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✦ Quinto93 L'Enquête XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'Enquête — Chapitre 2

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Quinto93
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L'Enquête

Chapitre 2

Au plein milieu du lit, Juline geint doucement. Ses sens commencent à la réveiller. 
Son ouïe capte des bruits de porte et de roulettes qui émettent un doux son sur la moquette, son odorat est attisé par l'odeur de café chaud et de pâtisseries. Ses yeux commencent à s'entre-ouvrir et souffrent de l'agression de la lumière du jour. Une agression légère, car le jour n'est pas totalement levé, mais l'écart d'intensité avec le noir de son sommeil se fait ressentir.
Elle commence à s'étirer, retrouvant la mobilité de ses membres. Une fois que ses yeux sont habitués à son environnement, elle prend conscience qu'elle est dans le sens inverse du lit, son pied droit posé sur un oreiller, sa tête au pied du lit. Elle se redresse sur ses coudes. Son regard se pose sur son corps, de sa poitrine a son sexe et sa nudité ne la surprend pas. Elle ne peut s'empêcher d'avoir une sensation étrange sur son visage. Quelque chose de collant, mais séché. Elle se souvient alors de sa folle nuit de sexe. Il s'agit de la semence de son amant d'un soir. 
Juline tourne la tête et voit une femme debout face au lit. La soixantaine, une joie de vie proche du néant. C'est celle qui leur a donné les clés de la chambre hier soir. Elle se tient là, dévisageant Juline comme la veille. Un regard perçant. Un peu gênée, la jeune femme croise ses jambes et remonte son bras sur sa poitrine pour la cacher. Dans son esprit, une question se pose : ‘Mais qu'est-ce qu'elle me veut ?'
C'est alors qu'elle prend la parole. 
-        L'homme avec qui vous étiez cette nuit vous a payé le petit déjeuner. Ne prenez pas trop votre temps, vous devez avoir quitté la chambre à 8 heures. 
-        D'accord… Merci. 
C'est alors qu'elle remarque le chariot qu'elle a entendu dans son lent processus de réveil. La vieille femme quitte la pièce et Juline en profite pour se lever. Son premier réflexe et de prendre son Samsung pour jeter un œil à l'heure. 7H24. Parfait. Cela laisse du temps à Juline, qui doit être au commissariat pour 9 heures. 
Elle s'assoit dans le lit, rapproche le chariot. Elle peut contempler un café avec du sucre à côté. Un croissant et un pain au chocolat sur une petite assiette. Le tout bien réchauffé. 
-        Des orgasmes intenses, et le petit déjeuner. Merci, Régis, tu es un vrai gentleman. Dit-elle en prenant une bouchée de son pain au chocolat. 
Le but de Juline n'est pas de s'éterniser, mais elle prend le temps de manger pour bien commencer sa journée. Une fois son petit ventre rempli, elle commence à rassembler ses affaires pour se rhabiller. Un petit passage dans la salle de bain pour regarder son reflet pour la première fois. 
Whaou ! Elle fait peine à voir. Outre le fait qu'elle serait plus présentable avec quelques heures de sommeil en plus, les trainées blanchâtres séchées sur son joli minois ne la rendent pas très classe. Elle prend le savon et de l'eau et se nettoie à la va-vite le visage pour ne pas être dévisagée dans la rue lorsqu'elle va quitter l'hôtel.
Elle retape rapidement le lit qui n'est pas vraiment défait, juste un peu froissé par leurs ébats de cette nuit. Elle récupère son téléphone, s'assure d'avoir ses clés dans ses poches et c'est bon. 
7 h 48, Juline quitte la chambre et descend à l'accueil pour y déposer les clés. Toujours la même mégère qui la regarde comme si elle lui doit du fric. 
-        Tenez.
-        J'espère qu'il n'y a pas trop de foutre sur les draps. Quoique, vu l'état de votre visage à votre réveil, je ne pense pas.
Juline ne préfère pas répondre. Vu l'état de la vieille femme, cela doit remonter au Jurassique où elle a baisé pour la dernière fois. Sa jalousie envers une femme qu'elle ne connait pas est stupide. Elle lui fait un sourire hypocrite et quitte les lieux.
Quelques minutes plus tard, elle monte dans sa Giulietta et insère sa clé dans le contact. Il est temps pour elle de partir. 
****
Dans la douche, Juline apprécie l'eau chaude qui se déverse sur sa peau. Elle se nettoie de fond en comble, effaçant les marques des actes de débauche de la veille. En y repensant, son petit sexe frémit. Mais elle ne doit pas succomber à une séance masturbatoire dans sa salle de bain. 
Une fois toute sèche, elle enfile une petite lingerie simple de couleur blanche. Un pantalon noir en bas, une chemise blanche en soie avec par-dessus une petite veste noire. Juline est classe et professionnelle. Elle prend sa longue chevelure brune légèrement ondulée et l'enroule autour d'une grosse pince. Satisfaite de ce qu'elle voit dans son miroir et de l'image qu'elle renvoie, elle part à son boulot.
La route se fait sans encombre, elle arrive au travail comme tous les matins. La standardiste lui fait son plus beau sourire pour l'accueillir. Elle salue quelques collègues en allant à la salle de pause, se prend une grande tasse de café, puis rejoint son bureau attitré. 
À peine a-t-elle le temps de s'asseoir dans son siège et de boire sa première gorgée, qu'on fait irruption dans son bureau. 
-        Alors Juju, bien dormi. 
-        Marc, je t'ai déjà dit cent fois de ne pas me donner ce surnom stupide. Je suis ta coéquipière, pas ta meilleure amie. 
-        Tu pourrais être plus que ça. Dit-il de son plus beau sourire.
-        Oh arrête ! pas dès le matin.
Marc est un homme charmant de trente-et-un ans. Brun, aux yeux gris, moustache et bouc. Il est de taille normale, ne dépassant pas un mètre soixante-quinze et de corpulence assez fine. Depuis qu'il fait équipe avec Juline, il la drague ouvertement. Malgré les nombreuses fois où elle l'a repoussé, il ne perd pas espoir. Mais généralement, elle n'est pas aussi cash avec lui.
-        Vu comme tu es grognon, j'en conclus que tu n'as pas si bien dormi.
-        Du tout. La journée d'hier était vraiment pourrie. J'espère que ça va être calme aujourd'hui.
-        Désolé, mais je vais devoir briser ton rêve. La journée commence fort, on a un cadavre sur les bras. 
S'affalant sur son siège, Juline rumine dans sa tête. Une nouvelle et très longue journée commence pour elle. 
Elle se dépêche de boire son café et suit son coéquipier avec qui elle prend leur voiture de fonction de la police. Elle prend le volant pendant que Marc inscrit l'adresse sur le GPS intégré à la voiture. 
-        On t'a dit quoi sur l'affaire ? 
-        Pas grand-chose. Un homme retrouvé mort chez lui par sa femme de ménage. 
-        Sa femme de ménage ? Qui a encore des femmes de ménage ? s'étonne Juline.
-        Lui apparemment. On en saura plus quand on y sera. 
Quinze minutes plus tard, les deux enquêteurs arrivent à destination. Dès leur sortie de la voiture, ils sont accueillis par un policier en tenue de gardien de la paix. L'accès de la maison est impossible pour les non-policiers. Les bandeaux collant jaune et noir sont de sortie et plusieurs voitures de police sont garées, devant ce que l'on peut qualifier, une très belle maison. Beau jardin, terrasse affriolante, coin fleuri. Il n'y a pas à dire, l'extérieur donne vraiment envie.
-        Inspecteurs Blanchard, Duval ; comment allez-vous ?
-        Mieux que notre victime, je présume. Dis Marc.
-        Je ne vous le fais pas dire. Veuillez me suivre, je vous amène à la scène de crime.
Le policier, un peu en surpoids, amène les deux enquêteurs à l'intérieur de la maison. Il rentre dans le salon, où ils ont une vue directe sur le canapé en face de la télévision. En s'approchant, ils peuvent contempler la victime assise sur le canapé, tomber en avant, la tête sur sa table basse. Cette dernière est maculée de sang séché. 
Ils saluent les policiers présents sur place, qui ont posé des petits panneaux numérotés aux endroits importants et qui prennent des photos. Le médecin légiste est également sur place. 
-        Alors, que sait-on pour le moment ? demande Juline.
-        La victime s'appelle Jonathan Vasseur, 43 ans, célibataire. Retrouvé ce matin à 8 heures 16 par sa femme de ménage. D'habitude, quand elle arrive ici, il est déjà parti. Pas ce matin. 
-        Célibataire vous avez dit ? demande la Fliquette.
-        Oui, Enquêteur Blanchard. Célibataire.
-        Des enfants ? demande-t-elle.
-        Aucun.
-        Je vois où tu veux en venir Juline. La maison est très grande pour un homme célibataire et sans enfant. Intervient son coéquipier. 
-        Oui. Il n'a pas besoin de ça. Il fait quoi dans la vie ?
-        C'est un patron… Enfin était patron, d'une entreprise de cigarette. ‘Cigaret Spirit'. 
-        Je connais cette marque. Nom stylé, cigarettes dégueulasses. Dis Marc.
-        Je ne pense pas que ce soit la qualité de son produit qui l'a tué. Regarde plutôt sa posture. On l'a abattu par-derrière. Sans qu'il ait pu voir venir son agresseur. La pièce ne présente aucune trace de combat ? j'imagine qu'il en est de même pour le cadavre. 
-        Je suis d'accord avec toi. On est très clairement sur un assassinat. Et par un pro. La porte d'entrée a été forcée ? demande Marc.
-        Oui. Et comme vous dites. Par un pro. Quand on est arrivé, la télé était éteinte. Par terre entre ses jambes, il y a un livre. Il était surement en train de lire dans le calme au moment des faits. Nous ne sommes pas très loin de la porte d'entrée et pourtant, il ne semble pas qu'il ait été alerté par un quelconque bruit. Explique le policier.
-        En effet. On ira voir la porte après. Ça a dû être très bien fait. Joseph, tu as pu déjà en tirer quelque chose ? 
 
