00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Exorium Mémoires d'une toute petite queue XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Mémoires d'une toute petite queue — Chapitre 8

15 minutes
4.5k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Exorium
Exorium
Histoires publiées
212
Abonnés
375
J'aime cumulés
33.5k

Mémoires d'une toute petite queue

Chapitre 8

À force de trop tirer sur la corde, Armand avait fini par la casser. Son petit commerce parallèle avait pris, au fil du temps, une telle ampleur qu'il avait éveillé les soupçons. On avait fait procéder à une vérification comptable approfondie et il avait été licencié sur le champ. Je n'avais pas accès à la caisse. On ne pouvait donc me suspecter de quoi que ce soit. Le directeur, qui m'avait reçu, avait même vanté les exceptionnelles qualités dont j'avais fait preuve dans l'exécution des tâches qui m'étaient confiées.
‒ Et vous êtes capable de prendre des initiatives. C'est rare aujourd'hui. Et précieux. Vous avez fait des études de Lettres. Vous vous destinez à l'enseignement ?
– Oh non, pas spécialement, non !
– Écoutez ! Je gère une grande surface pas très loin d'ici. Le secteur librairie a pris beaucoup d'extension. Il faudrait un bras droit à mon chef de rayon. Quelqu'un de sérieux, de compétent. En qui il puisse avoir toute confiance. Je ne vous demande pas une réponse immédiate. Réfléchissez à ma proposition.
C'était tout réfléchi et, dès le lundi suivant, je prenais possession de mon nouveau poste de travail. Avec Gilbert, le chef de rayon, je me suis aussitôt remarquablement entendu. On partageait une même passion pour les mêmes écrivains et, dans de nombreux domaines, on avait des conceptions analogues. Quant aux trois collègues – trois femmes – que j'allais être amené à côtoyer tous les jours, elles m'avaient accueilli à bras ouverts et le courant était tout de suite très bien passé.
Ce qui n'étonnait pas Éva le moins du monde.
‒ Évidemment ! Les nanas, avec un mec, elles font toujours ce qu'il faut. Des fois que… On sait jamais. Une grande surface, t'en as pas que trois, des filles en plus ! T'as tout un réservoir. Le problème, c'est que là, tu vas pas pouvoir mater. Ça s'y prête pas. Encore que toi, tel que je te connais, t'es bien fichu d'aller inventer un truc invraisemblable pour y arriver quand même !
Irina, l'une de mes collègues, était en veine de confidences. Entre deux clients elle m'entretenait de ses problèmes conjugaux.
‒ Je le comprends plus. Mais qu'est-ce qu'il veut à la fin ! Il prétend qu'il m'aime, qu'il veut pas me quitter. Mais, en même temps, on dirait qu'il fait tout pour nous rendre la vie impossible. Pour que je me détache de lui. Aide-moi, Gabriel ! Aide-moi à m'y retrouver. Toi qu'es un homme.
Éva s'est esclaffée.
– Oui, ben alors là, elle a tiré le bon numéro !
Ce soir-là je m'étais un peu attardé à discuter avec Gilbert après la fermeture. Je regagnais ma voiture garée sur le petit parking derrière. Il en restait une autre à l'autre bout là-bas. Une fille était prostrée dessus.
Je me suis approché.
‒ Ça va pas ?
– Si !
Entre deux sanglots.
‒Ça a pas l'air !
– Ce sont des cons ! Ce sont tous des cons ! J'en ai marre, mais marre !
Elle a relevé la tête. C'était l'une des caissières de la jardinerie.
– C'est au boulot que t'as des problèmes ?
– Oui. Non. C'est rien. Je m'en fous de toute façon. Oh, et puis fiche-moi la paix, toi aussi ! Je t'ai rien demandé. Occupe-toi de tes fesses !
Elle s'est engouffrée dans sa voiture et elle a démarré en trombe.
Le lendemain soir, elle m'attendait sur le parking.
‒ Excuse-moi pour hier. J'étais complètement à cran. À force d'encaisser, il y a des moments où ça déborde.
– À force d'encaisser quoi ?
– Oh, rien !
– Ça te soulagerait peut-être de vider ton sac.
– T'es gentil, mais…
Un type, un manutentionnaire de la jardinerie, s'est approché.
– Excusez-moi ! Dis, la limande, tu les chercheras pas les géraniums. Je les ai mis dans l'autre réserve. C'est beaucoup plus frais. Allez, salut ! À demain.
– Et voilà ! T'as la réponse. C'est comme ça toute la journée. La limande. La planche à pain. Les œufs sur le plat. J'ai droit à tout. Et encore celui-là, il est gentil. Il y en a d'autres, ça l'est beaucoup moins. Je le sais que j'ai pas de seins. C'est pas la peine de me le rabâcher sans arrêt. C'est déjà assez dur comme ça.
