Des doigts de fée
Chapitre 2 · Qui perd gagne
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✦ Jane Does Des doigts de fée XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Des doigts de fée — Chapitre 2 · Qui perd gagne

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Des doigts de fée

Chapitre 2 · Qui perd gagne

Tout y passe dans une soirée « sexe » où chacun tire le meilleur parti du corps de l'autre. Pipe et cunni, sous forme basique de soixante-neuf ou plus prosaïquement de manière séparée pour en gouter à toutes les nuances, et pour finir, apothéose suprême, orgasmes à l'unisson, apanage des couples d'amants qui se connaissent bien. Un pur bonheur qui nous emmène vers des sommets avant de retomber en une pause bien méritée. Enfin un repas que nous partageons avec un même plaisir, les sens au repos, avant de retrouver un bon film blotti l'un contre l'autre alors que les flammes dans l'insert nous inondent d'une chaleur bienfaisante. Une autre forme de béatitude, quoi !
Quelques mamours encore avant de nous endormir, toujours dans l'optique d'entretenir le feu sacré d'un amour durable, avant qu'une nouvelle aube fraiche nous éloigne pour nos occupations journalières. Le bruit caractéristique d'un moteur me coupe dans mon fredonnement, alors que la platine emplit la pièce d'une petite musique douce. Le facteur ? Une visite impromptue en milieu de matinée ? La sonnerie de la porte d'entrée retentit et je quitte précipitamment la salle de bain où je suis affairée pour aller voir qui est derrière la porte. Il est là ! Souriant et calme, avec un énorme bouquet de roses à la main.
— Bonjour Emma !
— Alban ? Mais… Jean est à son bureau en ville !
— Oui… je sais. Nous nous sommes entretenus au téléphone lui et moi.
— Mais… je ne comprends pas… vous avez besoin de quelque chose ?
— Disons que vous m'avez plu à l'instant où je vous ai vue. Et que comme j'avais quelques minutes devant moi, j'en profite pour venir vous saluer.
—… ? Je… ne pige rien !
— Allons… ne faites pas l'innocente. La nuit que j'ai passé chez vous, Emma, vous savez très bien ce que nous avons fait.
— Fait… ? Mais c'était une erreur, j'ai vraiment cru que Jean était au salon !
— Ne me racontez pas d'histoire. Une femme sent bien ce genre de truc. Vous ne pouviez pas confondre votre mari et moi… allons !
— Bon ! Ça suffit ! Rentrez chez vous ou à votre hôtel… Jean serait fâché de vous savoir ici.
— Si je vous disais que c'est un peu grâce à vous que nous avons signé un énorme contrat tous les deux…
— Attendez là ! Qu'est-ce que vous essayez de me faire comprendre ? Que vous avez signé avec mon mari en pensant que ça vous ouvrait des droits sur moi ? Vous pouvez toujours vous brosser, mon cher monsieur.
— Allons ! Je ne suis pas ici pour faire pression sur vous ou vous faire chanter d'une quelconque manière. Je suis revenu vous saluer et vous expliquer que l'intermède m'avait ravi au plus haut point… d'où les fleurs. Il n'y a aucune arrière-pensée de ma part.
— Non ? Alors, pourquoi profiter de l'absence de Jean ?
— Tout bêtement pour vous remercier sans vous mettre mal à l'aise devant lui. Décemment, il m'était impossible de le faire en sa présence.
— Ouais ? Vous croyez que je vais gober vos arguments fallacieux ?
— Ne soyez pas trop sévère avec moi. Je… désolé si je m'y prends mal, mais je n'ai pas l'habitude de remercier à contre coup, une jolie dame qui m'a fait don d'une si belle faveur.
— Une erreur, je vous le dis et répète, ne vous attendez pas à ce que je vous tombe dans les bras. Une folie que je regrette amèrement aussi… elle m'empêche de vivre sans remords.
— Il ne faut pas ! Je ne vous balancerai jamais à personne et surtout pas à Jean. Mais je ne peux que vous répéter que je crois bien que je suis amoureux de vous. Vous le valez bien.
—… ? Merci pour les fleurs, mais pour le reste et ce que vous imaginez sans doute, pas question de revenir sur le sujet. Suis-je assez claire ?
— Quel dommage ! Je reste persuadé que nous passons à côté d'une belle histoire.
— J'ai du travail et je vous ai répondu le plus gentiment possible. Inutile d'insister.
— Bien… en tout cas merci pour ce délicieux moment de l'autre nuit… Je vais voir Jean.
— C'est cela ! Il est à son bureau, vous en connaissez le chemin.
Je le suis des yeux, un peu inquiète je l'avoue de la tournure prise par les évènements. Va-t-il aller cafter à mon mari cette faute grossière commise dans la nuit ? Si tel est le cas, quelle sera la réaction de mon Jean ? Je me sens un tantinet oppressée après cette visite que je juge discourtoise. Mais je n'ai guère d'autre choix que d'espérer qu'il saura tenir sa langue. De plus, je ne pige pas pourquoi, mais cet échange entre cet homme et moi m'a quelque part perturbé intimement. Je me sens toute bizarre pour bien d'autres raisons que celle d'une peur d'être dénoncée.
En moi, il y a une pointe d'envie qui s'est mise en marche. Le fait que je sache que ce type me désire, me désirait plutôt, me tourneboule plus que je ne veux le dire. Et bien évidemment ça se traduit par une lubrification inadéquate. Direction donc la salle de bain pour purifier tout ceci. Douche et moment de délassement sous le jet bienveillant, avec une obligation de changer de sous-vêtement, ce qui pour l'instant est une priorité. À la sortie de mes ablutions, mon état d'esprit est cependant toujours le même.
Si j'ai refroidi mes pensées que je juge salaces, elles n'en sont pas moins toujours latentes. Les nerfs à fleur de peau, je tente d'y échapper en me noyant dans mes tâches domestiques. Tant et si bien que je n'entends pas Jean qui rentre pour le repas. Ce sont ses mains sur mes hanches qui me font bondir, prête à mordre, en imaginant que c'est l'autre qui est revenu. Ce sursaut presque violent est perçu par mon mari comme une invitation. Sans trop se préoccuper de la frayeur qu'il vient de créer chez moi, il m'écrase les lèvres d'une bouche gourmande. Alors, toute la tension accumulée rejaillit là, en une fraction de seconde et mon ventre inonde une fois encore la culotte propre que je porte.
La suite se déroule dans un brouillard. Délicatement comme soulevée du sol, mes fesses sont reposées sur le plan de travail qui jouxte l'évier. Le triangle de tissu auréolé d'une humidité impossible à dissimuler est repoussé sur le côté. Pas retiré, juste décalé avant que cette bouche qui vient de m'embrasser goulument ne vienne y folâtrer d'une manière si… exquise. La tête rejetée en arrière, mes deux cuisses sur les épaules de mon mari, je me laisse faire. Il sait où fourrer sa langue pour venir cueillir les gouttes d'une rosée intime qui ne sont qu'un mélange de toutes mes envies matinales. J'adore le cunni que Jean m'offre avec une maestria sans borne.
Logique passage à l'acte après préliminaires et le repas est oublié bien sûr. Il doit être réchauffé avant d'être pris. Mais n'est-ce pas l'essentiel des choses de notre vie que nous réchauffons en permanence pour être consommées ? C'est un Jean guilleret qui reprend le chemin de son bureau urbain à l'issue de sa pause déjeuner « enrichissante ». Quant à moi, je me sens moins « moche » de ce qui s'est déroulé dans une autre soirée dont les bribes restent accrochées à mon esprit. Comme quoi il est aisé de foutre en l'air un bonheur solide juste en faisant un écart de conduite.
— xXx —
Il s'est écoulé quelques semaines depuis la première visite d'Alban et Jean ne me parle plus vraiment de la collaboration entre eux. Apparemment, ça fonctionne plutôt bien. Ce qui fait que je suis surprise lors du déjeuner de ce midi que revienne sur le devant de la scène le prénom que mon cerveau refuse obstinément d'oublier.
— Ma chérie, Alban passe dans la région vendredi. Ça te dérange si je l'invite à la maison ?
— Pour le déjeuner ?
— Non ! Le diner et peut-être que ce serait plus pratique pour lui de passer la soirée ici.
— Comment ça ?
— Ben… si on boit un verre ou deux, il pourrait rester dormir chez nous, qu'en dis-tu ?
— Tu ne vas pas encore trop picoler… comme la dernière fois !
— Mais non ! Tu sais pertinemment qu'après un apéro et deux verres de vin, on ne peut plus se servir d'un véhicule… ça n'a pas l'air de t'enchanter, je me trompe ?
— Ben… enfin, fais comme tu veux, mais dis-le-moi que je prépare la chambre d'ami.
— Considère donc qu'il sera notre hôte demain soir. Nous avons quelques détails à régler et c'est mieux autour d'un bon repas.
—… si tu le dis ! C'est bon ! Je ferai le nécessaire, tu peux compter sur moi.
— Drôle comme je te sens crispée, presque réticente. Il y a un problème entre toi et lui ?
— Non ! Non, c'est simplement que j'aime bien un peu de calme le week-end.
— Ouais… ? Bon ! Je lui fais part de ton accord. Merci mon cœur.
Et revoilà le loustic de retour dans mon esprit qui gamberge fermement. Mince ! Juste au moment où je me sentais en sécurité. Jean me sourit béatement. Je sais ces risettes qui en disent si long sur ce qui lui traverse la tête… ou autre chose. Et notre divan devient le théâtre d'un nouveau jeu entre adultes consentants. Un duo où nos corps s'enflamment, se retrouvent également avec un vrai bonheur et extériorisent nos désirs charnels les plus débridés. Soupirs, gémissements, tout finit en cris dès que montent en nous nos orgasmes respectifs. Pas forcément en phase du reste. Ça ne fonctionne pas à tous les coups, l'alchimie de la simultanéité.
Les galipettes qui prennent fin nous livrent une longue plage de calme. Je décèle dans l'attitude de Jean une certaine gêne, comme s'il avait un poids sur la conscience. Oh, bien entendu qu'il est très tactile, câlin, que ses doigts suivent mes courbes avec toute la tendresse dont il est capable. C'est dans son comportement général que je le présume tendu. Il ne dit rien, lui pourtant si volubile après un relâchement total de son corps. Et Dieu sait que nous n'avons pas lésiné sur les moyens pour nous faire plaisir. Alors ? Qu'est-ce qui se mijote dans sa caboche ?
Il sort enfin d'un silence presque pesant.
— Tu ne l'aimes pas, hein ?
— Quoi ? Je n'aime pas qui ? Qu'est-ce qui te prend ?
Bien évidemment que je fais l'innocente. J'ai tout de suite capté le sens de sa question. Mais je suis du coup sur le qui-vive ! Qu'est-ce que les deux acolytes au bureau ont bien pu se raconter ? Alors je feins l'ignorance. Mieux vaut jouer la bécasse et le laisser avancer ses pions.
— Alban ! Tu ne peux pas le voir en peinture, c'est ça ?
— Qu'est-ce qu'il vient faire dans notre intimité ton « gros » client ? Pourquoi me ramènes-tu ce type sur le tapis ? Notre moment tendre n'a pas été à la hauteur de tes attentes ? Pourquoi me parles-tu de lui, Jean ?
— Peut-être parce que je ne perds pas espoir de partager…
— Partager ? Tu me parles de quoi, là au juste ? J'ai du mal de capter… ou j'ai peur de trop bien comprendre. Nous avons déjà débattu de ce sujet… tu as ma réponse.
— Et pas moyen que tu changes d'avis ? Même une seule fois, une unique nuit…
— Jean ! Ton insistance devient blessante. Qu'est-ce que tu veux à la fin ? C'est quoi le problème… tu n'as pas joui tout à l'heure ? Le plaisir que je te donne ne te suffit plus ?
— Réfléchis Emma ! Tu fais l'amour, mais es-tu capable de me dire quelle tête j'ai, lorsque moi je jouis ? Pas plus que je ne sais les traits de ton visage quand tu prends toi ton pied…
—… En clair ? C'est du chinois pour moi, ce que tu me racontes là.
— Eh ben… j'ai envie de te voir te tordre sous les coups de queue d'un autre. Je crois que pour une fois je verrais comment ton corps réagit pendant ton orgasme. Et Alban me parait être un bon coup, ou du moins un type en qui on peut avoir confiance. Il est de notre âge, bien foutu, pas trop con non plus. Une fois… une soirée, une nuit…
— Ne me dis pas que tu l'as invité pour cela ! Je ne veux pas, ne peux pas…
— Dis seulement que tu as peur ! Que ça te plaise trop, que tu ne veux pas me faire confiance.
— Enfin… bon sang Jean ! Je suis ta femme, pas une pute qu'on se refile entre potes. Tu imagines comment tu me regarderais après un truc pareil ? Je ne pourrais plus non plus me voir dans une glace. Et puis… si c'était mieux avec lui ? Et que je tombe amoureuse de ton client ? Tu as songé à toutes les possibilités, à ce qui peut découler d'un moment pareil ? Ce n'est pas vrai. Dis-moi que ce n'est pas cela que tu veux !
— Ben… je te connais assez pour te faire une confiance aveugle. Tu m'aimes et je t'aime ! Notre amour a traversé bien des crises et nous sommes encore si soudés.
— Tu ne peux pas me demander un truc pareil… Jean… pas toi, pas ça ! Imagine le sacrifice que c'est de laisser des pattes inconnues tripoter ma peau, et un machin comme ça entrer en moi… je n'arrive pas à croire que tu puisses seulement penser que je vais te suivre sur cette voie.
— Oh ! Ma chérie… je ne veux ni te supplier ni t'obliger. Je te demande simplement d'y réfléchir.
— C'est tout vu. Alors on en reparle plus, plus jamais ! Compris ?
— Pff… c'est toujours la même chose, dès qu'on discute d'un truc qui ne te plait pas, tu fermes le dialogue… bon… mais j'en reparlerai, tu peux me croire.
Un peu vexée, je me tourne face au mur. Mais lui a du coup un regain de sensations. La discussion lui a redressé la bite et il me caresse les fesses. Je ne le reconnais pas, mais moi aussi, au fond de moi, notre échange me fait mouiller. Lui ne peut pas s'en rendre compte puisque nous sommes à une heure de notre dernier coït et qu'il est resté en moi. Ce qui rend bien pratique la non-explication à fournir pour cette humidité dans laquelle il espère refaire nager son vit. Ses mains chaudes sur mon fessier mettent à mal mon entêtement. Et tout finit comme ça a commencé, par une nouvelle partie de jambes en l'air.
La fougue que Jean y met me donne des sensations décuplées. Ses pensées y sont-elles pour quelque chose, où sont-ce les miennes qui me font monter l'eau à la bouche ? Mon homme tente une approche moins académique aussi en cours de jeu. Je refuse, malgré une grande envie de le laisser faire. Par pur esprit de contradiction sans doute. Surtout parce que la sodomie me fait toujours aussi un peu peur. Rares sont les fois où j'ai eu du plaisir lors de cette pratique. Il est fougueux, et ne s'offusque pas de ce « non » qu'il respecte. Ses mots me remontent en boucle sous la tignasse brune alors que je pars pour un voyage aux couleurs chatoyantes.
Je songe, l'espace d'une fraction de seconde que c'est vrai. Je n'ai jamais fait attention à son visage quand il éjacule. En cet instant encore moins puisque de mon côté je suis transportée bien loin de cette préoccupation nouvelle. Et mon retour sur terre, ou plus exactement dans le lit se fait après de longues minutes où l'ensemble de mes muscles semble rester en mouvement, avoir une vie propre. Eh bien, bravo ! Il a réussi à mettre le ver dans le fruit. Et derrière mes paupières closes, je ressens encore le glissement de la queue de celui qui ce soir-là, dans ma tête était Jean… il est le premier surpris de me voir repartir pour un orgasme hors norme alors qu'il ne me touche plus que du bout des doigts, le dos.
— xXx —
La chambre est prête, le poulet dore dans son jus. Les galettes de pommes de terre sont réservées elles aussi dans le four et la tarte aux mirabelles embaume ma cuisine. Un repas ordinaire ? Disons que j'ai un peu poussé le bouchon. Que cet Alban ait au moins le plaisir des papilles s'il n'a pas celui du ventre… encore que souvent les deux sont étroitement liés. Il est l'heure pour moi de me faire belle. Ça me fiche un frisson étrange cette réflexion. Me faire belle ! Mais pourquoi tant de précautions pour être présentable ? Surement pour faire honneur à mon petit mari ? Est-ce que je ne suis pas en train de me raconter des balivernes ?
Vingt heures sonnent au clocher de l'église lointaine, trop perceptible son qui n'annonce pas de beau temps. Je suis là, guettant le moindre bruit de moteur. J'attends deux véhicules et un seul fait crisser les graviers de notre cour. Bon ! Ils sont donc venus ensemble ? Notre berline est là, et les bruits de portières me donnent le la du nombre de voyageurs dans celle-ci. Oui ! Ils sont bien les deux à parcourir les quelques mètres du parking à l'entrée. Je me crispe un peu en voyant surgir deux frimousses souriantes.
— Ah, ma chérie… la voiture d'Alban nous a fait un caprice. Impossible de démarrer. Le garagiste viendra la voir demain matin. Donc il est dans l'obligation d'accepter notre invitation à dormir chez nous.
— Bonsoir Emma. J'espère que ma venue ne vous dérange pas trop.
— Non, non ! Jean m'a prévenue… rassurez-vous, la chambre est prête.
— Merci… tenez ! Votre mari a eu la gentillesse de s'arrêter pour que je vous apporte un bouquet… bien pâles fleurs devant votre beauté ce soir…
—… merci.
Il cherche à me flatter ou quoi ? Et mon homme qui lui aussi a un rictus qui en dit long sur ce qu'il pense. Bon ! Faire contre mauvaise fortune bon cœur, ai-je un autre choix que celui d'être civilisée ? La table est disposée de telle façon que les deux hommes sont face à face et je me suis positionnée au bout. Donc le vase contenant les roses vient tout naturellement prendre place entre nous trois. L'apéro bat son plein. Jean a opté pour un champagne de bonne qualité et son client ne se prive pas d'écluser sa coupe en matant… les fleurs qui me cachent à sa vue. Je fais de même et ingurgite le nectar frais. Puis vient le temps du service et de la mangeaille. Le vin de Moselle qui accompagne mon poulet est un « petit Jésus en culotte de velours ». Les affaires des deux mecs sont débattues en ma présence, mais c'est le but de ce diner… alors… rien à en dire.
Jean marque une pause au moment du sacro-saint digestif. Se remémore-t-il mes remontrances sur la picole ? Peut-être, mais il finit par inviter Alban à passer au salon pour continuer leurs palabres, auxquels je ne prends pas part. Seule, je dessers la table et puis j'hésite à aller les rejoindre. Finalement, je me décide sur un coup de tête. Et force est de constater qu'ils ne m'ont pas exclue de leur entourage puisque sur la table basse, un troisième verre est là qui n'attend que ma gorge pour être vidé. Jean de suite se pousse sur la droite du canapé, pour me faire une place. Je colle précautionneusement mon derrière très loin de lui.
— Tu peux te rapprocher, tu sais mon amour. Je ne vais pas te manger.
—… Ça va ! Je suis bien comme ça.
— Oh ! De quoi as-tu peur, Emma ? Allez, viens un peu plus près.
—…
Je m'étrangle presque avec le cognac qui coule avec une sorte de violence dans ma gorge. L'autre sur son fauteuil ne bronche pas. Depuis une bonne demi-heure que les deux-là discutent sans que je sache de quoi il retourne, qu'ont-ils bien pu magouiller ? Je toussote en tentant de reprendre ma respiration coupée par l'absorption de liquide par le trou du dimanche. Le plus prompt à réagir, c'est bien l'invité. Il vient de se redresser vivement et sans méchanceté me tapote dans le dos. Si c'est bénéfique, ça me fait également me rapprocher de Jean, pour trouver un refuge, un recoin. Je me sens un peu paumée du coup. Et… Alban finit par s'assoir sur le coussin le plus à droite du sofa.
Mince ! Je suis donc coincée entre eux deux. Malgré la finesse de mon corps, le moindre mouvement peut me faire frôler notre hôte ou mon homme. Alors je me ressers le plus possible contre Jean. Mal m'en prend, il a les mains trop baladeuses à mon gout. Que faire pour ne pas avoir l'air d'une cruche ? Je ne fais plus un mouvement, mon flanc calé contre celui de mon mari. Il fait chaud dans le salon ? Ou n'est-ce qu'une impression ? La jambe collée à la mienne, tout mon corps ressent la chaleur que me distille mon homme. Sa main à plat sur mon genou, elle aussi me brule.
Filer ou rester là ? Comment me dépêtrer d'une situation équivoque ? Je suis dans l'expectative. Jean troue le silence laissé par la fin de mes toussotements.
— Tu veux un autre verre Alban ?
— Pourquoi pas ? Nous ne conduirons pas cette nuit de toute façon !
— Et toi ma chérie… un autre cognac pour faire passer celui qui a failli t'étouffer ? Allez, je nous resserre un petit coup à boire… cul sec cette fois ?
— Euh… je ne sais pas si…
— Allons, Emma, Jean et moi sommes heureux de vous voir parmi nous…
Il n'a pas dit entre nous, mais dans ma caboche, c'est bien ce que je comprends ! Et les godets sont entre nos doigts alors que Jean repose sa patte sur mon genou. Un soupçon plus haut que lors de son précédent passage. Elle empiète sur le bas de ma jupe, tout en chauffant mon articulation. Les boissons sont à portée de bec et nous avalons la lampée sans sourciller. La brulure fait place à une sorte d'euphorie bizarre. Je me sens toute drôle. Sans trop me rendre compte que la main, elle, remonte un peu plus haut sur ma cuisse.
Bien sûr, elle entraine dans son sillage le tissu qui découvre ma peau, fort heureusement encore bronzée par un été magnifique, mais bel et bien mort depuis quelques semaines. Dans l'âtre, le feu crépite et je ne trouve pas le courage de dire quoi que ce soit. J'imagine bien que notre invité a les yeux rivés sur la langue brune que la remontée de mon vêtement laisse entrevoir. Pourquoi est-ce que je ne rue pas dans les brancards ? L'inertie dont je fais preuve me sidère autant que l'audace de mon compagnon de route. Un véritable coup de chaud m'envahit.
Petit à petit, ma cuisse se retrouve découverte, à la vue de notre hôte. Un simple mouvement, un seul mot de ma part et tout s'arrêterait sans nul doute. Mais rien ne franchit le seuil de ma bouche. Pire encore, mon estomac se noue de me sentir ainsi la cible des regards concupiscents d'Alban et le plus terrible de cette affaire, c'est bien que j'en mouille abondamment. Il est indéniable que cette forme d'exhibition plus ou moins volontaire me donne des crampes dans le ventre. Tout aussi impensable que je ne bouge pas parce que la situation elle-même m'excite trop. Et la main est déjà au niveau de ma culotte… trempée.
La respiration de Jean me fait penser à un soufflet de forge. Bien que la mienne ne soit guère mieux. Quant au loustic qui suit l'évolution de la remontée de mes fringues, il n'ose plus non plus faire un mouvement. Je serre les dents, ferme les paupières et reste immobile. Morceau de bois qui ne cherche absolument pas à stopper l'avancée de ce qui me parait être une horreur. Mon dos est totalement appuyé contre le dossier du divan et c'est moi seule, sans aucune pression extérieure, sans intervention de quiconque, qui ouvre le compas de mes cuisses.
Je sais bien que l'autre voit cette fois mon sous-vêtement. Qu'une tache humide suffisamment large pour être interprétée comme de l'envie est surement visible et je ne fais rien pour interrompre ça. C'est bien aussi ma main qui se crispe désormais sur le poignet de Jean qui persiste à faire glisser le tissu doux du pan de ma jupe. Puis il recroqueville le coton, l'entortille sous la ceinture, lui interdisant de la sorte de reprendre sa place initiale. C'est horrible, horrible et incroyable, mais ça me coupe le souffle de le laisser ainsi me mettre à nu devant son « client ».
À nu ? Pas tout à fait, il y a encore bien des étapes. Mais mon mari sait qu'il vient de gagner la première bataille, celle des sens en émoi. Et lorsqu'un court instant la patte qui vient de faire faire l'ascension à mon habit part, me quitte, je ne veux pas savoir ce qu'elle va faire. Du coup, ce sont deux mains qui reviennent en force, délicatement je dois le reconnaitre. Et l'une d'entre elles est une totale étrangère. Les doigts de mon mari la font avancer en douceur vers l'intérieur de mes cuisses. Je tressaille de sentir cette nouvelle présence incongrue. Mon unique réflexe est de fourrer mon visage contre la poitrine de mon Jean.
Lequel me relève le menton et vient de sa bouche chercher mes lèvres ? Idiotement, je le laisse m'embrasser, répondant même avec un désarroi total à la pelle qui me fait lâcher prise. Là plus bas, je ressens une drôle de pression, sur le coton mouillé qui me recouvre encore les fesses. Puis la présence des phalanges qui écartent l'élastique de ma culotte, pour la faire lentement glisser vers le début de mes cuisses, un arrêt d'une fraction de seconde, mis à profit par la langue de mon mari qui m'embrasse toujours. Je suis la seule à blâmer puisque je soulève mon corps. Oh très peu, il est vrai.
Suffisamment pour que le dernier rempart de mon intimité se faufile le long de mes jambes. Voilà ! Je suis le sexe à l'air libre et deux hommes, dont mon mari, m'entourent. Empoignée par les talons, je ne résiste plus quand, mon buste toujours accroché à mon homme, mes jambes sont allongées en douceur sur l'assise du canapé. L'invité lui a quitté sans bruit sa place et mes quilles largement ouvertes, il caresse l'endroit qui est entièrement en vue. La main flatte doucement mon buisson, semblant en apprécier la juste mesure. Un doigt, j'imagine un majeur où un index précis survole désormais les ailes de mon sexe. Et je sais pertinemment que celui qui me touche n'est pas mon Jean.
Forcément, puisque lui s'occupe de m'embrasser encore et encore alors que de sa patte libre il masse mes seins minuscules. Comment expliquer cette situation ? Pourquoi est-ce que je ne cherche pas à me dérober à leurs câlins si précis ? Peut-être tout bêtement parce que j'en ai envie ? Parce que je les attends depuis un moment, je les désire tout simplement ! Mon chemisier aussi ne résiste que mollement aux assauts ciblés de Jean et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je suis nue. Autre sursaut qui n'empêche pas le mufle d'Alban de s'inviter à un baiser sur les lèvres dont mon homme n'a plus la primeur. Léchée par un type que je ne connais que partiellement, que mon mari encourage sans un mot à insister, me voici devenue une chienne en chaleur.
Plus aucune velléité de reculer, mais en ai-je eu seulement l'intention une seule seconde ? Bien sûr que non ! Je serre les poings lorsque la langue qui me fouille le bas du corps folâtre avec mon clitoris. Un énorme soupir s'échappe de ma gorge, libéré par celui qui permet que tout ceci soit possible. Il sait qu'il va être cocu, mais le veut, le réclame presque muettement. Alors pourquoi mon lécheur n'en profiterait-il pas ? Il vient donc d'adjoindre à sa langue un doigt qui suit le sillon inondé en totalité cette fois.
Je râle sans discontinuité. L'image de la salope que je suis en passe de devenir n'arrive plus à perturber mon cerveau complètement obnubilé par l'envie qui me submerge. Je tente de raisonner mon cœur qui bat la chamade en songeant que c'est mon Jean qui veut ce qui se passe. Et loin de me faire renoncer, je m'enfonce un peu plus dans le stupre et la débauche d'une soirée qui risque fort d'être… un degré plus bouillante encore. Les va-et-vient de ce pataugeur qui me lime le ventre à une cadence de plus en plus accentuée entrainent dans leur sillage, des bruits ignobles, mais curieusement de plus en plus excitants.
Jean ne tient plus et il ouvre sa braguette. Tel un diable sorti de sa boite jaillit son sexe terriblement dur. Bandé à l'extrême, je comprends que je ne suis pas la seule à me retrouver au bord de l'explosion. Mon Dieu, c'est mille fois supérieur à nos parties de cul en duo, je le reconnais. Au bout d'un long moment, je me sens défaillir et ne contrôle plus vraiment les réactions démesurées de mes sens qui échappent à toute logique. Jean est bientôt aussi nu que moi. Je ne regarde pas le gars qui me lèche et me tripote. Non ! Mais comme il n'a pas quitté son poste un seul instant… je présume qu'il ne s'est lui, pas désapé.
Mon ventre se cabre et mon corps tout entier se tend. Une montée irrépressible de quelque chose de fabuleux me surprend par une violence inouïe. C'est comme si mon corps se liquéfiait en totalité et il me semble que j'expulse des litres et des litres de liquide, inondant pour de bon tout ce qui entoure l'endroit que l'autre continue de pistonner des doigts et de lécher. Sans doute est-ce que je crie également sans m'en rendre bien compte. Et je suis emportée dans le tourbillon magique d'un incroyable orgasme. Quelque chose d'indéfinissable, d'indescriptible qui me révulse les yeux et me fait perdre conscience des réalités un long moment.
À mon retour sur terre, deux paires de quinquets affolés me scrutent. Mes deux gaillards, aussi nus l'un que l'autre sont là à psalmodier je ne sais quelle prière. Je suis dans un état de béatitude inconnu. Revenant d'un voyage dont j'ignore avec exactitude la profondeur, la durée et surtout la teneur. Tout ce que j'en sais, c'est que je suis sur un petit nuage, dans un brouillard fabuleux et que j'ai envie de… faire l'amour encore et encore. Je me pelotonne contre Jean et me contorsionne tellement que je parviens à me retrouver sous lui. C'est donc à lui que revient la lourde tâche d'achever le travail. C'est un peu vite oublier la présence de l'intrus.
Comment et à quel moment mon mari parvient-il à rouler sur le côté, entrainant dans son demi-tour mon corps pour que je me retrouve sur lui ? Il réussit ce tour de force de faire cette volte-face sans me désarçonner et ses deux paluches me maintiennent les fesses largement entrouvertes, tout en insistant sur les aller et retour en moi. C'est donc sur mon œillet que je pressens soudain une pression qui ne peut qu'être l'œuvre du « client ». Oh ! C'est très flou, rapide à vrai dire. Le second sexe, celui dont je ne sais pas grand-chose en définitive est de suite enfoncée en douceur, mais fermement dans l'endroit disponible.
Les deux diables s'arrangent, je ne sais comment, pour que la partition se joue à deux flutes sans à coup. Lorsque l'un sort, l'autre s'enfonce en moi et ça dure une éternité. Mes cris sont tous des trémolos qui les exhortent à aller plus ou moins vite ; plus ou moins profondément dans ces cavernes que chacun visite. Il ne doit guère se passer de temps avant que je sois une fois de plus entrainée dans un formidable mouvement qui me fait « pisser », une quantité de liqueur qui mouille mon cavalier sous moi. Celui sur le second versant lui, ne profite que de mes soubresauts incessants.
— xXx —
Une infâme odeur de cul chatouille mes narines alors que je redescends d'un ciel chargé d'étoiles brillantes. Je suis toujours encadrée par mon mari et son ami. Nus tous les deux, ils ont chacun une patte en travers de mon corps. Je relève donc la tête et je suis dans le lit conjugal. Comment et par quel miracle sommes-nous arrivés là ? Mystère. Mes menottes sont pour la gauche sur le sexe de Jean et la droite tient celui d'Alban. Naturellement, les bêtes sont au repos. Pas un seul des deux ne dort. Ils sont juste attentifs à ne pas me réveiller. Le premier à comprendre que je suis revenue de mon univers parallèle c'est Alban. À l'instar des caresses de mon mari, il vient gentiment frôler ma joue.
— Ça va, Emma ? Vous avez été… merveilleuse. Jamais je n'aurais cru prendre un tel plaisir à vous faire l'amour…
… ?
Les doigts eux également ont une odeur plutôt marquée de sexe ou d'un truc dans ce gout-là. Ils lissent ma peau sans brusquerie, alors que sur mon second flanc, Jean lui aussi vient frotter sa cuisse.
— Oh ma chérie. Tu ne peux pas savoir comme tu m'as rendu fier et heureux. Merci mon amour ! Je t'aime encore plus depuis ce soir.
— Ah bon ? Il te suffit donc d'être cocu pour que tu gardes le sourire, toi ?
— Mon Dieu… impensable et superbe comme tu nous as donné un bonheur sans limites…
— Ah bon ?
— Oui, ma chère Emma… puis-je vous demander à tous les deux une grande faveur ?
— Ben, dis-nous, Alban… Emma ne peut plus rien te refuser.
—… ? Ne parle pas pour moi, Jean, veux-tu ? Dites toujours Alban !
— J'aimerais… vous faire l'amour devant votre mari, mais sans que lui y participe ! Est-ce que vous croyez que c'est faisable ?
— Tu en penses quoi, Jean ?
— À toi de décider ma chérie… je ne suis pas contre, de toute façon !
— Alors… vous savez ce que vous avez à faire ! Une douche avant… ce n'est pas du luxe, qu'en dites-vous les garçons ? Au point où nous en sommes, autant la prendre en commun, qu'en pensez-vous ?
Un oui unanime qui nous fait sourire tous. Et je me rends bille en tête dans la salle de bain, suivie de près par mes deux amants. Nos couennes se laissent entreprendre par les pattes des deux autres et nous astiquons intensivement nos épidermes. Il ne faut pas trop de temps pour que je revienne sur le lit avec notre invité. Mon mari lui traine encore un peu sous le jet tiède, appréhendant sans doute le moment de suivre mes ébats avec son pote… en simple spectateur. Mais n'est-ce pas ce qu'il a voulu, déclenché aussi par ses manigances ? Alors… qu'il ne vienne pas maintenant pleurnicher !
À mon tour de jouer… ce n'est que justice !
Fin...


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