00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ cocolst Infiltrée : Le capitaine XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Infiltrée : Le capitaine — Chapitre 3 · Le commissaire

22 minutes
4.2k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de cocolst
cocolst
Histoires publiées
199
Abonnés
415
J'aime cumulés
20.1k

Infiltrée : Le capitaine

Chapitre 3 · Le commissaire



Coucou mon merveilleux partenaire,

J'ai vu le cœur que tu m'as laissé. Il est là, contre le mien pendant que je t'écris. J'aurais aimé entendre ta voix toute joyeuse tout à l'heure, mais j'étais totalement incapable de te parler. Ton SMS m'a fait trop plaisir à lire. Je suis super contente pour toi. Merci de m'avoir fait partager ce dernier instant de vrai bonheur.

J'ai enfilé ma tenue de cérémonie. Je veux être belle et présentable pour là où je vais. Je me suis même maquillée un peu. Depuis combien de temps je ne l'avais pas fait ? Voilà, je vais me reposer pendant très longtemps maintenant. Tout va aller mieux, comme promis. Je ne veux plus t'enfoncer dans le gouffre avec moi, tu ne le mérites pas. Je n'arrive pas à m'en sortir, je ne suis pas assez forte. Je ne te fais que du mal et ça me bouffe aussi. 

Cette nuit, tu m'as aidée à ouvrir les yeux. Je ne pourrai jamais te remercier comme tu le mérites. Je t'aime fort, mon Vincent. Tu es bien plus qu'un ami, tu es plus que ma famille proche. Tu es la bonne part de qui je voudrais être. Tu es ma lumière au bout du tunnel, mais je suis incapable de te rejoindre.

Désolée, je vais encore te faire souffrir un peu, mais c'est pour ton bien. On se bourrera la gueule à la vodka lorsque ce sera ton tour un jour, comme avant, tout en se racontant des conneries avant d'aller se relayer aux chiottes pour gerber. Mais, ne sois pas pressé pour autant. Prends le temps avant de venir... Prends beaucoup beaucoup de temps avant. Je serai toujours là pour t'accueillir et te serrer dans mes bras. Je te laisserai même choisir le film sans rien dire... ou pas :)

Je t'embrasse bien fort, l'emmerdeur, mon ange, ma lumière.

Ta chieuse préférée.


PS : Ça me ferait plaisir que tu oublies ce qui c'est passé cette nuit et que tu ne te souviennes seulement de l'Émilie d'avant. Je t'aime si fort.

PS 2 : Bien fait pour la gueule de Béné ! Profite de ce qu'on vient de t'offrir, sans te soucier. Tu le mérites grandement.

PS 3 : Vu ce que tu as fait pour Francis et comment il se comporte avec toi, continue à bien l'emmerder. C'est un sale con de toute façon.

PS 4 : J'arrête là ma lettre. J'espère de tout mon cœur que ce ne sera pas toi qui découvriras mon corps. Je te demande de m'excuser, mais il n'y a vraiment aucune autre solution. Je n'ai plus ma place ici. 

Je t'aime.

Et si j'avais ramené son arme de service ? Et si j'étais allé la voir directement au lieu de rester avec Karine ? Et si elle était encore vivante... Ou serions nous aujourd'hui ? Tant de questions qui ne trouveront jamais de réponse.
Je me suis imaginé la scène tant de fois, comme si j'avais été présent. Elle, debout, bien droite devant son miroir, le sourire aux lèvres, des larmes perlant sur ses joues, le canon contre sa tempe, le doigt sur la queue de détente. Je me suis imaginé la scène, comme au ralenti, sans son, sans bruit, en noir et blanc, avec ces taches sombres et brillantes quittant son corps pour s'éparpiller partout dans son appartement alors que son être tombait inerte sur le sol.
Cette lettre ne me quitte plus. Je l'ai lue des centaines de fois chaque jour depuis six mois, au début immaculée du sang et des larmes de ma merveilleuse amie, puis les miennes se sont ajoutées, le papier froissé sous mes doigts qui se sont crispés. Quatre mois de dépression sévère, six mois en arrêt de travail, six mois de psychanalyse pour tenter de me remettre sur pied. Mais, malgré tout, je continue à me sentir responsable.
Bénédicte m'a soutenu à sa manière : sortir le plus possible pour ne pas me gêner, pour ne pas m'imposer sa présence. La photo de mariage, posée en évidence sur la commode de l'entrée, a laissé place à une d'Émilie, toute jolie, toute souriante, lorsqu'elle venait de passer lieutenant. Je ne suis même pas certain que ma femme ait remarqué ; elle ne m'en a pas parlé en tout cas, et pourtant, le changement date de plusieurs semaines.
Je reçois un SMS :

Bon courage pour ta toute première journée de reprise.