Et elle a fondu en larmes.
– Excuse-moi !
Elle a ouvert sa portière.
– À propos je m'appelle Mathilde. Personne m'appelle jamais par mon prénom. Personne. Jamais. Je suis sûre qu'ils le connaissent même pas.
 Ce qui a amené Éva à conclure que j'avais peut-être enfin trouvé chaussure à mon pied.
 ‒ Ah ben tu vois ! Tout finit par arriver. Elle a pas de seins. T'as pas de queue. Vous êtes faits pour vous entendre.
* * *
Irina a refermé sa caisse.
‒ Ça te dirait pas de venir dîner à la maison un soir ? Tu ferais la connaissance de mon mari. Tu me dirais comment tu le trouves. Ce que t'en penses. Non, parce que… ça a encore remis ça hier soir. Trois heures à discuter dans le vide. Pour rien. On est pas plus avancés. C'est même encore pire.
Gilbert nous a interrompus.
‒ Excusez-moi !
M'a tendu le téléphone.
– Gabriel, c'est pour toi.
– Allô… Oui ?
– Gabriel ? C'est Mathilde. Tu vas ?
– Et toi ? Tu travailles pas aujourd'hui ?
– J'ai craqué. Je suis en arrêt. Et justement ! C'est pour ça que je t'appelle. Tu pourrais pas me faire passer un bouquin ? Je m'emmerde quelque chose de rare.
– Bien sûr que non ! Tu veux quoi ?
– Un truc facile à lire. Choisis, toi ! T'as l'habitude. Ça t'ennuiera de me l'apporter ? Ça te fait pas un grand détour.
C'était sympa comme tout chez elle.
‒ Tu trouves ?
– Ah oui ! Oui ! Mais toi, par contre, t'as une de ces mines !
– J'ai neuf de tension. Ça fait des nuits que je dors pas.
– Tu prends tout ça beaucoup trop à cœur. T'occupe pas d'eux !
– C'est facile à dire ! On voit que c'est pas toi qui les supportes toute une journée. Et puis tu crois que c'est marrant, toi, de te retrouver toute seule chez toi, après, le soir, à te dire que toute ta vie elle sera comme ça. Que t'auras jamais un mec, en plus, fichue comme t'es. Ils veulent qu'on en ait, les hommes, de la poitrine. C'est hyper important pour eux. Et moi j'ai rien. Mais ce qui s'appelle rien.
– Il y en a bien quand même pour qui c'est pas aussi essentiel que ça !
– T'as qu'à y croire ! Il y en a qui le disent, oui, mais tu finis toujours par t'apercevoir que c'est pas vrai. Qu'ils te mentent. Ou qu'ils se mentent. Non. Je resterai toute seule. Et j'en crève. Tu peux pas savoir quel enfer c'est, ma vie, il y a des jours.
– Oh, si !
– Non ! Personne peut savoir. Personne. Hein ? Mais qu'est-ce que tu fais ? T'es pas bien ?
J'ai tout baissé. Jusque sur les chevilles.
– Et avec ça je peux pas te comprendre peut-être ? Tu crois vraiment que je peux pas te comprendre avec ça ?
Elle a écarquillé les yeux.
– C'est pas vrai ! Non, mais c'est pas vrai !
– Ben, si ! La preuve !
– Attends ! Attends ! Elle a retiré son chandail.
Rien. Rien. C'était plat comme la main. Pas même une toute petite boursouflure. On s'est regardés et on est partis, tous les deux, d'un immense éclat de rire. Qui a interminablement duré.
– J'en pleure, moi, tiens !
Elle s'est essuyé les yeux.
– Ah, ça fait du bien ! Comment ça fait du bien ! Il y a longtemps que j'avais pas rigolé comme ça, moi !
Elle a voulu que je reste.
– Me laisse pas toute seule ! Pas ce soir. J'ai pas envie d'être toute seule ce soir.
On a dîné ensemble.
– T'en as jamais eu des femmes alors du coup !
– Ben non ! Non ! Jamais. Jamais vraiment. Comment tu veux ? Et toi, des hommes ?
Elle a haussé les épaules.
– Deux. Deux en tout. Un qu'arrêtait pas de s'apitoyer sur mon sort et un autre qui disait qu'il s'en foutait, que ça lui était égal, mais qui passait son temps à rigoler de moi avec les copains. Alors bon. Je m'en suis tenue là. Et je m'en tiendrai là.
Éva m'a assailli de questions.
 ‒ Ben et alors après ? Raconte ! Vous avez dormi ensemble ? Que dormi ? Non, mais t'es vraiment con, hein ! On fait pas plus con. T'as pas des mains ? T'as pas une bouche ? T'as pas une langue ? Elle a pas une foune ? T'as pas compris qu'elle attendait que ça ? Depuis le temps que personne l'a touchée. Même que t'aies pas tout ce qu'il faut ça t'empêchait pas de lui faire quand même du bien, non ?
