Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon amant secret — Chapitre 1 · Une amitié pas comme les autres
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mon amant secret
Chapitre 1 · Une amitié pas comme les autres
Je n'ai jamais fantasmé sur les hétéros, dont beaucoup de gays pensent qu'ils pourront, un jour ou l'autre, les convertir. C'est-à-dire, pour exprimer les choses clairement, baiser avec eux. Je considère qu'il y a suffisamment de beaux garçons gays sans avoir à passer son temps à draguer sans grandes chances de résultat un mec parfaitement assumé comme hétéro. Jusqu'à Aurélien. C'est un ami que j'ai connu en première année de fac. Nous avions tous deux 19 ans, et Aurélien est l'archétype de l'hétéro de base : toujours entouré de filles, sportif, amateur de fêtes jusqu'au bout de la nuit. Moi je suis plutôt l'inverse. Nous avions rapidement sympathisé, révisant nos partiels ensemble, allant au ciné ou passant des heures à parler de tout et de rien. Il sait que je suis gay, et je respecte son hétérosexualité. Je le suivais dans ses virées nocturnes durant lesquelles je veillais discrètement sur lui, notamment quand il avait trop bu. Il savait parfaitement mon attirance pour les garçons, mais ce n'était pas un sujet pour lui : à moi les garçons, à lui les filles.
Aurélien a du charme, et il sait en jouer : sa carrure de rugbyman musclé, ses cheveux blonds foncés ondulés, ses yeux verts respirant l'intelligence, ses lèvres pulpeuses et charnues faisait des ravages chez les filles. Le printemps venu, nous avions l'habitude de prendre le bus pour aller à la plage après les cours. Le terrain de chasse favori d'Aurélien, qui aimait se donner à la vue des jeunes filles, lascivement allongé sur sa serviette, petit short de bain cintré mettant en valeur son entrejambe et ses fesses rebondies, petites lunettes de soleil qui lui permettaient discrètement de mater les filles. Parfois, une jeune fille plus téméraire que les autres venait engager la conversation avec lui. Je ne saurais dire combien de filles il a pu emballer de cette façon.
- Trop facile, me disait-il, avec un petit air de satisfaction.
- Trop facile, me disait-il, avec un petit air de satisfaction.
Il y avait des blagues de cul entre nous, jusqu'à cette conversation troublante.
- Comment tu le trouves lui ? me dit-il quand un bel éphèbe passe devant nous, baissant ses lunettes de soleil pour mieux le voir.
- Je croyais que t'étais hétéro, répondais-je en riant.
- Idiot va, je parle pour toi ! Je suis sûr qu'il te plaît !?
- Bah il est pas mal…
- Pas mal ? Mais regarde ça, c'est du pur beau gosse… Limite je serai jaloux s'il se levait une meuf ! T'as pas envie de le chauffer un peu ?
- Oh ça va, fais pas ta star… Il y a du niveau mais t'es encore au-dessus ! Et non j'ai pas envie de le chauffer ; si ça se trouve il est hétéro…
- T'es sérieux ? Et moi en fait, tu me trouves comment ? me demanda Aurélien.
- Je croyais que t'étais hétéro, répondais-je en riant.
- Idiot va, je parle pour toi ! Je suis sûr qu'il te plaît !?
- Bah il est pas mal…
- Pas mal ? Mais regarde ça, c'est du pur beau gosse… Limite je serai jaloux s'il se levait une meuf ! T'as pas envie de le chauffer un peu ?
- Oh ça va, fais pas ta star… Il y a du niveau mais t'es encore au-dessus ! Et non j'ai pas envie de le chauffer ; si ça se trouve il est hétéro…
- T'es sérieux ? Et moi en fait, tu me trouves comment ? me demanda Aurélien.
Il avait besoin d'être rassuré en permanence sur son physique, bien qu'il n'ait pas de complexe à avoir à ce sujet. Allongé sur le ventre sur ma serviette, la tête posée sur mes bras, j'ouvrais un œil goguenard vers lui. Aurélien était appuyé sur les coudes, les biceps gonflés, le ventre plat à peine plissé.
- Immonde, heureusement que t'es hétéro… ! dis-je en rigolant avec une fausse mine de dégoût.
Aurélien se tourna vers moi et me mit une tape sur les fesses.
- Non mais sérieux ? insista Aurélien.
- Arrête de me claquer le cul, tu vas me faire bander ! T'es mignon, imbécile…
- Mignon ? C'est tout ?
- Rho… Tu veux que je te dise quoi ? Si t'étais pédé, il y a bien longtemps que je t'aurais donné mes fesses !
- Arrête de me claquer le cul, tu vas me faire bander ! T'es mignon, imbécile…
- Mignon ? C'est tout ?
- Rho… Tu veux que je te dise quoi ? Si t'étais pédé, il y a bien longtemps que je t'aurais donné mes fesses !
Aurélien se tourna vers moi, s'allongea sur le côté, tête appuyée sur son bras.
- Ah oui ? Alors comme ça je t'excite, hum ?
- J'ai pas dit ça, t'es con ! Tu veux savoir comment je te trouve, alors je te le dis : t'es carrément baisable, mais bon, tu préfères les meufs, chacun son truc, pépère…
- Tu sais ce qui me plaît chez toi ? me demanda Aurélien.
- Je sais pas… Mon cul peut-être ? dis-je en riant.
- Non mais t'as un beau petit cul… Mais c'est pas ça ! T'es le seul gay que je connaisse qui n'ait pas essayé de me draguer.
- J'ai pas dit ça, t'es con ! Tu veux savoir comment je te trouve, alors je te le dis : t'es carrément baisable, mais bon, tu préfères les meufs, chacun son truc, pépère…
- Tu sais ce qui me plaît chez toi ? me demanda Aurélien.
- Je sais pas… Mon cul peut-être ? dis-je en riant.
- Non mais t'as un beau petit cul… Mais c'est pas ça ! T'es le seul gay que je connaisse qui n'ait pas essayé de me draguer.
Il y avait un léger ton de déception dans sa voix, voire de regret. Je connaissais Aurélien depuis la rentrée de septembre. Nous avions immédiatement sympathisé, malgré nos caractères opposés. Certaines rumeurs couraient sur nous à la fac, car nous étions toujours fourrés ensemble, que ce soit pour réviser nos partiels, aller au cinéma ou pour faire la fête. Quand nous avions un peu trop bu, nous finissions souvent par danser tous les deux en mode collé-serré. Ce n'était évidemment pas une bonne stratégie : les mecs gays pensaient que j'étais en couple avec Aurélien, et les meufs potentiellement intéressées par Aurélien pensait qu'il était gay.
Cela menait à des situations assez cocasses, quand, au final, je repartais avec un mec, persuadé d'être plus mignon qu'Aurélien, ou quand Aurélien finissait par choisir une fille, soulagée qu'Aurélien ne fut pas gay. Combien de fois des mecs m'ont demandé si Aurélien n'était pas jaloux. « Nous sommes un couple open », disais-je en rigolant. Nous aimions beaucoup jouer de cette ambigüité qui se révéla finalement une méthode de drague assez efficace. Les mecs avec qui je sortais étaient fiers d'avoir piqué celui qu'ils pensaient être le mec du bel Aurélien, et les filles qui réussissaient à séduire Aurélien étaient persuadées d'avoir détourné un gay. Je serais malhonnête si je disais qu'Aurélien ne m'avait jamais fait fantasmer, mais je n'avais jamais rien entrepris dans ce sens, de peur qu'une histoire de cul entre nous vienne briser cet équilibre.
Mais cet après-midi là, je pouvais lire dans son regard qu'Aurélien avait autre chose en tête.
Cela menait à des situations assez cocasses, quand, au final, je repartais avec un mec, persuadé d'être plus mignon qu'Aurélien, ou quand Aurélien finissait par choisir une fille, soulagée qu'Aurélien ne fut pas gay. Combien de fois des mecs m'ont demandé si Aurélien n'était pas jaloux. « Nous sommes un couple open », disais-je en rigolant. Nous aimions beaucoup jouer de cette ambigüité qui se révéla finalement une méthode de drague assez efficace. Les mecs avec qui je sortais étaient fiers d'avoir piqué celui qu'ils pensaient être le mec du bel Aurélien, et les filles qui réussissaient à séduire Aurélien étaient persuadées d'avoir détourné un gay. Je serais malhonnête si je disais qu'Aurélien ne m'avait jamais fait fantasmer, mais je n'avais jamais rien entrepris dans ce sens, de peur qu'une histoire de cul entre nous vienne briser cet équilibre.
Mais cet après-midi là, je pouvais lire dans son regard qu'Aurélien avait autre chose en tête.
- Et donc ? Tu penses que t'es moche du coup ? Que tu ne me plais pas ? répondis-je à Aurélien.
- Non mais c'est bizarre quand même, t'as jamais eu un geste ou un truc déplacé envers moi…
- Bah c'est pas bizarre, t'es mon pote, et je ne couche pas avec mes potes…
- Et si je te le demandais ? dit Aurélien avec son plus beau sourire.
- Dis-donc toi, tu serais pas en plein fantasme ? Ou t'es en train de m'allumer ?
- Non mais franchement, réponds-moi.
- Tu te vois en train de me sucer ?
- Non mais c'est bizarre quand même, t'as jamais eu un geste ou un truc déplacé envers moi…
- Bah c'est pas bizarre, t'es mon pote, et je ne couche pas avec mes potes…
- Et si je te le demandais ? dit Aurélien avec son plus beau sourire.
- Dis-donc toi, tu serais pas en plein fantasme ? Ou t'es en train de m'allumer ?
- Non mais franchement, réponds-moi.
- Tu te vois en train de me sucer ?
Aurélien eut un rire gêné.
- Ha ha ha ! Bah c'est sûr que je ne le ferais pas avec n'importe qui, mais toi c'est différent. T'es mon pote, je sais que tu t'attacherais pas à moi, enfin je veux dire, que tu ne tomberais pas amoureux de moi, quoi !
- T'es grave, franchement, je te trouve à tomber, mais de là à coucher avec toi…
- T'es grave, franchement, je te trouve à tomber, mais de là à coucher avec toi…
Aurélien soupira. Je le sentais troublé. Je ne savais pas s'il essayait de tester sur moi les limites de son charme, ou si au fond de sa tête une petite lumière s'était allumée avec l'envie d'une expérience nouvelle.
- Ouaip, c'est sûr… Mais bon, si un jour le dois le faire avec un mec, ce sera avec toi… lâcha Aurélien avec un air grave.
- On verra ça, dis-je en souriant.
- Non mais gars, je suis sérieux là !
- Moi aussi ! Hé bien, le jour où tu seras prêt, tu me feras signe !
- On verra ça, dis-je en souriant.
- Non mais gars, je suis sérieux là !
- Moi aussi ! Hé bien, le jour où tu seras prêt, tu me feras signe !
Je dois avouer qu'Aurélien m'avait troublé. Heureusement que j'étais couché sur le ventre, car cette discussion, et la vue du corps musclé et hâlé d'Aurélien luisant d'un fin duvet blond, de son torse dessiné sur lequel pendait une petite chaîne en argent, commençait à provoquer une réaction dans mon maillot de bain. Dans ma tête, je me demandais si Aurélien était sérieux. Avec son physique d'éphèbe, il plaisait autant – si ce n'est plus - aux mecs qu'aux filles. Et s'il voulait avoir une expérience homosexuelle, il n'avait pas besoin de moi. Sauf à se dire qu'Aurélien est sincèrement hétéro, mais qu'il n'était pas contre une expérience inédite discrète et qui ne remettrait pas en cause sa réputation de tombeur de filles à la fac. Je suis son meilleur ami, et c'est réciproque. Je ne voyais pas trop pourquoi Aurélien pourrait prendre le risque de rompre ce bel équilibre. Sauf à supposer qu'Aurélien voulait me donner ce qu'il pensait que j'attendais de lui : faire l'amour ensemble un jour, comme une forme supérieure d'amitié entre garçons. Je chassais ces questions qui se bousculaient dans ma tête, mais j'étais secrètement flatté qu'Aurélien, qui est certainement l'un des plus beaux garçons de la fac, puisse envisager d'avoir une relation sexuelle avec moi.
L'année scolaire se poursuivit, et plus jamais nous n'avons remis ce sujet sur la table. J'en avais presque oublié cette conversation, jusqu'à ce soir de juin. Nous avions fêté notre réussite aux partiels de première année de manière bien arrosée. La soirée s'éternisa jusqu'à l'aube dans un club étudiant de la ville où la bière bon marché coulait à flots et où les enceintes crachaient de la musique techno typique des années 90. Aurélien avait passé la soirée à galocher toutes les filles qui lui tombaient sous la main, et moi à danser avec des garçons avinés et désinhibés par l'alcool. Sur les coups de 6 heures du matin, Aurélien vint me retrouver.
- Alors mec, t'as trouvé ton bonheur ? me demanda-t-il, l'haleine exhalant la bière, les cheveux ébouriffés, la chemise ouverte jusqu'au nombril, une bouteille de bière à la main.
- Laisse tomber, ils sont tous bourrés… Y'a rien à faire ce soir !
- Laisse tomber, ils sont tous bourrés… Y'a rien à faire ce soir !
Aurélien ouvrit grand ses bras avec un large sourire et me serra contre lui. Il sentait la transpiration, mêlée à son parfum. Il approcha sa bouche de mon oreille.
- Mais moi je suis là mon pote ! lâcha Aurélien.
Je posais ma main sur son dos, sa chemise était trempée de sueur.
- Mais je sais, ducon ! dis-je en tapotant son dos amicalement.
Aurélien me saisit d'un bras par la taille et planta ses yeux verts dans les miens.
- Non mais j'veux dire… C'est soir ou jamais !
- T'es bourré toi !?
- Nan, enfin un peu… Mais je sais ce que je dis : on le fait ce soir ou jamais !
- Ok, t'es sûr de toi ? dis-je en regardant Aurélien droit dans les yeux.
- T'es bourré toi !?
- Nan, enfin un peu… Mais je sais ce que je dis : on le fait ce soir ou jamais !
- Ok, t'es sûr de toi ? dis-je en regardant Aurélien droit dans les yeux.
Je lus dans son regard qu'il ne plaisantait pas. L'alcool avait fait tomber les dernières barrières. Aurélien me fit un smack furtif.
- Alors ? Tu crois que je rigole ? Oui mon gars, je suis sûr de moi ! dit Aurélien en opinant de la tête. Sauf si t'as pas envie…
Aurélien était bien alcoolisé, et je me dis qu'il finirait par s'endormir chez moi pour cuver, et ce n'était pas la première fois que ça arriverait.
- Ok, ok, viens on se casse, on va chez moi !
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