Tu-Je-Il !
Chapitre 1 · Et après ?
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Tu-Je-Il ! — Chapitre 1 · Et après ?

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Jane Does
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Tu-Je-Il !

Chapitre 1 · Et après ?

Nous reprenons notre souffle et nos mains sont jointes, après cette séance une fois de plus exceptionnelle. Sept ans, oui, sept belles années où nous conjuguons le verbe aimer à toutes les positions du Kamasutra, mon mari et moi. Pierre, mon ainé d'une bonne dizaine d'années me fait une risette un peu forcée.
— Je suis désolé, ma chérie ! J'aurais voulu me retenir un peu plus longuement, mais...
— Pas grave mon cœur. Tu sais Pierre, j'adore aussi quand c'est doux comme ce soir.
— Oui ? Le temps va venir où je ne serai plus en mesure d'assouvir tous tes désirs.
— Arrête de dire des bêtises, Pierre. Je t'aime et tu es l'homme de ma vie.
— Claudine... ne me ment pas ! Je suis lucide et je sais reconnaitre lorsque tu jouis très fort... ou pas. Et je me doute bien que ce soir comme tu le constate, je ne suis pas à la hauteur.
— Mais, ce n'est pas non plus une compétition, encore moins une obligation et je t'aime. De plus il m'arrive aussi de ne pas être au top... et de ne pas te donner entière satisfaction. Tu n'en as jamais fait état et je ne t'ai jamais entendu te plaindre, mon chéri.
— Tu sais en prenant un peu d'âge, on devient plus... fatigué. Et depuis un moment, j'ai envie de te parler de quelque chose qui me tient à cœur.
—... ? Eh ben, pourquoi as-tu tout à coup cette drôle de voix ? Il t'est devenu si difficile de me parler ? N'ai-je pas toujours eu une oreille attentive à tout ce que tu désirais ?
— Si... si, mais c'est délicat... viens là, contre moi, oui, viens ma belle. Claudine, tu ne te fâcheras pas, promis ?
— Quoi ? Tu as donc quelque chose à te faire pardonner ?
— Pas du tout... mais laisse-moi te dire...
Pierre vient de poser sa main sur ma bouche, comme pour me faire taire. Il rapproche ses lèvres de ma joue et à voix basse, il se met à discuter. C'est plus un monologue qu'un dialogue à partager. Dans un premier temps, j'écoute forcément sans broncher et au fur et à mesure qu'il avance ses arguments, je me sens... je n'ai pas de mot pour le dire, en fait. Lorsqu'il a terminé son laïus, je ne sais plus si c'est du lard ou du cochon. Je me redresse sur un coude et les yeux tout ronds, je ne peux m'empêcher de lui lancer, angoissée.
— Tu plaisantes là ! Dis-moi que j'ai mal entendu tes propos, mal compris. Pierre ! Tu es devenu fou ?
— Non ! Non, Claudine. Mais je t'ai dit de ne pas te fâcher. Tu réfléchis à tout ce que je viens de te dire et puis... qui sait le temps va faire son effet. Peut-être que tu verras mieux ce que je viens de te narrer. J'en ai envie.
— Mais... comment peux-tu me demander une pareille chose, Pierre ? Je suis ta femme et...
— L'amour n'a rien à voir avec ça. Ce que je te demande, c'est de me faire ce plaisir, une fois, juste une.
— Tu te rends compte ? C'est impossible. Jamais je ne pourrais seulement l'imaginer.
— Oh ! Ne te précipite pas pour refuser. Le temps joue contre moi et je ne veux pas que tu sois délaissée ou que tu ne puisses plus être aimée physiquement parce que mon corps ne tient plus la route. Et puis... il y a des années que j'aurais dû m'en ouvrir à toi de ce fantasme que je garde là...
Il se touche la tempe. Mais je ne veux plus rien savoir de ce qu'il vient de me débiter. Lui pourtant a comme un sursaut et est-ce le fait de ses paroles ? Ou l'idée qu'il se fait de ce qu'il vient de déposer dans mon esgourde ? Toujours est-il que son sexe contre ma cuisse à un regain de vitalité. Et la patte masculine qui tient toujours là mienne entre ses doigts guide mon bras vers ce qui s'est raidi d'une façon suffisante pour être opérationnelle de suite. Il me susurre de nouveau quelques paroles.
— En tout cas, Claudine, en parler me donne des ailes. Tu... avec tes lèvres, tu veux bien ?
— Mmm ! Et ne me parle plus de ta fantaisie... s'il te plait.
Je plonge ma bouille en direction de cette cible qui relève la tête. J'ai toujours apprécié lui faire une gâterie alors que son sexe revient à la vie, après un coït qui nous a réunis. Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée. Peut-être pour un certain parfum, pour cette fragrance qui fait ressortir l'odeur de mes et de ses sécrétions. Et durant de longues minutes, je m'emploie à donner du plaisir à mon amour à l'aide de mes lippes et de ma langue. Bien sûr, il bande, mais il lui est beaucoup plus difficile d'éjaculer aussi rapidement après avoir joui une première fois. Du reste, quand il sent que c'est peine perdue, il me repousse gentiment, l'air désolé. Nous nous endormons enfin, après ces moments forts partagés entre Pierre et moi.
— xXx —
Combien de jours, de nuits s'écoulent depuis ce délire de mon mari ? Il ne me ramène plus sur le tapis, l'histoire narrée après sa « défaillance physique ». Et s'il m'arrive de repenser à sa requête, je ne me sens certainement pas en état de lui donner raison. Et nous continuons notre petit bonhomme de chemin. Et je ne me souviens pas vraiment pour quelle occasion, mais c'est en voyant repartir un de ses amis qui vient de diner à la maison, que Pierre me prend par les épaules et c'est dans un souffle qu'il me murmure.
— Il ne te plait pas, François ?
— Quoi ? Pierre, pourquoi devrait-il me plaire ? C'est ton ami, et je respecte ça. Il n'est nullement question d'autre chose entre lui et moi.
— D'accord... mais tu as réfléchi à ma proposition. Et si c'est avec quelqu'un de ton choix, je ne suis pas non plus contre. Peut-être que ça peut être plus simple pour toi... si nous ne connaissons pas l'autre !
— Je n'ai pas l'intention de donner suite à tes élucubrations, mon chéri. Tu me suffis et je n'ai envie de rien ni de personne d'autre que toi. Tu peux te mettre ça dans le crâne ?
— Claudine ! Et si moi j'avais besoin de cela pour me dire que j'existe à tes yeux... ou que j'existe toujours pour être honnête ?
— Mais... tu te rends compte de ce que tu dis, ou me demandes Pierre ? Je... je ne sais pas seulement si je serais capable de faire un truc pareil.
— Même pour me faire plaisir ? Parce que le but, c'est bien que nous en prenions tous les deux... du plaisir !
— Bon sang ! Ce que nous faisons presque tous les jours ne te suffit donc pas ? Ou plus peut-être ?
— Écoute, Claudine, nous sommes des adultes. À quarante ans, tu comprends forcément que mes douze ans de plus que toi vont forcément peser lourd dans la balance et puis... j'ai envie de rêver de vivre intensément le temps qu'il me reste à passer sur terre. Nous n'avons de compte à rendre à personne, ma chérie. Enfin si, c'est avec toi que je veux connaitre ce bonheur différent de te voir faire l'amour avec un autre que moi.
— Mais... Pierre ! Pourquoi ? Moi je vis parfaitement cette situation et je n'ai pas l'envie d'aller voir ailleurs. Je ne suis pas de ces femmes qui couchaillent à droite et à gauche.
— Il ne s'agit nullement de cela, mon ange. Mais juste de concevoir une sexualité sans tabou, un plaisir à partager et pas de dilapider notre amour unique. Tu es mon amour. Pour le sexe, ça n'a rien de l'amour. On peut parfaitement aimer une personne et avoir envie de la voir s'épanouir dans d'autres bras... peu importe le sexe de ceux-ci de surcroit.
— Pierre... arrête avec ça ! Je ne veux plus t'entendre parler comme ça !
— Alors c'est que tu ne m'aimes pas aussi fort que je t'aime moi ! Parce que je suis prêt à te regarder jouir, prendre du plaisir avec qui tu veux. Par contre je ne partagerai pas mon amour pour toi... avec personne et refuserais que tu sois amoureuse d'un inconnu.
— Ah oui ? Et si en faisant ce que tu veux, il m'arrivait de me prendre au jeu et d'aimer mon nouveau partenaire ? Comment ferais-tu pour rattraper le coup ?
— Je te connais mieux que toi-même... voyons et tu aimes le sexe... pardon pour ma vulgarité, mais oui, tu adores le cul. Tu sais bien peu de mes amis peuvent se targuer d'avoir une femme qui adore sucer son mari après avoir baisé comme des bêtes. Et toi... je sais moi que tu apprécies hautement quand mon sexe porte nos deux odeurs... nos sécrétions ! Oui... là est la différence, mon amour. Tu es... toute ma vie.
— Toute ta vie ? C'est pour cela que tu veux me pousser à faire des saloperies avec je ne sais qui ?
— Pour mon plaisir... Claudine !
— Ah... !
Il sait jouer sur les mots. Et c'est par les sentiments qu'il espère me faire changer d'avis ? Je n'en reviens pas. Et je le laisse me serrer contre lui. Je dois avouer que je suis ébranlée. Mais Pierre est une fine mouche et il a parfaitement senti mes hésitations liées à mon amour pour lui. Sa seule réponse là, c'est de me serrer dans ses bras et de me caresser le visage avec toute la tendresse dont il est capable. Et je me sens fondre, sous cet élan qui m'embrase les sens. Sa bouche vient clore un débat pas totalement fermé. Il n'a plus après cela, qu'à me cueillir comme un fruit bien mûr. Et notre sofa geint sous le poids de nos deux corps enlacés. La terminaison de tout ceci me semble inéluctable et il est normal, dans mon esprit que le pyromane joue le pompier de service. Ce qu'il s'empresse de faire avec un certain brio.
Pourtant cette érection plus violente que les jours précédents fait suite à notre échange sur son idée fixe. En est-elle aussi la cause ? Je suis là à me poser cette fichue question qui m'empoisonne alors que tous mes sens devraient tendre à lui offrir le meilleur de mon corps. Lui sait-il que je suis déboussolée par ses dires ? Que si je ne suis pas très attentive, c'est forcément parce qu'il m'a collé dans le crâne des images qui ne veulent plus en sortir. Oui... c'est drôle, mais là en cet instant, je le découvre machiavélique et surtout très... persuasif.
— xXx —
Ça me bouffe qu'il pense à cela de plus en plus souvent. Surtout qu'il s'accroche à son idée me rend perplexe. Comment lui faire comprendre que malgré tout mon amour, je ne me sens pas capable de coucher avec qui que ce soit d'autre que lui ? De nouveau, la ronde du temps nous éloigne de cette discussion scabreuse. Mais je sais bien que ça trotte dans sa tête et par extension... dans la mienne. Bizarre aussi que ma résistance s'émousse au fil des jours. Aurait-il raison ? À force d'y songer, j'en arriverais presque à me dire qu'il a droit à ce plaisir coupable qu'il me réclame. Mais il y a cette barrière, ce tabou que mon esprit se refuse à faire sauter, sans mauvais jeu de mots. Non ! Je ne peux pas concevoir que d'autres pattes, des lèvres inconnues se servent de ce que je lui abandonne volontiers.
Nous sommes vendredi soir et Pierre doit rentrer de son bureau. À l'instant précis où cette idée me monte au cerveau, le téléphone interrompt ma pensée.
— Allo !
— Ma chérie, j'ai un petit contretemps... un de mes plus gros clients est en retard. Nous devions nous rencontrer vers seize heures, mais il a eu un pépin sur la route et... il ne peut pas se libérer avant plusieurs semaines. Je dois donc l'attendre... et je pense qu'il va rester le week-end dans notre ville. Je te rappelle quand nous en avons terminé de notre entretien.
— D'accord... fait comme tu peux. C'est ton métier et je ne vais pas mourir de t'attendre un peu... je t'aime Pierre.
— Moi aussi mon ange... je te rappelle Claudine pour te tenir au courant.
— Oui... à tout à l'heure... mon cœur !
Zut ! Ça n'arrive que très rarement ce genre d'incident, je ne vais tout de même pas me plaindre. De quoi du reste ? De ce que mon mari est attaché à sa clientèle et qu'il lui consacre un peu de temps ? Et puis le client est toujours roi, dans ce type de travail. J'avoue que j'attends cependant avec une grande fébrilité qu'il me rappelle et... c'est seulement une demi-heure plus tard que j'ai Pierre au bout du fil.
— Bon, Claudine... j'ai un autre problème...
— Ah ! Ton client n'est pas encore arrivé ?
— Si... mais ici c'est le festival du film fantastique... et tous les hôtels sont pleins. Je me demandais donc... si pour une nuit nous ne pourrions pas héberger Monsieur Leduc.
— Tu veux dire que je dois préparer la chambre d'ami ?
— Ben... je te demande en premier lieu ton avis. Tu es concernée au premier chef, me semble-t-il.
— Il ne va pas coucher sous les ponts non plus, je suppose.
— Je me doutais bien que tu serais d'accord, mais je tenais à m'en assurer... tu es... une perle ma chérie. Une dernière question... le diner pour trois, c'est... aussi possible ?
— Allons ! Tu poses une question dont tu connais déjà la réponse non. C'est à la bonne franquette, préviens-le !
— Et le menu, mon amour ?
— Oh ! Une poêlée de cèpes, de « pommes de terre en tofailles » et de viande fumée... ça peut lui plaire ?
— Il serait bougrement difficile ! Tu mets un grand cru de chablis au frais ! Non mieux... « une belle montée de Tonnerre... » c'est un des plus gros investisseurs de ma boite, nous allons lui sortir le grand jeu...
— D'accord. Vous arrivez vers quelle heure ?
— Nous avons encore à discuter des termes de l'assurance du contrat que nous allons signer... une trentaine de minutes sans doute. Ça te va ?
— Oui... j'ai le temps de me changer.
— Pourquoi, tu n'es pas nue, je suppose ?
— Non ! Je suis simplement en tenue... de fin de semaine et cet inconnu n'était pas prévu...
— Ah... je vois... oublie le déshabillé... encore que...
— Que quoi ?
— Non, non rien... c'est un très bel homme. Allez, j'y retourne pour finaliser toute notre affaire. Bise ma chérie...
— Je t'aime Pierre.
J'ai un coup de froid soudain. Il ne va pas s'imaginer que... bon sang, c'est donc toujours aussi vif dans sa tête, cette étrange lubie de partage ? Mon vieux, tu peux te brosser si tu crois que tu vas m'avoir de la sorte. Bon ! Je me calme en respirant plus profondément. Et puisque mon repas est quasiment prêt, je passe à la salle de bain. C'est vrai que j'aime bien le vendredi soir me mettre, disons à l'aise en prévision d'un délassement très suggestif. Mais puisque monsieur rentre en compagnie d'un invité, je ne peux décemment pas me présenter en froufrous... trop osés. De ma garde-robe j'extirpe de quoi me nipper correctement et surtout moins intimement. J'opte pour une jupe portefeuille et un chemisier ample qui masque parfaitement ma poitrine. Et un coup de brosse dans les cheveux, un passage de rouge sur les lippes... me voici femme d'intérieur pour faire honneur à mon homme.
Je file daredare dans la chambre destinée à cet hôte de dernière minute et le lit est vite préparé. Draps propres, couverture impeccablement tirée, chambre aérée, de quoi recevoir ce type convenablement. De retour à la cuisine, j'inspecte la cuisson lente de ma viande et de mes patates parfumées aux lardons. La bouteille de Chablis, remontée de la cave se réfrigère elle aussi dans l'attente de son ouverture prochaine. Et il ne me reste donc plus qu'à dresser les trois couverts pour que tout soit en ordre. Satisfaite, je mets un peu de musique pour chasser une sorte de stress inexplicable qui me serre le bidon. Rien de grave, juste le désir d'être à la hauteur pour mon Pierre. Et « L'Avé Maria » de Gounod avec la voix de Maria Callas... me détend lentement, mais surement. Mon mari ne me rappelle pas pour me signaler leur départ de son bureau.
Non ! C'est par un SMS rapide que j'apprends qu'il monte en voiture. Je n'ai plus que cinq ou six minutes à gamberger et elles fondent comme neige au soleil. Le ronron du moteur qui entre dans le garage, puis son silence et... la porte s'entrouvre, livrant le passage à un type plus jeune que Pierre. Pas de beaucoup, mais parfois quatre ou cinq ans font une énorme différence. Le gars est bien sapé, poli également. Il me salue et Pierre fait les présentations d'usage.
— Alain, je te présente Claudine, ma compagne.
— Enchanter donc Claudine... et mille fois merci pour votre accueil. Faire des kilomètres pour dénicher une chambre dans un hôtel un peu triste, oui, merci de m'épargner cela... Pierre vante aussi vos mérites de cordon-bleu... et il m'a un peu rencardé sur le menu... je vous avoue que je suis impatient de gouter à tout cela...
— Ah ! Pierre me met la pression. Il va vous conduire à votre chambre... vous pourrez y déposer votre bagage... la salle de bain attenante est prête également.
— Je suis reçu comme un prince, on dirait. C'est très agréable de voir que les gens savent encore faire preuve de civilités à une époque où l'individualisme est presque une règle.
— Tu me suis, Alain ! C'est par là...
Et les deux hommes passent devant moi, mais mon mari s'arrête tout de même et comme pour montrer qu'il est chez lui, ses lèvres viennent à la rencontre de ma bouche. L'hôte lui marque le pas, mais observe la scène sans un mot. Entre mes cils disjoints, je peux lire une drôle de risette au coin de ses lippes. Sarcastique rictus ou sourire d'envie refoulée ? En tout cas sa réaction m'alerte et je les vois disparaitre dans le corridor en pérorant sur je ne sais quoi. Pierre revient seul et il me prend dans ses bras.
— Alors ?
— Alors quoi, Pierre ?
— Ben, tu en penses quoi de monsieur Leduc ?
— Je devrais en penser quelque chose ? C'est ton client, et à ce titre, je le respecte...
— Ouais ? Mais physiquement, il est pas mal, non ? Tu as bien une petite idée... qu'en dis-tu ?
— Permets-moi de garder pour moi mes impressions. Il est bien vêtu, bien de sa personne, mais tous les gens que tu côtoies sont toujours plus ou moins dans ce moule, je me trompe ? Alors il ne diffère pas de ces personnes que j'ai déjà croisées dans ton bureau.
— Ah !
Je lui jette un regard appuyé. Sa réponse laconique laisse transparaitre une certaine déception ? Il s'attendait à quoi ? Je me sens un peu... rosir d'un coup en songeant que peut-être... il a dans la tête une idée qui ne me rassérène pas du tout. Non ! Pierre ne peut pas décemment avoir imaginé un instant que... je dois vite chasser de ma caboche la vilaine chose qui y tourne depuis une minute ou deux. C'est cet Alain qui par son retour auprès de nous me permet de rebondir sur un autre sujet.
— Vous prendrez l'apéritif ?
— Volontiers... madame !
— On se pose au salon pour l'apéro ? Claudine... tu nous accompagnes bien sûr ?
— Un doigt de vin cuit pour moi, c'est tout. Mais pour vous ?
— Ben... Alain... Whisky, vodka ou plus français ? Quelque chose d'anisé ?
— Non... un peu de whisky.
— Bien ! Allez-vous assoir, j'apporte ce qu'il faut... vous le prenez sec votre drink ou comme Pierre avec un peu de coca ?
— Allons-y pour le coca. Oui... j'aime beaucoup votre hospitalité à tous les deux.
— Merci.
— Allez viens t'assoir, Alain...
Et je prépare verres et boissons, puis quelques amuse-gueules sous la forme de gougères encore tièdes de leur sortie du four. Je pose mes fesses simplement sur un des deux fauteuils, qui avec le canapé et la télé forment le principal du mobilier de notre salon. Nous trinquons gentiment et je me sens devenir la cible des deux paires de mirettes masculines. Désagréables frissons qui me secouent l'échine, je trempe mes lèvres dans un « martini dry » sans en apprécier tous les aromes. Les petits choux au fromage ont un franc succès et puisqu'ils ont la bouche pleine, les deux face à moi se taisent. Je m'éclipse sous le prétexte de mon diner sur le feu, plus pour fuir cette ambiance chargée que par peur de la suite.
C'est à la cuisine que Pierre me rejoint. Il est guilleret et tout excité, provoquant du même coup, un réflexe de méfiance chez moi. Il se frotte à moi, me chuchote des mots dont je ne parviens pas à saisir la finalité.
— Alors ? Ma chérie, il n'est pas sympa, mon ami Alain ?
— Il devrait mordre ? Tu le reçois à la maison, bien sûr qu'il ne peut que se montrer reconnaissant.
— Ah ! Mais...
— Quoi encore ? Qu'est-ce que tu veux au juste, Pierre ?
— Ben, ma chérie... nous en avons parlé et reparlé ! Ne fais pas celle qui ne sait pas.
— Retourne auprès de ton invité... il va se demander ce que tu fabriques.
— Tu ne réponds pas ?
— File ! File bon sang... tu ne vois pas que tu me gênes ?
— On ne peut pas discuter avec toi ! Tu restes sur tes positions ou fais la sourde oreille, comme si je te demandais la lune.
— Pierre ! Nous n'allons pas nous disputer avec un invité dans le salon, tout de même.
— Réponds-moi ! S'il te plait ?
— Qu'est-ce que tu veux ? Tu l'as amené ici pour quoi en fait ?
— Disons que j'espérais qu'il te fasse assez d'effet pour envisager...
— File ! N'en dis pas plus. Je ne suis pas une pute !
— Claudine ! En voilà des mots dans ta bouche ! Ai-je jamais une seule fois dit cela ?
— Non ! Mais tu le transpire si fort, avec tes efforts démesurés pour... vas rejoindre ton invité, bon sang... le diner est prêt.
— Ça veut dire que je n'ai aucune chance de te convaincre.
Je hausse les épaules, m'activant sur mes casseroles. Et je sors du buffet les plats de service. Lorsque je me retourne, mon mari n'est plus là. Pff ! Comment peut-il être aussi insistant ? On peut dire que quand il a quelque chose derrière la caboche, il ne l'a pas ailleurs. Zut ! Je suis dépassée par les évènements et n'ai pas su être suffisamment claire pour lui refuser son rêve. Parce qu'à n'en plus douter, il s'agit bel et bien de cela. Si cet Alain est dans notre salon, c'est forcément parce que mon homme a l'espoir secret que... je lui réalise son fantasme. Et mon rusé Pierre a mis le paquet. Il a choisi un type qui a une stature plaisante. Ça me perturbe plus que je ne veux le dire. De là à être tentée, il y a cependant encore une sacrée marge.
Le passage à table se fait sans transition. Le convive est face à moi, hasard ou volonté délibérée de Pierre de me confronter à son envie bizarre ? Mais si l'homme me regarde, il n'y a rien de salace dans ses yeux. En tout cas, je ne lis rien de tel. Et il semble apprécier mon repas, et me complimente sur ces « tofailles » qu'il dévore avec appétit. Pierre aussi y va de son petit couplet de remerciement pour faire bonne figure. Il semble avoir mis de côté son rêve incongru. Mais surement que celui-ci n'est qu'en sommeil et qu'il ne demande qu'à être réactivé à la première occasion. Le diner est désormais à son terme. Je tiens à avoir le champ libre pour desservir.
— Vous pouvez peut-être retourner au salon pour y prendre un digestif. Je vais remettre un peu d'ordre ici.
— Tu nous rejoins lorsque tu as fini, ma chérie ?
— Oui...
— En tout cas, Claudine, je me suis régalé. Pour un peu, je louerais le ciel qui m'a permis de découvrir vos talents culinaires. J'ai vraiment apprécié. Merci, madame !
Je me sens rougir un peu sous le compliment dit d'une voix teintée d'un accent de vérité. Ce gars à un vrai savoir-vivre et il ne se montre pas snob comme beaucoup des autres gros bonnets qui fréquentent le cabinet de mon Pierre. Et mon mari non plus ne me quitte plus des yeux. Il s'attache à suivre mes réactions. Enfin, les deux messieurs quittent la salle à manger, reprenant leur conversation d'hommes d'affaires dont je ne veux rien entendre. Il me faut une quinzaine de minutes pour que les reliefs de notre dinette disparaissent de la table. Et j'ai beau faire des pieds et des mains pour rallonger le temps, je dois me rendre à l'évidence, je vais être nécessairement dans l'obligation de les rejoindre.
Pourquoi est-ce que quelque part, ça me dérange à ce point ? Peut-être parce que l'idée folle que s'est mise dans la tête mon homme se répand dans mes veines, comme un venin dangereux. Qu'est-ce qui me prend, d'avoir d'un coup moi aussi des doutes ? Le dialogue s'arrête dès que je suis dans l'encadrement de la porte. Sur la table basse, la bouteille de cognac avec pour l'accompagner trois petits verres dont seulement deux sont remplis d'un liquide ambré.
— Ah Claudine, ma chérie... je te sers un cognac, pour trinquer à ce fabuleux diner et à une amitié qui ne demande qu'à perdurer.
— C'est fort le cognac !
— Oh, ma chère Claudine ! Faites-moi l'honneur de boire en notre compagnie... ça me ferait tellement plaisir !
— Bon... si vous êtes deux... je suis en minorité donc... mais un seul verre !
— Merci Claudine ! Pierre a de la chance de vous avoir épousé.
—... ?
— Vous avez tout pour vous. La beauté et l'intelligence, alors si d'aventure vous aviez une sœur encore libre... je serais preneur, vous savez.
Il rit et Pierre me lance des regards qui me donnent la chair de poule. Que veut-il avec exactitude, je n'ai que le temps de me poser cette fichue question qu'il m'apporte déjà une sorte de réponse.
— Ma chérie... Alain adore danser.
— Danser ?
— Oui... mais comme je suppose qu'il est un peu tard pour nous rendre dans une boite... on pourrait mettre un CD sur la platine et nous pourrions esquisser quelques pas !
— Ici ? Dans le salon ? C'est un peu juste, non ?
— Oh... en écartant les fauteuils et la table, je crois que c'est jouable...
— Mais... quel genre de danse voudriez-vous...
— J'aime beaucoup les slows et votre salon intimiste se prête plutôt bien à ces pas lents que nécessitent ces accords.
Éberluée par cette requête hors norme, je hausse seulement les épaules et bien sûr que Pierre prend immédiatement cela pour un oui tacite. Il est déjà devant la platine dont il insère dans le tiroir un disque et il fait quelques enjambées pour pousser simplement les deux « crapauds », puis la table basse, en prenant soin de ne pas renverser la bouteille et les verres. Il y a désormais un vide suffisant pour que son invité m'invite à ébaucher quelques pas. Comment refuser ? La musique résonne sourdement dans la pièce et Alain galant, se penche vers moi, me tendant la main.
— Madame... m'accorderez-vous cette première danse ?
— Euh...
Pas vraiment d'autres choix que celui d'accepter. Et il m'enlace gentiment. Le sol sur lequel est étendu un tapis absorbe les bruits et c'est vrai qu'il danse plutôt bien. Une main sur mon épaule et l'autre dans la mienne, je me laisse aller au rythme doux de notes qui le sont toutes autant. Il évite de frotter sa joue contre mon visage, et pourtant je sens de temps à autre son torse qui frôle ma poitrine. Il ne peut ignorer ce contact subtil. De mon côté, sentir ces agaceries me fait pointer les tétons. Comment est-ce possible ? L'ambiance est des plus ambiguë. Une chance pour moi, c'est que les morceaux distillés par la platine ne sont pas inépuisables. Le dernier touche à sa fin. Et bravement Pierre rouvre le tiroir.
Il sort donc le CD et le remplace par un autre tout aussi langoureux. Durant la pause que nécessite le changement de disque, j'en profite pour boire mon cognac. C'est étrange, il me semblait pourtant n'en avoir pas laissé une goutte dans mon verre. Et rebelote ! Alain revient à la charge, sous le sourire désarmant de mon mari qui visiblement a toujours son idée farfelue derrière la tête. À mon avis, il m'a resservi un second alcool, et ça me chauffe véritablement de l'intérieur. Je danse plus souplement, moins guindée par cet excès de boisson. Il faut dire que le Chablis du repas est déjà suffisant pour me déboussoler. Pierre aurait-il l'intention de me saouler pour parvenir à infléchir ma décision ? Bien sûr que cette pensée me traverse l'esprit.
Mais je me laisse entrainer par ces bras solides qui me guident et je dois admettre que c'est moi qui pour les besoins de la danse me colle peut-être trop à son invité. Et... force m'est de constater que si le bonhomme est bien vêtu, son eau de toilette est aussi accordée de manière subtile à l'ensemble. Mes narines chatouillées par cette fragrance délicate sont les premières à succomber. Puis dans un mouvement plus ample du ciseau de mes deux grandes quilles, par inadvertance, je frôle de trop près l'entrejambe du monsieur. Et... ce que je sens-là contre mon bas ventre n'est pas fortuit. Je me recule vivement bien entendu, mais l'image est imprimée dans ma cervelle.
Ce type est en érection et... allez savoir pourquoi, mais du coup, chez moi aussi mon sang se met à bouillir. Et je reste sur mes gardes, simplement pour ne pas lui donner l'impression que je cherche volontairement un rapprochement de nos corps. Lui ne l'entend pas de cette manière, et peut-être encouragé par ma fausse manœuvre, il insiste et c'est carrément plus érotiquement qu'il se resserre contre moi. Ma poitrine de nouveau énervée par le frottement des bonnets sur mes pointes de seins, celle-ci semble vouloir se gonfler davantage. Je me sens rougir de honte, jusqu'à la racine de mes tifs. Mon mari s'est-il aperçu de ma gêne ? Je dois convenir que s'il baisse la lumière pour n'en garder qu'une faible lueur, c'est forcément pour une raison obscure.
Je ferme les yeux, sans trop savoir si je dois m'enfuir à toute vitesse, ou si je dois subir ces attouchements pas si désagréables, après tout. Et je n'ai pas le loisir de me faire à cette idée, puisque sans que je ne sache comment, mon petit mari vient se joindre à notre duo de danseurs. Il se positionne dans mon dos et son corps épouse si parfaitement mon verso que je suis littéralement coincée entre les deux mâles. Oui ! Je dis bien mâles, parce que de toute évidence Pierre est dans un état avantageux, qui ressemble fort à celui de son hôte ; à savoir qu'il bande d'une façon que je ne peux que le sentir. Je ne veux pas savoir... et mes paupières se ferment, ce qui ne peut en aucun cas me sauver.
Pierre a aussi deux bras qui m'encerclent pour rester soudés contre mon dos. Et bien entendu les pattes qui sont au bout de ses tentacules, n'ont d'autres prises que... mes doudounes qui tendent leur soutien. Alors ? Il est certain que les paumes en conques se referment sur ces deux ballons et que la chaleur qu'elles me communiquent n'est pas faite pour arranger mon état. Je dois reconnaitre que je suis de mon côté excitée par cette caresse inattendue. Alain, mon cavalier de la première seconde, a toujours la patte sur le haut de mon épaule. Comment glisse-t-elle sur mes reins insensiblement ? Mon mari ne fait rien pour interdire ce tripotage qui va arriver. Et je ne veux plus rien voir, pas croire non plus que c'est moi qui ne rue pas dans les brancards.
Est-ce mon homme ou son collègue qui remonte sans à coup le bas de ma jupe ? Déjà des doigts sont à la limite de ce qui me cache le derrière. Et ceux-là sont autant devant que derrière. Je ne peux que me dire qu'en fait, c'est ensemble que mes deux danseurs abordent le sujet avec délicatesse. Nous ne parvenons plus à suivre la musique. Du sur place... nous voici statiques depuis quelques secondes, laps de temps suffisant pour que je comprenne que ce qui me chatouille les cuisses, c'est ma culotte qui fuit mon entrejambe. Il me suffirait de m'arracher de ces étaux qui me retiennent prisonnière. Mais alors, pourquoi est-ce que rien de tout ceci n'arrive ? Je demeure là, à ressentir les effets d'une honte sans borne.
Pourtant, cette émotion étrange me submerge et se mue en une horrible envie de faire l'amour. Oui... je sens bien cette monstrueuse envie, le tsunami de désir qui me fait demeurer quasi inerte sous la montée irrémédiable des mains sous le tissu de ma jupe. Cette fois, le stade de la caresse intime est en passe d'être atteint. Les phalanges, duquel des deux hommes sont-elles à la lisière de la fourrure qui couvre l'endroit ? Aussi bizarre que ça puisse être, je ne tente pas de me soustraire à cette arrivée intempestive. Pire... il me semble bien que je fléchisse légèrement sur mes cannes, et que mes genoux s'écartent d'eux-mêmes pour faciliter le passage à ces intrus. Parallèlement à ceci, un long soupir s'échappe de ma gorge serrée.
Les lèvres de Pierre... courent sur ma nuque et son souffle me fait frémir. Il joue de nouveau avec mes seins, emmaillotés dans leur nid de soierie. Et... si ce n'est pas lui qui frise les bouclettes de poils de mon pubis, ça ne peut signifier qu'une seule chose... Alain me touche vraiment ! L'effet est immédiat, embrasant mes sens en perdition. Ce qui longe mes grandes lèvres, qui écarte la toison, qui titille la jointure haute, c'est bien l'index ou le majeur de ce type qui trois heures plus tôt m'était totalement étranger. Un peu pute, un peu salope, mélange douceâtre de ces deux facettes que me dévoile mon mari, je ne cherche même plus à me poser de question. Pierre le veut, Pierre fait tout pour que ça aille plus loin ! Eh bien ! Tant pis pour lui !
— xXx —
Mon premier soupir fend le salon, couvrant même la musique douce. C'est le doigt qui vient de prendre appui sur mon clitoris, qui roule dessus qui me tire ce cri. Et je suis ouverte, alors que Pierre qui sait que ce gémissement est le début de ma reddition s'évertue en tremblant à dégrafer ma jupe. Au bout de quelques secondes de patience, le vêtement vient tout seul s'entortiller sur mes chevilles. La bouche de mon mari est proche de la mienne, et je rejette mon visage vers l'arrière. Ce qui amène mes lèvres contre l'oreille de ce mari qui fébrilement est revenu pour faire sauter les boutons de mon chemisier de leur logement. Je murmure le plus bas possible...
— Oh Pierre ! Qu'est-ce que tu ne me fais pas faire !
Pour toute réponse sa langue me lèche le lobe qui flirte avec sa frimousse. Je rajoute avec une voix que je ne reconnais pas...
— Éteins la lumière, s'il te plait.
Je n'ai aucune idée de comment il s'y prend, mais à peine ai-je susurré ces mots que nous sommes plongés dans le noir. Seul le point rouge qui indique que le tuner est en fonction demeure visible. L'obscurité quasi absolue me permet de rougir sans que personne ne le remarque. Et ma culotte me quitte avec une rapidité déconcertante. Qui me la vole ? Pierre ? Il n'en a pourtant pas terminé avec le déboutonnage de ma liquette. Les manches sont récalcitrantes lorsque je sens un souffle qui court sur mon ventre dénudé, malgré le fait que mon habit qui couvre mon torse est toujours coincé. Je sais... le type vient de s'agenouiller. Je suis certaine de cela et je ne me trompe pas. L'instant suivant, ce qui glisse sur ma chatte n'a plus rien à voir avec les doigts qui me fouillent avec l'aval de mon homme. Et je me sens perdue.
Cette fois une manche cède et la seconde va forcément se rendre sans condition. Me voilà donc le bas du corps à poil et bientôt mon soutien-gorge n'aura plus aucun effet et ne remplira plus sa fonction de camouflage. Nue ! Je le suis entièrement et Pierre s'accroche à ces deux monticules qui ornent ma poitrine. Je n'ai plus de courage, et lorsque je suis renversée en arrière que les bras puissants de mon mari me retiennent pour que je m'étende au sol, je ne résiste plus. La frimousse de son invité est toujours entre mes jambes et je ressens violemment les coups de langue qui, d'une efficacité redoutable me font véritablement frémir. Et ma main vient serrer une de celle que je veux imaginer à Pierre. Lui ne reste pas inactif et il m'embrasse avec une fougue que je ne lui connais pas.
Je suis sur le point de jouir et je râle lorsque Alain subitement stoppe son action. Ce qui me laisse pantelante et au bord de la crise de nerfs. Pourquoi file-t-il de la sorte ? Et le bruit que mes tympans captent, je ne sais pas trop à quoi il peut correspondre. J'ai la réponse deux secondes plus tard. Le gaillard s'est dévêtu à la hâte. Et... il est désormais sur mon flanc, ce qui fait s'écarter de moi mon mari. Heureusement, je cramponne la seule partie de lui qui ne me quitte pas. Je maintiens ses doigts à m'en faire mal aux jointures des miens. C'est alors que je sais ce que l'autre veut. Je me raidis en sentant que le sexe qui me touche la joue n'est pas celui qui d'ordinaire vient jouer par là. Je suis hésitante sur ce que je dois ou peux faire. Mais je n'ai pas vraiment le choix, la trique est là qu'il tapote contre le visage, en la maintenant de sa main. Et... il rompt ce silence bizarre qui n'est que bercé par mes plaintes doucereuses.
— Suce-moi, belle Claudine !
—...
C'est dit d'un seul jet, comme s'il se débarrassait d'une corvée en m'en imposant une autre. Ou alors, il veut cacher son émoi en expédiant cette demande, comme s'il s'agissait d'un poids trop lourd à porter. Je ne bronche pourtant pas. Et mon menton est d'un coup guidé par Pierre. Oui ! Je sais cette manière de me pincer l'endroit entre pouce et index pour me guider et... il me fait tourner le cou, vers ce que je sais bander dans les environs. Je garde les paupières closes, inutiles précautions, car de toute façon je ne suis pas nyctalope. Et cette fois... l'objet chaud est au bord de mes lèvres. En balançant son bassin, l'homme donne de petits coups de reins, et je finis par gober d'abord le gland qui se présente prépuce retroussé. Pour la suite, la gâterie est extraordinaire.
Pas spécialement par ma manière de tailler cette pipe, mais plutôt parce que c'est la première fois de ma vie que je suce un autre sexe que celui de mon Pierre. Et c'est pour lui que je le fais. Il me tient encore et encore la patte, et l'autre me lime, se servant de ma bouche comme d'un sexe. Combien de temps dure ce petit manège ? Je n'en ai pas la moindre idée. Mais l'hôte ne cherche pas à éjaculer dans mon gosier. Je suppose qu'il désire plus et surtout tout. C'est ainsi que je suis prise d'abord par ce bonhomme et j'avoue ne faire aucune différence avec un coït de Pierre. Sauf peut-être que mon mari veut également sa part du gâteau et que je dois prendre son sexe dans mon bec. Je ne peux pas dire que c'est mauvais... mais ça n'a pas non plus l'attrait des grands soirs.
Peut-être que je suis trop angoissée par mon nouveau statut de femme infidèle que les images qui me tournent dans le ciboulot sont décalées, mais je ne suis nullement libérée.
Si les deux jouissent, et chez les mecs il est difficile de ne pas s'en apercevoir, mon corps qui d'habitude n'attend que le moment de cette offrande pour me faire grimper aux rideaux et curieusement aux abonnés absents dans cette partie triangulaire qui vient de prendre fin. Je file en catimini dans la douche, évacuant ainsi toutes les cochonneries qui salissent mon épiderme. Un flop quelque part, qui me fait faire la moue à cette nana dont le reflet dans le miroir n'est pas à son avantage. Il ne me reste plus qu'à aller me coucher dans notre grand lit et suis sur le point de m'endormir lorsque je sens Pierre qui gagne sa place. Il fait très doucement, comme pour ne pas m'éveiller.
Je me rapproche de lui, encercle son corps et au moment où je frôle la bête qui est au repos entre ses gambettes, c'est sur l'autre bord de la couche que je pressens une certaine pression. Bon sang ! Alain est donc lui également entré entre les draps ? Et cette fois, il me refait le coup de la léchotte. Je n'ai aucune envie de hurler et laisse faire. Pierre lui me tient dans ses bras lorsque son pote m'enfile très lentement. Sur le flanc, le nez dans la broussaille qui couvre le ventre de mon homme je suis bercée par les coups de queue de celui qui semble de nouveau très en forme. Et lorsque Pierre me tète les seins, qu'il se couche tête-bêche, je suis secouée par des sursauts inouïs. Je me sens comme soulevée, et je suis reposée en douceur, sur... l'entrecuisse collé sur le museau de mon mari.
Dans la manœuvre, mon amant a quitté le nid où se nichait son moineau. Me voici donc fesses en l'air avec mon mari que reprend sa besogne. La lumière tamisée et soudain plus vive. Et derrière moi, je suis saillie par Alain qui à genoux me prend en levrette. Je réalise que Pierre a une vue imprenable sur ma pénétration et... que la hampe qui va et vient, qui navigue au gré de la fantaisie de celui qui me bourre, la langue qui me masse les grandes lèvres, ne peut en aucun cas passer à côté de ce mât qui me pistonne. Je n'ai plus la possibilité de retenir ce qui monte en moi tel un orage. Tout mon corps se met à trembler de partout et... un vrai hurlement traverse l'espace. C'est si fort que les deux hommes sont un petit moment déconcertés, décontenancés par ce long beuglement.
Et c'est fait... je viens d'entrer définitivement dans la catégorie des salopes qui jouissent devant leur mari. Pierre lui n'échappe pas aux éclaboussures de cette mouille qui gicle de mon ventre... et celle-ci se mélange avec le sperme d'Alain... je suis conquise. Tant pis pour la suite et pour ce qu'il va advenir de notre couple... Mon mari l'a voulu, à lui d'en assumer désormais les conséquences ! Parce que dans ma tête... il va devoir me rendre la monnaie de ma pièce... la parité dans le couple jusque-là respectée ne doit pas être un vain mot. Et si mon plaisir était de le voir lui aussi pris comme je le suis ? Après tout... rien ne ressemble plus à un anus qu'un autre anus et ceux-là n'ont pas de genre...
Demain, lorsque son ami aura mis les voiles... Pierre va avoir le marché en main. C'est un homme intelligent et... j'ai envie de voir ça, moi aussi... la nuit m'engloutit dans sa noirceur insondable. Alain est dans la chambre d'ami, et Pierre... me garde dans ses bras, tout contre son cœur... mais je ne lâcherai pas... demain, il va devoir faire un geste...
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Commentaires ()

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Jacques du Canada
30 septembre 2025 à 19:07
Pierre ne pense qu’à lui.
On déduit que la suite e sera pas exactement ce à quoi il s’attend. Tout le monde a ses fantasmes. Le siens vient d’être réalisé après plusieurs demande rejetées. Il en doit une à sa conjointe. Il s’est tout simplement pris tout seul au piège.
A lui de subir les conséquences.
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eduvittel
29 septembre 2025 à 08:55
Pierre est un beau salaud égoïste quand même!
Récit divinement écrit, en espérant que la vengeance annoncée soit à la hauteur!
Modifié 29 septembre 2025 à 08:56
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Photo de profil de Lauly
Lauly
29 septembre 2025 à 04:36
Que c'est bien écrit. On se sent transporter par ce récit , qui pourrait être une histoire réelle tellement c'est beau.
Félicitations
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