* * *
Irina était ravie.
‒ J'en étais sûre. J'étais sûre que tu t'entendrais avec mon mari. Je le sentais. Comment vous avez parlé tous les deux ! Plus moyen de vous arrêter. Il t'a trouvé très sympathique. Et toi ?
Moi aussi. J'avais passé une excellente soirée.
– Tu reviendras alors ?
– Bien sûr ! Quand tu voudras…
‒ Et en ce qui nous concerne tous les deux, lui et moi, quelle impression ça te donne ? Tu crois qu'on peut encore le sauver, notre couple ?
– Vu de l'extérieur comme ça, tu sais, difficile de se rendre compte.
– Oui, je me doute ! Mais alors tu sais pas ce qu'on fera la prochaine fois ? Je prétexterai que je suis crevée. J'irai me coucher. Je vous laisserai tous les deux. À parler entre mecs. Tu finiras bien par savoir ce qu'il a vraiment dans la tête. Pourquoi il se détache de moi comme ça.
Éva trouvait que je m'embarquais dans un drôle de truc, là.
‒ Ça finirait par te retomber sur le coin de la figure que ça m'étonnerait même pas. Parce que les histoires de couple dès que tu t'en mêles…
Mathilde était formelle.
‒ Les femmes ? Elles sont encore pires que les mecs. Cent fois pires. Elles t'ont une de ces façons de te les balancer sous le nez, certaines, leurs nibards ! De se déshabiller devant toi dès qu'elles en ont l'occasion. Exprès. Pour t'humilier. Et les réflexions ! Toujours avec cet insupportable petit air de pas y toucher. Dans le rôle de la bonne copine qui s'intéresse à toi, qui compatit et qui jubile tant qu'elle peut au fond d'elle-même. Si elles croient que je le sais pas ! Si elles croient que je le vois pas ! Non, je les déteste ! Toutes. Je les déteste, elles et leurs mamelles. Tu sais pas ce qu'elles m'ont fait pour mes dix-huit ans ? Tu sais pas ? Elles s'y sont mises à une dizaine et elles m'ont offert un cadeau. Qu'elles m'ont regardée déballer, toutes en cercle autour de moi. Et dans le paquet il y avait un sous-tif. Un 105D. Je les ai encore là leurs rires. Là. Ils partiront jamais. Tiens, attends, tu vas voir !
Elle a filé dans sa chambre, en est revenue avec un grand album photos qu'elle a ouvert sur ses genoux. À la première page c'était une photo de classe.
– Tiens, regarde ! Elles sont toutes là. Toutes. Il y avait celle-là ! Et celle-là ! Et celle-là !
À hauteur de la poitrine elles avaient toutes été transpercées d'une multitude de petits trous d'épingles. Elle a tourné les pages. D'autres filles. D'autres femmes. D'autres seins. Parfois nus. Toujours rageusement piquetés sur toute leur surface.
Elle a refermé l'album et elle a éclaté en sanglots.
Je l'ai attirée contre moi.
– Tu me prends pour une folle, hein !
– Mais non ! Pas du tout.
– Tu le fais aussi, toi, avec les queues des mecs ?
– Pas vraiment comme ça, non ! Mais ça revient un peu au même.
– Comment t'as dû en baver ! Peut-être pire que moi, même, si ça tombe.
On s'est pressés l'un contre l'autre. Nos lèvres se sont trouvées. Je l'ai tout doucement caressée. Le visage. Le cou. Les bras. Les cuisses. Entre les cuisses. Avec mes mains. Avec doigts. Avec mes lèvres. Avec ma langue. Ses crénelures soyeuses. Son bouton.
Elle a doucement gémi. Plus vite. Plus fort. De plus en plus fort. Et elle a feulé son plaisir. Avant de venir se nicher, toute tendre, au creux de mon épaule.
– Comment c'était bon ! Même que ce soit qu'avec la bouche comment c'était bon !
Elle a soupiré.
‒ Il y avait longtemps. Si longtemps que je…
Elle s'est redressée sur un coude.
Même que ce soit qu'avec la bouche qu'est-ce que c'est bon ! Mais tu sais, même que j'aie rien, ça les empêche pas d'être drôlement sensibles les bouts. Peut-être d'autant plus d'ailleurs. Et pourtant jamais personne les a touchés. Jamais. Je voulais pas. Mais toi, tu pourras, si tu veux. Toi, c'est pas pareil.
* * *
Irina s'est éclipsée. Comme convenu.
‒ Bon, ben moi je vous laisse bavarder. Je tiens plus debout. Je vais me coucher.
Il est allé nous chercher deux bières.
– Elle t'a drôlement à la bonne, tu sais ! Et Gabriel par ci… Et Gabriel par là…
– On travaille toute la journée ensemble. Alors forcément…
– Oh, mais je te reproche rien, hein ! Rien du tout. Au contraire. Je suis ravi qu'elle ait des atomes crochus avec toi. C'est si rare entre collègues. En général, ça se tire plutôt dans les pattes. J'en sais quelque chose. Non, et puis ce qu'il y a, c'est qu'elle traverse une période difficile en ce moment. Elle voit tout en noir. Rien ne va jamais. Tu peux bien te mettre en quatre. Tu lui décrocherais la lune que ça lui suffirait toujours pas. Et je fatigue, moi, à force. Je finis par baisser les bras. Et puis, de toute façon, dès que ça vient de moi… Alors peut-être que toi, toi, elle t'écoute, peut-être que toi tu arriveras à lui refaire prendre pied dans le réel. Sinon… ben sinon je sais vraiment pas où on va.
Éva était convaincue qu'elle était restée à écouter derrière la porte.
‒ Fais gaffe ! Fais bien gaffe ! Parce qu'à l'arrivée c'est toi qui vas trinquer. Bon, mais… Et Mathilde ? Tu m'en parles plus du tout de celle-là !
Je n'en avais pas envie. Mathilde, je préférais la garder pour moi. On se retrouvait tous les soirs, elle et moi. On profitait des longues soirées de juin pour se promener, des heures durant, main dans la main, le long des quais. Puis, on rentrait chez elle.
‒ Finalement t'habites ici en réalité. Ce serait aussi simple que tu t'y installes carrément, non ?
Et puis il y a eu ce soir-là. On sortait du restaurant. Un couple étudiait attentivement le menu devant l'entrée. Elle s'est arrêtée à leur hauteur, s'est brusquement retournée et a donné un violent coup de coude dans la poitrine de la femme qui a grimacé de douleur et laissé échapper un cri.
‒ Oh, pardon ! Excusez-moi ! Je vous avais pas vue.
– Tu l'as fait exprès ?
– Évidemment que je l'ai fait exprès. T'as vu ces mamelles qu'elle avait ? Et comment elle t'arborait fièrement tout ça ? Souvent je leur fais à celles-là… Elles le cherchent, non ?
Dans la chambre, au retour, elle est venue se blottir contre moi.
– Tu sais comment je faisais avant quand j'étais toute seule ? Je me servais de trucs. Ça te choque ? Non ? Ben oui, c'est idéal, attends ! C'est bien épais juste comme il faut. Et au moins t'es sûre que ça va rester dur tout le temps que t'en as besoin. L'inconvénient, c'est que t'as pas le mec qui va avec. Tu peux pas sentir sa peau, te serrer contre lui, te voir dans ses yeux.
Elle m'a parcouru le torse de petits baisers.
– Mais avec toi je pourrais avoir les deux si tu voulais. Tu voudrais pas ?
– Bien sûr que si ! Mais comment ?
– Avec ça ! Et elle a sorti de sous le lit un imposant gode-ceinture.
– Je l'ai acheté exprès pour nous en plus ! Ça te vexe pas ? Tu peux pas autrement n'importe comment. Attends ! Attends ! Je vais te le mettre.
Nouée à moi, elle a eu un plaisir longuement psalmodié.
– Et toi aussi ! Ben oui ! Forcément ! Parce qu'en même temps ça te frottait dessus.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 9
14 minutes
7.8k
47
5
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 4 commentaires
Photo de profil de Dickfer
Dickfer
9 octobre 2025 à 07:27
C’est rafraîchissant de savoir qu’il en ait pour tout le monde, les œufs au plat et les petits kiki on le droit au bonheur d’être en couple, comme tout un chacun, sans passer par la case d’être soumis.
Modifié 9 octobre 2025 à 07:28
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de servitorine
servitorine
8 octobre 2025 à 21:41
génialissime...merci
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 5
Par Exorium
240
6
33.3k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 24
Par Exorium
218
8
14.1k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 4
Par Exorium
234
11
18k
Hétéro
✦ Jane Does Film porno XSTORY
Film porno
Chapitre 2
Par Jane Does
90
1
6.7k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 14
Par Exorium
229
7
9.6k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 3
Par Exorium
275
9
43.9k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 13
Par Exorium
258
8
11.1k
Hétéro
✦ Jane Does Chemins de honte XSTORY
Chemins de honte
Chapitre 1
Par Jane Does
134
3
7.1k
Hétéro
✦ Jane Does Au fil des jours XSTORY
Au fil des jours
Chapitre 1
Par Jane Does
110
2
4.6k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio