permettre de faire la fine bouche.
— Je comprends ! Une mauvaise passe sans doute ?
—… !
Aucune envie de déballer mes déboires conjugaux à cette nana. Oh ! Elle est bien fringuée dans un tailleur bleu du meilleur goût et surtout du dernier cri. Mais ce qui m'intéresse, c'est bien l'autonomie parfaite que peut me conférer cet appartement. Vide lors de la visite, le moindre bruit résonne dans les pièces, mais il est exactement ce dont j'ai besoin. Alors… je signe un bail qui me met à l'abri pour un bout de temps. Elle se frotte les mains et ose une invitation.
— On peut aller discuter des termes du contrat devant un café, comme ça, vous vous familiariserez avec le quartier. Il y a une boulangerie, une épicerie et un bar dans cette rue. Qu'en dites-vous ?
— Pourquoi pas ?
Je la devine curieuse, trop peut-être ? Mais bon ! La solitude qui se profile à l'horizon n'a rien de folichon et apparemment, elle possède bien son sujet et peut m'apprendre des choses. C'est donc sur un coin de table de bistrot que je reçois les clés d'un paradis situé pas très loin de mon boulot. Pas besoin de voiture, c'est rassurant.
— Le loyer vous convient ?
— Je n'ai guère le choix, je vis chez un ami et… ce n'est pas très confortable de se marcher sur les pieds le matin et le soir…
— Vous vous séparez de votre ami ?
— Non ! De mon mari et je suis en transit chez cet ami…
— Je comprends mieux. Et si on prenait un remontant… je suis passée par là, moi aussi ! Je sais combien c'est difficile.
Bon ! Voici le couplet « pitié » dont j'appréhende déjà les méandres. La conseillère de l'agence immobilière est une jolie femme. La quarantaine certaine, mais maquillée et sapée telle une gravure de mode, elle a cependant un petit air sympathique.
— Je ne vais pas vous dire que c'est mieux de vivre seule. Le proverbe « mieux vaut être seule que mal accompagnée » c'est un bobard écrit par un mec en mal de femmes. Je ne tiens pas plus que cela à me mêler de vos affaires, mais je suis sûre moi, que mon mari me manque. Je n'ai rien à regretter puisque c'est moi qui me suis rendue coupable d'adultères.
—… vous… vous aussi ? C'est étrange cette similitude dans nos deux histoires. Après bien des années de mariage, Charles… enfin mon mari n'a pas non plus supporté que je fasse un écart. Et pour être tout à fait franche, je vis chez celui avec qui j'ai fauté.
— Vous vivez donc chez votre amant ? Je vois !
— Non ! Michel n'a été mon amant qu'une seule et unique fois et je n'ai aucune envie de récidiver… avec lui, je précise. Alors pour ne pas tenter le diable, mieux vaut que je prenne cet appartement.
— Vous avez une chance de reconquérir votre mari… qui sait, Josiane.
Je sursaute à mon prénom qu'elle lance dans cette conversation très étrange. Puis je me dis que je suis idiote, les papiers que je viens de signer, le bail de location, tout est inscrit noir sur blanc dans le dossier qu'elle vient de ranger dans son porte-document. Le serveur qui arrive coupe court le fil d'un dialogue qui me surprend.
— Ces dames désirent ?
— Quelque chose de fort jeune homme ! Pour moi et mon amie.
— Vous avez une idée plus spécifique ?
— Un cognac serait parfait ! Qu'en dites-vous Josiane ?
— D'accord. Allons-y pour un cognac.
— C'est parti…
Il file vers le zinc où s'affaire une femme sans âge. L'employée de l'agence quant à elle en profite pour me glisser une adresse. Celle d'une de ses amies qui tient une boutique de meubles.
— Vous allez voir, Sonia est une chic fille. Elle est conciliante pour les paiements. Parce que vivre dans un appartement c'est bien, mais sans meuble, c'est… impossible.
— Bien entendu. Je n'avais pas encore pensé à ça… vous avez raison.
— Je crois que nous pourrions être des amies vous et moi… nous avons déjà tant de choses en commun. Tiens… si vous voulez, on peut toutes les deux rendre visite à la boutique de Sonia…
—… ? Vous n'avez pas d'autres rendez-vous ?
— Non, c'est très calme en ce moment. Et puis zut, la vie est trop courte pour qu'on s'interdise quoi que ce soit ! Et puis si nous oubliions le « vous » ? Moi c'est Agnès !
Pourquoi ses mots sèment-ils un tel doute dans mon esprit ? Quel message veut-elle me faire passer ? Elle va vite ! Trop pour moi ? Une impression de drague de la part de cette nana, oui, c'est ce qui m'effleure l'esprit là, dans ce bistrot. Je la boucle, mais reste sur mes gardes. Elle n'a pas l'air dangereuse, et puis au fil de la conversation j'ai tout de même enregistré que son ou les hommes lui manquent. Alors, une crainte idiote qui me colle aux basques ? Peut-être que je suis trop méfiante après tout. Elle ne veut que bien faire, m'être agréable ? Où se cherche-t-elle des amies ?
Finalement nous roulons vers cette Sonia et sa boutique de mobilier. C'est Agnès qui conduit, mon véhicule étant resté sur le parking du logement. Oh ! Il n'y a pas non plus un long trajet, tout au plus quatre ou cinq kilomètres. La jeune femme rousse qui nous accueille est franchement joviale. Il faut tout de même dire que d'emblée celle qui m'amène ici me présente comme une cliente potentielle. Nous discutons toutes les trois alors que je visite le bric-à-brac qui s'entasse dans un entrepôt dont la présence dans ce coin est difficile à croire. Et une bonne partie de mes économies change de poche sous la forme d'un chèque qui représente de quoi vivre en autonomie partielle.
Tout le monde est content, moi la première et Agnès me garantit une livraison dans la journée. De quoi me rendre un semblant de sourire. Et geste généreux de sa part, j'ai droit à une jolie lampe en cadeau. Alors… innocemment et surtout parce qu'il est quasiment l'heure du déjeuner, je me hasarde à lancer avec un air guilleret…
— Si vous n'avez pas de rendez-vous urgent, peut-être pourrions-nous déjeuner dans un petit truc pas trop cher ? Qu'en dites-vous, mesdames… ?
— Personne ne m'attend à la maison, et toi Agnès ?
— Oh… tu sais bien que je m'attache vraiment à un célibat qui me convient parfaitement. Et vous Josiane… Apparemment vous l'êtes aussi depuis peu sans doute ?
— Euh… oui ! Ca me gène que vous me tutoyez… ça me donne l'air encore plus vieille que je ne le suis en réalité… Et pour répondre à la question, oui… je viens de quitter le domicile conjugal… d'où ma présence chez toi. Mais c'est de bon cœur que je vous invite toutes les deux. Un peu moins de solitude pour un repas sympa…
— Merci et d'accord pour le tutoiement… les amis d'Agnès ne peuvent qu'être des femmes bien. Je connais une petite pizzéria pas très loin… calme et surtout le pizzaiolo est hyper cool.
— Ah ! Ah… on va tout savoir ! Tu sais Josiane… sous ses airs de sainte nitouche Sonia est une vraie femelle en rut… elle aime les mâles très chauds. Remarque… moi aussi !
Nous rions de cette phrase qui en dit long sur ces deux nénettes avec qui je vais manger. Et c'est vrai que le restaurant italien où nous atterrissons est modeste, mais que dès la porte franchie, une agréable odeur me surprend les narines. Une serveuse qui visiblement connait la vendeuse de meubles nous guide à travers la vingtaine de tables de la salle. Nous voici installées dans un coin d'où nous avons une vue presque complète sur le reste des autres clients. Et c'est pratiquement plein, ce qui semble indiquer la bonne renommée de l'endroit.
Cette fois, c'est un jeune homme, vingt, vingt-cinq balais à tout casser, qui vient nous apporter la carte.
— Vous prendrez des apéritifs, Mesdames ?
— Ben oui pour moi… un kir royal s'il vous plait… et je suppose que pour Agnès c'est pareil ? Et toi Josiane ?
— Oui… c'est bon ! Allons-y pour un kir… soyons folles.
— Je vous apporte cela tout de suite.
Le gars se dirige vers le bar au fond de la salle, et mes deux compagnes de table rigolent en lui matant les fesses. Elles sont comme deux gamines qui jouent à voir le petit cul serré du garçon danser dans son pantalon. Machinalement, bien sûr que mon regard suit celui de ces deux douces dingues. Et notre mangeaille se déroule dans un climat féminin qui fait se retourner quelques visages d'hommes, pas forcément esseulés ! Je suppose que quelques dames aussi doivent penser que nous sommes trois cinglées qui rient trop fort et se font singulièrement remarquer. Que c'est bon de laisser libre cours à sa bonne humeur, je le réalise là, en compagnie de ces « amies toutes neuves » avec qui je partage l'heure du déjeuner.
Nous en sommes au café lorsqu'un type, bien moins jeune que je me l'imaginais s'approche de notre table. Sa tenue ne laisse planer aucun doute sur son métier.
— Ah ! Bonjour Sonia ! Comment allez-vous, mesdames ?
— Salut Frisco… Ben… comme tu peux le constater, on fait honneur à ta cuisine… Je te présente mes amies… Enfin tu as déjà aperçu Agnès et voici… Josiane… une toute nouvelle qui comme nous grossit les rangs des femmes célibataires.
—…
— Enchanté alors, Josiane et Agnès de faire votre connaissance. J'espère que ça vous a plu. Je peux vous offrir un digestif ?
— Euh… pourquoi pas… qu'en dites-vous les filles ?
— Si ce n'est pas trop fort…
— Un véritable Limoncello, qui vient tout droit de mon pays natal… Je viens de la péninsule de Sorrente, le vrai berceau de cette liqueur… vous allez m'en dire des nouvelles ! Fabrication selon la recette de ma grand-mère… vous allez apprécier si vous aimez le citron…
Je vois le nommé Frisco qui file vers sa cuisine et il revient avec à la main, une bouteille dont il sert quatre verres. Et sans ambages, il s'assoit sur le siège libre, à mes côtés.
— Goutez-moi cette merveille !
Nous trempons tous nos lèvres dans la liqueur suave qui coule dans nos gorges. Un pur trésor qui enchante d'un coup mes papilles. Je ne peux retenir un soupir de satisfaction et le gaillard a les yeux écarquillés, attendant le verdict.
— J'avoue que c'est diablement bon… un vrai péché de gourmandise… votre grand-mère est une perle… et son nectar un trésor !
— Était… hélas ! Les grands-mères se fanent toutes un jour et s'en vont…
— Ah ! Pardon…
— Pas de mal Josiane… vous ne pouviez pas savoir.
Les deux nanas qui sont face à nous claquent de la langue, pour montrer leur plaisir de boire un pareil breuvage, mais ce Frisco pense que c'est une façon de réclamer une seconde dose et il ressert nos verres. Après l'apéritif et le « Chianti » du déjeuner, la mesure est comble. Surtout pour moi qui ne bois que très rarement de l'alcool en aussi grande quantité. Je me sens légèrement étourdie par les degrés accumulés. Le regard du gars qui doit avoir une cinquantaine d'années me chauffe un peu sans que je sache pourquoi. Il n'est pas mal du tout, elle a raison cette Sonia qui minaude près de sa copine.
Je sens qu'il est temps pour moi de filer. Sinon, l'excès de bonnes choses risque bien de m'être fatal. Un verre de plus et je serai ivre surement. Donc je tiens à garder la tête froide pour une installation prévue dans pas longtemps. Et j'en fais part à mes deux accompagnatrices…
— Mesdames, j'ai un appartement à mettre en ordre, n'est-ce pas ? Surtout que la livraison des meubles est surement déjà sur la route !
— Wouah… tu as raison ! Bon sang ! Je te ramène à ton appartement ! Merci Frisco pour ce moment plutôt génial… mais notre amie Josiane s'installe cet après-midi dans un appartement pas très loin d'ici.
— Heureux de l'apprendre alors ! J'aurai peut-être le plaisir de vous revoir dans mon restaurant ? Vous deux aussi ?
— Ouais… tu sais bien que je ne peux plus me passer de ta cuisine Frisco… mais je peux comprendre que Josiane te fasse de l'effet. C'est une sacrément belle femme, tu ne crois pas ?
Le cuisinier me regarde et je sens qu'il rougit aux propos de Sonia qui rit de ce pavé qu'elle lance dans la mare. Je ne suis plus très à l'aise non plus d'un coup. Est-ce une plaisanterie douteuse de la part de cette jeune femme, ou une pointe de jalousie dissimulée dans un faux trait d'humour ? Aucune idée, mais je me sens dans mes petits souliers. La réponse de Frisco a de quoi me surprendre également.
— Ma foi… si elle veut sortir avec moi, je ne dis pas non… Vous avez raison… elle a un charme fou !
—…
Je ne tiens pas à ce que les trois là s'aperçoivent du trouble engendré par ses mots et je file vers le bar pour payer comme convenu, nos trois repas. Je salue le patron du restaurant et toutes ensemble nous partons de cet endroit. Mes copines rigolent toujours alors que nous déposons Sonia à sa boutique. Cette fois, Agnès me ramène à ma voiture et elle décide de me donner un coup de main pour emménager les quelques meubles que les livreurs vont bientôt abandonner dans ce qui va devenir mon lieu de vie.
— xXx —
Son aide précieuse sert à faire avancer mon installation. C'est très bizarre le silence qui règne dans ce « chez-moi » tout neuf alors que je dors pour la première nuit dans un appartement encore inconnu. Nous avons bu une bière, seule boisson que j'avais dans ma voiture avant qu'Agnès ne me quitte. Quelques courses en quatrième vitesse un samedi soir, juste pour que mon dimanche ne soit pas trop… compliqué. Ce qui fait que cette fois, je suis loin de mon mari, loin également de Michel et des deux autres cocottes avec qui j'ai déjeuné à midi. Une sorte d'angoisse, appréhension légitime due à ce revirement de situation et à ma peur des jours à venir, est là qui m'empêche vraiment de dormir sereinement.
Un dimanche matin qui me révèle des manques dans presque tous les domaines. Le réfrigérateur quasi vide, pas de café pour le petit déjeuner, et surtout pas de cafetière pour en faire, l'absence aussi de casseroles et autres instruments de cuisine me laissent un goût amer dans la gorge. Comment faire taire ce stress qui monte en moi, avec de plus en plus d'insistance ? Finalement j'opte pour sortir et mon instinct me guide vers la pizzéria où la veille avec les deux filles nous avons été traitées telles des reines.
Bien sûr, les employés me reconnaissent sans problème et me voilà gentiment à une table seule, pas très loin des cuisines. Je déjeune d'un plat de pâtes bolognaises qui me ravit et au moment du fromage, sans doute que Frisco m'a aperçu et il vient me saluer.
— Bonjour Josiane… alors votre emménagement s'est bien passé ? Je suis heureux de vous revoir aussi vite !
— Oui merci ! Il est vrai que je n'ai pas de quoi me faire un vrai repas… et puis vos pâtes… Humm ! Je vous félicite, je n'en ai jamais mangé d'aussi bien cuites…
— Je suis rital et ceci surement explique cela ! Les Italiens et les pâtes… c'est une grande et belle histoire d'amour. Je suis content que les miennes vous plaisent… et encore plus de revoir votre ravissant sourire.
— Mon sourire ? Il est loin et oublié depuis quelque temps, vous savez !
— Nous passons tous par de mauvais moments parfois… le tout est de savoir rebondir.
— Je ne me plains pas, je suis la seule coupable de cet état de fait…
— Ça n'exclut pas la mélancolie, je vois bien que vous êtes triste…
— C'est si visible ?
— Un peu ! Votre sourire est beau, mais rare… Vous n'avez pas envie de vous changer les idées ? J'ai fini mon service et mon second se charge un dimanche sur deux du nettoyage de nos cuisines… alors que diriez-vous d'aller marcher un peu en forêt ? Je connais des endroits superbes.
— Je… je ne sais pas, j'ai peu dormi cette nuit. C'est tout neuf pour moi cette vraie solitude.
Il insiste sans toutefois forcer. A-t-il vraiment besoin de me pousser beaucoup pour que je cède ? Pas plus que cela et nous voici tous les deux sur des sentiers dans un sous-bois verdoyant. Nous devisons gentiment, il est comme tous les gens du sud, parlant beaucoup, et surtout autant avec les mains que par la bouche. Il est doux, gentil et si sa drague n'est pas contraignante, elle est néanmoins bien présente à toutes les étapes de notre périple forestier. Au bout de deux bonnes heures de promenade entrecoupées de longs dialogues, il m'invite à m'assoir sur un banc de rondins perdu au milieu de nulle part.
Lors de cette halte, nonchalamment son bras entoure mes épaules et insensiblement, sans que je m'en rende vraiment compte il attire doucettement mon visage contre son torse. Je suis bien, oreille appuyée contre une poitrine dans laquelle j'entends battre son cœur. Plus vite que la moyenne ? Oui ! Il parait ému, et ses doigts sur le haut de mon bras, en fait sur la peau nue de mon épaule, tremblent vraiment et me communique une sorte de chaleur qui irradie mon corps tout entier. Qu'est-ce qui m'arrive ? Ce type parvient simplement à ses fins sans à coup, sans effort apparent. Et lorsque de sa patte libre, il me prend par le menton, je sais ce qui va suivre.
Pas de mouvement de recul pour éviter ce qui est désormais inéluctable. Il approche ses lèvres des miennes et je sais que c'est perdu d'avance pour moi. Sa bouche cueille la mienne dans un premier baiser qui finit le travail de sape qu'il prépare depuis le début de notre balade. Cette fois, je n'ai ni l'envie ni le courage de refuser ce baiser que nous échangeons avec une frénésie d'ados amoureux. Ce premier palot ne peut en aucun cas rester orphelin et d'autres s'échangent sur ce banc, dans un endroit paumé de la forêt. Je n'ai pas plus de réactions lorsque Frisco me caresse la poitrine sur le tissu de ma robe. Il pince les tétons qui sont toujours protégés par mon soutien-gorge.
Le fait de les triturer de la sorte engendre une abondance de sensations qui me secoue jusqu'au bas du ventre. But recherché évident de me donner envie de faire l'amour ? Si c'est cela, eh bien, c'est gagné. Ensuite, ma robe remonte lentement, découvrant mes cuisses pour donner un accès entre celles-ci à cette main fouineuse. Et le pire, c'est bien que j'adore cette montée rapide et progressive d'une envie latente. Un instant je me pose une question aussi bête qu'absurde. Ne suis-je pas en train de devenir une franche salope ? C'est le second homme qui me tripote en quelques jours sans que j'oppose une résistance farouche.
Parce que soyons honnête, je ne cherche pas vraiment à interdire ce qui ne peut qu'arriver. De toute manière les doigts qui soulèvent l'élastique de ma culotte l'ont compris à coup sûr. Et sans prendre le temps de baisser ce chiffon fleuri qui me couvre le sexe, un index ou un majeur en frôle déjà les ailes. Très délicatement, le lutin se fraye un passage sur toute la longueur de ma chatte qui baille de bave. C'est pour mieux redescendre avec d'infinies précautions, comme pour en définir les contours et en deviner la texture souple. Au bout d'un nombre que je ne veux pas savoir de ces aller et retour, le doigt marque une pause sur mon clitoris.
Électrisée ! Oui ! C'est exactement ce qui me surprend là ! Ces petites arabesques qui se dessinent sur le pic, lequel se gorge du sang de mon envie, me font saliver, et pas vraiment d'autre part que de mon con qui cette fois est impatient. Quand Frisco se met-il à genoux, sans pour autant retirer sa patte qui joue toujours avec ma fente ? Je m'en moque parce que de toute façon, c'est bien trop tard pour rejeter en bloc ce que tout mon être appelle de tous ses vœux. Premier coup de langue, alors que le tissu de ce qui couvre d'ordinaire l'endroit est maintenu de côté par une main et que l'autre fait déjà coulisser quelques phalanges dans mon intimité.
La frénésie s'empare de moi. Je gémis sans pudeur, une fois encore j'aime ce que me fait ce mec quasiment inconnu. Je lâche prise et je n'ai plus de limite. Il n'a pas seulement besoin de me dire un seul mot. Morte de faim… c'est exactement ce qu'il advient de mes mains qui donnent une bourrade à mon lécheur. Il glisse sur le dos, sans se soucier de la propreté du sol devant ce banc. Et comme hallucinée, je m'assois sur lui, dégrafe sans ménagement la ceinture de son pantalon, en ouvre la braguette. Une opération qui consiste à sortir de sa niche sa trique bandée, et elle se retrouve comme un diable qui sort de sa boite, entre mes pattes devenues dingues.
Pas de répit dans ma démarche, mais c'est ce que je demande. Pour ne pas penser trop, je me vautre sur ce Frisco qui ne demande certainement pas mieux. C'est encore et toujours moi qui le guide en moi et qui le chevauche avec une force et une véhémence dont je ne me serais pas crue capable. Mon Dieu ! Je sais bien que c'est une nouvelle erreur, une connerie monumentale, mais… cette baise champêtre est surtout faite pour que retombe la pression que j'ai sur les épaules. Et ça ne dure pas une éternité.
Lui éjacule rapidement alors que de mon côté, mes sens affolés m'expédient dans un univers parallèle. Je brame, biche baisée par son cerf là, au milieu de nulle part avec pour seuls témoins les oiseaux et les insectes. Nous reprenons notre souffle, mais mon amant semble plus que pressé de se redresser… sans que je n'en sache le motif. Je suis bras tendus, toujours à demi-assise sur lui et il couine des mots dont le sens m'échappe vraiment… Je suis peut-être trop lourde à supporter ?
— Vous voulez que je me relève Frisco, c'est ça ? Je n'ai pas saisi vos propos…
— Vite, vite s'il vous plait !
— Quoi ? Qu'est-ce qui vous arrive, quelle impatience ?
— Je voudrais bien vous y voir…
— Quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous en aviez envie il me semble, autant que moi !
— Oui… oui, je vous en supplie laissez-moi me relever…
— Bon sang ! Vous allez me dire ce qui vous prend, à la fin ?
— Je suis… les fesses sur une fourmilière et ces sales bestioles ne sont pas spécialement sympathiques, je vous assure.
— Ah zut…
Je ris en me redressant, lui est presque vexé.
— Ça vous fait rire cette affaire ? Vous pourriez avoir un peu pitié de moi.
— Oh ! Lala… ce n'est pas deux ou trois petites fourmis qui vont vous manger, si…
— Deux ou trois ? Elles sont des centaines, oui… mince alors, quel con… ! Ça m'apprendra à baiser n'importe où ! Entre les tiques, les araignées et les fourmis, je suis servi… mais c'était trop bon Josiane… dommage que ça se finisse de cette manière, bouffé par les salopes aux dards urticants… je peux vous jurer que ça va me faire un sacré souvenir…
— Je suis désolée, je ne…
— Ne le soyez pas ! Demain tout ceci sera oublié… je parle des piqures évidemment, parce que pour le reste… j'espère bien que nous renouvellerons nos ébats dans un endroit moins… sauvage !
— Je… je n'en sais rien. C'était surement encore une imbécilité… je n'aurais pas du me laisser emporter par mes envies, mon désir…
— Oh ! Josiane… je n'ai plus fait ce genre de galipettes depuis… si longtemps. C'est tellement lointain que je ne me souviens plus de la date de la dernière fois.
— Ben moi, l'unique coup de canif dans le contrat m'a envoyé dans l'appartement de location d'où je me suis enfuie pour le repas de midi…
— Ah… il y a donc un autre homme dans votre vie ? Je suis confus.
— Ne le soyez pas. Rentrons voulez-vous.
— Nous nous reverrons ?
— Votre cuisine est raffinée, alors bien entendu que je reviendrai déjeuner ou diner dans votre établissement…
— D'accord ! Je comprends… c'était juste un moment de passage, une folie que vous ne voulez pas réitérer, avec moi !
— Chut ! Allons-y vous voulez bien ? Il se fait tard, mais je vous assure que j'ai adoré également.
— Oui ? Pas au point de recommencer, n'est-ce pas ?
— Pour le moment, je suis toujours mariée… laissons du temps au temps, je crois que c'est mieux comme ça…
— C'est vous qui décidez, mais vous savez, je vais vous attendre, vous espérer vraiment !
— Je ne suis pas une femme bien Frisco… je vous assure.
Il n'insiste pas. Pourquoi du reste le faire puisque je sape toutes ses tentatives pour une nouvelle rencontre ? Je n'en ai pas envie pour le moment. Qui sait aussi ce que demain nous ou me réserve. Je ne vais pas me jeter dans les bras de tous les inconnus que je rencontre tout de même. Et quand je dis les bras, il s'agit de toute autre chose en fait. Si je me mets à baiser avec tous les mecs qui entrent dans mon champ de vision ou qui m'approchent un peu de près, je ne suis pas sortie de l'auberge. Non ! Je veux d'abord faire le point et voir où je vais. Et puis si avec mon mari rien ne s'arrange alors j'aviserai… mais je veux du temps pour réfléchir à cette situation bizarre dans laquelle je m'enfonce un peu plus depuis mon faux pas.
Oui… j'ai besoin de temps. Celui du sexe peut attendre, je suis comblée et franchement calmée pour un moment. Je souris encore de la mésaventure survenue en forêt à ce malheureux Frisco… mais je ne regrette rien. Ni de m'être donnée à Michel et à lui, je veux juste une pause pour voir clairement en moi et imaginer un avenir avec ou sans mon mari… et les fourmis sont dans mes souvenirs, là pour me rappeler que les bons moments ont aussi parfois un peu de mordant… D'autres jours vont venir, de quoi seront-ils annonciateurs ? Personne ne le sait… moi moins que quiconque, mais je veux croire en ma bonne étoile !
— xXx —
Fin de la première saison
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Photo de profil de Ced67220
Ced67220
17 août 2023 à 16:02
Très beau récit bravo
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Mibou
15 août 2023 à 17:04
Bravo pour ce récit, bien écrit, bien raconté.
Dommage que le mari soit considéré comme le moins que rien, parce qu'après tout, c'est bien elle qui le trompe ! Et qui visiblement n'a pas fini ! Pourquoi est-il impossible pour elle de dialoguer avec lui ? Qu'a-t-elle fait pour éviter le désastre de son mariage ? Probablement pas plus que lui.....
Vivement la suite.
Soyez respectueux
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Photo de profil de CMF4691
CMF4691
15 août 2023 à 09:48
Toujours cette écriture jubilatoire et c'est tant mieux. Le manque de dialogue est cause de bien des soucis...mais de démon de minuit de femme jusqu'alors silencieuse est révélateur de bien des frustrations
Soyez respectueux
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lbclh
15 août 2023 à 08:11
Très jolie histoire très déçu de l'héroïne qui se fou royal de son mari.....cela aurait été l'inverse...mais bon l'auteur l'a voulu comme cela
Soyez respectueux
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Photo de profil de Jacques du Canada
Jacques du Canada
15 août 2023 à 05:12
La vie arrange bien les choses et nous réserve de belles surprises. Prendre son temps n’est pas un défaut! C’est plutôt un signe d’intelligence. L’auteure nous dirige vers des situations qui pour le moment ne se sont pas réalisés. Elles ne se sont pas réalisés, pour l’instant!
J’ai aimé lire ce récit, je trouve qu’il est superbement écrit. J’aime le style de Jane.
Modifié 15 août 2023 à 05:17
Soyez respectueux
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Photo de profil de Frederyc
Frederyc
14 août 2023 à 23:30
Excellent fantasme. ! À chacun de poursuivre ce dernier par son imaginaire.
Soyez respectueux
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Hétéro
✦ Jane Does Au fil des jours XSTORY
Au fil des jours
Chapitre 2
Par Jane Does
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