Juline se tourne vers le médecin légiste. Un petit vieux en fin de carrière. Très gentil, toujours un petit sourire chaleureux. Il fascine Juline qui se demande comment il peut garder sa joie de vie après toutes les horreurs qu'il a pu voir. 
-        D'après mon examen préliminaire, il est mort entre minuit et deux heures du matin. Mais j'en saurais plus une fois dans mon labo. Comme tu l'as deviné, pas de trace de lutte, pas de peau sous les ongles. Une chose est sure, il n'a pas vu son tueur. Il a reçu une balle de neuf millimètres à l'arrière du crâne. 
-        Merci Joseph. Une fois que toutes les photos sont faites, tu pourras l'avoir en labo et faire un examen plus approfondi. 
 
Juline et Marc vont voir la porte d'entrée pour examiner la serrure. Elle a été crochetée, de manière très subtile. 
-        Il n'y a pas de doutes, il était bien équipé.
-        Qui aurait bien pu faire ça ? se demande Juline.
-        Peut-être qu'il se tapait une femme mariée. Le mari a pété un câble et a décidé de se venger.   
-        Je ne pense pas que ce soit un crime passionnel. C'est beaucoup trop prémédité et réalisé de manière professionnelle. Je ne vois pas comment ça aurait pu se passer comme ça. Ce n'est pas n'importe qui peut faire ça. 
-        Tu n'as pas tort. Ça va plus loin que ça. 
-        Ou alors c'est bien passionnel, mais bien plus complexe que ça. 
-        Tu veux dire qu'il aurait été engagé ?
-        On est sure d'une chose : ç'a été fait par un pro. Alors, soit il l'a fait pour lui-même, soit il l'a fait pour quelqu'un d'autre.
-        Si c'est la deuxième option, ça va compliquer l'affaire. On aura deux suspects à trouver. Dis Marc.
-        On va commencer par le début. Je vais à la banque pour récupérer les informations de ses comptes. Il avait peut-être des dettes ou quelque chose qui pourrait nous faire avancer. Tu te charges d'aller à son siège social.
-        Ouais, je vais m'y rendre. Je vais t'envoyer tout ce qu'ils m'auront donné et j'essaierais de voir si je peux interroger quelques personnes.
-        Parfait, on se retrouve tout à l'heure.
 
Les deux enquêteurs se déparent donc pour commencer leur enquête. Marc part se rendre au siège de la société ‘Cigaret Spirit'. Il rentre dans des locaux assez propres. Les murs sont marron avec une base blanche. Cela lui fait directement penser à un cigare. Des canapés dans la salle d'attente, un distributeur à café, à sa gauche. À sa droite, un petit coin accueil avec une jeune rouquine qui pianote sur un ordinateur. La secrétaire. 
Il marche vers elle et quelques secondes plus tard, elle lève la tête, remarquant l'homme qui s'approche d'elle. Avec une moue de surprise, elle jette un œil à son ordinateur. 
-        Bonjour Mademoiselle.
-        Bonjour. Excusez-moi, mais je n'ai aucun rendez-vous de planifié aujourd'hui. Je suis navré, mais vous ne pourrez voir personne tout de suite. Je peux cependant vous proposer…
-        Je me permets de vous interrompre, mais je n'ai pas besoin de rendez-vous.
 
Il lui présente sa plaque et elle le regarde avec un ‘Oh' silencieux.
-        Inspecteur Duval. Je viens pour une affaire. Je voudrais parler avec les responsables. 
-        Eh bien, malheureusement ; mon patron n'est pas encore arrivé… Je n'ai pas été prévenu, je ne pourrais pas vous dire quand il sera disponible. 
-        Je sais où il est. Je suis ici pour voir les autres. Les personnes en dessous.
-        Il a fait quelque chose de mal ? demande perplexe, la petite rouquine.
-        Je ne peux rien vous dire pour le moment. Revenons aux personnes qui travaillent avec lui.
-        Oui, oui. Il y a bien Nadège, enfin, Madame Bouvier. Son associée. C'est la seule qui possède un pouvoir de décision avec Monsieur Vasseur. 
-        Très bien. Je dois la voir. 
-        Elle est en réunion avec des consultants de Marketing. C'est un projet très important. 
-        Mon enquête aussi est importante.
-        Elle aura fini d'ici un quart d'heure. 
-        Je vais attendre. Amenez-moi vers elle, je lui parlerais directement après. Je n'ai pas plus de temps à perdre.
-        Bien sûr. Veuillez me suivre.
 
Elle quitte son bureau de secrétaire, le contourne et amène Marc jusqu'à un ascenseur. Comme le veut le cliché, une petite musique bien niaise les accompagne. Elle saisit l'étage numéro 3 et ils commencent à monter. 
Une fois que les portes s'ouvrent, elle sort en premier et Marc la suit. Elle tourne après un couloir et désigne une grande pièce de réunion. Les portes sont en verre transparent. Six hommes sont assis autour d'une table et une femme déambule. La rouquine lui fait un signe et pointe du doigt Marc. La femme fait un simple petit signe de la tête et continue son monologue. 
-        Je l'ai prévenu par message. Elle vous verra dès qu'elle a fini.
-        Merci bien. 
La rouquine laisse Marc dans le couloir. Il se pose sur un côté, et regarde discrètement la scène. Ne voulant pas paraitre intrusif il regarde discrètement cette femme. Elle ne sait pas encore qu'elle vient de devenir la Numéro Une de la boite.
Elle semble très forte. Malgré le fait que sa secrétaire l'a prévenue de l'arrivée d'un policier, elle fait mine de rien. Son professionnalisme est vraiment impressionnant. 
Cette femme a la quarantaine. Petite de taille, elle s'approche du mètre soixante-dix sans toutefois l'atteindre. Fine, avec une silhouette en sablier. Des jambes fines, des fesses rebondies, une poitrine généreuse sans être trop grosse. Sa classe et son élégance tapent à l'œil. Une jupe et blazer gris, avec un top blanc décolleté. Une femme d'affaires, une leader, une protagoniste. Qui dégage un charisme et aussi un sex-appeal. 
Son visage, bien que joli, est autoritaire et strict. Ce qu'elle dit à ses messiers semble très important, et ils n'ont pas intérêt à déconner. Son carré brun et lisse lui va très bien et ses yeux verts sont très beaux. Ces hommes l'écoutent attentivement sans prendre le risque de l'interrompre ou de dire une connerie. Elle sait se faire respecter et ne pas passer pour un bout de viande malgré son physique avantageux.
Lorsque la réunion se termine, elle fait partir cette équipe de six personnes. Ils partent dans la direction où Marc est arrivé. Il n'a pas à attendre très longtemps. La femme arrive vers lui.
-        Je vous prie de me suivre dans mon bureau. 
Quelques détours de couloirs et ils arrivent au bureau de la seconde de la boite. Très spacieux le bureau. Un coin travail, un coin détente. Des œuvres d'art sur le mur. 
-        Ma secrétaire m'a dit que vous êtes un policier.
-        En effet, Inspecteur Duval. Dit-il en montrant sa plaque.
-        Je vous remercie d'avoir attendu que je termine. Vous aviez le pouvoir de me prendre de suite et ça aurait été compliqué pour moi après. C'était très important pour nous cette réunion.
-        Il n'y a pas de soucis. Votre secrétaire m'avait prévenu.
-        Maintenant je suis tout à vous. Nadège Bouvier, Numéro 2 de ‘Cigaret Spirit'. Mon associé et numéro 1, n'est pas encore arrivé, vous devrez vous contenter que de moi.
-        C'est justement pour ça que je suis là.
-        Comment ça ?
-        Jonathan Vasseur a été retrouvé mort ce matin dans son salon. Il a été assassiné.
 
Nadège est prise d'un petit rire. Elle se passe la main sur le visage et sur les cheveux.
-        Ce n'est pas drôle de faire ce genre de blague. Jonathan n'est pas mort. Et surtout pas maintenant !
-        Je conçois que c'est difficile à concevoir. Ça arrive si vite, si brutalement. Mais votre associé n'est plus de ce monde.
-        Non… Non.
Elle s'assoit sur son siège en cuir, semblant réaliser ce qui se passe. 
-        Je suis désolé.
-        Vous… Attendez... Mais comment ?
-        Assassinat.
-        Mais. Ce n'est pas possible. Pourquoi on l'aurait tué ?
-        C'est justement ce que je cherche. Je suis là pour résoudre cette affaire.
-        Oh mon dieu… 
-        Vous avez dit quelque chose d'étrange à l'instant. ‘Il n'est pas mort. Et surtout pas maintenant'. Pourquoi ?
-        C'est le moment le plus important de notre entreprise. On avait toutes les cartes en main pour exploser… Et maintenant… 
-        Comment ça ? Pourquoi c'est le moment le plus important ?
-        On est en concurrence avec une autre entreprise de cigarette. On est même en dessous. Et actuellement, on est en concurrence pour une belle opportunité. Un contrat avec la République française pour l'armée. On sait tous que les militaires fument beaucoup. Faire la guerre est éprouvant et c'est un mince réconfort que de fumer.
-        Je vois. Ce succès vous ferait une très bonne pub et ramènerait même beaucoup d'argent.
-        Un contrat long terme… Avec lui, on aurait passé les premiers la ligne d'arrivée. 
-        Quel est votre concurrent ?
-        ‘Les Françaises'.
-        Ah oui, je connais. Cette entreprise est bien plus ancienne.
-        Et possède de plus grandes ressources.
-        Comment qualifiez-vous vos relations avec eux ?
-        Je ne sais pas… Ni bonne ni mauvaise… On n'est pas les meilleurs amis vu qu'on est en concurrence. C'est normal. Mais on n'a jamais eu de vrais problèmes.
-        Vous m'avez dit être en dessous d'eux. Vous êtes une vraie menace où ils ont une bonne avance ?
-        On les rattrape. Ils ont essayé de me recruter à plusieurs reprises sur les trois dernières années. 
-        Ah oui ? 
-        Des propositions de gros salaires, de grosses opportunités. Ils avaient mis les petits plats dans les grands pour me convaincre. 
-        Et pourquoi avoir refusé ?
-        J'ai commencé cette aventure avec Jonathan. Je voulais la terminer avec lui. Même si ce n'était pas le meilleur homme d'affaires, je restais avec lui.
-        Vous avez eu une histoire vous deux ?
-        Non, pas d'amour.
-        Vous couchiez ensemble ?
-        Oui.
-        Vous n'avez jamais cherché à rejoindre l'autre bord.
-        Non, jamais. On est bien ici. C'est familial. Et puis, Jonathan était un homme bon. Quelque de bien… Il ne mérite pas ça. 
-        J'aurais besoin d'avoir accès à tous ses dossiers, ses mails, ses affaires.
-        Oui, bien sûr. Je vais dire à ma secrétaire de vous fournir tout ça.
-        Tenez, voici ma carte. Il y a aussi le numéro de ma collègue qui est sur l'affaire. N'hésitez pas si vous avez quelque chose qui vous revient.  
-        Oui…
 
****
 
Buvant un café, Juline inspecte les comptes de la victime, que la banque lui a fournis. Elle regarde tout ce qu'elle peut trouver. Mais rien. Pas de dépense étrange, de virement reçu ou envoyé qui pourrait être suspect. 
Dring.
-        Allo. Réponds Juline en décrochant son téléphone de bureau. 
-        C'est Joseph, j'ai fini l'autopsie.
-        Tu as trouvé quelque chose ?
-        Comme suspecté, pas de traces de lutte. Il a reçu une balle dans la l'arrière de la tête d'un calibre 9 millimètres et il est mort sur le coup. Comme on l'a pensé lors de la première analyse. 
-        Il n'a vraiment rien vu venir le pauvre. Ça ne nous aide pas… 
-        J'en suis navré.
-        Tu as pu voir pour l'heure de décès ?
-        Oui. Entre 1 h et 1 h 30 du matin. 
-        Merci.
Juline se repenche sur son ordi, mais quelques minutes plus tard, on fait irruption dans son bureau. Il s'agit de Marc et un policier qui porte de grosses caisses.
-        On va avoir du boulot !
-        Ouais, je vois ça. Réponds Juline.
-        Jette un œil à tes mails aussi. On nous a envoyé le digital.
Le policier les laisse et Marc commence à déballer les caisses.
-        Si tu as mis tout ça dans mon bureau pour ne pas ranger le bordel, tu te trompes.
-        Ne t'inquiète pas. Tu as trouvé des choses ?
-        Rien. Il a beaucoup d'argent, mais bon. Les finances de ce type sont tout à fait normales.
-        Et bien, figure toi que moi, j'ai eu des informations intéressantes.
 
En déballant les caisses, il explique à Juline la discussion qu'il a eue avec Nadège  l'associée de la victime. Le contrat avec l'armée française, la concurrence, l'importance de cette affaire.
-        C'est vrai que ça tombe au pire moment pour eux. Et pour nous, ça nous donne des suspects.
-        Oui. Ils ont un mobile pour éliminer Vasseur et gagner le contrat.
-        C'est sûr. Mais il faut trouver des preuves solides. 
-        Si jamais ce sont eux, ils ont dû faire super gaffe à leurs arrières. Car s'ils sont chopés, c'en est fini aussi pour eux de l'affaire.
-        Voyons si on trouve des choses intéressantes dans les dossiers que tu nous as ramenés.
De longues heures d'épluchage de dossier à lieu entre les deux flics. Ils y passent tout leur après-midi.
Juline en a mal aux yeux d'être autant sur son ordinateur. Elle passe au papier histoire de se reposer les yeux. Marc est assis par terre au milieu du bureau à lire les dossiers papier. 
-        Tu avais raison. Il y a bien une liaison entre Nadège et Jonathan.
-        Tu es tombé sur quoi ?
-        Des mails. Assez chauds et pas trop professionnels. Petite photo en prime. Sacrée poitrine pour son âge.
-        Fais voir ?
-        Reste où tu es sale pervers ! Ça n'avance pas l'enquête. Par contre, ça fait plusieurs mois que ça n'est plus arrivé. Leurs mails sont tous sur le projet. Et pas mal de disputes de bureau.
-        Elle m'a expliqué à quel point c'était important. 
-        En tout cas, ça se sent. Mais rien de limite. Sinon, le reste est vraiment simple. Tous ses échanges sont cordiaux. Aucune mention à une embrouille, à un problème avec quelqu'un.
-        Pareil de mon côté. C'est une entreprise qui a l'air de bien vivre. 
-        Familiale elle t'a dit. 
-        C'est ça. 
-        On va devoir chercher ailleurs. 
-        Les concurrents ?
-        C'est notre meilleure option. J'aurais aimé avoir quelque chose dans ses dossiers pour nous donner de meilleurs éléments. Là, on avance avec de simples soupçons.
-        On a quand même un mobile qui tient la route.
-        Oui, mais tu sais bien que sans preuve, on ne peut rien prouver. 
-        Je sais. Bon, on s'arrête là pour aujourd'hui. Il se fait tard, on a bientôt fini notre journée. Demain, on se rend au siège des concurrents et on met en garde à vue le patron si on a quelque chose de concret.
-        Je suis d'accord.
 
Les deux enquêteurs ferment leurs dossiers et reposent leur cerveau qui a bien chauffé durant cette première journée d'enquête.
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Juju45
23 mars 2024 à 19:43
Juline a du vite retrouvé ses esprit après sa nuit de plaisir.
Soyez respectueux
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