J'oubliais : monsieur le capitaine des forces de police, félicitations.

Merci, ma belle. Tu es libre ce soir ?

Désolée, non. Je vais enchainer les prochaines nuits. En petite compensation... attends

Quelques secondes après, je découvre un selfie de Karine avec le haut de sa tenue médicale relevée jusqu'au cou, m'exhibant nue sa belle poitrine aux tétons encore érigés par la dernière fois qu'elle m'a laissé jouer avec, il y a deux jours. J'ai le sourire. Elle m'a redonné le sourire au fil des semaines qui sont passées, me soutenant dans cette épreuve comme personne d'autre. Et finalement, alors que je n'ai rien fait, que je n'ai porté aucune tenue de police depuis l'enterrement d'Émilie, je suis enfin monté en grade. Je le vois comme une compensation de ce que j'ai perdu, comme une sorte de demande d'excuse de la part de Francis. Je ne le supporte plus, alors, j'ai signé son papier d'affectation à la criminelle, n'ayant rien de mieux à faire. 
Premier jour sur place, le commissaire me présente les équipes, passe du temps avec moi pour me parler des dossiers en cours. Il a l'air plutôt sympa, agréable à la discussion, peut-être un peu trop souriant à mon goût. Les personnes que je vais gérer semblent fiables et sérieuses. Voilà déjà quatre heures que nous sommes ensemble. Il m'invite dans un bistro à côté du commissariat pour discuter un peu plus, sans oreilles autour.
— Capitaine, heureux de vous avoir chez nous.
— Merci, commissaire. Le travail semble passionnant.
— Il l'est. Je sais ce qu'il vous est arrivé. Je préfère que vous preniez bien vos marques avant de commencer à vous y mettre sérieusement. Passez du temps à discuter avec tout le monde, savoir comment chacun travail. Ne vous lancez pas tête baissée directement.
— C'est noté.
— Parfait. Et, au moindre souci, venez-m'en parler. Ma porte reste toujours ouverte. Je vais me prendre une pinte, vous me suivez ?
— Avec plaisir.
— Vous n'avez pas encore rencontré Cassandra. Elle bosse bien, peut-être notre meilleur enquêtrice, et elle a un très joli cul au passage, ce qui ne gâche rien. Je vous la présenterai tout à l'heure lorsqu'elle arrivera. Elle est sur une affaire de filles disparues. Pour le moment, on n'a, pour ainsi dire, rien. Alors, toute aide lui sera utile. Enfin, lorsque vous serez prêt.
— Pas de soucis, je sais parfaitement travailler en équipe. C'est quoi cette affaire de filles disparues ?
— Elle vous en parlera mieux que moi. Pour le moment, on sait juste que, sur les six derniers mois, trois jeunes femmes n'ont plus donné signe de vie. Elles avaient toutes à peu près le même âge, toutes les trois étaient étudiantes. Et voilà en ce qui concerne mes connaissances sur le sujet.
Quelques heures plus tard, je fais ainsi la connaissance de Cassandra Bénet. C'est une très belle femme qui n'arrête pas de me fixer du regard pendant les présentations. Je ne comprends pas bien ce qu'il signifie, si je lui plais ou si elle me voit comme un futur boulet. Le commissaire lui demande de me montrer le dossier. Il n'y a rien dedans à part les trois photos des filles portées disparues. Je bloque sur l'une d'elles. Oui, elle me dit quelque chose.
Cassandra me demande, voyant ma réaction :
— Capitaine ! Vous la connaissez ?
— Non... Je ne suis pas sûr... il me semble l'avoir déjà vue. Je...
Et cela me revient d'un coup. Oui, c'est elle, celle dans le squat, habillée avec son pull bleu, sa jupe longue à carreau et ses chaussettes blanches. Je la reconnais parfaitement. Alors, je réponds :
— Je l'ai vue il y a six mois de ça.
— Vous êtes certain de vous ?
— Absolument. Pourquoi ?
— C'est la première à avoir disparu, il y a justement six mois. Son nom est Zoé Deville. C'est bien elle ?
— Je ne connais pas son nom. Mais oui... C'était dans un vieil immeuble désaffecté... À une centaine de mètres d'une boîte à striptease... Le Floyd, je crois... oui, c'est bien ça, Le Floyd.
Je leur raconte ce que j'y ai vu, le trafic de drogue, le sexe, son état à elle. Je n'explique en rien ma présence sur les lieux et parle encore moins d'Émilie. Mais, ce ne sont que des détails sans importance pour l'enquête. C'est en tout cas un premier point de départ.
Le commissaire, fièrement, me dit :
— Premier jour et vous nous faites faire un bon. Je vais avoir plaisir à travailler avec vous. Bon, vous en avez assez fait pour aujourd'hui. Vous pouvez rentrer, il commence à se faire tard.
— Bonne soirée, commissaire. Bonne soirée, Cassandra. Au plaisir de travailler ensemble.
— À demain, capitaine.
Je rentre, pas de nuit avec Karine possible, pas envie de voir Bénédicte. Ma femme... Alors que j'ai cru, avant mon arrêt, que notre relation battait de l'aile à cause de mes absences répétées, je me suis aperçu que ce n'était, finalement, que ce fait qui permettait à notre couple de tenir encore. Divorcer ? Oui, j'y songe. Mais, je n'ai pas le temps de m'en occuper. Et puis, Bénédicte est toujours prête à ouvrir sa bouche ou à écarter les jambes lorsque j'ai besoin de me vider les couilles ; lorsque j'en ai encore la force, souvent trop fatigué pour réussir à bander. Elle ne m'excite plus ; elle ne me plait plus. Elle est devenue presque une inconnue, pas plus utile qu'une poupée gonflable ; dérangeante à parler plus que je ne peux supporter. Karine... Son simple souffle dans mon cou, quel que soit mon état, et je suis déjà au garde à vous.
Je me laisse aller vers le quartier sordide. Je passe devant Le Floyd, je continue ma route jusqu'au bâtiment... Il a été rasé. Des panneaux sont mis pour indiquer qu'un immeuble sera bientôt construit à l'emplacement. Je descends de la voiture et fait le tour de ce chantier, comme par instinct, sans savoir ce que j'ai envie de trouver. Et je le vois, je le reconnais. Il passe dans une petite ruelle. Je me dépêche pour le rattraper et ne pas le perdre de vue.
Je le suis quelques mètres. Il a dû sentir ma présence et se retourne d'un coup avec un couteau à la main. Je m'avance encore un peu :
— Tu me reconnais, Marcus ?
— Putain, tu m'as fait flipper. Hey... t'es pas là pour me buter tout de même ?
— Je ne sais pas encore.
— Merde... Vincent, c'est ça ? C'est Vincent... Ouais, c'est ça. J'ai appris pour Émilie. Mec, je t'assure, je suis vraiment désolé. Sincèrement, toutes mes condoléances. Putain, ça m'a fait de la peine, pour de vrai.
— Garde ton baratin pour d'autres.
— Je te jure que c'est vrai, mec. Ouais, je voulais me la faire... Ouais, ok, ok, je t'ai menti. Ouais, je me la suis tapée plus d'une fois en échange de cam. Je te jure, je ne l'ai jamais forcée même pour les tournantes. Elle connaissait la règle du jeu et elle l'avait acceptée. Je te jure, je ne lui voulais pas de mal. Elle était super sympa comme nana, et elle baisait bien en plus. Tu le sais, tu te l'ai faite, pas vrai ?
— Je te conseille fortement de faire attention à ce que tu dis d'elle si tu ne vas pas aller lui poser directement ta question de merde dans les prochaines secondes !
Il s'assied contre le mur en brique, un coude reposant sur un genou, son front retenu par une main. Il tente visiblement de m'attendrir, mais je n'en ai rien à faire de son jeu de comédien à deux balles.
— Je te jure que j'ai eu de la peine. Je te le jure.
— Évite de trop jurer. Je ne veux pas parler d'Émilie. Il y avait une fille là-bas, une nana qui avait l'air tout droit sortie de l'église d'à côté, avec une longue jupe à carreau, ça te dit quelque chose ?
— ... Je te jure que non.
— Zoé Deville, ça ne te dit rien ? Accouche ! Je sais que tu me mens.
— Putain, je te jure... Vincent, ne me fous pas dans la merde. Il y en a déjà qui en sont après moi. Merde, merde, merde !
— Où est-elle ?
— J'en sais rien. Je te jure, j'en sais rien du tout... Vincent, merde.
— En mémoire d'Émilie, puisque tu l'appréciais autant, dis-moi ce que tu sais.
— ... Tu fais chier ! Je... Ok, mais je ne t'ai rien dit, d'accord ? Si ça se sait, je suis un homme mort.
— Parle ! Si tu ne le fais pas, je fais croire à tout le monde que tu m'as tout balancé.
— Je te croyais un chic type. Mes menaces contre toi et ta femme, c'était du pipeau, je te jure... 
— Ce n'est pas une menace que je te fais, mais une promesse !
— ... Putain, tu fais chier !... Ouais, ok... Elle est pas la seule à avoir disparu. Il y en a eu deux autres après.
— Ne me dis pas ce que je sais déjà.
— Ok, ok, ok ! Elles sont toutes passées par Le Floyd... la boite de striptease un peu plus loin. Je ne sais rien de plus, je te jure.
— Je te l'ai dit : arrête de jurer. Dis-moi ce que tu ne sais pas alors.
— Vincent, tu n'imagines pas dans quelle merde tu me fous là ! Putain... Ok... Je te le dis... Tu te souviens ? Je t'avais dit qu'il y avait un nouveau boss. Putain, c'est le mec pas gentil du tout lui, mais vraiment pas. Il a récupéré plein de réseaux, et moi, je suis au chômage maintenant.
— Tu veux que je sorte les violons ?
— Ouais... Ouais... Heuuu... Ben, le boss est super pote avec celui du Floyd. Voilà, j'en sais pas plus.
— Il s'appelle comment, le grand boss ?
— Antonio.
— Il n'a pas de nom ?
— Je ne le connais pas. Tout le monde l'appelle Antonio, j'en sais vraiment pas plus. Dis rien, s'te plait. Ils vont vraiment me buter sinon. Par contre... je suis un peu à court de blé là... Pour ce que je viens de te dire... Un petit truc en compensation ?
Je fouille dans mon portefeuille ; il est toujours là. Je l'avais presque oublié depuis tout ce temps. Je le retire et lui balance le reste du joint qu'il m'avait donné. Il le récupère aussitôt et cherche dans une poche pour en sortir un briquet afin de l'allumer tout en me remerciant pour ma générosité.
Je le laisse dans sa misère. Je commence à rebrousser chemin et je m'arrête alors que Marcus me dit :
— Vincent ! Quoi que tu penses de moi, fais attention à toi. Ces mecs... ils sont pas humains. J'ai vu ce qu'ils ont fait à Enzo...
— Comment ça ? Il m'a contacté il y a plusieur semaines et je n'arrive pas à le joindre depuis.
— Ils l'ont buté, et pas de façon propre. Il a péter un plomb après la mort d'Émilie... Putain, Vincent, c'est des démons...
Marcus font en larmes tout en tremblant. Il a vraiment peur cette fois ; il a arrêté son cinéma. Je m'approche de lui, m'accroupis devant lui. Sa main s'agite tellement qu'il en fait tomber le joint au moment où il veut le mettre à la bouche. Je le lui ramasse, le lui donne.
— Ils ont fait quoi à Enzo ?
— Putain, Vincent ! J'étais là. Ils voulaient que je regardent. Ils se marraient et moi, je me suis fait dessus. Vincent, j'ai chier dans mon froc tellement j'ai eu peur ! Putain...
— Ils lui ont fait quoi ?
— ... Ils lui ont ouvert le ventre. Il avait les intestins qui en sortaient. Et ils ont fait venir des chiens. Vincent, il a été dévoré vivant, Enzo... Il a été bouffé par des putains de clebs sous mes yeux. J'entends encore ses hurlements. Et les autres, putain, ils se marraient ! Faut pas être humain pour faire ça à des humains. Vincent, faut pas être humain...
Un bruit d'une moto puissante plus loin, Marcus se lève d'un coup et disparait en courant comme s'il avait le diable aux trousses. Même si Enzo était un fainéant shooté en permanence, même s'il avait précipité Émilie dans sa chute, il n'était pas méchant. Malheureusement, ce ne sera pas la première fois que ce genre de situation arrive. Les morgues regorgent de cadavres parfaitement inidentifiables suite à des sévices de ce style. Je suis écœuré au point où je me mets à vomir contre un mur. Je reprends mon souffle... Est-ce que la crime est faite pour moi ?
Je retourne au commissariat pour rapporter ces nouveaux éléments. Je surprends le commissaire dans son bureau en plein acte sexuel avec Cassandra. Je reste à côté... Je ne peux m'empêcher de regarder, de jouer les voyeurs. Lui a juste son pantalon baissé, contrairement à elle qui est totalement nue. Elle a un beau corps. Il me fait un peu penser à celui de Bénédicte lorsqu'elle avait une vingtaine d'années, alors que Cassandra en a à peu près le double, approchant la quarantaine comme moi. Ses formes sont généreuses, mais très élégantes, bien proportionnées. Ses gémissements sont un plaisir à entendre, là, la tête contre la table, cambrée avec les fesses en arrière, à se faire ramoner.
— Putain, salope ! Ton cul m'attire trop.
— Seulement dans tes rêves. Personne n'a le droit de me prendre par là. Mais, continue à m'insulter, j'adore ça.
— Avec plaisir, sale vide couilles. C'est tout de même mieux qu'avec l'autre abruti, pas vrai ?
— Ne te surestime pas. Je ne le fais que pour l'avancement de ma carrière, mais j'y prends aussi plaisir.
— T'es vraiment qu'une pute. Je vais te rendre accro à ma bite au point où t'écarteras toi-même tes fesses pour que je t'encule violemment !
Il se retire un instant, la retourne pour la voir de face et la pénètre à nouveau d'un coup. Elle hurle de plaisir. Je regarde si cela n'attire personne, même si les seuls policiers encore sur place sont à l'accueil uniquement. Non, personne d'autre que moi dans ce couloir. Je me remets à regarder en entendant :
— Vas-y, fais bien ta nympho à jouer en même temps avec ta chatte !
Je l'observe bouger énergiquement des doigts sur son clitoris alors que le commissaire continue à la baiser avec force. Quelques petites minutes ainsi, et elle se cambre alors que ses yeux se révulsent, alors que sa tête part en arrière. Ses gémissements deviennent de petits cris stridents ; elle jouit sous mes yeux, magnifiquement.
À peine reprend-elle son souffle que le commissaire lui attrape les cheveux, la forçant à descendre du bureau pour être à genoux devant lui. Et il se décharge sur son visage, se branlant la queue, avec de longs jets de sperme. Elle reçoit tout, avec le sourire aux lèvres, comme si on lui offrait une récompense. Il glisse ensuite son gland entre ses dents pour un nettoyage apprécié des deux. Et c'est fini.
Il remet en place son pantalon ; Cassandra récupère ses vêtements mis en boule entre ses bras et s'avance vers la sortie. Je me planque, attends qu'elle parte. Elle n'est clairement pas pudique, à se balader à poil dans les couloirs ainsi, couverte de semence. Ou, elle est certaine de ne croiser personne. J'attends qu'elle disparaisse, se réfugiant dans les toilettes des filles.
Je frappe à la porte du commissaire, leur histoire de baise ne me regarde pas finalement.
— Oui ? Entrez.
— Commissaire...
— Vous ne deviez pas être chez vous ?
— Si... Je cherchais Cassandra. J'ai de nouvelles informations.
— ... Je vous écoute.
Alors, je lui dis, je lui raconte, sauf pour Enzo qui n'est pas lié à cette affaire. Son expression est indescriptible, bien loin de son côté chaleureux des heures plus tôt. Une fois les éléments fournis :
— Cassandra est l'enquêtrice sur ce dossier, pas vous ! Je ne remets pas en cause vos découvertes importantes, mais votre façon d'agir. En aucun cas, vous ne devez interférer sans mon avis ou l'avis de Cassandra. Est-ce que je me fais bien comprendre ?
— Tout à fait, commissaire. Cela ne se reproduira plus. J'ai pris conscience de mon erreur.
J'ai envie de lui cracher à la gueule. Il cache un côté sombre qui me déplait énormément. Je sens que je dois me méfier de lui, mais je ne sais pas de quoi. Je suis tout nouveau... J'ai encore à découvrir le fonctionnement de cette boutique.
— Puisque vous semblez déjà vous ennuyer, j'ai d'autres dossiers à vous donner qui n'avancent pas. Vous ne touchez plus aux disparues sans nouvel ordre de ma part ou sans le besoin d'assistance de Cassandra. Il va falloir que vous fassiez vos preuves, alors vous allez travailler seul en attendant.
— Évidemment, monsieur. Si nous en avons fini, je vais vous laisser.
— Oui... Rentrez chez vous, et réellement cette fois.
— Bonne soirée, monsieur.
Alors, je retourne à mon appartement. J'arrive, Bénédicte est dans la salle de bain. Elle me demande de loin : 
— Ta journée s'est bien passée ?
— Oui, ça a été. Je sens que je vais avoir beaucoup de boulot.
— Bien, je suis ravie pour toi. J'ai oublié de te prévenir que je sortais ce soir.
— Pas grave, je suis fatigué de toute façon. Il y a quelque chose à manger dans le frigo ?
— Commande-toi un truc.
— Tu sors avec qui ?
— Sylvie. Tu sais, je te l'avais dit, elle est dépressive en ce moment. Elle a besoin de moi pour la faire bouger.
Sylvie... L'amie imaginaire de ma femme, sa meilleure amie depuis toujours. Pourtant, je n'ai jamais eu l'occasion de la voir. À chaque fois, pas de chance, soit elle passait quand je n'étais pas là, soit elle annulait au dernier moment. Elle n'a même pas pu se libérer pour notre mariage. Sylvie n'existe tout simplement pas.
J'attends de voir la tenue que Bénédicte porte. Si c'est une jupe ou une robe ras la moule, elle ira en boite de nuit pour se faire chopper par le premier type qui lui mettra la main au cul. Si elle porte un chemisier et une jupe à mi-cuisse, elle ira dans un bar se faire draguer pour finir, au choix, dans les toilettes ou dans une ruelle mal éclairée pas loin.
Sylvie... Le nombre incalculable de fois où j'ai vu Bénédicte se faire culbuter comme une simple pute de bas quartier depuis que j'ai commencé à refaire surface... Oui, j'ai voulu savoir ; je l'ai suivie plus d'une fois, presque à chaque fois si je ne pouvais pas être avec Karine. Mais ce soir, non, je m'en fous royalement.
Elle sort de la salle de bain... Ok, ce sera un bar.
J'attends qu'elle parte. J'ai besoin de me vider la tête. Je me prends la dernière bière qu'il y a dans le frigo et la pose sur la table basse. Je vais retirer une boite à chaussure dans le placard de la chambre dans laquelle se trouvent les seuls vestiges d'Émilie que j'ai pu récupérer en plus de sa lettre et sa photo. J'en sors précautionneusement le disque, comme une chose précieuse, et je retourne dans le salon. J'allume la platine, place le CD sur le tiroir ouvert. Je le referme et je lance.
Je m'installe sur le canapé, savoure la mousseuse, les yeux fermés, baignant dans les premières notes de guitare qui s'offrent à moi. Avec la télécommande, j'augmente le volume à en déranger les voisins.
Babe, baby, baby, I'm gonna leave you
I said baby, you know I'm gonna leave you
I'll leave you when the summertime
Leave you when the summer comes a-rollin'
Et je me mets à chanter de toute mes forces, vidant mes poumons :
— Leave you when the summer comes along !
Il manque pourtant quelque chose. J'ouvre les yeux, je tourne la tête à droite. Je suis seul... Sans mon Émilie. Je me lève pour couper la musique.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 4 · Cassandra
15 minutes
8.3k
217
19
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 23 commentaires
Photo de profil de Armen75
Armen75
2 novembre 2024 à 10:29
C’est magnifique….tout…c’est bouleversant…vrai. Merci
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Nkari
Nkari
22 octobre 2024 à 20:21
Imagine, le mec il a pas le moral et là il tombe sur ce chapitre et surtout la lettre d'Émilie. Ben du coup, il a encore moins le moral ! Heureusement que moi ça allait sinon je t'en aurais voulu :mad:

Bon, sinon le chapitre fait de plus en plus le lien avec la trilogie. C'est intéressant.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
19 octobre 2024 à 16:28
Ça y est, le capitaine est sur l'enquête... Les méchants n'ont qu'à bien se tenir !
J'espère qu'il leur fera bouffer leurs intestins à ces enflures !

N'empêche, l'autre connard de mac, c'est de sa faute aussi, si Émilie est morte. Il mérite de crever, lui aussi !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Manu1982
Manu1982
3 octobre 2024 à 11:36
Je te sens un peu plus enthousiaste que pour "Moment d'extase", non ? 🤣

:lol: c’est incomparable, Moment d’extase est un délire qui fait sourire (et même plus) la c’est clairement plus sombre et plus intense
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Manu1982
Manu1982
3 octobre 2024 à 10:02
On retrouve comme à chaque fois cette ambiance de polar sombre que tu maîtrises à la perfection… il faudrait presque envisager une publication en librairie, toute cette série y a sa place assurément :)

Et mention spéciale pour la lettre au début
Du grand Coco ce chapitre :)
Modifié 3 octobre 2024 à 10:03
Soyez respectueux
Répondre
Sandre
3 octobre 2024 à 07:19
Oups ! Merci… Je pensais que mon tel avait un problème… Voilà pourquoi je ne fais jamais de commentaires 😅
Soyez respectueux
Répondre
Sandre
2 octobre 2024 à 21:28
Tous les pions de l’échiquier se mettent en place doucement, intéressant chapitre.
C’est dure d’attendre…
Soyez respectueux
Répondre
coqbrig
2 octobre 2024 à 20:30
Bonsoir Cocosist, je suis la série depuis le début. J'ai vraiment adoré les trois parties. C'est vraiment excellent. Merci pour cette suite ! De façon un peu débile, je n'avais pas laissé de message de remerciements et de félicitations jusqu'à présent alors que j'appréciais beaucoup le texte mais là, la lettre d'Émilie, wahou ! 1000 bravos pour cet univers et merci !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Monsieur Plume
Monsieur Plume
2 octobre 2024 à 19:46
C’est évidemment très très sombre, mais malgré tout, j’ai trouvé la lettre d’adieu d’Emilie belle et touchante.
Et, à la place du capitaine, je me méfierais de ces nouveaux collègues. Quelque chose me dit qu’il sont louches :)
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
2 octobre 2024 à 15:37
L’ambiance est superbe… Noire et pesante… et un p’tit Led Zep pour finir en apothéose (Si je ne m’abuse). Un vrai régal.
Soyez respectueux
Répondre
Charger plus de commentaires

Histoires similaires

✦ Charline88 Mon enfer XSTORY
Mon enfer
Chapitre 5
Par
65
7
1.2k
Hétéro
✦ yug0lit0 sexe et controle XSTORY
sexe et controle
Chapitre 4
Par yug0lit0
214
3
5.9k
Hétéro
✦ Charline88 Mon enfer XSTORY
Mon enfer
Chapitre 6
Par
50
2
1.1k
Hétéro
✦ Jane Does Sans mot dire XSTORY
Sans mot dire
Chapitre unique
Par Jane Does
88
4
6.6k
Hétéro
✦ Jane Does Les idées folles XSTORY
Les idées folles
Chapitre unique
Par Jane Does
74
6
5.2k
Hétéro
✦ yug0lit0 Ma vie de télépathe XSTORY
Ma vie de télépathe
Chapitre 7
Par yug0lit0
60
3
2.4k
Hétéro
✦ Mibou Les doutes d'Elodie XSTORY
Les doutes d'Elodie
Chapitre 6
Par Mibou
88
7
4.4k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio